[Musique] je suis neuroscientifique et je viens vous parler d'un nouveau scanner qu'on a développé au sein de ma discipline qui permet de regarder un cerveau humain ou un groupe de personnes et de déterminer en quelques millisecondes leur niveau d'intelligence ça veut dire que là si je le fais sur cette audience je pourrais à la fin vous dire le classement du plus intelligent intelligentes au moins intelligente bon c'est pas vrai je suis neuroscientifique mais je viens plutôt vous parler de pourquoi il ne faut pas aller dans ce sens et aussi de pourquoi on n'est pas si
loin que ça alors cette question nous intéresse dans ma discipline que ça soit les neurosciences ou les sciences génétiques c'est des questions qu'on se pose mais c'est aussi des questions que vous vous posez et peut-être nous avons tendance à croire que un niveau élevé d'intelligence tient d'une petite poignée d'humain d'un don rare alors il nous paraît évident par exemple dans nos parcours scolaires intimes professionnelles que nous sommes différents au niveau de nos réalisations et que certains se distinguent par une facilité apparente pour les réaliser donc il est incontestable que certains réussissent mieux que d'autres et
que cette réussite leur prophète des privilèges que d'autres n'ont pas devant ces évidences on trouve dans le concept d'intelligence innée une sorte de refuge causal qui nous permet d'expliquer d'où émerge une faculté pourquoi elle nous fascine et surtout pourquoi on la possède pas tout au long de l'histoire scientifique de l'intelligence les chercheurs se sont interrogés sur comment est-ce qu'on peut identifier comment est-ce qu'on peut évaluer l'intelligence humaine avec des méthodes plus ou moins visibles au 19e siècle par exemple il se passionnait pour le lien entre la taille du cerveau et l'intelligence sans pouvoir accéder directement
au cerveau ils utilisaient la taille de la tête pour évaluer l'intelligence Gustave Le Bon qui est un Parisien intéressé par la psychologie l'anthropologie il était un fervent défenseur de cette recherche alors lui lui il tenait particulièrement à démontrer l'infériorité des races non européennes mais quand même il avait la même infection pour les femmes donc il développe pas un céphalometre portable qui l'amenant avec lui partout mesurer la tête des gens et de toute évidence la nature a accordé quelques onces supplémentaires aux hommes blancs ce qui explique leur supériorité intellectuelle et justifie leur accès aux positions de
pouvoir et d'influence les petits à petit on a commencé à se rendre compte qu'il y a certains hommes blancs éminents qui avaient des petites têtes et donc c'était dit qu'il faut qu'on se distancie de cette méthodologie et plus tard elle a été réfutée cette granuleologie mais d'autres méthodes qui démontrent des différences biologiques entre les groupes humains attendaient quand même dans les coulisses une différence de taille de cerveau une bosse une anatomie et toutes ces méthodes chercher obstinément à réduire ce très complexe à un seul niveau et toutes toutes ont été instrumentalisées pour signifier que les
hommes les blancs les riches mériter leur position pouvoir parce que naturellement biologiquement il serait plus intelligent que les femmes les pauvres et les minorités raciales alors là vous pouvez peut-être vous dire oui mais ça reflète la pensée de l'époque ces vieux préjugés ont balayés aujourd'hui mais en fait c'est pas vrai parce que même aujourd'hui il y a encore des explications déterministes qui vont lier nos aptitudes intellectuelles à un niveau génétique ou à une partie de notre cerveau à la fin du XXe siècle l'avènement des nouvelles technologies d'imagerie ont faire des cartes merveilleuses qui nous font
nous donne l'illusion d'une fenêtre sur le cerveau vous savez des images d'IRM fonctionnelles qui continuent à alimenter des fausses représentations qui sont alimentées par la presse populaire et qui continue à aggraver des pensées pseudo scientifiques comme par exemple que les femmes seraient plus bavardes ou qu'elles sont incapables de lire des cartes routières ou que les hommes seraient biologiquement plus doués pour les mathématiques la prise de risque il y a des analyses génétiques qui continuent sous couvert de scientificité de signifier que les enfants issus de famille riches ont un QI naturellement supérieur ce qui explique le
réussite scolaire et social donc justifiant par des explications biologiques des hiérarchies sociales et économiques ironiquement à l'échelle universelle les personnes qui ont un QI supérieur mais issus de famille pauvres réussissent moins que des personnes qui ont un QI inférieur mais issus de famille riche ça veut dire si vous êtes très favorisé génétiquement mais pauvre vous avez moins de chance de réussir que quelqu'un de défavorisé génétiquement mes riches d'autres types de privilèges semblent l'importer sur notre biologie les hommes blancs gagnent plus que les hommes noirs plus éduqués et des hommes garni plus que les femmes également
instruites donc les structures sociales semblent déterminer beaucoup plus notre biologie et elle détermine pas simplement nos droits mais aussi la manière avec laquelle on se perçoit intellectuellement ça veut dire si on se considère intelligent ou pas ce qui a un impact profond sur notre motivation sur notre persévérance et sur nos aptitudes à répondre aux tests d'aptitudes intellectuelles donc qui à force de circonstances vous n'avez pas accès à la bonne formation au bon dispositif aucun avantage génétique ne garantit que vous allez réussir ceci nous apprend quelque chose d'essentiel sur la nature de l'intelligence et son lien
avec la réussite nous avons beaucoup de chance de la réaliser dans un contexte privilégié et beaucoup moins de chance de la réaliser dans un contexte instable notre capacité mentale ne dépend pas que de nous et le droit de vigilance scientifique face aux détournement de la science et plus que jamais d'actuels parce que même avec toutes les avancées des neurosciences et des sciences génétiques nous savons qu'un examen détaillé des jeunes ou des zones de cerveau ne rend pas compte de notre complexité humaine alors ces méthodes sont utiles prometteuses passionnante mais si on se restreint à leur
prisme ce serait comme si on est dans un embouteillage on veut comprendre pourquoi on est dans un embouteillage on veut le résoudre et on se met à ouvrir les capots des voitures et analyser leur moteur on serait pas au bon niveau d'analyse et aussi sophistiqué qu'elles puissent vous paraître et nous paraître scientifique ces critères actuels de test cognitif de d'imagerie d'analyses génétique ne rentre pas compte de notre complexité nous pouvons quand même nous entendre sur quelques faits de l'intelligence qui peuvent nous aider à faire avancer le débat d'abord l'intelligence n'est pas un très monolithique comme
les descriptions classiques de notre taille de la couleur de leurs yeux c'est un trait complexe elle qui n'est pas soigneusement emballer étiqueté ranger sur un seul brin d'ADN même biner Alfred Binet le monsieur qui a inventé le test de QI en 1904 il savait que ce serait impossible de réduire ce trait complexe à un seul chiffre lui il a été missionné par le ministère de l'Éducation pour développer un test psychométrique qui nous permet d'identifier les élèves qui ont des difficultés d'apprentissage pour les accompagner et pas pour les exclure ça veut dire que ce test a
été conçu à une époque où on ne voyait pas l'intelligence comme un phénomène complexe et où on ne savait pas d'ailleurs grâce aux neurosciences que le cerveau est façonné et modelé par toutes les expériences de la vie ce qui m'amène à mon deuxième point notre vision moderne et populaire des tests et qu'il fournissent une mesure fixe l'intelligence or l'intelligence change au cours de la vie dans les années 90 un chercheur néo-zélandais Jim fine a découvert que chaque décennie l'humanité gagnée en moyenne 3 points de cul ça veut dire sur le 20e siècle aura gagné à
peu près 30 points ce qui est énorme et personne ne peut prétendre que nous avons évolué génétiquement en quelques générations ce qui s'est produit c'est que nous avons été exposés à la logique abstraite que les tests de QI mesure et peut-être les études les plus optimistes viennent de d'expérience qui nous montre que une année supplémentaire d'éducation peut augmenter le QI de 1 à 5 points ce qui montre que on a peut-être rien trouvé encore de plus robuste de plus cohérent que l'éducation pour accroître notre intelligence mais après il faut aussi savoir de quelle intelligence on
parle dans notre société moderne occidentale comment est-ce qu'on explique l'intelligence par une rapidité par une précision de nos facultés cognitives mais comment on conçoit l'intelligence c'est une affaire culturelle et une affaire historique dans beaucoup d'autres cultures une adaptation réussie ne correspond pas à un autre façon de comprendre l'intelligence dans certaines cultures africaines rurales les enfants qui arrivent à collaborer qui arrivent à aider les adultes dans des tâches importantes sont considérées les plus intelligents alors s'il réussissent à l'école ils sont respectés mais s'ils arrivent pas à être solidaires avec les autres ce ne serait pas les
plus intelligents du groupe donc réviser notre manière de regarder l'intelligence ne signifie pas que c'est un appel à rejeter toutes les tentatives de comprendre les liens entre notre biologie et nos aptitudes mais plutôt c'est un appel à créer des opportunités adaptées à notre complexité qui écrase toutes nos tentatives de diagnostic et de classement c'est un appel ça n'appelle qui est urgent parce que il est lié à la façon avec laquelle on se regarde on regarde les autres et il a des implications majeures sur les objectifs et les décisions qui régissent un des champs dans lesquels
les fictions des aptitudes naturelles sont les plus prégnantes qui est l'école parce que les conséquences sociales des tests de mesure d'intelligence au sein de l'école deviennent tellement discriminatoires quand il viennent justifier et masquer des inégalités en faveur du de ceux qui sont considérés les plus doués parce que l'école ne peut pas être juste un lieu d'évaluation où on évalue l'accumulation de connaissances et l'activation de fonction cognitives elle peut être un lieu rêvé dans lequel on remet nos hypothèses du monde en question elle peut être un espace dans lequel on se permet le luxe inconfortable de
changer d'avis et de nous entraîner à négocier et accepter nos différences alors cela ne veut pas dire qu'il faut en mettre en question la génialité et l'originalité de certaines prouesses que certains puissent briller académiquement et certes possible mais cela ne doit pas être vu comme une validation de la nature biologique de l'intelligence mais plutôt comme un appel à regarder qu'est-ce qu'il y a dans leur parcours rendu possible cette capacité ça veut dire que les questions que nous pouvons nous poser détourne notre attention depuis qu'est ce qu'il a de magique dans ses gènes ou qu'est-ce qu'elle
a de magie dans ces gènes à quelle formation adapter à telle relie ou u de quel fait c'est pencher sur son berceau à quelle formation a-t-il ou a-t-elle suivi de quel courage mystique leur permet de persévérer à quel méthode motivante aurait été exposé et cela ne nous interdit pas de nous émerveiller de ce que la démarche individuelle est singulière peut produire et de ce que le processus de pensée peut générer en essai en erreur en rêverie en improvisation en incertitude tout cela est une beauté flagrante et ne nous empêche absolument pas d'observer les structures dans
lesquelles ces phénomènes ont lieu et cela s'applique à toutes nos tentatives de réduire au niveau individuel ou une partie de notre individu comme une partie de notre cerveau ou quelque chose dans nos gènes quelque chose qui est social culturel historique géographique c'est un peu comme si on s'émerveille d'une plume d'oiseaux de ses propriétés de ces dimensions de sa douceur de sa couleur mais tout en gardant à l'esprit que cela ne nous dit pas pourquoi voilà un oiseau dans quel sens et à quelle hauteur merci [Applaudissements]