Ça, c'est la partie de nous qui a reçu l'essentiel de la formation, de la stimulation, de la capacité à stocker des choses. C'est notre intelligence intellectuelle. Intelligence intellectuelle.
Notre mental si vous voulez. Et particulièrement ce qu'on appelle, assez souvent, cette appellation est controversée mais peu importe, le cerveau gauche. C'est le cerveau logico mathématique qui a été surtout encouragé chez nous.
C'est l'un des 8 à 12 canaux d'intelligence dont nous disposons selon les chercheurs. Et c'est celui-là, pratiquement que celui-là, qui a été développé dans nos cultures. Dans nos éducations depuis l'école apprendre, raisonner, stocker l'information, la régurgiter à l'examen, on n'a pas beaucoup appris à faire autre chose que ça.
Et donc nous sommes souvent coupé de ce qui se passe en nous. Par habitude. Coupé de nos sentiments.
Et de nos émotions. Or nous l'avons vu, les sentiments indiquent quelque chose. C'est précieux de les écouter.
Comment vient cette coupure ? Pourquoi est-ce qu'il y a une sorte de chape de béton qui s'installe là ? La plupart du temps ça vient de façon assez subliminal par nos habitudes éducatives, bien intentionnées mais souvent un peu maladroites.
Je vous l'ai dit en commençant la session j'ai eu de bons parents généreux, bienveillants, j'ai eu cette chance vraiment tout à fait d'être entouré d'amour et de bienveillance avec des parents intelligents et attentifs. Quand j'étais très en colère ces parents essayer de comprendre la colère de ce petit garçon, mais moi j'avais des colères qui manifestaient beaucoup d'indignation notamment à cause des injustices que je pouvais voir à gauche ou à droite, j'étais très indigné. Mes parents essayaient de comprendre cette colère et à un moment, à bout de mots et à bout de moyens, ils n'étaient pas trop à l'aise avec la vie émotionnelle, ce n'était pas leur truc, ils ont pu me dire : "t'as pas le droit de te mettre en colère !
Un petit garçon sage et raisonnable ne se met pas en colère ! Vas dans ta chambre tu reviendras quand tu auras réfléchi ! " Alors, j'allais réfléchir dans ma chambre.
Avec le seul outil à ma disposition, mon intelligence intellectuelle, mon cerveau logico mathématique qui analysait le problème. Papa, maman n'ont pas l'air d'être très contents quand je suis en colère, il ne me donne pas un modèle très utile, je n'ai pas de cours de colère à l'école, comment on fait ? Et j'ai envie de finir mon dessert, j'ai quitté la table familiale au milieu du dessert, bon je ne peux que mettre ma colère dans ma poche.
Et redescendre racheter l'intégration familiale, l'appartenance au groupe qui est un besoin primordial pour tout enfant, à tout prix. À tout prix. Et donc je redescends à la table familiale en disant : "Je ne suis pas en colère du tout, excusez-moi de vous avoir dérangé, passez-moi mon dessert s'il vous plaît.
" Et plus tard j'ai pu être tout triste et avoir ces mêmes parents qui essayent de comprendre la tristesse de ce petit garçon. De nouveau des situations d'injustice ou de malheur me stimulaient beaucoup. J'étais très émotif et à un moment ces mêmes parents m'ont dit :" t'as pas le droit d'être triste avec tout ce qu'on fait pour toi quand même !
Tu n'es pas le plus malheureux regarde la télévision, les journaux, il y a des enfants plus malheureux que toi sur cette planète ! Alors monte dans ta chambre tu reviendras quand tu auras réfléchi ! " Je montais dans ma chambre utiliser le seul outil à ma disposition à l'époque, mon intelligence intellectuelle, qui avait tôt fait d'analyser le problème, j'ai un papa, une maman, des frères et soeurs on habite la campagne j'ai à manger tous les jours et de temps en temps ils nous emmènent en vacances.
Je suis donc un enfant heureux ! Avec le cachet de l'administration communale. Diplôme d'enfant heureux en main.
Rien dans cette bonne éducation ne m'avait appris à comprendre ma tristesse. Je n'ai pas de cours de tristesse à l'école, on ne me dit pas comment utiliser ça, mes parents ne me donnent pas un modèle très pratico pratique on n'est pas triste ! Bon d'accord, je ne peux que mettre ma tristesse dans ma poche, à côté de la colère et redescendre acheter l'affection familiale, l'intégration au groupe, besoins fondamentaux de tout enfant à tout prix et dire : "je ne suis pas triste du tout, excusez-moi de vous avoir dérangé.
" Si je souris vous m'aimerez. Si je souris bien vous m'aimerez bien. Si je souris bien et souvent vous m'aimerez bien et souvent.
Et c'est parti pour être gentil. Et porter un masque. Et acheter l'intégration à tous les groupes qui vont suivre évidemment en faisant semblant que tout va bien, puisque c'est comme ça que je crois que je suis aimé.
Je ne vais pas vous faire un tableau tragique de mon existence, de mon enfance, ce ne serait pas juste du tout, j'ai pu être très joyeux, avoir envie de faire la fête et de sauter sur les coussins du salon en jouant de la musique, en mettant la musique à fond et à ce moment là, ces mêmes parents souhaitant mon bien et mon intégration sociale auront dit des choses comme : "mais mon vieux te réjouis pas trop, la vie n'est pas si comique que ça quand même ! " Et voilà comment ça se passe cette coupure vous voyez. Avec les meilleurs des intentions l'enfant que j'étais réalise coupe toi de tes sentiments, coupe toi de tes émotions ça dérange.
Monte dans ta tête essaye d'être intelligent, logique, cartésien et en partie j'en ai fait mon métier comme avocat, mais la deuxième chose que j'encode, après coupe toi de tes sentiments et de tes émotions, c'est ne fait pas ce que toi tu sens juste dans ton coeur, fais ce que tu crois que les autres attendent de toi. Et ainsi j'ai passé à peu près 32, 33 ans de ma vie juste à côté de moi-même, juste à côté de mes pompes, à côté de mes envies à moi, à côté de ce qui me met en vie moi. Et ce pour tenter de plaire aux uns et d'éviter de déplaire aux autres.
Au fond il m'a fallu longtemps pour réaliser toute mon énergie est mise 50% à tenter de plaire aux uns, 50% à éviter de déplaire aux autres. J'étais en suradaptation constante au regard de l'autre, tout gentil que j'étais. Et si je me suis permis chers amis de vous partager cette expérience d'enfance toute personnelle ce matin c'est que ça fait des années que j'ai cessé de croire qu'elle était toute personnelle.
C'est d'ailleurs ce qui m'a amené à écrire mon bouquin "Cessez d'être gentil soyez vrai ! ". C'est que j'ai rencontré tant de personnes me dire : "mais je me reconnais tout à fait dans ce que tu dis, moi on ne m'a jamais écouté dans mes colères, on ne m'a pas permis d'être triste et quand j'étais trop joyeux on m'a dit écrase toi parce que tu déranges.
" Alors que c'est ce que nous travaillons depuis hier, les émotions nous mettent en mouvement, c'est ça qui nous permet de vivre, d'avancer, de créer, de transformer. Nous avons donc besoin d'apprendre, c'est ce que nous faisons, à dissoudre cette chape de béton et a nommer ce qui se passe là, puisque ce sont les clignotants sur le tableau de bord qui vont nous indiquer nos besoins.