La paix c'est pas un truc bisou nours pour fumeur de pétard. Je me suis rendu compte que je courais de choses à faire en chose à faire à toute vitesse. Les amis quand je décrochais le téléphone me disaient "Tu as monté l'escalier ?
" Non non, j'ai juste pas mal de choses à faire dans ma journée. Il est temps de s'occuper des vrais enjeux et de cesser la précipitation. Moi, je fais pas du développement dit personnel, je fais du développement social durable.
Être heureux, c'est apprendre à dire non à temp. C'est [musique] apprendre à dire c'est colère. C'est apprendre à entendre que l'autre est en colère.
Si les gens s'exprimaient un petit peu mieux sans être tout de suite dans l'agression, on éviterait énormément de conflits. Bonjour Thomas. Bonjour.
Alors, après une carrière d'avocat, vous avez décidé de changer de voix et de devenir psychothérapeute. Vous avez publié en 2001 Cessez d'être gentil, soyez vrai un ouvrage qui a dépassé 1 million d'exemplaires vendus et vous avez évidemment depuis publié d'autres ouvrages, bien d'autres ouvrages, animer des émissions, des conférences et des formations. Vous avez sorti ce livre Te changer toi peut tout changer aux éditions Harper Collins et vous inciter chacun à trouver le courage de se défaire de ses habitudes qui l'enferme de tenter un autre chemin.
Vous prenez la liberté intérieure et la communication non violente qui est un élément de votre enseignement très important. Et j'ai une première question Thomas, comment allez-vous aujourd'hui ? Mais merci, je suis plein de gratitude d'être invité à votre micro sur votre votre antenne.
Donc je suis ravie d'être là. Je le disais au départ, vous étiez avocat. jusqu'à environ 40 ans, 42 ans et puis un jour peut-être progressivement vous avez eu un déclic et vous avez décidé que votre vie ne vous convenz plus.
Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé en vous ou peut-être à l'extérieur de vous ? Oui, c'est une suite succession de déclic. Euh j'avais choisi ce métier pour aider les gens à traverser les conflits.
J'avais perçu bien qu'ayant grandi dans une famille très aimante avec de bons parents présents, famille nombreuse. Nous étions cinq enfants, que les conflits étaient sans doute inévitables et que malheureusement on était très mal outillé pour les les traverser. J'étais sensible au climat de tension, aux boudies, aux portes qui claquent, aux voies qui haussent, qui se haussent.
Je me disais qu'on pourrait résoudre les conflits autrement, mais je n'avais aucune idée de la psychothérapie à l'époque. Je suis devenu avocat dans cette intention. Mais très vite dans le métier, j'ai vu que j'avais accompagné pas mal de conflits et qui étaient souvent le fruit de malentendu.
Et j'ai pu voir que le mal-entendu est un combiné de mal exprimé et de mal écouter. Si les gens s'exprimaient un petit peu mieux sans être tout de suite dans l'agression, si les gens s'écoutaient un petit peu mieux sans prendre tout de suite l'agression contre soi, on éviterait énormément de conflits qui encombrent les tribunaux et épuisent le les protagonistes. Et donc, je me suis dit que si on travaille un peu sur soi, on éviterait ce genre de situation.
Ça m'a donné le goût de changer de vie, mais je ne savais pas du tout vers quoi. Et l'avis a fait que j'ai pu m'occuper en bénévola, c'était à côté de mon métier de juriste d'une association pour des jeunes dit de la rue, des jeunes pris dans la délinquence, dans la petite criminalité, les gangs de rue. Et pendant 10 ans, j'ai consacré mon temps libre à ça.
Ça m'a passionné en tant qu'entre à peu près entre 30 et 40 ans. Et ça a été une expérience pivot parce que j'ai réalisé que je voulais m'occuper d'humain et aider les humains à trouver du sens. Et petit à petit, ça m'a permis de réaliser diffic que c'est difficile d'accompagner un gamin qui est dans la rage et qui a envie de tout péter si moi-même j'écoutais jamais la partie de moi qui était parfois en rage parce que j'ai reçu une bonne éducation que j'étais gentil.
Et puis de fil en aiguille, j'ai rencontré Marchal Rosenberg, le fondateur de l'approche de la communication non violente que j'enseigne maintenant depuis plus de 30 ans. Alors c'est quoi la communication non violente ? Vous pouvez nous expliquer parce que ça commence à être assez répondu.
Il y a des formations, vous en faites vous-même, ça évite vraiment les conflits ? Alors ça permet en tout cas de les réduire et si possible de les rendre féconds. Au fond, quand j'ai entendu cette appellation, je dis c'est pas pour moi, moi je suis très gentil, je suis pas violent du tout.
Je ne savais pas à quel point mon système de pensée est truffé de mécanismes violents comme la culpabilité, comme la honte, comme la projection sur les autres d'images parfois d'ennemi ou en tout cas de méfiance. Comme on est chargé de il faut, tu dois, c'est comme ça, c'est ton rôle et cetera. Comme nous avons tendance à nous juger, à juger les autres, tout ça c'est une violence subtile.
On ne parle pas de coup et blessures forcément mais ça pourrait y amener malheureusement. Et donc l'idée c'est de travailler sur son système de pensée pour retrouver un rapport à la vie en soi et autour de soi avec les autres. Évidemment, c'est très orienté sur la relation à l'autre un rapport plus fluide et plus fécond.
Et donc ça s'apprend comme on apprend tout. Ça devrait s'apprendre d'ailleurs depuis la maternelle, apprendre à s'exprimer et à écouter l'autre d'une manière qui nous permet de converger plutôt que de nous opposer. Ce que vous dites dans votre ouvrage que j'ai trouvé passionnant, te changer de toi peut tout changer, c'est que finalement il y a il y a beaucoup de choses qui entravent notre goût du bonheur et des relations saines.
Euh qu'est-ce qui nous en empêche ? Qu'est-ce que quelles sont les forces limitantes qui nous empêchent finalement d'avoir des relations saines, d'être heureux, de trouver notre vraie voix ? C'est un des cinq mécanismes que j'étudie dans ce livre et que j'observe depuis plus de 15 ans dans ma pratique d'accompagnement des personnes et notamment d'animation de formation avec des groupes.
J'ai appelé ce premier mécanisme la culture du malheur qui confine parfois en culte du malheur, en goût du drame, en attachement à la souffrance. On aime se plaindre euh moins qu'en France, j'ai envie de dire. Il y a plus de bonhommie et de bonne humeur je crois en Belgique et généralement l'être humain aime bien se plaindre, aime bien C'est un peu une habitude en tout cas elle liée à notre reptilien de d'envisager le pire pour se protéger.
Ça a pu nous sauver la vie mais ça peut nous la bousiller véritablement et aujourd'hui nous avons besoin de sortir de cette habitude de voir le verre à moitié vide et d'apprendre ça s'apprend à le regarder aussi à moitié plein. Et ça c'est un travail de transformation de nos systèmes neuronal. Ça demande une discipline que d'apprendre à regarder d'abord ce qui va bien parce qu'il y a sur la planète plus de belles et bonnes choses qui fonctionnent bien que de choses tragique tragique pour avoir une bonne immunité en sorte d'être à même de traiter ce qui va moins bien.
Mais c'est pas l'habitude que nous avons jusqu'ici. Souvent nous sommes plombés par ce qui va pas et nous n'avons pratiquement plus d'énergie pour apporter de l'amélioration. Donc, j'appelle ça la culture du malheur.
Nous avons besoin de la démanteler dans un système de pensée pour apprendre à cocréer une culture si pas de la joie, on n'est pas toujours joyeux, on traverse des conflits, des tensions, des deuils, mais au moins une culture de la paix, une paix transportable à travers les difficultés. Quelles sont les autres forces qui nous empêchent autolimitantes comme vous les appelez, c'est très intéressant d'apprendre à les déconstruire et puis après on peut peut-être voir comment les déconstruire qui nous empêche finalement de de d'être heureux et qui empêche le monde de tourner rond. Ben dans cette culture du malheur, il y a notamment un mécanisme d'autosabotage qui est bien connu des psychologues et thérapeutes mais pas connu du grand public.
C'est le fait de pas s'autoriser à être heureux. Et j'ai appelé ça un vaccin antibonheur. Souvent nous avons ingéré ce vaccin comme une injonction primale.
On n'est pas là pour rigoler. On est on n'est pas sur terre pour rigoler. On est dans une vallée de larmes ou on est dans un monde de lutte.
Et si c'est ça qui nous habite, et bien nous cherchons le bonheur évidemment comme tout être humain. Et en même temps, la première personne qui nous en empêche la plupart du temps, pas toujours, c'est nous-même par des mécanismes, je l'ai dit, d'autosabotage. Nous avons besoin de comprendre ça pour pouvoir nous autoriser, comme le propose la plupart des transitions spirituelles à travers le monde à travailler un état de paix intérieure, stable, transportable et contagieux.
C'est à mon sens, moi qui accompagne les personnes dans les cycles, les saisons de l'existence depuis plus de 30 ans, le sens de la vie. apprendre à trouver la paix intérieure généreuse, contagieuse qui impacte le monde autour de nous. Et ça va pas tomber du ciel, c'est pas un truc miraculeux, c'est pas un truc bisou nours, ça demande une certaine discipline, une certaine régularité comme tout apprentissage.
On napprend pas la trompette ou le foot en une après-midi. Comment on déconstruit les mauvaises habitudes ? On se pose avec la première personne dont nous avons la charge qui est nous et on l'écoute et on on crée un dialogue intérieur régulier.
Comment est-ce que je peux être proche de l'humain qui est devant moi si j'ai pas appris à être proche de l'humain qui est à l'intérieur de moi ? Comment vais-je par miracle avoir de l'empathie par devant si j'ai pas de l'empathie par l'intérieur ? Et ce sont des enjeux qui font pas partie de nos systèmes éducatifs et que nous avons absolument besoin par les temps qui court d'instaurer une hygiène de conscience, ce que j'appelle même une discipline de paix.
On sait faire la guerre à travers le monde parce qu'il y a des écoles de guerre et on se muscle pour la guerre. On se fait même un état d'esprit guerrier avec des pratiques guerrières. La paix c'est pareil.
C'est pas un truc bisou nours pour fumeurs de pétard. C'est un truc que nous avons besoin d'apprendre et de pratiquer et dans lesquels nous avons besoin de nous forger un mental de paix. Ce que je cherche dans la relation et à moi et à l'autre, c'est un état de paix et je vise cela.
C'est pour ça qu'on appelle l'approche la communication non violente. J'évite ce qui va générer la violence ou le ou le rejet. Alors pour répondre à votre question, se côtoyer, se rencontrer, s'interroger souvent comment est-ce que je me sens ?
Qu'est-ce que ça dit de moi ? Qu'est-ce qui va bien d'abord que j'honore, que je célèbre, pour lequel je peux sentir de la gratitude ? la gratitude, vous le savez, les études nous le prouvent et moi je peux en témoigner depuis 30 ans.
C'est un levier de transformation considérable et extrêmement décrié ou en tout cas méconnu dans notre société de matérialisme et de vision très limitée. Donc apprendre à goûter ce qui fait ça, ce qui ce qui va bien dans ma vie et en même temps prendre le même temps pour écouter ce qui va pas, ce qui m'attrice et qu'est-ce que ça dit de moi ? Nos sentiments nous parlent de nous.
Qu'est-ce que nous avons envie de transformer, de changer ? et c'est l'invitation à retrouver du pouvoir. Nous n'avons pas toujours sans faux du pouvoir sur ce qui nous arrive mais nous avons toujours du pouvoir sur comment je vais gérer et réagir à ce qui m'arrive.
Vous nous parlez de cultiver sa vie intérieure, ce qui est absolument formidable et je j'abonombe dans votre sens, mais aujourd'hui les écrans nous volent un temps et une capacité d'attention phénoménale. Comment est-ce qu'on peut lutter et comment est-ce que vous y arrivez vous-même ? Peut-être avez-vous quelques les écrans nous volent du temps parce qu'on dit qu'on sent et parce que ça active notre striatome qui est tout content d'avoir un peu de de de sérotonine ou de dopamine qui circule.
C'est des petites satisfactions de surface que nous prenons pour un vrai bonheur. C'est absurde évidemment. Le vrai bonheur est bien au-delà et si nous voulons le trouver, ça ne va pas se nourrir par l'extérieur, ça ne peut se nourrir que par l'intérieur.
Toutes les traditions nous le clame depuis des générations et aujourd'hui, malheureusement, cet outil euh qui peut être par ailleurs très pertinent bien sûr pour faire des recherches et ou des rencontres ou se cultiver peut être une arme de destruction massive de notre intériorité, de notre capacité de recul, de notre capacité de discernement et d'inspiration. Or, s'il y a bien une chose essentielle par les temps brumeux, brouillardeux, chaotique que nous traversons aujourd'hui, c'est de retrouver de l'inspiration, de l'esprit, du souffle pour retrouver une gouvernance intérieure par rapport aux événements. Beaucoup de choses s'écroulent à l'extérieur.
Ben, c'est sans doute l'indication que nous avons besoin de retrouver notre boussole intérieure pour être des citoyens actifs. Et comment faire pour se réapproprier ce temps ? parce que vous vous expliquez aussi dans votre ouvrage que il y a une notion fondamentale qui est que nous courons après ce temps.
Peut-être en démarrant du constat que ça ne me convient plus. En tout cas, c'est ce qui m'est arrivé. Je me suis rendu compte que je courais de choses à faire en chose à faire à toute vitesse que j'étais parfois un peu ébêté.
Mes amis quand je décrochais le téléphone me disaient "Tu as monté l'escalier ? " Non non, j'ai juste pas mal de choses à faire dans ma journée. Et un jour, ça m'a sauté au visage que je courais tout le temps et j'ai accepté un moment d'entendre à l'intérieur cette petite voix qui me disait "Ta course est perdue est perdue.
Arrête de courir, tu vas jamais gagner contre le temps. " La seule chose que tu puisses faire, c'est apprendre à pacifier ton rapport au temps et comprendre pourquoi tu cours contre plutôt que de marcher avec. Comment faire du temps un allié pour aller tranquillement de choses à faire en chose à faire dans un rythme doux, dans un rythme choisi plutôt qu'un rythme subi ?
Ça c'est du boulot, c'est du travail, c'est de la non violence 7è danne par rapport au vivant en soi et au vivant autour de soi. Combien de souffrance dans cette précipitation quand on se bat contre le temps sur soi, on se martyrise mais ça se projette sur notre conjoint si on est en couple, sur nos enfants. Si on a des enfants, combien d'enfants ne souffrent-ils pas de cette précipitation des parents, ce manque de temps et cetera.
Donc apprendre à pacifier son temps, c'est un enjeu citoyen et ça c'est une bonne part de mon travail que de faire valoir le fait que ce changer sert la vie communautaire. Moi je fais pas du développement dit personnel, je fais du développement social durable qui démarre dans la connaissance de soi au service de la qualité de la relation aux autres. Est-ce que c'est pas un luxe de personnes privilégiées de dire se raapproprier le temps ?
Imaginez, j'imagine que vous avez aussi reçu des des mamans solo qui avaient des enfants de conditions modestes qui travaillent toute la journée, qui doivent courir pour les récupérer à la crèche et cetera. Comment dans ces cas-là on se réapproprie petit à petit et par petite dose. Bien sûr que je rencontre beaucoup de mamans solo dans la grosse difficulté de gérer tous les enjeux, c'est certain.
et en même temps qui crèvent d'envie d'avoir un rapport autant plus doux, qui n'en peuvent plus, qui sont parfois au bord du burnout parce qu'elles courent tout le temps. Comment arriver à se faire un un petit décalage pour que tout ça soit plus doux ? C'est ça l'exercice que nous pouvons faire.
On va faire pas faire des changements majeurs, mais parfois des changements mineurs peuvent donner beaucoup plus grande douceur dans le rapport au temps. Et assez souvent, nous allons réaliser que nous pouvons éliminer des choses que nous croyons très importantes mais qui ne le sont pas. Je vous donne un exemple entre 1000.
Nous traversons tous Paris en métro. Combien de gens sont sur un écran ? Quand je yeux un peu sur l'écran des autres, j'ai pas l'impression que ce soit essentiel.
Et donc, nous avons là un moment pour nous ressourcer. Je laisse le téléphone dans ma poche et je prends un moment de méditation délicieuse à l'intime de moi. Ou alors je relis des poèmes inspirants ou des messages spirituels qui vont nourrir mon âme.
Il est temps de s'occuper des vrais enjeux et de cesser la précipitation. Et ça on peut ça peut se faire même si on est maman solo avec peu de temps. Il faut un peu se forcer aussi.
C'est ça demande for il faut une discipline hein. Vous n'allez pas apprendre la trompette parce que vous le souhaitez. Vous allez l'apprendre si vous vous y mettez.
On a l'impression que depuis 20 ans, le monde est devenu plus violent notamment avec les réseaux sociaux qui sont le qui ne sont pas le lieu de la communication non violente. Vous me l'accorderez. Est-ce que ça vous décourage parfois ?
Par moment que je suis médusé de toute la violence et la polarisation que je vois. euh s'accentuer à l'or est-ce tout à fait nouveau ? Est-ce que ça n'a pas toujours été un peu comme ça mais moins connu parce que moins médiatisé ?
Et ben, je sais pas trop. Et je sais en tout cas que sur le plan des statistiques, il y a quand même globalement moins de guerres et de conflits aujourd'hui qu'il n'y en avait précédemment. Et je trouve intéressant de de le savoir.
Je pense que euh la Belgique est bien placée pour savoir que il y a une quarantaine a dans euh plus de 70 ans, 10 ans, on était un champ de bataille et traversé du nord au sud ou destouest tous les 25 ans. Ça n'arrive plus depuis 70 ans. C'est quand même extraordinaire.
Il reste beaucoup à faire. On est parfaitement d'accord. Mais je pense que dans l'ensemble, nous sommes plus informés de toutes les violences tragiques qui se passent et qu'il est donc mais qu'il y en a pas forcément plus.
En tout cas, qu'il est temps de s'éduquer à la non violence et ça devrait, je le redis, faire partie de l'enseignement depuis la maternelle. Tout enfant qui va à l'école devrait avec lire, écrire et calculer qui sont les trois piliers de base de la scolarité, apprendre à savoir qui je suis, comment je me sens, qu'est-ce que ça dit de moi, qu'est-ce qui me met en joie, en ouverture, en solidarité et en partage avec les autres, mais aussi qu'est-ce qui me pèse, me peine, me divise, me déchire, me fait peur ou me fout en rage et que j'ai donc besoin de comprendre avant que de faire payer mon dépit aux autres. Et là, nous voyons tout de suite la dimension citoyenne qu'il y a à se connaître.
Ça devrait être la base de vivre ensemble. Vous vous accordez dans vos écrits et dans vos vos enseignements beaucoup d'importance à la jeunesse et à l'enfant, ce qui est extrêmement important parce que vous avez, vous le disiez au début, côtoyez des jeunes de la rue, des jeunes violents. Comment on peut redonner l'espoir à la jeunesse, à cette jeunesse de la rue, à cette jeunesse violente et à celle qui va à l'école, à toute la jeunesse et à l'enfance.
Comment on peut redonner espoir ? Ce qui m'a frappé avec les jeunes dans la violence, c'est la perte de sens. Ils ne voient pas le sens qu'il y a à vivre ensemble et à prendre soin du bien commun ou ou des autres personnes.
Ils ont souvent été maltraités. Ils deviennent maltraitants. Nous avons donc besoin d'apprendre à la bientraitance et l'enchantement devrait faire partie de la scolarité.
Dans le monde très déshumanisé que nous vivons aujourd'hui, il y a peu d'espace d'enchantement et le monde est beaucoup plutôt beaucoup plus anxiogène qu'enchanteur. On est évidemment d'accord. Et bien c'est très urgent de permettre aux enfants dès le matin de comprendre pourquoi on va à l'école.
On va pas à l'école pour apprendre une matière et passer son bac et avoir un métier, payer sa pension et puis mourir tranquillement sans déranger personne. On va à l'école pour s'enchanter d'être vivant dans un monde vivant, développer des capacités qui nous permettent de prendre part à cette vie collective de façon heureuse, joyeuse et solidaire. Et ben ça devrait être le point de départ.
Imaginez une scolarité dans lequelle tous les matins avant d'entrer dans les maths, l'histoire et la géographie, toute chose par ailleurs bien sûr bien nécessaire, les enfant et l'occasion de s'enchanter de réalisation humaine. D'abord par exemple du champ de la du champ solitaire, du champ d'improvisation, du champ de cœur de la danse, de la chorégraphie, les beautés humaines, l'art, la peinture, la sculpture, de voir combien ce que l'homme crée et ce pourquoi il est fait est magnifique, de voir des des des vols d'oiseaux, des vols des tourneaux, des des des atterrissages doigts sur des ét se rendre compte que la vie est belle et magnifique et qu'elle vaut la peine d'être encouragé. Il faudrait que les enfants puissent s'émerveiller de ça en disant "Mais moi, j'ai envie de contribuer à ça.
" Et c'est pour ça qu'effectivement, connaissant les mathématiques ou l'histoire, je peux peut-être pour entrer dans cette grande machine. Mais quand vous commencez l'école en disant euh c'est le cours de math, c'est comme ça, tu te poses pas de question et et tu intègres la matière et tu la régurergies à l'examen, ben c'est complètement déboussolant. Je crois qu'aujourd'hui, il y a profondément une quête de sens et c'est salutaire et nous avons besoin, nous les adultes, de pouvoir y répondre.
Est-ce qu'il y a des modèles éducatifs ou scolaires qui vous inspirent plus que d'autres ? Parce que vous êtes assez critique effectivement, je je le comprends sur notre modèle scolaire qu'il soit français ou belge ou alors peut-être que dans dans d'autres pays à l'international, il y a des choses un petit peu plus qui respectent un petit peu plus ce que vous prenez. Est-ce qu'il y a des des exemples ?
Oui, certainement que j'ai pu me rendre compte de l'éducation dans les pays du nord. J'ai un frère qui travaille pour le HCR en Afrique mais qui a fait un séjour au Danemark au siège central un moment. ses enfants étaient à l'école là-bas.
C'était très intéressant de voir comme la scolarité est basée sur la collaboration, le partage, l'entraide, la mixité entre les âges, le la posture. On peut être assis, couché sur des coussins. L'idée c'est que le corps soit en mouvement, qu'on se sente vivant et qu'on se qu'on collabore, qu'on s'entraide.
Je suis pas sûr que notre système soit basé sur l'entraide. Il y a beaucoup de compétitions, il y a beaucoup de challenge pour être le meilleur, il y a beaucoup de mépris de l'échec alors que l'échec est la seule façon d'apprendre et les science ne sont basées que sur le fait qu'on a fait des échecs qui ont permis d'avancer. Et donc, il est vraiment temps de revoir la structure même de pensée qui a validé le système scolaire d'aujourd'hui.
Et le système scolaire devrait être basé, on l'a dit, sur l'enchantement. d'abord s'émerveiller de ce qui est possible de vivre dans le monde, ensuite voir comment chacun par ses talents propres et ses rythmes propres pourrait y contribuer. Parce qu'une des violence euh très brutale du système scolaire, c'est d'abord que les individus soient assis sans bouger pendant des heures.
C'est complètement contre nature. Donc ils apprennent à brider leur nature et puis qu'ils soient comparés en fonction de rythmes qui sont prévus dans des bureaux. Alors qu'on le sait, tous les enfants n'ont pas du tout les mêmes rythmes et c'est très très brutal que de dire "Votre enfant est en retard.
" Mais par rapport à quoi que diable ? Il est peut-être très en avance dans d'autres domaines. Et là, nous avons vraiment besoin de réviser ce système basé sur la compétition et sorte d'élitisme qui déshumanise le lien.
Euh il y a des trésors dans le cœur de chaque enfant et ça c'est pas de l'angélisme de ma part depuis que je me suis occupé de gamins dit de la rue qui avait pas mal d'étiquettes sur le front he rebell récidivistlard. J'ai vu des merveilles dans les cœurs d'enfant mais qui n'ont pas trouvé un cheminement dans les systèmes scolaires tels qu'ils sont aujourd'hui. Souvent c'est de la créativité, de la fantaisie, de la capacité à penser out of the box.
Et là nos systèmes scolaires, ils ont besoin de s'améliorer. Comment expliquez-vous que on on ne les améliore pas justement que en France ou en Belgique ? On n'évolue pas vers vers ce modèle peut-être d'annois, vers ces modèles que vous préconisez.
Je pense que je crains qu'il y a une énorme inertie dans les systèmes administratifs et que vous le savez, nous le savons, tout système a pour principe de base l'homéostasie rester ce qu'il est même si ce qu'il est est complètement à côté de la plaque. C'est la base du système. Alors que ce qui apparaît aujourd'hui, c'est le besoin de former les êtres humains pour aborder la complexité croissante du monde et que ça demande de former d'autres canaux que simplement l'intelligence logico-mathématique.
Nous avons une douzaine de canaux d'intelligence. Il y en a qu'un qui est encouragé à à l'école. Donc tout ce qui est de l'ordre de la créativité, de l'art, de la sensibilité, de la capacité à inventer autre chose n'est pas du tout mise en valeur.
Et pour pouvoir inventer, il faut être tout à fait prêt à se planter et donc à faire des échecs. Vous voyez qu'il y a pas mal de choses à bouger. On vous expliquez précisément que qu'être heureux n'est pas forcément confortable.
C'est le titre de mon second livre. ou j'ai réalisé que moême cess d'être gentil a moêus être vrai avec moi et arrê de me faire du cinéma et maquiller les choses être vrai avec les autres oser dire la vérité quand on n'est pas d'accord quand on est en colère oser accueillir la colère de l'autre oser faire les deuils à temps quand il faut tourner des pages c'est pas confortable mais je me suis bien rendu compte que comment être heureux si je dis oui à tout sans apprendre à dire non Être heureux c'est apprendre à dire non à temp Être heureux c'est apprendre à dire c'estes colères Être heureux c'est apprendre à entendre que l'autre est en colère et ne pas la prendre tout de suite dans la mâchoire comme si c'était contre moi. Ça exprime le sentiment de l'autre.
Nous avons besoin d'accepter que pour passer à des paliers de bonheur plus grands, plus profonds et plus généreux, nous avons besoin effectivement de traverser des inconforts. C'est successivement de petits accouchements de soi-même. Et de nouveau, la plupart des traditions nous parlent de ça, d'accoucher de soi-même, se mettre au monde.
Il y a une première naissance qui est biologique, on la connaît bien, on est là pour grâce à ça. Mais il y a une deuxième mise au monde qui est psychospirituelle. Je m'éveille à qui je suis vraiment.
J'éclos et donc je me défais du personnage. C'est le titre de mon dernier livre qui vient de sortir te changer toi peut tout changer. L'idée n'est pas du tout de s'enrouler dans du narcissisme pour son petit bien-être à soi.
L'idée c'est de se mettre généreusement au service. Et je vois ça depuis tant d'années. Les gens que j'accompagne qui se connaissent se placent au bon endroit à l'intérieur d'eux-même deviennent pratiquement systématiquement généreuses, engagées au service parce que je dirais elles se sont débarrassées du petit moi.
Elles sont dans le grand moi au service de la vie. On va passer à une dernière partie de notre entretien où je vais poser des questions un peu plus rapides et des réponses un peu plus rapides si ça vous va. Si vous deviez résumer d'un mot votre engagement, ce serait aider le monde à trouver du sens.
À quel moment vous êtes-vous senti le plus utile ? D'avoir l'occasion d'être dans cette cet échange avec un humain et de faire en sorte que cet échange de cet échange écl quelque chose lors du jardinage tout d'un coup quelque chose pousse. Quel est le mot ou la phrase que vous aimez le plus prononcer ?
S'enchanter. De quoi souffre notre monde ? de désenchantement.
Et quelle est elle été la meilleure décision de votre vie ? M'engager en couple avec Valérie alors que j'avais tellement peur de l'engagement avant. [rires] J'étais célibataire jusqu'à 40 ans.
Maintenant, ça fait 28 ans qu'on est en couple et on est tellement heureux d'être ensemble. Une belle conclusion pour notre entretien. Merci infiniment Thomas Dansbourg.
Je rappelle que vous venez de publier te changer, toi peut tout changer. On peut vous écouter aussi sur les réseaux sociaux, retrouver vos autres ouvrages. Merci beaucoup Thomas.
Merci. M.