rejoignez-moi sur patreon pour accéder à l'ensemble de mon contenu inédit des épisodes spéciaux des courants visaux des apérophyos un moyen simple de soutenir mon travail tout en vous donnant matière à penser je vous attends sur patreon le lien est dans la description bonjour à tous aujourd'hui on va parler de Squid game squid Game est une série sud-coréenne diffusée pour la première fois en 2021 elle est devenue en très peu un véritable phénomène mondial et si j'ai eu envie de vous parler de cette série aujourd'hui et non d'un philosophe comme je le fais d'habitude c'est parce
que cette série soulève une question philosophique alors en réalité elle en soulève plusieurs mais celle sur laquelle on va centrer notre analyse aujourd'hui c'est la question du consentement squid Game est une série qui interroge la notion de consentement et on va voir que ben c'est pas évident de définir le consentement c'est une notion complexe philosophiquement complexe et on va voir en quoi dans cet épisode alors pour ceux qui l'ont pas vu de quoi parle cette série squid Game c'est l'histoire de 456 personnes qui participent à un jeu celui qui gagne le jeu repartira avec la
somme de 45,6 milliards de W soit environ 30 millions d'EUR ce qui est plutôt pas mal et ceux qui perdent le jeu meurent ils sont éliminés au sens littéral du terme l'histoire est construite autour d'un personnage principal qui s'appelle Jun tout est fait pour qu'on s'attchee à lui pour qu'on s'identifie à lui et donc très vite la question n'est plus de savoir qui va gagner le jeu parce que ça bah on s'en doute la question est de savoir comment il va gagner c'est tout donc les joueurs sont emmenés sur une île et là on les
fait jouer à un premier jeu ce jeu c'est un de TR soleil oui parce que tout est fait pour créer un contraste entre l'enjeu c'est-à-dire vivre ou mourir et le type de jeu des jeux enfantins des jeux innocents donc il joue à un de tris soleil et vous connaissez le principe toutes les personnes qui bougent après le mot soleil sont éliminés sur les 456 participants 255 se font éliminés ça fait de la place les survivants sont qualifiés pour le deuxème jeu et le deuxème jeu ce sera ce que les Coréens appelle les dalgonas les dalgonas
ce sont des gâteaux en miel qu'il faut découper le but du jeu étant de réussir à découper le gâteau sans le casser ceux qui réussissent sont qualifiés ceux qui échouent sont éliminés et ainsi de suite jusqu'au dernier jeu et alors pourquoi la série s'appelle squid game parce que squid game ça veut dire jeu du calamar en anglais et le jeu du calamar c'est un jeu coréen qui était très populaire dans les années 70-80 qui consiste à traverser un terrain pour atteindre la tête du calamar alors maintenant qu'on a expliqué le principe du jeu qui sont
les participants je vous ai dit ils sont 456 et ces 456 personnes ont un point commun c'est qu'elles ont des problèmes d'argent elles sont endettées lourdement endetté par exemple Jun le personnage principal est endetté à hauteur de 415 millions de W soit environ 275000 € mais certaines personnes ont des dettes encore plus lourdes pour certaines plusieurs millions d'euros et donc c'est pour ça qu'elles ont été démarché pour participer au jeu alors le démarchage ça se passe comment un homme en costume vient les voir il les fait jouer à un jeu et s'il gagne il leur
donne une somme d'argent après quoi il leur donne une carte avec un numéro de téléphone en leur disant d'appeler s'ils veulent jouer un plus grand jeu et peut-être remporter une somme d'argent bien plus conséquente ça c'est le point de non retour tous ceux qui composent ce numéro finissent au squid game et d'épisode en épisode on va suivre le déroulement du jeu et la manière dont chacun va s'en sortir ou pas alors je vous disais tout à l'heure que cette série soulevait plusieurs questions philosophiques lesquelles elle soulève la question par exemple de la valeur de la
vie plus exactement de la valeur qu'on donne à la vie et en particulier à la sienne elle soulève également la question des inégalités sociales et du capitalisme du capitalisme en tant que système économique qui produit des inégalités qui produit de la pauvreté et qui donc produit du désespoir qui produit des individus prêts à tout pour s'en sortir y compris à offrir le spectacle de leur lutte pour la survie d'autres questions sont soulevées par la série la question de la confiance et de la trahison la question de la solidarité et de l'égoïsme mais comme je vous
le disais la question qui va nous intéresser nous c'est celle du consentement alors pourquoi le consentement parce que dans squid game tout est fait pour souligner le fait que les participants sont là volontairement qu'ils sont là parce qu'ils ont fait le choix d'être là et que donc tout ce qu'il va leur arriver tout ce qu'ils vont subir au cours du du jeu ils vont le subir en ayant conscience qu'ils pouvaient le subir autrement dit ils sont responsable pas responsable au sens où ce qui va leur arriver est mérité pas responsable au sens où c'est bien
fait pour eux responsable au sens de libre de leur choix et donc devant assumer les conséquences de leur choix le message de Squid game ce n'est pas pauvre victime c'est personne ne vous a obligé c'est vous êtes là de votre plein gré vous avez accepté de jouer le jeu littéralement donc vous devez l'assumer votre choix d'être là annule toute possibilité de protester contre les conséquences de ce choix et c'est précisément tout le paradoxe du choix à savoir que le choix c'est à la fois ce qui nous rend libre mais c'est en même temps ce qui
nous engage autrement dit être libre c'est être libre de choisir ses engagements donc de choisir les risques et les contraintes issues de ce choix et quand une personne donne son consentement elle choisit de dire oui de dire oui par avance consentir c'est dire oui à ce qui va arriver quand bien même on ne sait pas ce qui va arriver c'est dire rouillé à l'inconnu compris au pire et en cas de problème c'est être condamné à ne pouvoir s'en prendre qu'à soi-même le consentement c'est la liberté qui nous condamne à la responsabilité et pour vous montrer
que cette notion de consentement elle est vraiment au cœur de la série on va passer en revue quelques moments clés de la première saison comme ça ça va rendre notre analyse beaucoup plus concrète et vous allez voir queah ça va nous éclairer le premier moment c'est quand les participants arrivent sur l'île où le jeu va se dérouler et quant que le jeu commence on leur fait signer un formulaire de consentement et on voit que la plupart des participants signent le formulaire sans même l'avoir lu un peu vous savez comme quand on installe une application sur
le téléphone et qu'on accepte les conditions générales sans les avoir lu on le fait tous on consent sans savoir à quoi on consent et sauf que Jun lui fait partie de ceux qui lisent les conditions et il s'aperçoit que sur le formulaire de consentement il n'y a que trois clauses première clause les joueurs n'ont pas le droit d'arrêter le jeu deè clause les joueurs qui refusent de jouer sont éliminés trè clause si la majorité des joueurs est d'accord pour arrêter le jeu le jeu s'arrête et alors ça comment il faut l'interpréter bien il faut l'interpréter
comme le fait que même si les participants signent un contrat un contrat par lequel ils s'engage ils ont malgré tout la possibilité de revenir en arrière et alors ça évidemment c'est très intéressant parce que c'est une manière de dire vous êtes doublement consentant vous êtes consentant non seulement parce que vous avez consenti à participer mais vous êtes d'autant plus consentant que vous avez la possibilité d'arrêter autrement dit pas d'excuse pas d'autre responsable que vous-même et donc c'est là qu'on en arrive au deuxème moment où la notion de consentement est mise en avant puisque justement bah
il se trouve que cette troème clause elle va être invoquée juste après le premier jeu le 1 2 3 soleil dont je vous parlais tout à l'heure à l'issue de ce premier jeu plus de la moitié des participants ont été éliminés donc évidemment les joueurs qui restent sont choqués ils ne s'attendaient pas à ça il pensaient pas qu'être éliminé ça voulait dire être tué et c'est là que Jun qui a lu les clauses du contrat demande à ce que les joueurs restants votent pour savoir si le jeu continue ou s'il s'arrête ils sont précisément 2011
sur ces 2011 100 votes pour continuer le jeu 101 votes pour arrêter le jeu donc à une voix après les joueurs décident d'arrêter leur décision est respectée par les organisateurs le jeu s'arrête et chacun rentre chez soi mais sauf que une fois de retour chez eux les participants se rendent compte que finalement bah c'est pas mieux dehors parce que oui mourir parce qu'on a perdu un de TR soleil mais c'est sûr que c'est violent mais il se pourrait bien que la vie réelle soit encore plus violente dans le jeu quand on meurt on n' pas
le temps de souffrir on meurt en une fraction de seconde dans la vie réelle on meurt à petit feu dans la souffrance dans le désespoir dans l'indignité et là où ça tombe très bien c'est que les organisateurs du jeu les recontactent et il les informe que ceux qui veulent revenir dans le jeu le peuvent qu'on passera les chercher à telle heure à tel endroit résultat des courses sur les 2011 joueurs qui ont quitté le jeu 187 reviennent et autant la première fois on aurait pu dire qu'il ne savait pas exactement dans quoi il mettait les
pieds qu'il n'avait pas compris qu'être éliminé ça voulait dire être tué autant maintenant ils en sont parfaitement conscients il n'y a plus aucune ambigué sur ce qu' les attend ils reviennent de leur pleing gré et à partir du moment où il revi viennent de leur plein gré ils acceptent totalement les règles du jeu et alors le dernier moment fort de la série dans lequel est mise en avant cette notion de consentement je dis le dernier mais en réalité c'est plutôt le premier chronologiquement et philosophiquement c'est le moment du recrutement le moment où Jun est approché
pour participer au jeu donc soyez attentif vous allez voir que tous les détails ont leur importance Jun est assis sur un banc dans une station de métro un homme en costume s'assoit à côté de lui il se tourne vers lui et lui demande s'il veut jouer à un jeu le dchkiy deux carrés de papier plié un qu'on pose par terre et l'autre que le joueur doit lancer sur le premier pour le retourner un peu comme lespog vous savez donc encore une fois un jeu pour enfant un jeu tout ce qu'il y a de plus innocent
et l'homme en costume dit à Jun si vous gagnez je vous donne 100000 W équivalent de 76 €. au départ Jun n'est pas du tout intéressé il prend l'homme en costume pour un témoin de Jéhovah il le remarre mais l'homme en costume ouvre sa mallette et là Jun voit les billets alors 100000 W c'est pas énorme mais pour un homme endetté pour un homme qui a à peine de quoi payer un repas pour l'anniversaire de sa fille bah c'est pas rien et puis on parle juste d'un jeu donc j accepte l'ennui c'est que s'il perd
bien c'est à lui de payer or il n'a pas d'argent pas de problème l'homme en costume lui propose un deal si c'est Jun qui gagne il lui donne les 100000 W si c'est l'homme en costume qui gagne il aura le droit de gifler Jun marché conclut il joue Jun perd il prend une gifle il rejoue Jun repère il reprend une gifle une trè une 4è une 5è c'est l'humiliation une humiliation consentie puisque c'est la règle qu'ils ont fixé et que a donné son accord il est d'accord pour se faire humilier au bout d'une quinzaine de
lancé et donc d'une quinzaine de gifles il finit par gagner il saute de joie il empoche les 100000 Wes et après ça l'homme en costume lui dit qu'il pourrait gagner beaucoup plus d'argent en jouant à un autre jeu de ce genre il lui donne une carte sur laquelle est inscrit un numéro de téléphone Jun finit par appeler c'est comme ça qu'il se retrouve dans le jeu alors en quoi cette scène est-elle importante plus qu'importante elle est cruciale parce que tous les éléments du consentement il sont réunis écoutez bien l'homme en costume n'impose rien il propose
est-ce que vous voulez jouer à un jeu simple question libr diun d'accepter ou de refuser cette proposition il aurait pu dire non mais il a dit oui plus exactement il a fini par dire oui parce qu'au départ il pensait que c'était une arnaque et toute l'ironie est là ce n'était pas une arnaque et c'était précisément ça l'arnaque c'est quoi une arnaque une arnaque c'est quand la promesse n'est pas honorée c'est quand on annonce quelque chose et qu'on ne le fait pas l'homme en costume n'avait pas l'intention d'arnaquer Jun à aucun moment il ne cherche à
l'embobiner et tout le problème est là dans le fait que Jun est maître de la situation dans le fait que jou a mis face à lui-même l'arnaque c'est qu'il n'y en avait pas c'est que c'était lui seul qui choisissait il était libre et éclairé et il a choisi de donner son consentement libre et éclairé le consentement libre et éclairé c'est une expression qu'on retrouve dans le droit de la santé je donne mon consentement libre et éclairé par exemple avant de subir une opération chirurgicale ou avant de commencer un traitement pour décharger le corps médical de
la responsabilité de ce qui pourrait m'arriver donc consentement libre et éclairé libre parce que personne ne me force la main personne ne m'oblige et éclairé parce que je suis informé on m'a informé des risques on m'a informé des effets secondaires de la part remboursable et de la part non remboursable bref le consentement éclairé c'est quand je sais où je vais et que je décide d'y aller dans le jeu du Daki avec le mon costume Jun savait où il allait il savait qu'à chaque fois qu'il perdrait il recevrait une gifle il y avait pas de piège
ou plutôt le piège c'était justement qu'il le savait le piège c'est qu'il était consentant et être consentant c'est se mettre dans une situation où si les termes du contrat sont respectés on pourra plus protester on pourra s'en prendre à personne d'autre qu'à soi-même lorsque Jun finit par gag Auki l'homme en costume lui donne les 100000 W et les lui donne avec le sourire arrêtons-nous sur ce sourire pourquoi l'homme en costume sourit-il il sourit parce qu'il sait qu'en ayant perdu il a en réalité gagné il a gagné c'est-à-dire il a réussi à apater diun il l'a
fait entrer dans son système maintenant Jun va vouloir aller plus loin il va vouloir gagner plus et donc à moins de perdre la carte sur laquelle le numéro de téléphone est inscrit bah il va appeler et c'est ça que voulait l' en costume il voulait recruter un participant un participant volontaire son sourire c'est le sourire de celui qui sait que le plan a fonctionné c'est le sourire de celui qui sait que même en laissant Jun parfaitement libre de faire ce qu'il veut il fera ce que lui voulait qu'il fasse c'est le principe de la manipulation
il faut qu'on en parle le but de la manipulation c'est de créer du consentement de sorte que le manipulateur va pouvoir s'abriter derrière le fait qu'il n'a rien imposé qui n'a fait que proposer oui techniquement physiquement le manipulateur n'a rien imposer mais il a induit induire c'est plus subtile qu'imposer induire c'est faire naître la volonté c'est faire naître l'idée l'envie ou la curiosité de faire quelque chose qu'on a'urait pas pensé à faire ou qu'on aurait pas pensé à vouloir si on avait été tout seul c'est ce qu'a fait le serpent avec Adam et Ève la
tentation la séduction induire séduire conduire celui qui nous séduit nous conduit la séduction c'est le fait de créer un attrait vers quelque chose qui n'avait pas été envisagé par le sujet de sorte à le rendre volontaire pour faire ce qu'on voudrait qu'il fasse et c'est exactement ce qu'a fait l'homme en costume avec Jun il lui a donné une idée jouer à un jeu il lui a précisé qu'il y avait une contrepartie les gifles Jun finit par gagner récompense et à partir du moment où il y a récompense il y a captation du consentement le sourire
de l'homme en costume c'est le sourire du serpent qui connaît les lois du comportement humain ceux qui s'intéressent à la psychologie savent qu'il existe un mécanisme psychologique particulièrement puissant chez l'être humain qui s'appelle le circuit de la récompense et qui d'ailleurs entre en jeu dans le phénomène de l'addiction ce n'est pas un hasard si au début de la série Jun est présenté comme étant accro au jeu le terrain de la manipulation était favorable le circuit de la récompense c'est ce qui fait que quand on a été récompenser une fois par exemple quand on a gagné
un jeu on a envie de recommencer pour gagner encore encore et encore et encore c'est sans limite et si on combine le mécanisme du circuit de la récompense d'une part avec le mécanisme de l'escalade d'engagement qui fait qu'on a tendance à persister dans notre première décision en l'occurrence dans le fait d'avoir accepté de jouer et d'autre part avec le mécanisme d'aversion à la perte le fait qu'on accorde plus de valeur à ce qu'on perd qu'à ce qu'on gagne je schématise et donc le fait que passer à côté d'une opportunité nous est insupportable tous les éléments
sont réunis pour que le sujet et envie de continuer tous les éléments sont réunis pour que ce soit le sujet lui-même qui demande à continuer manipuler quelqu'un c'est s'arranger je dis bien s'arranger pour que la décision vienne de lui pour pouvoir ensuite lui dire mais c'est toi qui l'a voulu c'éta pas moi qui t'ai forcé tu avais le choix et tu as fait ton choix j'employit un mot dans mon analyse le mot apâé un apâ c'est ce qu'on util pour attirer une proie en anglais on parle de fishing le hamsonage c'est la même idée apâer
un poisson apâer un animal en général c'est mettre en place un dispositif tel que si on laisse l'animal libre il fera ce qu'on veut qu'il fasse quand on dit que l'être humain est libre de ses choix ce qu'on veut dire en réalité c'est que contrairement à l'animal l'être humain n'est pas entièrement régi par son instinct si vous préférez il a la possibilité de dire non à son instinct sa volonté n'est pas entièrement déterminée par ses impulsions primaires le fait d'être impulsif littéralement soumis à ses pulsions bah c'est être beaucoup plus facilement manipulable donc beaucoup moins
libre puisque celui qui sait que vous êtes impulsif n'aura qu'à provoquer votre impulsion pour vous faire faire ce qu'il veut que vous fassiez c'est la stratégie de Frank Underwood dans House of Cards quand il convoque Marty Spinella dans son bureau le chef du syndicat des enseignants il le provoque avec des mots il l'insulte donc pas de violence physique il le pousse à bout pour que Spinella le frappe parce que s'il le frappe il est fini et c'est ce qui va se passer Franck reçoit un coup de point il est ravi il sourit parce qu'il a
gagné Frank Underwood c'est le maître de la manipulation donc la liberté de l'être humain c'est la possibilité de ne pas être entièrement soumis à ses pulsions l'être humain a le choix de ses actions parce qu'il peut raisonner mais en réalité quand on dit que l'être humain est libre c'est un raccourci parce que oui l'être humain peut ne pas être entièrement gouverné par ses pulsions mais il est gouverné par d'autres facteurs et la raison fait partie de ces facteurs c'est la grande leçon de Spinoza l'homme se croit libre en ce sens qu'il ignore les causes qui
le déterminent mais si on sait ce qui détermine quelqu'un si on sait sur quelle ficelle il faut tirer pour le faire agir d'une certaine manière il aura beau ne pas être quelqu'un d'un impulsif on pourra quand même le manipuler personne n'échappe au déterminisme de la causalité donc si on met en place la bonne configuration causale le sujet fera ce qu'on veut qu'il fasse par exemple dans certains cas dire à quelqu'un je ne peux pas te demander de faire ça pour moi ben c'est le meilleur moyen de lui faire faire c'est le genre de phrase qui
marche avec quelqu'un qui n'aime pas qu'on lui force la main mais qui aime aussi se montrer généreux ou qui a facilement tendance à culpabiliser bon et bien typiquement quelqu'un qui a facilement tendance à culpabiliser c'est quelqu'un de facile à manipuler il suffit de mettre en place un scénario dans lequel notre victime va assister à notre désarrois assister à notre détresse et va vouloir y mettre un terme pour se décharger de sa culpabilité l'idée c'est que tout le monde est manipulable parce que tout le monde a une corordte sensible et qu'il suffit de la trouver dans
le cas de Jun c'est sa fille il veut gagner de l'argent pour sa fille pour lui offrir des cadeaux pour l'amener au restaurant pour qu'elle soit fière de lui mais cet argent il veut aussi le mériter il veut pouvoir se dire qu'il aa gagné et qu'il l'a gagné honnêtement l'homme en costume va donc créer une une configuration causale dans laquelle Jun va pouvoir gagner beaucoup d'argent dans laquelle il va mériter cette argent et dans laquelle il aura gagné cet argent honnêtement il va créer la configuration causale à l'intérieur de laquelle Jun aura choisi délibérément choisi
de faire ce qu'il voulait le pouvoir c'est le pouvoir de créer des configurations ca c'est le pouvoir de créer des situations dans lesquelles les gens consentent à faire ce qu'on veut qu'ils fassent quand on a compris que le choix était toujours le résultat d'une combinaison de facteurs il suffit de réunir ces facteurs et de laisser les choses se faire toutes seulle l'homme a toujours le choix mais on peut conditionner son choix en mettant en place une chaîne de causalité Jun va découvrir que l'homme en costume c'est tout de lui qu'il connaît sa vie qu'il connaît
sa situation familiale la somme exacte qu'il doit aux banques et aux usuriers il connaît la situation de Jun et parce qu'il connaît sa situation il le possède déjà il n'aura pas besoin d'autres arguments pour le convaincre juste je connais ta situation juste je sais que tu n'as pas les moyens de dire non une offre que tu ne peux pas refuser le sourire de l'homme en costume c'est le sourire de celui qui maîtrise la chaîne de causalité donc si on résume l'homme est libre au sens où il a le choix avoir le choix c'est avoir le
choix de ne pas céder à ses impulsions primaires pour autant l'homme reste soumis au déterminisme de la causalité celui qui maîtrise la causalité celui qui maîtrise la configuration causale a donc le pouvoir de conditionner notre choix c'est-à-dire d'obtenir notre consentement dans cette situation nous sommes libres mais nous obéissons nous consentons librement parmi tout les informations que l'homme en costume connaît à propos de Jun il y en a une qui est très importante et qui rejoint directement la question du consentement c'est le fait que le jour même Jun a signé auprès d'un usurier une renonciation à
ses droits physiques ça veut dire quoi ça veut dire que Jun devait beaucoup d'argent à un prêteur privé et que n'arrivant pas à le rembourser le prêteur lui a fait sign un document disant désormais ton corps m'appartient ce qui veut dire que si je veux me rembourser en te prenant un rein ou en te prenant un œil j'ai le droit de le faire j'ai le droit de le faire le droit quand on signe un contrat on ne donne pas simplement son consentement on donne le droit le droit découle du consentement il y a une affaire
qui a fait beaucoup de bruit en 2002 ça s'est passé en Allemagne un homme qui a publié une annonce parce qu'il recherchait quelqu'un pour le tuer et pour le dévorer ensuite et c'est ce qui s'est passé l'homme a fait venir le cannibal chez lui le cannibal l'a tué il l'a dépeessé et il l'a mangé et même si dans ce cas précis le tueur a été condamné à de la prison ferme l'avocat de la défense a quand même utilisé comme argument le fait que la victime était consentante et que de ce fait on nétait pas vraiment
dans le cadre d'un homicide on était dans le cadre de ce qu'on appelle un meurtre sur demande et le meurtre sur demande c'est moins répréhensible qu'un meurtre sans demande vous rendez compte et d'ailleurs sans aller jusque là dans les milieux BDSM il existe existe ce qu'on appelle les contrats de soumission le contrat de soumission c'est quand entre deux partenaires sexuels l'un des deux donne son consentement pour recevoir des traitements violents humiliants ou dégradants et sur cette question la Cour européenne des droits de l'homme déclare le droit d'entretenir des relations sexuelles découle du droit de disposer
de son corps à cet égard la faculté pour chacun de mener sa vie comme il l'entend peut également inclure la possibilité de s'adonner à des activités perçu comme étant d'une nature physiquement ou moralement dommageable ou dangereuse pour sa personne il en résulte que le droit pénal ne peut en principe intervenir dans le domaine des pratiques sexuelles consenti qui relève du libre arbitre des individus donc voyez que la notion de consentement elle est juridiquement centrale un acte n'a pas la même valeur il n'a pas le même caractère juridique selon qu'il répond à une demande ou qu'il
est imposé de force selon qu'il est consenti ou qu'il n'est pas consenti ça ne veut pas dire que tout est permis sous prétexte que c'est consenti mais ça veut dire que le consentement ouvre le droit à des actes que le droit réprouve en temps normal vous avez frappé cet homme oui mais il était d'accord vous avez humilié cette femme oui mais elle était d'accord expressément d'accord et effectivement dans une société libérale dire aux gens ce qu'ils ont le droit de faire ou ce qu'ils n'ont pas le droit de faire dans un cadre privé dans le
cadre de leur intimité mais c'est problématique contrôler les pratiques sexuelles des gens contrôler leurs fantasmes ou leurs expériences quelle qu'ell soi même si c'est expériences mettent en jeu leur intégrité physique c'était pas le travail du juge le travail du juge c'est de traiter les plaintes des personnes non consentantes des personnes à qui on a fait des choses qu'ell ne voulaient pas qu'on leur fasse qui n'ont pas donné leur accord et donc c'est là que philosophiquement un problème apparaît ce problème c'est celui de la nature du consentement ça veut dire quoi bien ça veut dire que
si vous consentez à signer un contrat de soumission sexuelle parce que vous avez le fantasme de la soumission sexuelle autrement dit parce que c'est quelque chose que vous voulez faire et non pas quelque chose qu'on vous aura forcé à faire et je mets ici de côté le cas de la volonté manipulée dont on parlait tout à l'heure parce que c'est encore autre chose mais toujours est-il que donner son consentement dans le cadre d'un fant sexuel bien c'est pas la même chose que donner son consentement parce qu'on ne peut pas faire autrement c'est pas la même
chose de consentir à être humilié parce qu'on a le fantasme de l'humiliation et de consentir à être humilié parce que c'est ça au mourir et ça fait une grosse différence dans les deux cas il y a consentement mais le consentement n'est pas de même nature imaginons un scénario imaginons que vous soyez pauvre très pauvre que vous n'avez pas de logement pas de quoi manger que vous êtes à la rue et que vous tombez sur quelqu'un qui vous fait une proposition il vous héberge il vous donne à manger l'eau et l'électricité en échange de quoi vous
acceptez de devenir son esclave c'est juste une proposition libre à vous d'accepter ou de refuser oui mais SAF que si vous refusez vous ne savez pas comment vous allez survivre vous ne voyez aucune autre solution donc vous acceptez la question que je pose est la suivante votre consentement est-il de même nature que si vous n'aviez pas été dans cette situation de besoin autrement dit est-ce que vous auriez accepté si vous aviez eu la possibilité de faire autrement évidemment non vous avez accepté précisément parce que vous n'aviez pas le choix et c'est là que certains répondront
on a toujours le choix oui abstraitement formellement on a toujours le choix mais dans les faits dans la matérialité de la situation est-ce qu'on a vraiment toujours le choix est-ce qu'il n'y a pas des choix plus ou moins contraint avoir le ch choix c'est un luxe la phrase on a toujours le choix c'est la phrase de quelqu'un qui a le choix et c'est pour ça que parler de consentement en général parler de consentement de façon abstraite sans tenir compte de la situation qui nous pousse à consentir ça n'a pas vraiment de sens ce qui définit
le consentement ce sont les conditions du consentement dire à quelqu'un tu as senti sans se poser la question des conditions matérielles qui l'ont amené à consentir c'est faire comme si un choix n'était déterminé par rien d'extérieur à l'individu c'est faire comme si l'être humain était une entité abstraite c'est faire comme si on choisissait toujours de choisir et donc c'est là qu'on arrive à deux conceptions totalement opposées de la notion de consentement la formelle du consentement et la conception matérielle du consentement la conception formelle c'est la conception libérale c'est la conception qui consiste à dire vous
êtes libre d'accepter ou de refuser vous êtes adulte et responsable vous faites ce que vous voulez vous voulez travailler dans cette entreprise pour un salaire de misère dans des conditions dégradantes avec des perspectives d'évolution nul parce qu'on est bien d'accord que et bien c'est ça ou rien pas de problème vous êtes libre de le faire qui suis-je pour mi opposé signé ici et une fois que vous aurez signé vous serez à nous vous serait à nos mains mais librement dans une vision libérale on a toujours le choix parce qu'on ne se pose pas la question
de pourquoi on choisit ce qu'on choisit choisit point on signe point c'est tout ce qui compte on ne se pose pas la question des contraintes matérielles de la pression économique de la détresse sociale ou du désespoir psychologique on occulte tout ça on en fait abstraction conception abstraite du consentement les participants du squid game sont venus de leur plein gré donc ils sont d'accord ils ont signé un formulaire de consentement donc ils sont d'accord ils ont fait le choix de revenir dans le jeu donc ils sont d'accord pourquoi sont-ils venus pourquoi ont-ils signé pourquoi sont-ils revenu
c'est pas notre problème notre seul problème c'est qu'il soit là et qu'il soit d'accord pour être là on les a pas forcé on ne leur a pas mis un pistolet sur la tempe ils ont fait leur choix et en parlant de pistolet sur la tempe il y a une chose très importante à souligner dans cequ Game qui rejoint totalement cette conception libérale du consentement à savoir le non recours à la violence physique qu'est-ce que je veux dire par là je veux dire par là que à l'exception des éliminations les gardiens ne font jamais usage de
violence physique contre les participants parce que faire usage de violence physique ce serait juste contraindre donc ce serait aller contre le principe de consentement les gardiens ne sont pas violents il laisse les joueurs être violents entre eux les gardiens ne sont pas violents il créent les condition de la violence dans cequid Game très vite la tension monte entre les joueurs des violences éclatent pourquoi bien parce que quand vous participez à un jeu dont le but est d'être le dernier a rester vivant ben ça peut donner envie à certains de vous éliminer entre les jeux pour
avoir moins de concurrents et ainsi avoir mécaniquement plus de chances de gagner donc cette violence entre les joueurs on est d'accord qu'elle était prévisible plus que prévisible elle était inévitable oui mais sauf que d'un point de vue libéral encore une fois libre à chacun d'agir comme il agit libre aux joueurs de s'entretuer s'ils veulent s'entretuer nous c'est pas notre problème on n'est pas vos parents vous faites ce que vous voulez ça vous appartient ou comment créer les conditions de la violence tout en se dédoinant de la responsabilité de la violence la vision libérale de la
liberté c'est la liberté sur le papier dans les deux sens du terme une liberté théorique abstraite et une liberté contractuelle le contrat c'est ce qui invisibilise les conditions matérielles du contrat pour que ne subsiste de l'accord entre les contractants qu'une feuille blanche avec de l'ancran pour faire oublier ce qui a conduit les contractants à signer un contrat c'est un objet qui dit on ne veut pas savoir pourquoi vous êtes là on ne veut pas savoir pourquoi vous acceptez on veut savoir si vous acceptez et donc si on veut pousser l'analyse plus loin ce qui est
montré dans cequid Game c'est que bah tout ce dont on vient de parler la violence la lutte pour la survie la rivalité ce sont des phénomènes inhérents au système capitaliste le système capitaliste est bas B sur la concurrence il est basé sur le fait qu'il y ait des gagnants et des perdants que les perdants en veuillent au gagnants et que pendant que futur gagnant et futur perdant s'entretuent les organisateurs boivent du champagne en contemplant le spectacle et là ceux qui n'ont pas vu la série vont se dire il va trop loin oui mais sauf que
c'est exactement ce qui est montré dans la série les VIP des hommes qui portent un masque manifestement des hommes riches ou ayant du pouvoir qui assistent au jeu depuis leur télévision et qui finissent par se rendre sur place pour être aux premières loges des dernières épreuves leur masqu représentent des têtes d'animaux comme pour appeler que les êtres humains sont fondamentalement des animaux des animaux qui ont le choix mais dont le choix est tout aussi conditionné que les animaux le sont par leur instinct leurs masques sont en or parce qu'ils sont au sommet de la chaîne
alimentaire là où il n'y a plus besoin de lutter ils boivent des cocktails avec des êtres humains qu'ils utilisent comme table basse et ils passent un bon moment ils se divertissent ils se divertissent du spectacle de la guerre de tous contre tous ils se divertissent du spectacle de l'illusion du libre arbitre de l'illusion du choix parce qu'ils savent que les participants vont jouer le jeu puisqu'ils sont là pour ça ils savent qu'il n'y aura pas de grand élant de solidarité qui fait que les joueurs vont se regarder et se dire on arrête on va s'en
prendre aux organisateurs on va se les coups d'entre nous et s'en sortir tous ensemble ou mourir tous ensemble non ça n'arrivera pas la seule chose qu'ignore les VIP c'est qui va gagner donc ils font des paris eux aussi jouent ils jouent sur ceux qui jouent les VIP c'est nous devant notre écran et alors arrive le moment du dernier épisode dernier épisode qui contient une révélation ce dernier épisode ne s'achève pas sur la victoire de Jun puisque comme je vous l'ai dit c'était prévisible le dernier épisode s'achève sur deux scènes la première scène c'est lorsque Jun
découvre que l'un des participants du jeu un vieux monsieur nommé oinam était en réalité l'un des organisateurs du jeu l'un des VIP oinam est milliardaire et il a voulu participer au squid game pour le simple plaisir de jouer à des jeux pour le plaisir de retomber en enfance parce qu'il a une tumeur au cerveau et qu'il sait qu'il va bientô mourir au cours du jeu Jun et OAM deviennent et à un moment donné ils doivent jouer l'un contre l'autre le jeu des billes et là Jun va faire ce qu'il n'aurait jamais cru être capable de
faire il va tricher il va tricher contre OAM parce qu'il ne veut pas mourir le jeu consiste à deviner combien de billes l'autre a dans sa main et Jun va profiter du fait queam perd un peu la tête pour lui soutirer ses billes Jun s'en veut il se sent coupable mais pour la première fois il a le sentiment qu'il n'a pas le choix que c'est ça ou mourir et il ne veut pas mourir donc il triche jusqu'à ce que inâme n'a plus de Bill en fait si il lui en restait une dans la poche or
la partie ne prend fin que lorsqu'un des deux joueurs a gagné les 10 billes de l'autre pas neu 10 alors OAM fait une proposition à Jun je joue toutes mes billes tu joues toutes les tiennes une contre 19 Jun croit devenir fou il lui dit mais ça aucun sens ce à quoiam lui répond et abusé d'une vieille personne comme moi est-ce que ça a du sens il savait il savait que Jun trichait et il lui donne sa bille en le remerciant car grâce à jiun oinam se sera amusé une dernière fois avant de mourir et
donc lorsqu'il revoit OAM après la sortie du jeu et qu'il apprend qu'il faisait partie des organisateurs Jun lui pose la question pourquoi pourquoi ce jeu réponse denam parce que quand on a trop d'argent tout devient ennuyeux parce que rien n'a plus de saveur et qu'on cherche des moyens de ressentir à nouveau quelque chose le squid game ne servait en réalité qu'à donner à une poignée de riche l'occasion de se divertir et au une âme de rappeler à joun tu étais consentant tu es venu de ton plein gris tu étais libre c'est là qu'une interprétation peut
être faite du geste d'inam quand il donne à Jun sa dernière bille lui aussi en lui souriant de quoi le remercie--il exactement de lui avoir fait passer un bon moment c'est vrai mais peut-être d'une autre chose beaucoup plus fondamental de lui avoir donné la confirmation que même quelqu'un comme Jun même quelqu'un d'aussi gentil d'ussi intègre d'ussi humain était capable de tuer pour rester vivant pendant cette partie de B am a tout fait pour attendrir Jun il lui a montré sa vulnérabilité sa nostalgie sa fragilité il lui a parlé de son fils dont il avait oublié
l'anniversaire et que cela le faisait culpabiliser exactement comme Jun qui lui aussi avait oublié l'anniversaire de sa fille et qui avait même participé au jeu dans l'espoir CIR de gagner de quoi la gâter et malgré tout ça malgré cette corordte sensible koam avait touché Jun avait quand même triché il était prêt à ce que oinam se fasse tuer pour pouvoir survivre le sourire d'ohinam lorsqu'il lui donne sa dernière bille c'est le sourire de celui qui dit tu vois même toi tu es finalement comme les autres nous sommes tous pareils nous sommes libres mais nous choisissons
le mal dans le jeu oinam portait le numéro 001 Jun portait le numéro 456 le premier et le dernier l'alpha et l'oméga la boucl bouclée et quand il s'apprête à prendre l'avion pour aller voir sa fille dans le métro Jun retombe sur l'homme au costume le recruteur qui était en train de jouer avec un homme odatki Jun court vers eux il veut empêcher cet homme en train de jouer de se retrouver dans la prochaine édition du squid game il arrive trop tard l'homme en costume et déj déjà dans le métro il voit Jun il le
reconnaît et il lui sourit ce sourire c'est le sourire de celui qui sait de celui qui sait que Jun ne peut rien faire pour empêcher ce que les individus sont programmés à faire quand ils n'ont plus le choix consentir consentir à risquer de tout perdre pour survivre la leçon de Squid Game c'est que la condition humaine est une tragédie car si l'être humain se définit par le fait d'être libre cela signifie qu'il est libre de consentir au pire je vous remercie [Musique] [Musique]