Incontournables pour lutter contre le changement climatique, les énergies vertes sont devenues stratégiques pour les États : elles permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais peuvent aussi assurer une certaine indépendance énergétique. Ce que l'on appelle énergies vertes sont les énergies issues de ressources qui se renouvellent comme le soleil, le vent ou l'eau. Ces ressources sont transformées en énergie pour produire de l'électricité ou de la chaleur.
Elles représentent aujourd'hui 13,8 % de la production totale d'énergie mondiale, et 26 % de l'électricité mondiale. 2020 a marqué un tournant dans la géopolitique énergétique. La crise de la Covid, avec notamment la baisse drastique de la mobilité, a entraîné une chute inattendue dans la demande en énergie, notamment le pétrole, mais aussi toutes les autres sources, sauf.
. . les énergies renouvelables.
La crise du Covid a en réalité accéléré une tendance déjà existante : beaucoup de pays affichent des ambitions fortes sur les énergies renouvelables. Certains comme l'Islande, le Costa Rica, l'Uruguay, le Paraguay, ou la Norvège, sont même très près d'avoir une électricité 100 % verte. Grand avantage de ces énergies renouvelables : elles permettent de relocaliser la production d’énergie puisqu’elles peuvent être produites sur place.
Les États n'ont pas besoin d'importer la source d'énergie comme ils le font pour le pétrole. Ils acquièrent une indépendance énergétique grâce à leur vent, leur soleil ou encore leurs marées. En plus de l'émergence des énergies renouvelables, les USA, par exemple, ont développé leurs propres huiles et gaz de schiste.
Les fournisseurs historiques de pétrole comme l’OPEP, ou de gaz, comme la Russie, voient leur influence énergétique baisser. La géopolitique de l'énergie est en train de changer. Les enjeux stratégiques se situent ailleurs désormais.
Pour pouvoir transformer les sources renouvelables en énergie, il faut utiliser des turbines, des panneaux solaires, des éoliennes. . .
des machines qui nécessitent des matériaux dont ne disposent pas tous les États : par exemple les terres rares, des minerais utilisés dans la fabrication de produits de haute technologie, sont produites à 80 % par la Chine ; ou le cuivre, produit à près de 30 % par le Chili, loin devant le Pérou et la Chine. Aussi, les énergies renouvelables n'échappent pas à la mondialisation : 60 % des panneaux solaires par exemple, sont fabriqués en Chine. Présente sur tous les fronts des énergies renouvelables, Pékin investit dans les minerais, les usines de fabrication, les infrastructures de production.
. . sans en mesurer les conséquences écologiques et sanitaires.
En 2017, elle avait investi près de 127 milliards de dollars dans les énergies renouvelables, soit près de 45 % des investissements mondiaux. Le développement des énergies renouvelables crée de nouveaux rapports de force entre les États cherchant à devenir plus autonomes et à relocaliser des productions et ceux qui ont déjà créé des situations dominantes sur les marchés, comme la Chine.