Bonjour Emmanuel bonjour à tous bienvenue sur les nouveaux [Musique] chemins diffusé tous les jours de 10h à 11h du lundi au vendredi les nouveaux chemins sont réalisés cette semaine par François Conac avec Philippe Carminati et Ivan Charby à la technique est préparé par jeune VIè merque mathil dunger Jeane Marie rou Géraldine mosnassavis et adelle [Musique] vanret adelle qui à 10h50 entamera pour vous une série de conversations avec David Camu petit-fils d'Albert une évocation libre et poignante d'un grand-père qu'il n'a pas connu mais dont il parle à merveille car c'est une semaine sur Albert Camu que
nous vous proposons pour clore cette année de nouveau chemins la deuxème semaine de l'année donc après avoir mis en antenne en janvier dernier Les archives de Camu nous vous proposons cette fois-ci d'écouter les cinq conférences organisées par l'équipe des nouveaux chemins de janvier à juin dans le Grand Auditorium de la Bibliothèque François [Musique] Meron vous entendrez demain agès piquel se promener dans l'œuvre romanesque d'Albert Camu mercredi c'est Bernard Henry Levi qui reviendra pour vous sur la guerre et la paix d'Albert Camu et de Jean-Paul Sartre jeudi Denis alas et jean- yy Guérin réfléchiront sur la
question du terrorisme dans l'œeuvre de Camu vendredi enfin Pierre Louis Reay et Jean Louis saint-Ignan vous parleront du premier homme ou du dernier [Musique] roman mais aujourd'hui ce lundi nous vous proposons d'entendre la conférence inaugurant ce cycle une conférence enregistrée le 14 janvier 2010 sur le texte qui est à mon sens le plus beau de Camu le plus juste le plus riche aussi la dernière page de la dernière nouvelle de nos intitulé Le Désert un texte sublime donc que pour commencer Camu lui-même vous [Musique] des millions dieux je le savais avaient contemplé ce paysage florentin
et pour moi il était comme le premier sourire du ciel il me mettait hors de moi au sens profond du terme il m'assurait que sans mon amour et ce Beau cri de Pierre tout était inutile le monde est beau et hors de lui point de salut la grande vérité que patiemment il m'enseignait c'est que l'esprit n'est rien ni le cœur même et que la pierre chauffée par le soleil ou le C près que le ciel découvert agrandit limite le seul univers où avoir raison prend un sens la nature sans homme et ce monde Manile il
me porte jusqu'au bout il me niss en colère dans ce soir qui qui tombait sur la campagne florentine je M'acheminais vers une sagesse où tout était déjà conquis si des larmes ne m'étaient venus aux yeux et si le gros sanglot de poésie qui m'emplissait ne m'avait fait oublier la vérité du monde c'est sur ce balancement qu'il faudrait s'arrêter singulier restant où la spiritualité répudie la morale où le bonheur nét de l'absence d'espoir où l'esprit troube sa raison dans le corur s'il est vrai que toute vérité porte en elle son amertume il est si vrai que
Toute négation contient une floraison de oui et ce champ d'amour sans espoir qui naît de la contemplation peut aussi figurer la plus efficace des règles d'action au sortir du tombeau le Christ ressuscitant de Pierro de la Francesca n'a pas un regard d'homme rien d'heureux n'est peint sur son visage mais seulement une grandeur farouche et sans âme que je ne puis m'empêcher de prendre pour une résolution à vivre car le sage comme l'idiot exprime peu ce retour me Vie mais cette leçon la doisje à l'Italie ou lche tirer de mon cœur c'est là-bas sans doute qu'elle
m'est apparue mais c'est que l'Italie comme d'autres lieux privilégiés m'offrait le spectacle d'une beauté où Meur quand même les hommes ici encore la vérité doit pourrir et quoi de plus exaltant même si je la souhaite qu'je affaire d'une vérité qui ne doivent pas pourrir elle n'est pas à ma mesure et l'aimer serait un faux semblant on comprend rarement que ce N'est jamais par désespoir qu'un homme abandonne ce qui faisait sa vie les coups de tête et les désespoirs mènent vers d'autres vies et marquent seulement un attachement frémissant le son de la terre mais il peut
arriver qu'à un certain degré de lucidité un homme se sente le cœur fermé et sans révolte ni revendication tourne le dos à ce qu'il prenait jusqu'ici pour sa vie je veux dire sans l'agitation si rimau finit en la bicinie sans avoir écrit une seule Ligne ce n'est pas par goût de l'aventure ni renoncement d'écrivain c'est parce que c'est comme ça et qu'à une certaine pointe de la conscience on finit par admettre ce que nous nous efforçons tous de ne pas comprendre selon notre vocation on sent bien qu'il s'agit ici d'entreprendre la géographie d'un certain désert
mais ce désert singulier n'est sensible qu'à ce capable d'y vivre sans jamais tromper leur soif c'est alors et alors seulement qu'il se Peuple des e vives du bonheur apporter de ma main au jardin Boboli pendait d'énormes caquis doré dont la chair éclaté laissait passer un sirop épais de cette colline légère à ses fruits juteux de la fraternité secrète qui m'accordait au monde à la fin qui me poussait vers la chair orangé au-dessus de ma main je saisissais le balancement qui mène certains hommes de la 16ise à la jouissance et du dépouillement à la profusion dans
la volupté j'admirais J'admire ce lien qui au monde unit l'homme ce double reflet dans le CAL mon cœur peut intervenir à dicter son bonheur jusqu'à une limite précise où le monde peut alors l'achever ou le détruire Florence un des seuls lieux d'Europe où j'ai compris qu'au cœur de ma révolte dormait un consentement dans son ciel mêlé de larmes et de soleil j'apprenais à consentir à la terre et à brûler dans la flamme sombre de ces fêtes j'éprouvais mais quel mot quel Desmesures comment consacrer l'accord de l'amour et de la révolte la terre dans ce grand
temple déserté par les dieux toutes mes idoles danst des pieds d'argile pourquoi vouloir décrocher la lune quand on a le soleil sous les yeux pourquoi réduire le désir à l'expression d'un manque quand le désir est d'abord l'absence de manque lui-même c'est-à-dire que le désir est d'abord l'expression de l'excès de la plénitude À l'image de ces caquis dorés dont la chair éclaté laissait passer un sirop épais le texte que vous venez d'entendre que Camu interprète qui est extrait des noces exactement qui terminent les noces les quatre petits essais puisque Camu voulait les désigner comme tel les
quatre essais qui constituent les noces le texte que vous venez d'entendre est un texte d'une puissance philosophique absolument stupéfiante en somme le travail que je vous propose ici c'est Tout simplement de le lire au ralenti c'est-à-dire de prendre la mesure non seulement peut-être de ce que Camu a voulu dire mais également de ce qui est grand parce que ça lui échappe tant ce qu'il dit est riche tant les fulgurances qui sont les siennes euh enjambe euh des parcours d'une puissance conceptuelle euh étonnante des millions de dieux je le savais ont contemplé ce paysage et pour
moi il était comme le premier sourire du ciel on est donc à la fin euh Des noces la nouvelle s'appelle le désert et chacune de ces nouvelles se répondent euh elles sont toutes en en écho l'une avec l'autre euh dans nos atpaza c'est-à-dire la la première euh des quatre nouvelles euh Camu dit ceci ce n'était pas moi qui comptait ni le monde mais seulement l'accord et le silence qui de lui à moi faisait naître l'amour amour que je n'avais pas la faiblesse de revendiquer pour moi seul conscient et orgueilleux de le partager Avec toute une
race née du soleil et de la mer il s'agit ici pour Camu de parler d'amour alors ce qui est intéressant c'est de quand on quand on connaît un peu Camu c'est de constater que Camu avait de son propre aveu conçu sa démarche d'auteur de philosophe d'ÉCR selon trois étapes trois stases qu'il envisageait ainsi il voulait d'abord parler de l'absurde le cycle de l'absurde a été recouvert par les épisodes du myth décisif et et de L'étranger puis la révolte l'homme révolté et enfin l'amour par ouamu entendait la réconciliation de l'homme et du monde réconciliation qui reposait
sur ce qu'il appelle le consentement or ce qui est intéressant c'est que ce texte que vous venez d'entendre que Camu a lu bien plus tard bien après l'avoir écrit mais que Camu a écrit à l'âge de 22 ans qui est donc un texte de jeunesse est un texte d'amour c'est dire que chez Camu l'amour précède l'absurde la Révolte puis l'amour auquel il retourne à la fin l'amour n'est pas le point d'aboutissement du travail de Camu l'amour en est le point de départ c'est sous le signe de l'amour que Camu a conçu son travail que Camu
a conçu son œuvre et le texte en question est un texte d'amour on pourrait forger un néologisme et parler ici d'amourtume c'est-à-dire un amour amère et effectivement il n'y a pas d'amour sans amertume chez Camu il n'y a pas d'amour Sans consentement à la difficulté de vivre à la difficulté de faire son métier d'homme dans un monde qui nous est parfaitement qui est parfaitement indifférent à nous auquel nous sommes parfaitement indifférent auquel il n'importe pas que nous disparaissions alors ce qui est intéressant ici dans cette première phrase c'est que il parle de ce paysage florentin
or Camu en lisant ce texte n'a pas lu des millions dieux je le savais ont contemplé ce Paysage il dit des millions dieux je le savais avaiit contemplé ce paysage florentin c'est dire que Camu ce situe longtemps après la rédaction de ce texte probablement à un moment de sa vie on est en 54 55 où il commence à envisager la possibilité justement d'en revenir à l'amour de renouer avec la sagesse inouie qui lui a permis d'écrire ces textes de jeunesse euh mais il en parle euh j'allais dire au passé euh double passé euh avait contemplé
ce paysage Florentin dit-il il insiste également sur le caractère florentin du paysage je précise ici que la nouvelle intitulée Le désert est la seule des quatre nouvelles qui se passent à Florence les trois autres se passent euh euh en Algérie il était comme le premier sourire du ciel il serait faux il serait éronné d'y voir ici l'expression d'un anthropomorphisme he il ne s'agit pas pour Camu d'humaniser le monde au contraire tout le travail de Camu consiste à Déshumaniser le monde à dépouillé le monde de ce que les hommes y déposent pour supporter d'y vivre quen
en-il quand il parle de premier sourire du ciel il y a d'autres références au au sourire du ciel notamment dans les Noos atipaza quand il parle de la grandeur dans la simplicité qui adresse son sourire complice au sourire éclatant de ces ciels c'est une image qui revient souvent en quoi le ciel peut-il sourire Chez un homme qui a déshumanisé le monde qui a dépouillé le monde monde de ce que les hommes y déposent en quoi le ciel peut-il sourire en quoi comme il le dira plus tard le monde peut-il être beau alors qu'il ne nous
est plus familier alors qu'il ne nous ressemble plus je vais pas y répondre maintenant d'ailleurs je ne suis pas sûr de pouvoir y répondre au cours de cette de cette conférence peu importe il me suffit ici de de poser la question en revanche ce Qui est important également c'est de noter le caractère premier de ce sourire du ciel le fait que des millions de dieux et contempler ce paysage avant lui n'enlève rien au caractère premier au caractère inaugural de l'expérience que fait c'est Camu c'est le premier sourire du ciel de quoi s'agit-il il s'agit pour
Camu de rompre avec deux perspectives et il a déjà à 22 ans l'intuition de la nécessité de rompre avec une alternative qui est d'un côté l'Alter enfin qui est L'alternative qui est constituée par deux termes qui sont d'un côté l'édonisme de l'autre côté la théologie je j'écris le mot en en en deux parties la théologie parce que maintenant il faut préciser ceci alors on est donc avec Camu dans une démarche qui qui qui qui consiste à rompre avec cette alternative échapper à l'hédonisme comme échapper à la théologie pourquoi parce que l'hédonisme comme la théologie aux
yeux de Camu repose sur un dénis de la Réalité le dénis de la théologie en l'occurrence il est évident à comprendre le texte de Camu est un texte mystique à plus plusieurs titres c'est mais on peut parler ici d'un mysticisme sans Dieu j j'y reviendrai en revanche la théologie au sens le plus classique du terme spécule sur les dividendes d'un comportement asétique le temps de la vie en d'autres termes Camu ne reproche pas au théologiens l'ascétisme qui est le leur il reproche le fait d'être des il Leur reproche le fait d'être des spéculateurs c'est-à-dire de
parier sur le fait qu'en se privant ici-bas ils auront d'autant plus à gagner au-delà cette négation du présent au profit d'un futur qu'il soit imaginaire ou non lui semble un dénis de réalité bon argument qu'on peut retenir qui est un argument j'allais dire classique le deuxième adversaire de Camus c'est l'édonisme et c'est comme toujours évidemment avec les adversaires qui nous ressemblent L'adversaire le plus redoutable ici de quoi s'agit-il il s'agit de reprocher à l'hédonisme enfin de reprocher il s'agit de se démarquer de la position hdoniste selon laquelle il faut vivre chaque instant comme si c'était
le dernier pourquoi et bien parce que vivre chaque instant comme si c'était le dernier c'est profiter de la vie le plus possible mais c'est vivre dans l'angoisse chacun des instants de la vie c'est euh Éprouver l'angoisse essayer en permanence de conjurer l'angoisse qu'on éprouve de sorte que l'hédonisme comme la théologie priap comme la prière le fait de s'agenouiller pour prier ou bien le fait de si j'ose dire s'envoyer en l'air euh le fait de euh croire au ciel ou bien le fait d'aller au 7e ciel ces deux options ces deux hypothèses relèvent d'un dénis de
la réalité l'hédonisme récuse la réalité dans la mesure où elle il entretient avec elle Le rapport anxieux de celui qui parce qu''il a peur que la vie s'achève se dépêche d'en jouir mais en jouit dans l'anxiété et c'est de cette anxiété que Camus se défait comme il se dépouille euh dans ce texte il y a dans les noces un jeu très subtile de Camu autour de la notion de dénum dénuement dont il reconnaît la vertu à la fois chez les moines francisquains de fiezol et dont il observe justement le dénuement et dont il admire le
dénuement dans la Mesure où le dénuement des moines franciscains est à lui-même sa propre fin il n'est pas ici question de spéculation au sens métaphysique et marchand du terme puisque la spéculation théologique est à comprendre en un sens métaphysique comme en un sens mercanti celui qui spécule c'est à la fois celui qui se donne des objets métaphysiques c'est également celui qui spécule sur des dividendes donc il y a chez Camu une volonté de Euh de saluer si vous voulez le le dénuement des moines franciscains comme le dénuement des jeunes gens dont il est et qui
se promènne nu tout simplement sur la plage parce qu'ils sont dans un rapport immédiat avec le monde c'est-à-dire avec eux-même ainsi comment transcender cette alternative de l'hédonisme et de la théologie et bien tout simplement non pas en ajournant le moment de vivre au profit de la vie véritable dont cette vie présente Ici-bas ne serait que le préambule non pas évidemment en jouissant de chaque instant comme s'il était le dernier mais en jouissant de de chaque instant pardonnez-moi comme s'il était le premier et c'est ici l'enjeu le premier sourire du ciel est à comprendre en ce
sens il s'agit de jouir de chaque instant de la vie non pas comme s'il était le dernier mais comme s'il était le premier de fait c'est la qualité de chaque instant d'offrir cette Alternative d'être à la fois le dernier et le premier de son genre et de nous laisser la liberté d'en profiter comme s'il était le dernier ou comme s'il était le premier la différence c'est que dans un cas on est dans l'étonnement l'étonnement renouvelé face à un monde qu'on découvre à chaque instant dans l'autre nous ne sommes pas dans l'étonnement nous sommes dans l'angoisse
nous sommes dans la représentation d'une mort qui quand elle arrivera qu'on a Jouit ou non tout le temps de la vie nous laissera dans l'angoisse Camu est un lecteur de montagne Camu a notamment lu dans les essais les deux chapitres que Montaigne consacre à la mort le chapitre 19 et le chapitre 20 de la du du du premier livre des essais dans lequel Montaigne explique que nous ne pouvons savoir d'un homme s'il a réussi sa vie qu'à la dernière seconde à la dernière minute de sa vie en somme ce qui caractérise une vie réussie c'est
la Façon dont nous mourons Montaigne disait je veux que la mort me trouve plantant meschoux dans l'indifférence à elle je ne veux pas céder à la mort un pouce de terrain de mon vivant or c'est céder à la mort tout le terrain que de profiter de la vie parce que elle va s'achever ainsi premier sourire du ciel est à entendre ici comme une façon de magnifier d'accueillir la munificence de chaque instant plutôt que de se dépêcher de jouir des choses avant qu'elle ne S'estompe il me mettait hors de moi au sens profond du terme qu'est-ce
que ça veut dire hors de moi au sens profond du terme ça veut dire hors du Moi Camu est ici débarrassé du moi c'est-à-dire débarrassé d'un rapport de sujet à objet au monde d'un rapport de représentation au monde d'un rapport de spectateur au monde au début des noces à Tipaza Camu explique hein avant d'entrer dans le royaume des ruine pour la dernière fois nous sommes spectateurs mais pour la Dernière fois il ne s'agit plus d'être spectateur il s'agit de s'intégrer au monde il s'agit de faire l'expérience de cette intégration au monde qui est une expérience
je vous l'ai dit tout à l'heure teintée d'amertume pourquoi est-elle amère et bien parce que la découverte que fait Camu dans les noces qui est la découverte de notre appartenance au monde du fait que l'OM ne transcende pas l'ordre de la nature et qu'il s'agit par conséquent en terme Philosophique et historique de jouer la nature contre l'idolâtrie de l'histoire dans laquelle Sartre versera plus tard la la découverte de l'appartenance au monde et solidaire de la découverte selon laquelle le monde est parfaitement indifférent à ce qui peut nous arriver la découverte du silence du monde va
de paire avec la découverte de mon appartenance au monde je fais dans le même geste l'expérience d'appartenir au monde et en même temps l'expérience que Le monde ne me par le pas c'est l'expérience de l'absurde sauf que l'absurde chez Camu qu'il théorisera dans le my decisive quelques années plus tard l'absurde nî de la rencontre justement entre le silence draisonnable du monde et l'appel est perdu de l'homme la demande de sens dans l'amour il s'agit en un sens d'un deuil abouti d'un deuil accompli c'est-à-dire un deuil accompli c'estàdire il ne s'agit pas de considérer que Dieu
est mort il s'agit De considérer que Dieu n'a jamais vécu et qu'à cet égard il ne nous appartient pas de demander un sens au monde et que nous découvrons simultanément que nous en faisons partie et qu'en même temps ce monde ne nous ressemble pas notez ceci que Camu aide à penser Dieu à visage humain à chaque fois qu'il est transcendant dès qu'on envisage un Dieu transcendant on se le représente comme un roi un tyran quelqu'un qui aurait en somme les plein Pouvoir qui pourrait faire ce qu'il veut le Dieu de Camu je mets naturellement ici
le mot entre guillemets c'est comme le dieu de Spinoza autre dieu qu'il faut mettre entre guillemets c'est un Dieu qui n'a pas d'intention qui n'a pas de volonté car il est tout ce qui est il est tout ce qui existe y compris celui qui se le représente le réel est tellement vaste qu'il inclut même les tentatives que nous faisons de lui échapper ainsi la Découverte de l'appartenance au monde va de paire avec la dilusion de ce qui fait de moi un sujet et qui à cet égard me sépare du monde nous sommes séparés du monde
par l'intelligence par exemple qui est l'œuvre du sujet l'intelligence c'est très exactement ce qui nous permet de comprendre d'analyser de décrypter de mettre le monde à distance et par la même d'halluciner une intelligence supérieure à la nôtre une sorte de super artisan divin qui N'aurait avec nous de de différence en somme que quantitative Dieu serait un super homme quand Dieu est transcendant il a le visage humain quand Dieu est immanent et qu'à cet égard nous faisons partie de lui et quand sommes nous sommes comme dit spinoa des parties de l'entendement infini de Dieu et bien
nous ne sommes plus séparables de Dieu nous ne sommes plus séparables du monde et donc à ce titre nous faisons là une expérience qui est à la fois une Expérience d'amour d'adhésion de consentement expérience qui est simultanément l'expérience d'une amertume c'est-à-dire d'un monde auquel nous sommes parfaitement indifférent il me mettait hors de moi dans les le vent à jemila nouvelle magnifique hein des noces il dit Camu dit ceci comme le galet verni par les marais j'étais poli par le vent usé jusqu'à l'âme j'étais un peu de cette force selon laquelle je flottait puis beaucoup puis
elle enfin Confondant les battements de mon sang et les grands coups sonores de ce cœur partout présent de la nature le vent me façonnait à l'image de l'ardente nudité qui m'entourait et sa fugitive étreinte me donner pierre parmi les pierres la solitude d'une colonne ou d'un olivier dans le ciel d'été écoutez ça ce bain violent de soleil et de vent épuisait toutes mes forces de vie à peine en moi ce battement d'elle qui affleur cette vie qui se plain cette faible révolte de L'esprit bientôt répandu aux quatre coins du monde oublieux oubliez de moi-même je
suis ce vent et dans le vent ces colonnes et cet arc ces dalles qui sentent chaud et ces montagnes pâles autour de la ville déserte et jamais mais je n'ai senti si avant à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde voilà ce que Camu décrit voilà ce qu'il raconte voilà l'aventure insensée qu'il décrit aventure infernale notez qu'il ne se Passe rien hein dans les noces c'est un jeune homme qui se promène au milieu des ruines c'est tout c'est tout c'est le tout c'est de ça qu'il est question donc hors de moi
au sens profond du du terme il faut bien comprendre ici hein que hors de moi c'est débarrassé du moi je suis enfin débarrassé du moi je suis disponible je suis peeux je suis peureux ceux qui sont imbut de leur moi sont peureux il me mettait hors de moi au Sens profond du terme cette expression est à mettre évidemment en parallèle avec la phrase de phrases plus loin le monde est beau et hors de lui point de salut être hors de moi être débarrassé du moi c'est comprendre qu'il n'est rien hors du monde c'est faire cette
expérience selon laquelle il n'est rien hors du monde pour une raison simple d'ailleurs Camu considère comme Parménide dont on fait à tort l'ancêtre de la métaphysique alors qu'il est L'ancêtre de l'immanence considère comme Parménide que ce qui existe existe et que ce qui n'existe pas n'existe pas de sorte que si Dieu existe il peut pas être transcendant parce que on peut pas être transcendant et exister à la fois si on existe on peut pas être transcendant on peut pas exister et être au-delà on peut pas jouer sur les deux tableaux si vous voulez pourquoi parce
qu'il n'y a pas de tableaux il n en a le monde est beau le monde est simple le Monde est unique et c'est cette difficile unicité du monde qu'il faut assumer qu'il faut être capable d'assumer et pire ou mieux qu'il faut être capable d'aimer donc le paysage florentin m'assuré dit Camu que sans mon amour et ce beau cri de Pierre tout était inutile qu'est-ce qui est inutile est ça à dire que son amour et ce cri de pierre sont utiles non naturellement qu'est-ce que ça veut dire ça veut dire que ce qui est inutile pour
Camu c'est Précisément ce qui relève de l'ordre d'une utilité c'est-à-dire ce que nous inscrivons dans une fonction ce dont nous avons besoin que fait un peintre quand il représente une nature morte mettons une pintade il représente une pintade vous n'allez pas manger la pintade qui est peinte il dépouille la pintade de son utilité et les couverts en général dont il agrémente la pintade vous n'allez pas vous servir des couverts qui sont représentés pour Découper la peintade qui est peinte je vous le déconseille vous n'allez pas la manger vous n'allez pas non plus vous servir du
cadre du tableau pour balayer euh euh votre votre moquette ou le sol qui est qui est à vos pieds non vous êtes là devant la nature morte précisément que les Anglais ont bien raison d'appeler Still Life c'est-à-dire le contraire en l'occurrence euh vous êtes bien là devant quelque chose d'inutile quelque Chose qui non seulement est inutile mais qui nous enseigne que ce qui est véritablement utile c'est ce qui dépouille le monde d'un rapport utilitaire c'est-à-dire de la vie quotidienne de la vie de tous les jours la vie dont nous parle Camu ici et l'expérience qu'il
fait ça n'est pas la vie de tous les jours c'est la vie de chaque instant celle que tous les jours comme un écrin celle que la vie de tous les jours ménage dont la vie de tous les Jours ménage la possibilité comme un écrin mais la vie qui est en question ici qui est en jeu ici au sens fort du terme c'est la vie de chaque instant j'en profite pour faire une parenthèse on me demande souvent à quoi sert la philosophie j'ai plaisir à répondre à rien du tout euh et pourquoi à rien du tout
précisément parce que c'est là qu'elle est utile euh elle est utile dans la mesure où est inutile précisément ce qui sert à quelque chose À la fin des fins et que la philosophie ne servant à rien du tout nous enseigne à nous attacher à ce qui en apparence n'a pas d'utilité c'est exactement ce que fait Camu ici ceux qui disent de Camu qu' n'est pas philosophe se mettent le doigt dans l'œil à de double titre d'abord parce qu'ils savent pas regarder et ensuite parce que c'est mal voir que un homme qui écrit aussi bien est
un homme dont la la maturation prend juste la forme fulgurante d'un style mais Considéré comme une alternative le fait d'être écrivain ou philosophe n'a tout simplement aucun sens un texte comme celui-là le manifeste parfaitement la grande vérité que patiemment il m'enseignait c'est que l'esprit n'est rien ni le cœur même et que la pierre chauffée par le soleil ou le si près que le ciel découvert a grandi limite le seul univers où avoir raison prend un sens la nature sans homme alors c'est intéressant cette expression de nature Sans homme qui évidemment eu étant à la sphère
de l'humanité l'expérience que fait Camu quand il dit d'un paysage qu'il le met hors de moi hors de lui donc euh non pas au sens où il serait en colère mais au contraire au sens où il ferai la paix être hors de moi en l'occurrence je suis hors de moi qu'est-ce que ça veut dire chez Camu ça veut dire je fais la paix ça veut dire je ne m'appartient plus non pas au sens où je suis l'esclave de ma colère non ça Veut dire je ne m'appartiens plus car je découvre mon appartenance au monde ma
solidarité avec le monde alors la nature sans homme de quoi s'agit-il cette nature sans hommees on la retrouve dans la nausée rentin fait exactement la même expérience que Camu ici il faut parler de Camu ici rentin le le le héros ou l'anti-héros de la nausée fait exactement la même expérience du jour au lendemain il se réveille est-elle une révélation sans Dieu il découvre le Monde dans sa nudité et du jour au lendemain la langue lui semble une une sorte de de d'araignée la main qu'on lui tend ressemble à un gros verre blanc et ainsi de
suite une expérience que je vous déconseille de faire trop souvent hein parce qu'au bout d'un moment c'est c'est déstabilisant mais que découvre rentin il découvre précisément la nature sans homme et la difficulté d'être libre là encore dans un monde qui se fiche que nous soyons libres ou non et qui par Conséquent nous laisse la liberté d'être libre si on le veut la nature sans homme c'est également l'expérience que fait Camu et c'est une expression très intéressante quand même chez un homme qu'on réduit à ce que j'appellerais enfin ce qu'on a appelé l'humanisme l'humanisme de Camu
est un drôle d'humanisme c'est un humanisme qui procède en son départ en sa source vive de l'expérience d'un homme qui s'oublie Dans le paysage qui en revient à la nature ce qui permettra à Camu de jouer la nature contre l'histoire et surtout surtout de ne pas faire de la nature une norme car ceux qui spéculent sur la nature version péténiste si vous voulez du retour à la nature et qui à cet égard font de la nature une norme continu d'entrthropomorphiser la nature parler de nature sans homme c'est refuser de faire de la nature une norme
c'est faire de la nature un tout et découvrir qu'à Cet égard nous en faisons partie dans les les noces à Tipaza il y a un autre texte étonnant où il dit ceci dans ce mariage des ruines et du printemps les ruines sont redevenues pierres et perd de le poli imposé par l'homme elles sont rentrées dans la nature que d'heur passé dit Camu à écraser les absintes à caresser les ruine à tenté d'accorder ma respiration au soupir tumultueux du monde enfoncé parmi les odeurs sauvages et les concerts d'insectes j'ouvre les Yeux et mon cœur à la
grandeur insoutenable de ce ciel gorgé de chaleur ce n'est pas si facile de devenir ce qu'on est de retrouver sa mesure profonde il dit devenir ce qu'on est il faut entendre ici la liberté vous savez la liberté hein trois termes pour la liberté un je fais ce que je veux bon d'accord ok on va pas s'attarder là-dessus euh parce que celui qui dit je fais ce que je veux d'abord ignore qu'il est déterminé à vouloir ce qu'il croit Vouloir de lui-même euh donc laissons de côté le libre arbitre il y a celui qui dit je
veux ce que je fais celui-là est dans la résignation et il y a celui qui dit je deviens ce que je suis alors celui-là il y a une version essentialiste qui consistera à dire mais alors votre liberté n'est que dans le développement d'une substance préalable que vous ne faites que déployer non devenir ce qu'on est c'est tout simplement accepter de marcher dans ses Pas c'est être non pas dans la résignation mais être dans ce que Camu appelle le consentement consentement qui repose sur la découverte de la nature sans homme ce tout monde m'anille il me
porte jusqu'au bout il me niss en colère dans ce soir qui tombait sur la campagne florentine je m'acheminais vers une sagesse où tout était déjà conquis et ça c'est magnifique la sagesse où tout était déjà conquis parce que c'est une définition de la philosophie mais une Définition inversée de la philosophie on dit souvent de la philosophie qu'elle est amour de la sagesse désir d'une sagesse qui à cet égard lui fait défaut c'est dire d'ailleurs que l'amour de la sagesse n'est pas sage parce que si on désire la sagesse c'est on ne l'a pas de sorte
que l'amour de la sagesse est un amour fou on réduit la philosophie bien souvent l'amour de la sagesse pourquoi parce qu'on indexe le désir sur le Manque le désir sur vous savez étymologiquement le désir le désir c'est desci douce c'est l'absence de l'étoile qu'on peut comprendre à la fois comme la nostalgie de l'étoile et donc désirer décrocher la lune un désir qui n'est jamais satisfait ou bien l'absence totale de l'étoile c'est pour ça qu'on parle des pourceaux d'épicû les pourceau d'épicûes c'est pas parce que c'est des cochons qui se vautrent dans la fange non c'est
Parce que la colonne vertébrale du pourceau lui permet pas de regarder le ciel ainsi le désir en question qui constitue une définition classique métaphysique traditionnelle de la philosophie ce désir là situe la sagesse loin de nous à bonne distance à suffisamment bonne distance pour qu'on ne l'atteigne jamais on a un rapport asymptotique à la sagesse la philosophie est amour de la sagesse bien que propose Camu ici non pas l'amour de la sagesse Mais la sagesse de l'amour sagesse de l'amour c'est-à-dire la joie c'est-à-dire l'art d'aimer le monde malgré ce qu'il a de déplaisant on pourrait
trouver ça absurde et incohérent après tout le monde n'a rien de réjouissant de quel droit pourrais-je moi m'en réjouir est-ce qu'il n'y a pas une certaine forme de folie ou d'obscénité à le faire folie peut-être obscénité non pourquoi parce que être dans un rapport de joie au monde c'est En l'occurrence aimer le monde malgré ce qu'il a de déplaisant c'est-à-dire ne pas redoubler la douleur qui me vient du monde par la plainte qui s'élève contre cette douleur en somme celui qui n'est pas dans la joie celui qui subit le monde celui qui espère comme le
philosophe espère la sagesse un jour supprimé le malheur qui est le sien celui qui à cet égard oublie que le plus important a déjà commencé celui-là est Cohérent subit le monde et s'exprime de façon fidèle à ce que le monde lui propose le monde est triste il est triste il fait moche vous pleurez celui-là est cohérent mais en même temps la douleur qui est la sienne se double de la plainte qui s'élève contre cette douleur elle-même alors que dans la joie vous souffrez mais comme dit Spinoza celui qui a des regrets et malheureux deux fois
ainsi être dans la joie c'est être Fou c'est être incohérent mais c'est une folie qui à cet égard a peut-être plus de sagesse que la simple cohérence d'un rapport euh j'allais dire de cause à effet par rapport au monde l'appartenance au monde ne ne ne nous situe pas dans un rapport de de cause à effet à son endroit donc cette sagesse où tout était déjà conquis c'est une sagesse absolument magnifique qui vient également qui qui renvoie à l'Évangile hein ce texte là est un texte qui qui Évoque l'Évangile notamment quand le désert ce peuple des
EAU vives du bonheur qui évoque l'Évangile c'est un texte qu'on peut désigner comme un acte de foi comme une profession de foi qu'est-ce que la foi la foi c'est comme la joie la foi tient bon malgré tous les démentis que le monde lui apporte la joie tient bon malgré tous les démentis et l'amertume que le monde nous propose cette sagesse où tout était déjà conquis ça n'est plus la philosophie c'est la Sopiaphilie disons la sagesse de l'amour si des larmes ne m'étaient venus aux yeux et si le gros sanglot de poésie qui m'emplissait ne m'avait
fait oublier la vérité du monde c'est sur ce balancement dit Camu qu'il faudrait s'arrêter singuliè instant où la spiritualité répudie la morale où le bonheur né de l'absence d'espoir où l'esprit trouve sa raison dans le corps il y a ici plusieurs choses importantes l'opposition entre la spiritualité et la Morale est une opposition en vérité entre l'éthique et la morale c'est-à-dire entre l'adhésion au singulier le rapport singulier à l'individu et des grandes valeurs morales un Décalogue auquel il suffit de se plier pour conformer son existence à l'idée qu'on s'en fait en somme qu'est-ce que ça veut
dire et bien ça veut dire que Camu est sensible aux douleurs qui lui sont épargné tout simplement Camu souffre des douleurs qui Lui sont épargnées il n'a pas besoin de morale pour tendre la main à quelqu'un qui en a besoin en l'occurrence la spiritualité lui suffit le fait de spiritualiser le monde lui suffit c'est-à-dire le fait de s'intéresser au monde dans ce qu'il a de singulier j'attire votre attention sur le fait que l'unicité du monde le fait qu'on ne puisse pas sortir du monde le fait que hors du monde il n'y a point de salut
et qu'il faut pourtant trouver son salut à L'intérieur du monde le fait que nous ne puissions pas sortir du monde interdit d'adopter vis-à-vis du monde toute position de surplomb on peut pas regarder le monde d'en haut de la même façon qu'on ne peut pas s'abstraire du réel à la façon d'un sujet qui un but de lui-même et de son libre arbitre décide que la nécessité ne s'applique pas à lui décide également qu'il est hors du monde et qu'il le regarde de l'extérieur on ne peut pas s'abstraire du monde comme on N' pas de position de
surplomb vis-à-vis du monde on est en situation bah tout simplement d'être juge et parti de rencontrer le monde dont nous faisons pourtant partie de sorte que l'objet que nous avons sous les yeux est un objet qui à cet égard ne peut nous apparaître quand on le regarde bien quand on s'étonne de ce qu'il est quand on dépasse l'habitude ou la quotidienneté quand on transcende la quotidienneté non pas au profit de l'Éternel mais au Profit d'une attention renouvelée d'un étonnement renouvelé quand on Transcend la quotidienneté qu'est-ce qu'on a sous les yeux à ce moment-là le singulier
c'est ce qu'il dit où le bonheur donc la spiritualité répudie la morale où le bonheur naî de l'absence d'espoir alors j'attire votre attention sur le fait que dans l'été à Alger qui est la la la deuxième nouvelle des nos Camu parlant d'Algérie dit ceci ce pays est sans leçon il ne promet ni Ne fait entrevoir il se contente de donner mais à profusion il est tout entier livré aux yeux et on le connaît dès l'instant où l'on en jouit ses plaisirs n'ont pas de remède et ses joies restent sans espoir ce qu'il exige ce sont
des âmes clairvoyantes c'est-à-dire sans consolation il demande qu'on fasse un acte de lucidité comme on fait un acte de foi singulier pays qui donne à l'homme qu'il nourrit à la fois sa splendeur et sa Misère c'est c'est inouis qu'il faut être jeune pour être aussi sage c'est c'est c'est fou comme à quel point Camu a su préserver cette jeunesse qui fait de lui un sage quand je parle de jeunesse naturellement je ne parle pas du poids des ans euh ici ou de la légèreté des ans du fait d'avoir peu d'années c'est pas parce que Camu
a 22 ans qu'il est jeune Camu a en un sens rajuni notamment quand il en est revenu à l'amour quand il est revenu à l'amour À la fin de son de son cycle malheureusement interrompu eu Camu est toute jeunesse toute sagesse de la jeunesse euh il est dans un rapport au monde qui est un rapport d'étonnement renouvelé et ce rapport-là c'est la source vive de son inspiration ainsi ce bonheur qui naît de l'absence d'espoir est à comprendre de façon très précise il faut être attentif au mot ici c'est l'absence de l'espoir qui fait surgir le
bonheur c'est pas la perte de l'espoir Encore une fois Dieu n'est pas mort Dieu n'a jamais vécu de sorte que l'absence ici n'est pas la découverte d'un vide d'une vacuité c'est la découverte d'une plénitude nous sommes rendus à une plénitude scindé par la représentation chimérique d'un Dieu transcendant nous sommes rendus à une plénitude dont nous séparer la représentation d'un d'une divinité transcendante être rendu à cette plénitude ça n'est plus parler de perte D'espoir c'est parler d'absence d'espoir alors sur le mot d'espoir lui-même qui est intéressant d' parce que Camu fera une collection qui s'appellera l'espoir
c'està dire que Camu est pluriel mais en l'occurrence ce texte là comme toutes les noes sont des textes contre l'Espoir pourquoi parce que comme dit siorant l'espoir est une vertu d'esclave il soumet notre bonheur il subordonne notre bonheur à l'obtention de ce qu'on espère ainsi être dans l'absence d'espoir c'est Ne pas dépendre d'autre chose que de soi sur l'espoir d'ailleurs c'est intéressant certains vous diront sans espoir je ne vivrai pas qu'est-ce que ça veut dire B ça veut dire que je suis désespéré et que étant désespéré j'ai donc besoin de l'espoir pour ne pas savoir
ou admettre que je suis désespéré vous avez l'étape d'après ceux qui disent les pessimistes que Pascal appelle aussi les demi-habiles qui disent mais non voyons gros malin si tu Espères tu t'exposes à la déception tu t'exposes à la tristesse de sorte que l'espoir n'est pas un remède à la tristesse l'espoir en réalité est la source de la tristesse mais il y a une troisième étape qui n'est ni optimiste ni pessimiste ni fidéiste ni désenchanté mais qui est tout simplement tragique qui est l'étape camusienne qui est l'amour qui consiste à dire que ça n'est pas l'espoir
qui remédie à la tristesse ni l'espoir qui engendre la tristesse C'est la tristesse qui engendre l'espoir si l'on fait une généalogie du désir qui est le ntre d'espéré qu'est-ce qu'on découvre le désespoir en son principe la source de l'espoir c'est le désespoir si le bonheur naî de l'absence d'espoir c'est parce que bonheur il faut par bonheur il faut ici entendre la joie il y a d'ailleurs chez Camu un un une ambivalence autour de la notion de de bonheur j'espère avoir le temps d'y d'y revenir alors sil est vrai que toute Vérité porte en elle son
amertume il est aussi vrai que toute négation contient une floraison de oui l'amertume dont il parle ici est une amertume savoureuse c'est le bonheur am c'est le bonheur amè de Camu quand quand il parle par exemple il dit ceci un bonheur qui est lié à l'amour je sais des heures et des lieux où le bonheur peut paraître si amère qu'on lui préfère sa promesse c'est magnifique c'est magnifique mais précisément cette Amertume qui est le le lot de la vérité la dote de la vérité la dote d'un rapport non mensonger au monde c'est-à-dire d'un rapport au
monde qui accepte de ne pas dicter sa loi au monde mais qui accepte d'être tout simplement partie prenante du monde ce rapport là est un rapport qui nous expose à l' merertume et auquel il faudra répondre par le consentement c'est pour ça que Camu dit plus tard juste après il est aussi vrai que tout négation contient Une floraison de oui on a ici les premières esquisses au fond de ce qui sera de ce qui fera le fond de de l'Homme révolté ou l'esclave qui dit non dit non parce qu'au fond il dit oui à quelque
chose de plus important et qu'il y a un consentement au sein du refus au principe du refus ce champ dit-il ce champ d'amour sans espoir qui naît de la contemplation peut aussi figurer la plus efficace des règles d'action au sortir du tombeau tenez regardez-le le Christ Ressucit Titan de Pierro de la Francesca n'a pas un regard d'homme mais voilà c'est l'apparition voilà le tableau dont il parle vous le trouvez en Toscane c'est un texte sur la Toscane à s spolcro au sortir du tombeau le Christ ressuscitant de Pierro de la Francesca n'a pas un regard
d'homme rien d'heureux n'est peint sur son visage mais seulement une grandeur farouche et sans âme que je ne Puis m'empêcher de prendre pour une résolution à vivre car le sage comme l'idiot exprime peu ce retour me ravie alors texte magnifique éloge magnifique merveilleux n'a pas un regard d'homme la nature sans homme rien d'heureux n'est peint sur son visage mais seulement une grandeur farouche et sans âme que je ne puis m'empêcher de prendre pour une résolution à vivre le Christ de Camu si Christ il y a est un Christ qui n'a pas un regard d'homme qui
n'a pas d'âme et Qui donc à cet égard n'est pas heureux mais qui est décidé à vivre pourquoi parce que c'est ainsi et qu'il n'est d'autre raison que la la vie est à elle-même son propre sens la perpétuation de la vie est à elle-même son propre sens il ne s'agit pas derrière cela il y a l'idée que il ne s'agit pas pour la pensée de nous donner des raisons de vivre pourquoi parce que on vit avant de penser c'est pas la pensée qui donne des raisons de vivre C'est la vie qui donne des raisons de
penser la vie est à elle-même sa propre fin de la même façon que les gestes qui comptent véritablement sont des gestes qui n'ont pas d'autres d'autres intention ne témoignent pas d'une autre intention que le geste lui-même c'est pour ça que Camu s'attache dans les noces à décrire des femmes qui dansent parce que la danse c'est précisément le moment où nous agissons pour agir ou comme dirait Spinoza nous agissons avec La même nécessité qu'on existe c'est un geste qui n'a pas d'autre fin que lui-même et c'est ce geste-là dont le Christ de Camu et l'expression alors
c'est intéressant d'ailleurs de comparer les deux visages il y a des des expressions de Camu qui ressemblent à celle du Christ on n pas la photo qui correspond ici puisque là il rigole mais après tout pourquoi pas je lui laisse le sourire car le sage dit-il comme l'idiot exprime peu ce retour me ravi Intéressant ici cette comparaison du sage et de l'idiot l'idiot dont parle Camu ça n'est pas l'imbécile c'est pas le crrétin l'idiot non l'idiot c'est étymologiquement en grec l'homme de la simplicité de l'unicité idiotesse l'idiot c'est le meilleur interprète de l'unicité du monde
ce retour dont il parle ça n'est pas le royaume des cieux sur la terre ou plus exactement aussi c'est le fait que le ciel lui-même appartient à la terre C'est précisément le retour dont il parle la résurrection qui est en jeu ici ça n'est pas une résurrection pour une vie euh pour une immortalité postmem non c'est une résurrection qui favorise l'éternité dans l'instant éternité dans l'instant qui relève justement du moment où la la vie devient à elle-même son propre sens où la vie ne cherche pas ailleurs qu'en elle-même sa justification cette leçon dit Camu la
Doig à l'Italie oou laje tirer de mon Cœur derrière une question anodine comme celle-là il y a un enjeu considérable la douig à l'Italie l' tiré de mon cœur qu'est-ce que ça veut dire la douig à l'Italie où l'je tiré de mon cœur et bien ça veut dire suis-je l'artisan de la joie qui m'anime ou bien suis-je tributaire de ce qui me rend heureux est-ce parce que l'Italie est belle que je suis sage est-ce parce que je suis sage que le monde est beau et c'est une alternative derrière laquelle se pose la Question de la
liberté de l'homme c'est-à-dire de la faculté qu'il aurait d'être précisément l'artisan de son destin donc la douig à l'Italie où l'is-je tirer de mon cœur c'est là-bas sans doute qu'elle m'est apparue dit Camu mais c'est que l'Italie comme d'autres lieux privilégiés m'offre le spectacle d'une beauté où meurent quand même les hommes ici encore la vérité doit pourrir et quoi de plus exaltant même si je la Souhaite qu'aije à faire d'une vérité qui ne doiv pas pourrir elle n'est pas à ma mesure et l'aimer serait un faux semblant un peu avant Camu expliquit que il fallait
pour un homme être attentif à ce qui en nous doit mourir pour toujours c'est-à-dire également constamment mourir à ce qui ne durent pas mais dont la qualité de provisoire est également ce qui inaugure la possibilité de l'éternité d'une éternité qui n'est pas conçue comme l'immortalité Mais qui est une éternité conçue dans l'instant la vérité doit pourrir et quoi de plus exaltant quoi de plus exaltant qu'une beauté où Meur quand même les hommes quoi de plus exaltant que le défi que nous lance le monde d'être heureux alors que tout cela va disparaître alors que cette beauté
ne nous concerne pas ne s'adresse pas à nous n'est pas là pour nous quoi de plus exaltant que l'injonction tacite de jouir d'un monde qui se fiche qu'on en jouisse ou non Quoi de plus exaltant qu'une vérité qui doit pourrir qui accepte de pourrir l'éternité des vérités absolues dans l'ordre gnosiologique dans l'ordre de la connaissance n'est pas l'affaire de Camu n'est pas son problème ça n'est pas ça qui l'intéresse elle n'est pas à ma mesure dit-il alors il faut ici comprendre ce qu'il entend par mesure elle n'est pas à ma mesure à la fois elle
est au-delà de lui évidemment elle est démesurée mais il y a une certaine Idée de la démesure chez Camu on va revenir là-dessus elle n'est pas à ma mesure c'est également une vérité qui ne lui permet pas de de trouver sa mesure alors justement allons-y la mesure chez Camu c'est la révolte dans L'Homme révolté qui n'est pas un livre sur la révolution mais sur la révolte et ù Camu distingue radicalement la révolution de la révolte dans la mesure où la révolution est négatrice alors que la révolte est Affirmation la révolte dit-il et c'est tout l'enjeu
du dernier chapitre qui s'appelle la pensée de midi chapitre qui lui a été inspiré par le souvenir de ce qu'il écrit dans les noces où il parlait du silence énorme de midi c'est-à-dire du silence hors norme de midi cette mesure dont parle Camu cette mesure qui est le point d'org de la révolte c'est c'est l'enjeu du dernier chapitre donc de l'Homme révolté la pensée de midi il s'agit de montrer Que quand on est un homme révolté quand on veut préserver la révolte du doubleécueil du conservatisme et de la Révolution et bien il faut précisément rester
dans la mesure rien ne tue Davant la révolte que le fait pour elle de verser dans la révolution seule la mesure nous permet de conserver justement la révolte de préserver la révolte de ce qui la met en cause de ce qui la compromet l'air de la parachever C'est-à-dire de ce qui entend la dépasser on ne dépasse pas justement la révolte ou alors on la dépasse dans l'amour qui est le seul régime où Camu envisage la possibilité de la démesure [Musique] [Musique] 10h50 sur France Culture c'est l'heure de retrouver le journal des nouveaux chemins de la
connaissance et de poursuivre donc ses réflexions autour D'Albert Camu en compagnie d'adelle vanret bonjour [Musique] adelle bonjour à tous pour cette dernière semaine de l'année le journal des nouveaux chemins passe à l'heure d'été et se fait l'écho pour la première fois du thème de la semaine je vous propose donc chaque jour de passer 8 minutes de plus en compagnie d'Albert Camu mais sur un autre ton non plus celui de la lecture et de l'analyse mais Celui de la vie la vie de ceux qui ont vécu après Albert Camu et qui vivent au quotidien avec le
souvenir et la présence de cet homme cette semaine nous allons la passer en compagnie de David Camu qui est le Petitfils d'Albert Camu le fils de Jean Camu qui est romancier et qui va nous parler d'un homme mort depuis longtemps qui n'a pas connu mais dont la présence est bien plus plus palpable et finalement vivante qu'on le pense bonjour David Camille bonjour Adelle on peut se demander ce que le le Petitfils d'un grand-père qui n'a jamais connu peut avoir à dire sur son grand-père mais en fait nous permet de rentrer de plein pied dans la
discussion puisque l'affiliation le thème de l'affiliation a joué un rôle important pour Albert Camu lui-même il a joué un rôle important pour pour grand-père dans la mesure déjà où il a pas connu son père et je suppose aussi que c'était une chose très importante pour lui que D'avoir des enfants de même que pour je l'espère mon père et ma tante c'était également important d'en avoir eux aussi à leur tour tout comme ça allait pour moi aujourd'hui d'avoir une fille je note une chose là c'est les termes écho qui je trouve correspondent bien à la façon
don dont je vis moi cette cette filiation avec ce sentiment de n'être finalement que l'écho de ce grand-père et c'est un sentiment qui est renforcé toujours par l'emploi d'un terme Extrêmement simple qui est le terme Petitfils je n'ai jamais pour grand-père Albert Camu je suis toujours le Petitfils d'Albert et c'est vraiment très étrange de voir comment finalement cette personne que j'aime que j'aime absolument j'allais dire don dont j'aime et et l'œuvre et la personne marque de tout son poids une époque une date celle de sa mort en l'occurrence 1960 et on peut pas dire que
ce soit quelqu'un de particulièrement morbide je pense même Que c'est tout l'inverse quand on quand on le lit s'il y a bien une chose qui frappe c'est le le désir de vie absolument le désir de vie quand même le désir de vie malgré tout quoi qu'il arrive ça c'est très très fort chez lui on on le voit dans le M décisif on le voit dans le premier homme on j'allais dire on le voit même dans l'étranger ça apparaît en tout cas à travers le thème de la le thème de la sensualité sa relation avec Marie
c'est C'est c'est pas un homme qui est qui est qui est morbide mais j'ai j'ai su assez tard je sais pas trop comment que que Albert était mon grand-père qu'il était écrivain mon père m'avait lu une nouvelle tiré de l'exil le royaume qui s'appelle l'OT et euh cette nouvelle ça m'avait frappé je sais enfin je sais pas si vous vous en souvenez je sais pas à quel point vous l'avez évoqué là dans ces émissions ce termine par ses ces ces ces mots euh t péras Daru regardait le Ciel le plateau et au-delà les terres invisibles
qui s'étendaient jusqu'à la mer dans ce vaste pays qu'il avait tant aimé il était seul et je veux dire que ces deux termes là ces deux ces deux phrases tuupas et le il était seul m'ont marqué depuis quoi que j'ai que j'ai 8 ans en gros comme s'il y avait le sentiment d'une d'une dette qui a pas qui a pas toujours été facile à à identifier ou à même à à formuler mais le sentiment qu'il fallait moi que je Paye quelque chose au à la société aux autres que que que ce nom en gros qui
m'était donné était tellement énorme que d'ailleurs bon d'une part j'étais un peu écrasé par lui mais que ensuite je devais rendre des comptes et cette présence là elle est d'autant plus forte et d'autant plus vivante que vous êtes vous-même romancier oui j'aurais pu une pas lêre ce que je veux dire par là c'est que non seulement j'aurais pu ne pas lêtre mais j'ai j'ai longtemps Espéré ne pas lêtre j'ai longtemps souhaité une pas lêtre et je je je suis pas sûr de vouloir l'être encore ou je suis pas sûr de l'être tout court d'ailleurs ce
que je vais être plus précis euh j'ai toujours voulu écrire c'est ça a été assez clair des d mes 11 ans je savais que ce serait plus tard une hippocagne une Cagne à l'écriture c'est ce qui s'est passé mais je m'étais jamais arrêté sur un un type particulier d'écriture je me suis jamais dit euh et Même au contraire romancier j'ai toujours aimé l'écriture sous toutes ses formes c'est-à-dire le pour adules pour la jeunesse les documents les essais la la fiction les les scénarios euh euh de scénario de mon dessiné scénario de de dessin animés de
cinéma ce qu'on ce qu'on voudrait les poèmes j'aime j'aime la la matière écrite j'aime écrire en revanche c'est bien une chose que je m'étais interdite c'était d'écrire des romans ça il me semblait que c'était Vraiment le pour moi ça toujours été un tabou majeur un tabou ou un interdit alors là il va falloir que vous m'expliquez vraiment la différence un tabou ce serait quelque chose qu'on dont on n'oserait pas parler on n'oserait pas creuser pour voir quelles sont les raisons pour lesquelles on ne pourrait pas le faire un interdit ce serait comme une injonction sinon
il est il est impossible que moi-même non non mais je je dirais un tabou je Sais pas pour moi il y a plus une connotation peut-être morale comme si euh d'ailleurs je je comme si j'avais le sentiment de d'enfreintre un interdit peut-être non formulé justement alors je sais pas interdit tabout disons un interdit tabou au sein de la famille ou sein de la société personne ne m'en a parlé hein personne ne m'a jamais dit tu n'écriras pas c'est quelque chose que j'ai ressenti que je mais d'ailleurs que j'ai peut-être totalement imaginéû mais C'est en tout
cas euh quelque chose S N pas moins réel pour autant d'illeou je le ressentais moi comme tabou et je me le suis interdit et euh et c'est vrai que les les premiers romans que j'ai écrit c'est presque ça s fait presque fait par hasard je je parle bien des romans écrits nonont pas publiés hein il y a pour moi une très très grande différence parce que j'ai beaucoup plus écrit de romans que j' nen ai publié et les premiers romans écrit c'était des Romans pour passer le temps pendant les vacances tout simplement il n'avait pas
du tout vocation à être publié euh c'était pour partir en voyage en quelque sorte pour me pour me distraire et jusqu'au jour où euh on m'a proposé de les plus oublié là il y a bon il faut quand même répondre quelque chose à ce moment-là j'avais montré un roman à un ami euh qu' avait lui-même montré ensuite à Françoise verni euh qui avait voulu le publier donc là j'étais un peu Mis devant le fait accompli j'allais on me proposait un contrat j'allais devoir dire oui ou non et j'ai dit non j'ai dit non parce qu'il
me semblait que le roman n'était d'une part pas assez bon et ensuite j'avais le sentiment peut-être à tort que ce contrat m'était plus proposé pour mon nom que que pour la qualité ma vi et finalement peut-être que les deux sont liés peut-être que vous jugiez la qualité de du livre desevente puisque vous-même vous imposiez une certaine une Certaine façon d'écrire qui n'était pas la vôtre vous voyez ce que je veux dire finalement vous considériez votre propre œuvre à la lumière et au regard de l'œuvre de de votre grandpère grandère bien sûr j'y pense tout le
temps et c'est vraiment une œuvre que j'admire j'en aime le style j'en aime les idées j'aime tout ce qui s'en dégage j'en aime l'humour aussi j'en aime même chose dont on a jamais trop parlé me semble-t-il c'est Le l'imagination [Musique] [Musique] [Musique] voilà c'est la fin des nouveaux chemins pour aujourd'hui on se retrouve demain pour la suite de cette semaine sur Albert Camu vous entendrez agnè piquel présidente de la Société des Études camusiennes se promener littéralement dans l'œuvre romanesque d'Albert Camu se Promener et vous promener vous promener sans vous balader d'ailleurs vous entendrez ça demain
une émission en tout cas que vous pouvez retrouver comme toutes celles qui suivront sur internet à la page des nouveaux chemins de la connaissance où vous attendent comme à chaque fois téléchargement bibliographie et écoute en ligne [Musique] à demain donc de 10h à 11h sur France Culture 10h dans un instant question d'époque