vous écoutez AR radio bon je vais faire mon footing je prends pas mes clés à toutes je cours au moins trois fois par semaine au parc municipal à côté de chez moi depuis des années j'en ai besoin ça fait partie de mon équilibre je me décrasse la tête du travail de la maison et surtout je n'ai encore rien trouvé de mieux pour arriver à résister aux avances de mon vieil amant toxique le trouble anxieux généralisé oh c'est la montée j'aime pas cette montée je ne m'étais jamais poser beaucoup de questions là-dessus jusqu'à ce que récemment
un soir je décide de sortir courir comme ça sur le champ pour me calmer il était tard le parc était fermé j'avais peur de passer pour une folle Dingo toute seule dans la rue à cette heure-là en lein aérodynamique mais je me suis aperçu qu'en fait la nuit et ben il y a plein de gens qui courent dans la ville sur les trottoirs tu te demandes tu te demandes ce qu'il fout quoi j'ai d'abord trouvé ça réconfortant et puis à force de croiser tous ces dératés en âge crachant leurs poumon dans leur Marcel en Licra
l'air complètement shooté aux endorphines sous leur casque Bluetooth j'ai commencé à nous trouver tous un peu flippant quand même pas dire avir une super jamb au boulot qu'est-ce qu'on cherche qu'est-ce qu'on fuit un sprint pour le cardio c'est quoi cette vie où on a besoin de s'avaler des kilomètres de bitum le soir pour tenir le coup comment on en est arrivé là le capital industriel nous a transformé en hamster camé à la dopamine et au gel énergétique on va pas bien en fait on est prêt à se flinguer les ménisques pour compenser le vide intersidéral
de nos existence sédentaire de bons petits soldats du secteur tertièire d'où vient cette obsession masochiste de la performance du cardioraining et de la chousse de runing à 200 € pourquoi on va pas plutôt se boire un coup en terrasse bref c'est quoi ce délire général avec la course à pied qu'est-ce que ça dit de nous individuellement et collectivement et en rentrant je me suis dit qu'il fallait faire un épisode al qu'estce qu'on fait-ce qu'on peut aller plus [Applaudissements] [Musique] fort vivons heureux avant la fin du monde [Musique] un podcast antirise pour nous aider à repenser
nos modes de vie en ligne chaque mois si on y arrive je trop vite une proposition de Delphine Saltel réalisé par Arnaud Forest et produite par AR radio épisode 29 pourquoi se fouler à [Musique] courir la première info qui m'a frappé c'est une statistique de l'Observatoire français du running qui date de 2021 et qui estime à environ 15 millions le nombre d'adeptes réguliers de la course à pied 15 millions j'ai calculé ça veut dire qu'on serait environ un adulte sur 3 à s'infliger chaque de notre plein gré ce pur et fort physique qui n'a rien
de ludique moi je suis Intim convc que l'humain n'est pas fait pour quand il pas des fois carré envie de vomires Tain pour cour ser pas bagnole et tout reste respas j V paré [Musique] et donc Florence forestier a raison il y a quand même un mystère là-dessous pour nous désentortiller tout ça j'ai trouvé à l'Université de Saint-Étienne un chercheur en physiologie de l'effort Guillaume met il s'y connait en effort puisquil est lui-même champion d'ultra trail et lui il envisage la course à la lumière de l'évolution des espèces ce qui vous allez voir inverse complètement
la perspective parce qu'en fait courir contrairement à ce que l'on peut ressentir quand on s'enquille des tours au parc et ben on est fait pour ça enfin l'espèce humaine est faite pour courir c'est même une faculté qui la distingue de tous les autres mamifères terrestres alors pas courir vite courir longtemps effectivement l'être humain autant c'est vraiment un piètre sprinterur autant c'est un très bon coureur d'endurance les vitesses maximales de sprint on a des pics à 40 km/h et encore quand je dis ont ce sont les meilleurs sprinters Bolt donc ça nous place dans les espèces
animales au même niveau que l'éléphant ou le chameau donc évidemment avec 40 kmh on est bien loin des 110 kmh du guépard des 90 km/h de l'antilope de l'autruche de toutes les espèces même le Chat on plus vite que nous on est juste devant le cochon en gros par contre en endurance on a vraiment des atouts on gagne surtout s'il fait chaud on va gagner contre presque toutes les espèces animales il y a même une course qui a été organisée entre l'homme et le cheval en Angleterre et l'homme arrive à battre le cheval y compris
sur des distances qui sont pas très élevé ça m'a un peu surexcité j'avoue cette idée qu'on puisse battre toutes les espèces à l'endurance c'est assez contreintuitif il paraît qu'on bat même le guépard ah le guépard sans aucun problème certes il va aller à 110 km/h alors que nous irons à 40 km/h par contre c'estes 110 km/h il va être capable de les tenir sur bah c'est ce qu'on voit sur les doc mentaire télé c'est quelques secondes ou quelques dizaines de secondes c'est-à-dire qu'il a quand il chasse une antilope il a une chance et s'il rate
sa proie il doit se reposer longtemps avant de retenter sa chance avec un autre animal pourquoi le gueppard est plus rapide que nous parce qu'il a des fibres musculair qui se raccourcissent beaucoup plus vite et qui lui permettent d'avoir des vitesses de contraction et donc des vitesses de course qui sont très élevées sauf que la contrepartie d'être capable de produire énormément de vitesse énormément de puissance dans un temps très court c'est que l'on se produit énormément d'énergie et donc on s'épuise très rapidement alors que nous guillaumier me l'a expliqué certes on n pas ces fibres
rapides dans les mollets mais on a acquis par sélection naturelle au fil de millions d'années de survie à poil dans la savane hosyle tout un tas de caractéristiques génétiqu qui ont petit à petit prédisposé notre organisme à enchaîner les kilomètres nos tendons d'Achile par exemple qui fonctionnent comme des élastiques j'avais jamais pensé mais c'est un peu comme si on était monté sur ressort ou un ligament spécial qu'on a dans la nuque pour stabiliser notre boîte crâenne alors que les chimpanzés eux SS courent et ben ils ont la tête qui se met à bringbaler dans tous
les sens c'est pour ça qu'il reste tranquille à s'épouiller sous les arbres les accélération c'est Chud quandme mais ce qui nous a permis de plier définitivement le Game sur de longues distances c'est marrant c'est une caractéristique dont on penserait pas forcément à se targuer à première vue je pue par contre par rapport à d'autres espèces animales nous on a cette capacité à transpirer à évacuer encore mieux la chaleur de notre corps dans le but évidemment de maintenir une température centrale la température du cerveau à une température raisonnable parce que quelle que soit l'espèce animale quand
on commence à passer au-dessus de 41°gr le cerveau il aime pas beaucoup ça à partir moment où on atteint cette température et ben on s'arrête c'est un mécanisme de protection donc on est surtout endurant en ambiance chaude quand on demande à quelqu'un dans la rue citez-moi un animal très endurant sans doute un des premiers animaux qui va être cité ça va être les chiens de traîneau les huskis effectivement si on on les met en Antarctique ils sont très performants il peuvent faire plus de distance que nous par jour par contre dans le désert il faut
un petit peu moins les malins un chien il a pas cette capacité à suer donc les hky dès qu'il fait un tout petit peu chaud ils sont vraiment dans le dur parce que la seule façon de se refroidir c'est en a le temps et nous on a cette capacité à thermorégulé et cet avantage explique pourquoi on peut CIR longtemps y compris en ambiance chaude si Guillaume met insiste autant sur notre aptitude à 30 insiré pour éviter la surchauffe c'est que la sueur a joué un rôle absolument décisif dans notre évolution ça paraît un peu farfelu
mais d'une certaine manière l'espèce humaine a pu devenir ce qu'elle est parce qu'elle transpire quand elle court en tout cas c'est l'hypothèse des paléoanthropologues c'est pas moi du tout qui l' inventé ce sont des des scientifiques qui ont proposé ça pour la première fois qui s'appelle Daniel Liberman c'est un paléoanthropologue de Harvard et et son collègue Denise Brumble ils ont appelé ça donc l'endurance running hypothesis qui dit que notre capacité à courir sur de longues distances à participer à l'évolution parce que ça nous a permis de chasser et d'accéder à plus de protéines animales et
ces protéines nous ont permis de développer notre cerveau plus que d'autres espèces animales pour deux deux raisons donc avant que l'on ait bien sûr développé des armes à feu et d'autres outils d'ailleurs si on les a développé c'est déjà qu'on avait un cerveau qui était développé pour chasser on pouvait utiliser qu'on appelle la la chasse au long B cours persistance hunting en anglais oou la chasse à l'épuisement ou la chasse àue il y a différents noms donc l'idée c'est de traquer des animaux les chasseurs choisissaient quand même les heures les plus chaude de la journée
et donc bien sûr comme on court à 40 km/h une antilope à 90 kmh on ne peut pas l'attraper en sprintant et donc on poursuit l'antilope alors ça paraît simple comme ça mais en réalité c'est quand même compliqué donc qu'il faut traquer c'est-à-dire suivre les traces de l'antilope puisque du coup elle va s'éloigner elle va s'arrêter quand on arrive de nouveau à proximité de l'antilope elle va de nouveau s'éloigner elle va fuir et ce faisant elle va augmenter sa température centrale et comme on a dit que l'être humain avait une meilleure capacité à limiter l'augmentation
de la température centrale à un moment donné la température centrale de l'antilope va augmenter et celle du chasseur va rester à un niveau raisonnable et du coup quand elle va atteindre ce seuil critique de température centrale malgré la peur du chasseur elle ne pourra plus avancer et donc le chasseur n'avait plus qu'à tuer l'animal et puis l'autre raison qui fait dire à Liberman que notre capacité à courir longtemps à participer à notre évolution c'est le fait que on a pu aussi se nourrir en étant des charognards le fait qu'on est devenu bipède ça nous a
permis de voir au loin dans la savane ça permet notamment de voir bah justement quand il y a des vautours qui sont sur une proie bah de dire bah oui moi je vais aussi aller sur cette carcasse pour me nourrir sauf que si on attend trop il y a des chances que quand on arrive la carcasse elle soit justement terminée par les charonnards il fallait se dépêcher donc le fait de courir à cette carcasse aurait permis d'après les paléoanthropologues de nous développer de développer notre cerveau de pouvoir obtenir des des protéines ce petit détour par
la paléoanthropologie a complètement changé mon regard sur mes joggings hebdomadaires j'ai trouvé ça beaucoup moins absurde soudain en comprenant que courir au fond c'est inscrit au cœur de mon programme génétique ça relève d'une identité humaine enfouill en nous depuis la nuit des temps mais Guillaume m m'a dit qu'il fallait pas trop fantasmé non plus il y a deux trois distinctions importantes à poser avant de se prendre pour une femme des âges farouches nos ancêtres cueilleurs chasseurs courent déjà sur des dizaines de kilomètres par jour en général les chiffres qui sont avancés sont donc les femmes
seraient autour de 10- 12 km par jour et les hommes plutôt autour de 15 à 17 km par jour mais la grosse différence avec la course à pied contemporaine c'est qu'il ne courait que pour aller se nourrir et d'une façon générale il ne dépensait de l'énergie que lorsque c'était nécessaire et de nos jours c'est plus tout le cas oui il y a une finalité qui est pour le plaisir mais c'est pas du tout instinctif c'est à la fois un plaisir de courir mais aussi à la fois une souffrance et pourquoi c'est une souffrance pourquoi ça
reste quand même toujours difficile de se mettre en mouvement sans doute que le cerveau a été formaté pour être feignant dépenser son énergie pour rien c'était un nonsens on avait besoin de tout faire pour économiser son énergie et donc on a gardé ça c'est le fruit de l'évolution que de chercher à s'économiser quand on on entend des gens se plaindre que le oui les gens prennent les escalators plutôt que les escaliers mais c'est logique en fait c'est juste un comportement normal sauf que ce qui a été un avantage pendant des centaines de milliers d'années depuis
quelques décennies l'évolution était tellement rapide c'est ce que les scientif qui appelle la disévolution en quelques décennies bien sûr on n pas pu s'adapter à ces nouveaux modes de vie c'està-dire que on se déplace avec des engins à moteur donc les transports sont passifs les loisirs sont de plus en plus passifs et évidemment les activités professionnelles sont de plus en plus sédentaires on était adapté à notre mode de vie ancien et on l'est plus du tout aujourd'hui notre évolution a fait que on doit être actif sinon on est en mauvaise santé l'obésité le diabète les
maladies cardiovasculaires certains cancers et cetera toutes ces maladies modernes sont liées en partie au moins à un niveau d'activité physique insuffisant si on voulait être dans la lignée de ce que faisaient nos ancêtres et bien il faudrait quand même être actif 2 heures par jour pour être en en parfaite santé ce qui fait qu'en réalité on n' pas le choix notre histoire notre héritage génétique nous condamne à être actif d'autres espèces sont beaucoup plus sédentaires que nous l'humain le plus sédentaire est plus actif qu'un chimpanzé les chimpanzés ils passent leur vie passez-moi l'expression à rien
par contre il y a pas de chimpanzé diabétique donc eux ils peuvent se le permettre nous on peut pas on n pas le choix voilà c'est moins romantique que ce que je me racontais tout à l'heure mais plus politique aussi si on se retrouve chaque weekend à tourner en rond dans les parcs en petite foulée c'est le symptôme d'un bug évolutif cellu de pièces cuisine je mange je d je bois je ris et d'ailleurs c'est pour ça que le jogging a émergé vers la fin des années 60 c'est le moment où on a commencé à
bugger trop palé troit dans le nouveau modèle que nous aveit refourgué les 30 [Musique] glorieuses pour so avec mon bonux automatique pas de problème dans la machine et hop à peu près à cette époque Olivier bessi qui est sociologue du sport à l'université de peau était un tout jeune champion d'athlétisme et il a vécu ce moment de bascule j'ai commencé à courir quand j'étais au lycée et je m'entraînais souvent quand je revenais dans mon petit village dans la forêt et les gens me regardaient disant mais c'est qui ce fou qui court il disait à mes
parents mais votre fils là il s'arrête jamais de faire des tours il a que ça à faire enfin voyez le bon paysan du coin qui se qui s Rin dans son travail quotidien allaer courir pour lui mais ça dépassait toutes ses représentations il se demandait jusqu'ù j'allais aller après quoi je courais courir pour courir trouver un sens à cette activité y prendre du plaisir ça allait dépasser je passais pour le fou du village c'est marrant parce que franchement quand tu te retrouves le dimanche matin sur ton parcours santé à la que derrière tes clones tous
en basket fluo tu as du mal à imaginer que cette pratique complètement intégrée aujourd'hui aux normes sociales et pu à l'origine être initié par quelques illuminés antionformistes maisess si Olivier bessi parle même de révolution la révolution de la course à pied au début des années 60 la course à pied n'était pas encore quel quelque chose de complètement intégré dans la société on l'a pratiqué surtout dans des structures type stade au sein de club géré par la Fédération où la performance est est au service de la compétition faut finir premier c'est possible battre un record donc
voilà on est dans cette logique là dans une société qui est enpr de modernité et où la logique économique de la performance capitaliste se développe et le sport finalement se développe en cohérence avec cette logique c'est un peu l'image de Mimoun de zatopec le stakanovisme du coureur ce monde de la piste de la contrainte de la norme de l'entraînement asétique il a une montée de 4 m 5 m le 2è mimon zatopec gagne la course à 5 km or faut attendre donc M68 qui est une première rupture qui ébranle un peu les fondements de cette
société moderne qui critique le capitalisme qui prône des valeurs de liberté de plaisir c'est la bit génération c'est Flower Power grosse influence américaine toutes ces valeurs là elle converg et et c'est tout le système des sports qui sbranle moi je me su de B stock j'étais gamin et je faisais pas le lien après avec la course à pied mais ça avait changé ma façon de voir le [Musique] monde alors que j'étais un athlète courur de 800 au niveau national et là je me dis mais mais ce milieu il est trop fermé on parle de renversement
du monde athlétique de métamorphose de la cour à pied plus en plus de gens qui se mettaient à courir pour tout ce que ça pouvait apporter sur le plan de la construction de soi pour aller partager communier sur une course à pied qui sort des stades qui va à la rencontre de monsieur tout le monde qui devient accessible pour des coureurs tout à fait ordinaires qui ne sont pas forcément à la recherche de la de la performance il y a pas de technique particulière c'est un style libre c'est une forme de quête intérieure de de
respiration qu'on s'accorde dans un un mode de vie qui devienne de plus en plus [Applaudissements] stressant une forme d'évasion d'échappatoire à la fois au travail à la villeir fait énormément de bien ça m'oxygène complètement le cerveau et j'en ai besoin comme un médicament il y a des personnes qui préfèrent aller voir les ptits moi je préfère courir c'est un nouveau rapport à l'espace on n'est plus obligé d'aller dans un stade pour courir on va utiliser tous les interstices de l'urbanité on va aller dans les bois les squirs les forêts les chemins de halage on va
courir au bord de la mer on va courir en montagne on va courir dans désert donc voilà donc c'est tout tout l'éclatement des des lieux et puis les temporalités aussi on pe les courir le matin de bonheur entre MIDH et 2 c'était même pas envisageable avant il fallait manger quoi après la nuit c'est devenu de plus en plus bonnaé courante alors qu'avant on l'imagine même pas donc on casse les codes moi j'ai j'ai commencé comme ça en tournant autour de mon pâté de maison de de mon arrondissement ensuite j'ai pris deux arrondissements et cetera on
casse les codes institutionnels on casse les codes spatiaux on casse les codes temporels on casse les codes de la sociabilité c'est pas que les hommes c'est aussi les femmes c'est pas que les jeunes c'est aussi les personnes plus âgées ça peut être en restant le cours du dimanche ça peut être en allant faire des premières grandes courses populaire de communion de partage tel que les 20 km de Paris ou Mar vejolemand ou d'autres qu' après on va avoir les grands marathons populaire avec New York 72 puis Paris en 76 Madrid cette nouvelle lame de fond
là cette idée d'ouvrir les vannes de la j'ignoris mais alors complètement ce P de l'histoire de la course à pied et dans un premier tempsô enchanter mes sessions de running de m'imaginer dans les pas des pionniers de 68 pour rire sans entrave où on veut quand on veut comme on veut pour se sentir libre briser ses chaînes sauf qu'à peu près au même moment à force d'avoir clavioté tousazimud sur internet pour documenter mon épisode je me suis fait repérer par l'algorithme qui a commencé à m'envoyer de plus en plus de suggestions Instagram dans ce style
le running est officiellement rentré dans ma vie du coup je vais vous montrer mes petits achats je suis trop contente j'ai l'impression c'est Noël c'est vraiment ce qui me manquait les fameuses chaussures de Running du coup c'est les ASX P gel je sais pas j'aime trop la couleur c'est un petit peu un bleu glacial je les trouve grave belle ensuite j'ai acheté des chaussettes il faut que j'ai toute la trite sinon ça ça marche pas elles sont un petit peu cheres j'ai payé ça 100 € est-ce qu'on serait pas sur un craquage oui c'est un
peu facile de tomber sur le rable des influenceuses running évidemment que c'est pas dans les vidéos où elle nous déballent toute leur quincillerie qu'on a une chance de retrouver la moindre trace de l'élan contestataire à l'origine de la course hors stade c'est la montre gmin for Runner 965 genre la montre que tout le monde a enfin qui est recommandée je vais pas mentir ça un coup quand même elle était à 975 dollars australiens au début je dans ma tête c'était des euros gros j'étais en mode attends est-ce que je peux m'acheter un iPhone à ce
prix là c'est comment mais ces influenceuses elles incarne bien cette bonne vieille tendance du capitalisme à redigérer les contrecultures pour les remettre ilico au service de la société de consommation et concernant la course à pied il y a pas eu besoin d'attendre Instagram ou TikTok c'est la marque Nik qui l' incarne avec la marque de Nik qui est just do it fais-le par toi-même cours par toi-même qui s'oppose aux valeurs de Adidas qui était extrêmement sportive et Nike au départ a fait son business sur la contreculture cette intuition marketing phénoménal de jouer sur ce registre
là de la liberté ce sentiment de d'autonomie du coureur chacun peut se construire son identité se sentir grandi à travers la course à pied monsieur tout le monde qui devient un héros et Nike devient la marque emblématique de ses coururs ordinaires je suis partie trop vite TI C même si cette autonomie elle est suspendue à une logique consommatoire euh des chaussures des des t-shirts des collants le bandeau le Walkman qu'on va mettre pour aller courir des shorts de taille différent de matière différents des gammes de basket qui se déclinent à l'infini donc on passe d'un
contrôle autoritaire et vertical à des contrôles souterrains plus subtils qui sont exécutés par la société de consommation qui quelque part nous met des règles des normes mais de manière comme l'explique très bien George Garello ou fouco de manière beaucoup plus souterrainee et subtile j'ai commencé à courir quand j'étais adolescente parce que j'étais mal dans ma peau et que ça me semblait être un outil pour perdre du poids j'ai rencontré Vicky sur internet via le compte Instagram du groupe de coureuse qu'elle a fondé à Rennes run venère et ce qu'elle M ter raisonne bien je trouve
avec ces valeurs d'autonomie et de liberté du coureur qu'Olivier Bess pointait dans la stratégie marketing de Nike c'est une pratique qui me semblait accessible parce que je pouvais courir o je vivais avec mes parents dans le village de mes parents ça me demandait pas de matériel ça me demandait pas de faire ça en public d'être visible et donc ça a commencer comme ça je pense aussi de cocher un peu un idéal moi quand j'étais jeune je voulais absolument vivre à Paris ou dans une grande ville parce que pour moi les courus c'était ce qu'on voyait
dans les films les séries des des working girl qui vont courir le matin avant de revenir chez soi remettre sa tenue de bureau et d'aller enchaîner sa vie qui va à 100 àheure et qui paraît aussi un peu difficile donc c'est il y avait aussi cette fierté là de pouvoir y arriver femme forte femme occupé ambitieuse et que rien n'arrête et je pense qu'il y avait aussi le fait d'aller vers cet idéal et qui je sais pas si c'est un objectif mais ça avait l'air bien j'avais aussi beaucoup ce rapport à la comparaison avec ce
que je voyais sur les réseaux sociaux YouTube moi c'est plutôt Instagram que je suis aujourd'hui je vous enmène courir avec moi pour acheter ma garmine en vrai je suis trop contente parce que j'en pouvais plus de courir avec mon téléphone à la main sa que j'avais trop besoin de regarder mes allures c'est vraiment bête mais rien qu'à voir les petits chiffres les petites jauges bah ça me permet de me motiver quotidiennement je pense que j'avais envie de suivre des personnalités qui me donn envie qui qui avait l'air d'avoir un super mode de vie et ces
personnesl vont partager soit des fois des conseils soit à chaque sortie ils vont mettre le résultat en fait de combien kilomètres ils ont fait en combien de temps avec des photos d'eux qui souvent sont quand même super bien prises avec des des bon angles des bonnes lumières donc c'est là que j'aiprouvé un peu ce sentiment de ouais de jalousie clairement et de se dire ah bah cette influenceuse mode par exemple s'est mise à courir très récemment et en fait elle court beaucoup plus et beaucoup mieux que moi et elle progresse beaucoup plus vite et elle
est super bien équipée elle est super jolie dans sa tenue alors que B salut les gars on est mercredi on est 3 jours après le sui j'ai fait 10 km c'est mon premier run depuis je vlais savoir si vous avez des idées de nouvelles courses parce que bah maintenant j'ai plus d'objectif j'ai plus rien et ça c'est pas un sentiment que j'ai apprécié parce que je me suis rendu compte que je me dais hyper facilement quand j'allais courir le dimanche je faisais une longue session c'était jamais assez je voyais tout de suite les choses qui
allaient pas les applications de running c'est un vrai phénomène mais j'étais passé à côté j'avoue au bureau les trentenaires m'ont traité de vieux débris technophobe quand ils ont découvert que je ne connaissais même pas Strava qui compte 120 millions d'abonnés dans le monde la honte donc Strava mamie s'est renseigné c'est une application qu'on télécharge sur son smartphone ù sa montre connectée à wat000 dollars australien et qui propose des fonctionnalités payantes pour calculer ses statistiques personnelles en terme de kilomètres de dénivel parcouru de vitesse moyenne de fréquence cardiaque de calories dépensé bref plein de données très
utiles j'imagine pour améliorer ses performances autoréférencé mais jeas pas capté sur appation c'est le deuxè réseau social avec le taux d'interaction le plus élevé juste après TikTok quelque chose que tu t'es peut-être interdit de faire sur toutes les autres applications mais que tu fais sur roulement de tambour tu cré du contenu MAM a aussi découvert que STVA fonctionne comme un réseau social et oui sur ce trava les coureurs peuvent géolocaliser leur trajet poster leur performance du jour agrémenter évidemment d'un selfie où il se la pète en plein effort couvert de sueur les followers qui les
suivent peuvent liker pour les encourager voilà c'est un réseau social quoi avec ses côtés sympathiques mais aussi des risques d'effet pervers par exemple il y a une fonction fly by survol qui permet si j'ai bien compris de repérer d'autres athlètes à proximité et des segments de route sur lesquels pratiquer comme ça on peut se tirer la Bour en allant courir sur les mêmes segments et comparer après les chronos on peut gagner comme ça le titre de com King ou Queen of the mountain et donc tout ça c'est plutôt ludique et motivant mais vous me voyez
venir on entrevoit assez bien comment la course peut aussi se prendre les pieds dans le tapis de la compétition sociale et de l'individualisme néolibéral pour aller vite on a assisté à une récupération de l'expérience de la course Guillaume Leblanc est philosophe professeur des universités et multimarathonien pour conclure cet épisode je lui ai demandé comment il faisait lui pour courir sans se transformer en bon petit soldat du système je pense que c'est la volonté de continuer à a pratiquer un sport pauvre le moins équipé possible la course à pied n'est pas un sport d'ingénieur c'est pas
un sport d'équipement le champion africain à bébé Bikila quand il remporte les Jeux Olympiques de Rome je crois que c'est en 1954 on le force à mettre des chaussures puis finalement il les enlève et il gagneent pieds nus il y a quelque chose de de modeste dans la course à pied modestie par rapport aux équipements courir c'est mettre les premières chaussures qui vous tombent dessus un t-shirt et sortir modestie par rapport aux espaces dans lesquels on circule sans s'en sentir propriétaire par un droit d'usage finalement des sols des routes et modestie par rapport à soi
si cette dimension de la modestie est perdu alors on rentre dans l'arrogance néolibérale de la course à pied comme affirmation de soi hyper individualisme en réfléchissant à ça je me suis rendu compte que mes sessions de course à pied il y avait cell qui étaaiit faite pour répondre à un objectif que ce soit de performance donc de distance de rapidité de silhouette de perte de poids ou autre et en fait je vivais pas du tout pareil que quand je sortais courir parce que je ressentais le besoin parce que ça me faisait plaisir et que je
m'intéresse beaucoup plus au au paysage je retire beaucoup plus de Bénéfic de voir le soleil qui reflète dans les feuilles au moment de de l'automne c'est quand même vachement joli en plus dans des coins qui sont vraiment super beau le long de canal et cetera et je pense que je m'en suis rendu compte parce que justement j'ai commencé à tomber sur des comptes Instagram de femmes qui font de la course à pied des femmes qui qui préparent des marathons mais de façon la plus lente possible elle défendre le le slow running et ça m'avait un
peu un peu tické à ce momentlà en me disant ah oui en fait il y a plusieurs pratiques faire des pauses pendant une session ça compte enfin ça fait quand même une session et c'est vrai que moi j'étais assez sévère sur ça en me disant bah si je m' arrête c'est fini c'est foutu faire des pauses c'est aussi comprendre que chacun sa pratique pour chaque personne puisquen fait personne n'est constitué de la même manière et on n pas les mêmes quotidiens et on n pas les mêmes forces physiques et la même endurance ça fait du
bien aussi de le voir un peu c'est un art de l'improductivité la course à [Applaudissements] pied il suffit de voir quelqu'un courir pour se demander tout de suite enfin pourquoi est-ce qu'il courent courir pour courir pour célébrer l'improductivité c'est un moment assez quand même unique comment va-t-on faire avec cette chose qui ne sert à rien et qui a l'air importante à tant de personnes il y a une forme de sabotage doux au quotidien l'invisibilité du coureur et quand même une grande jouissance par rapport au contrôle permanent de toute nos allé et venu ce que j'aime
dans le fait de courir c'est que je n'ai plus le téléphone je n'ai pas de montrre connecté personne ne sait où je suis je suis devenu invisible pendant un certain temps courir c'est fuir aussi c'est ne pas être à sa place c'est ce qu'on ressent quand on court dans la ville on voit bien que la ville n'a pas été faite pour la course donc il y a quelques chose qui demeure de l'ordre de la pratique clandestine alors maintenant aujourd'hui de plus en plus dans la gouvernementalité de la ville on essaie de réintroduire des lieux pour
courir on intègre la course dans la mobilité douce mais en tant que coureur il y a rien de plus savoureux que de pénétrer un espace qui n'est pas fait pour la course moi je me su de quelqu'un qui m'a expliqué que son grand fantasme et son grand trip entre guillemets c'était de courir au per Lachaise parce que effectivement traverser le PER Lachaise en courant c'est quelque chose qui ne se fait pas la course à pied ne se fait pas et pourtant elle se fait ce qui est intéressant comme pratique de liberté justement voilà c'est pas
mal je trouve comme gardefou de penser à vérifier quand on enfile ses basket et qu'on part courir si on est bel et bien en train d'essayer d'exercer sa liberté à Renn on on peut courir près du canal Saint-Martin j'ai essayé un soir d'hiver à je pense 18h mais la nuit est tombé très vite je me suis retrouvé en pleine nuit sans éclairage et j'ai senti que que ça allait pas du tout j'ai jamais couru aussi vite pour rentrer chez moi donc c'est là que j'ai réalisé que j'avais peur de courir toute seule je me suis
dit faudrait que je trouve des gens avec qui courir peut-être que je pourrais rejoindre un club et là il y a un autre paramètre qui arrivé en compte c'est que je me suis dit que j'avais pas forcément envie de courir avec des hommes courir avec des inconnus un soir en dehors de la ville bah en fait j'ai plus confiance à le faire avec des femmes qu'avec des hommes à ce moment-là je me suis dit que peut-être je pourrais rejoindre un club de course à pied en non mixité et en fait j'ai découvert qu'il y en
avait pas et du coup je me suis dit que c'était peut-être l'occasion de lancer le mien on court tout ensemble s'il y en a une qui veut s'arrêter on s'arrête toutes pour pour exister dans l'espace public et apprendre à y vivre et à ne plus s'y cacher pour pas se faire agresser parce que clairement c'est ce qu'on nous a prend dans l'espace public quand on court la semaine on croise des groupes d'hommes qui prennent toute la place sur le chemin et on a beau longer la vilain donc qui traverse reenn il ne se pousse pas
euh c'est à nous de nous recrouiller sur le côté pour éviter de tomber dans l'eau c'est l'application Strava qui a sorti une étude qui montit eux par les personnes qui sont inscrites sur leur application ilil y a beaucoup moins de femmes qui pratiquent et il y a beaucoup moins de femmes qui pratiquent quand il fait nuit et il y a beaucoup moins de femmes qui pratiquent au lever du soleil pour des raisons d'espace public de sécurité et aussi de bah d'enfants de d'emploi du temps de charge [Musique] mentale le dimanche matin on croise beaucoup plus
de femmes qui nous regardent avec un un petit sourire enentendeur qui va qui est assez motivant mais en même temps quand on court le soir en hiver on découvre aussi un autre monde auquel j'aurais pas eu accès si j'avais pas rejoint un club de course à pied ou créer run vénère c'està dire que bah on se fait découvrir des endroits il y a des endroits de reine où j'avais jamais été alors que ça fait 8 ans que j'habite ici et je me dis que des personnes qui découvrent la course à pied ça peut peut-être aussi
leur produire cet effet là qui est très galvanisant je trouve vivons heureux avant la fin du monde est un podcast produit chaque mois par AR radio vous pouvez l'écouter sur son site arteradio.com son appli gratuite Soundcloud 10h ou votre plateforme d'écoute préférée commentez partagez abonnez-vous au podcast et mettez-lui des étoiles pour soutenir l'émission et la planète