On va ouvrir cet après-midi de débat à partir du livre de Patrick merud la croyance et le doute de Sigmund Freud à Charles Sanders perce c'est ça la prononciation du euh alors patrick merraud est un auteur enfin psychanalyste memre titulaire de laap ancien président de la PF de 2012 à 2015 qui a écrit de très nombreux articles dans de nombreuses revue et qui depuis quelques temps écrit sur la croyance qui a dirigé la première revue de la PF qui était le présent l'annuel de de la PF et ensuite la 2è revue qui était le le
présent de la psychanalyse qui est sur table aujourd'hui euh au fond de la salle il a écrit donc ce livre en 2023 et il avait précédemment écrit un autre ouvrage déjà traitant de la religion qui se nommait Dieu la mère et qui était paru aux éditions galimar PUF pardon PUF c'est aussi et un autre livre l'auteur d'un autre livre qui est une curiosité de mon point de vue très inspiré par la psychanalyse mais qui est issu d'un d'un journal tenu régulièrement et qui s'appelle je désosse une amie donc tout un programme et euh voilà pour
la Présentation de de Patrick merraud qui va tout d'abord nous présenter avec son texte son livre mais à partir d'un texte qu'il a réécrit pour l'occasion et ensuite il y aura on inaugurera un débat à la tribune et contenu que ce livre a pour projet d'ouvrir sur sur l'actualité comme ils veulent nous le dire de la croyance et bien c'est un débat sur nous aimerions sur la entre analyste mais aussi le reste du monde je dire de de penser ensemble sur ce sujet de la croyance le et je voulais remercier Frédérique de Montmarin qui vient
tout spécialement de Paris vice-président de la PF actuel et Marc del l'orme membre de la de la PF Bordeaux voilà Patric à toi merci merci de m'avoir proposé cette présentation voilà donc un livre de psychanalyse peut-il être un livre d'actualité en tout cas c'est une des raisons de s'intéresser aujourd'hui à la croyance la croyance qui a fait un retour dans l'actualité aussi bien sur le plan religieux que politique ou idéologique c'est la question du mécanisme de la croyance dans toute sa généralité que j'ai voulu aborder al dans sa forme classique Mais surtout dans les formes
que l'on peut dire nouvelles qui ont occupé le devant de l'actualité ces dernières années celle du complottisme celle de l'affaire de la chloroine ou encore la question du fanatisme ce sont trois thèmes qui auquels j'ai consacré quelques pages à chaque fois dans dans le livre la croyance est un sujet auquel la psychanalyse s'est intéressée depuis le début avec Freud lui-même qui a souvent été traité mais ma réflexion s'est donné comme perspective non pas les objets de croyance quel que soit leur fascination mais le mécanisme de la croyance mouvement qui porte vers ces objets la force
des croyance leur résistance autrement dit quelle est la poussée qui sans cesse ramène le sujet sous l'emprise de ses croyances et qui lui interdit d'en sortir comment s'explique la tendance qui toujours entraîne le sujet vers la croyance pour quelle raison est-il si difficile à l'homme de s'interroger sur celle-ci et d'accepter une part de doute pourquoi la croyance est le doute parce que l'un et l'autre sont évidemment très liés il s'agit pas d'un traité sur la croyance suivi d'un traité sur le doute mais du jeu très étroit qui Se déroule entre l'un et l'autre et lié
de quelle manière lié par le travail de pensée travail de pensée une expression qu'il faut prendre dans son sens plein celui de Freud mais la thèse que je développe et qui va me conduire à Charles sanderp et que la croyance est un état de repos il s'agit de passer de l'état de doute qui est un état instable et le plus souvent d'inquiétude et de souffrance en tout cas un état dans le sujet cherche à sortir un état de repos grâce au travail de pensée tout cela peut paraître relevé d'une certaine évidence mais il s'agit donner
à cet énoncé toute sa consistance et d'en développer toutes les conséquences cette formule la croyance comme état de repos et la formule de pers et c'est là le cœur du livre on la trouve cette même formule c'est cela qui pour moi était important chez Freud quand il parle du fonctionnement de l'appareil psychique il le décrit en effet comme un appareil animé par la recherche d'un état de repos ce qu'il a appelé le principe d'inertie voilà en quelques mots vous avez le résumé de tout le livre on pourrait s'arrêter là mais je vais quand même développer
un petit peu chaque question Donc il s'agit de considérer la croyance dans toute son étendue qui concerne la totalité du rapport du sujet au monde mais le premier temps que je propose est d'examiner dans le livre les formes les plus spectaculaires de la croyance à travers deux exemples le premier avec la croyance religieuse avec l'idée de la vie après la mort une croyance d'ailleurs dont l'effacement partiel aujourd'hui n'est pas sans rapport avec un certain désarroi de nos sociétés et le second hyper contemporain avec la croyance son complot qui a au contraire pris une une ampleur
spectaculaire il est indubitable que la première pensée qui vient à l'esprit quand on parle de croyance et la croyance religieuse et j'ai pris le thème de la résurrection des morts l'invention humaine la plus étrange qui soit elle est présente dans nombre de religions et singulièrement dans la religion chrétienne comme résurrection de la chair pour Freud elle se comprend comme croyance inconsciente de l'homme en sa propre immortalité et le refus de la mort des êtres aimés tout cela on le sait le discours religieux s'empare des événements psychiques pour les faire entrer dans La dans sa logique
et je me suis intéressé à la construction de cette croyance particulière qui illustre parfaitement le jeu dialectique entre l'individuel et le collectif cette croyance en effet n'a pas existé toujours la croyance en la résurrection des morts n'a pas toujours existé dans le monothéisme elle s'énonce très tardivement et on peut très précisément dans la Bible repérer le moment où elle a été inventée et c'est parce que les persécution intense qui avait eu lieu à cette époque et où de nombreux justes avaient trouvé la mort mett à mal l'idée de la rétribution des condites humaines sur terre
que fut inventé littéralement inventé l'idée de la vie après la mort on était environ à 160 années avant Jésus-Christ cette croyance va parfaitement s'intégrer dans l'univers culturel du monde chrétien dans lequel va trouver sa place à travers un certain nombre de dogmes pour autant avec ces dogmes le croyant n'est pas à l'abri du doute il y a des vérités que les églises proposent évidemment je me suis penché sur cette dialectique croyance ou doute il y a des vérités sur lesquelles sur lesquelles le croyant Peut avoir des doutes religion donne là des exemples très remarquables des
solutions trouvées pour faire face à ce doute plutôt que de laisser le Fidel dans l'incertitude et le désarroi devant les affirmations en question les théologiens chrétiens vont donner à cet inconnu le nom de mystère la Trinité l'incarnation la rédemption mystère sur lequel le fidèle n'est pas autorisé à s'interroger dans ce contexte le mystère est défini comme dogme révélé que le fidèle doit croire mais qu'il ne peut comprendre on voit que par cette opération qui impose une croyance en même temps qu'elle instore un interdit de pensé le conflit est évité en tout cas idéalement ces opérations
par lesquelles la religion passe par par lesquell le sujet passe de l'incertain au certain de l'incertitude à la conviction doute à la croyance n'est possible que parce que le sujet y trouve un bénéfice à sa croyance pour la raison que nous retrouverons avec pece la situation de doute est instable elle est coûteuse sur le plan énergétique celle de la croyance est un état de repos et elle est stable un mot sur des croyances plus extraordinaires les croyances au complot Second exemple qui sort du contexte religieux et qui est tout à fait contemporain c'est celui des
théories complotistes le vaste ensemble des croyances communes constitue nos cultures les théories du complot organisent certaines croyances collectives qui se caractérisent le plus souvent par leur extravagance elles connaissent aujourd'hui une surprenante diffusion et présente le paradoxe d'être particulièrement irrationnel dans un temps qui se prétend rationnel elle se développe hors des institutions officielles et le plus souvent dressé contre elle sont-elles la voix en train de devenir le penser de l'homme du commun il y a des sondages qui mesurent la diffusion de ses croyances au complot sur les événements les plus divers et qui rapporte des chiffres
tout à fait étonnants que vous connaissez de même que vous avez entendu parler des théories proprement délirantes qui ont eu cours lors de la campagne de 2020 aux USA sur la pizza connection ou sur les sodas aromatisés au bébés mort que je rappelle dans le livre évidemment si ce genre de divagation devait lieu devait rester l'apanage de quelques Olibrius isolés dans leur délire il n'y aurait pas de quoi s'émouvoir mais qanon puisque c'est le kananon qui C questions là un des mouvements en question a recueilli l'assentiment de millions de personnes 3 millions de membres et
a obtenu en 2020 ses premiers élus au Congrès américain les sociologues propose une multitude d'études pour tenter de répondre à ces théories car si elles existent depuis longtemps dans l'histoire des hommes leur extension fulgurante aujourd'hui est une nouveauté de notre monde post-moderne les psychanalystes quant à eux ont à comprendre le cheminement intérieur des individus comment concernant les attentats euh terroristes qui ont été immédiatement suivis d'une flambée de thèses complotistes on observe dans celle-ci en premier lieu la conviction que le pouvoir ment et que les récits officiels viennent cacher une autre réalité peu importe que les
détenteurs secrets de ces pouvoirs a besoin pour cela d'être doté de capacité hors du commun capacité de mise en scène inimaginable ils agissent au profit d'un réseau de puissant supposé soumettre la population à leur noir dessin les attentats du 11 septembre avaient Été à l'origine d'un nombre infini de telles affirmations on peut penser devant ces situations que les que les idées de complot jaillissent comme réaction au surgissement d'un événement incroyable pour en réduire la dimension mystérieuse avec une explication qui vient en atténuer le caractère dramatique mais la réaction est paradoxale puisqu'elle aboutit à proposer des
explications plus incroyables encore que l'événement lui-même mais on découvrira souvent chez ces sceptiques l'existence d'une conviction préalable à l'événement en quelque sorte disponible prête à servir sous la forme par exemple d'un on nous trompe cette explication globale ne demande qu'à se décliner dans les hypothèses les plus extravagante quand l'événement surgit tous les chercheurs relèvent que l'accélération que connaît ce phénomène une conséquence des nouveaux modes de communication internet les réseaux sociaux on assiste ainsi à la construction d'une masse humaine particulière sans précédent dans l'histoire qui est la masse virtuelle la masse à autrefois de tels récits
seraient resté parfaitement isolé incongru impuissant vaincu Citons l'histoire de ce pasteur de Floride qui en 2010 annonçait qu'il allait brûler des corants la menace provoqua des trouble violent jusqu'au Pakistan la disproportion entre la cause et l'effet constitue une sorte d'effet papillon sur les masses mondialisées reste à expliquer l'essentiel dans ce jeu entre l'individuel et le collectif la rencontre entre l'idée complotiste et la personne qui la reçoit en effet il ne suffit pas que le ré complotiste arrive à l'individu et aujourd'hui quasiment extemporanément pour que celui-ci l'accepte il faut qu'il y ait en lui la capacité
de l'accueillir avec le succès des théories complotistees on redécouvre l'appétence de l'homme pour imaginer une réalité différente de ce qu'il voit comment s'en étonner n'est-ce pas ce qui est à l'origine de tout progrès de la connaissance il y a l'apparence il y a la réalité il ne faut pas s'arrêter à l'apparence des choses et il faut savoir que ces adeptes appartiennent à tous les milieux y compris les plus cultivés Jacques rancier écrit si L'on refuse l'évidence ce n'est pas parce qu'on est bête c'est pour montrer qu'on est intelligent certes l'exercice du doute est n indispensable
même et il est la condition de toute pensée nouvelle mais il s'égare quand il s'avère que la réponse à laquelle il conduit existait avant qu'il ne s'exerce et que les hypothèses qu'il nourrit n'ont d'autre but que de justifier une conviction préalable la psychanalyse a quelque chose à dire sur ce qui met en jeu chez l'individu pris dans le phénomène de masse et sur le mécanisme ce moment d'égarement psychologie des masses ce livre de Freud comme je trouve sousexploité et qui dit des choses essentielles est une contribution à l'articulation entre l'individuel et collectif je passe très
rapidement sur ce sujet que vous connaissez sans doute he m Freud y retrouve l'hypnose entre d'un côté l'état amoureux et de l'autre côté la foule façon intuitive en se référant ainsi à l'état amoureux pour expliquer la foule le de incomparable des romantiques à la charge d'expliquer la masse indifférenciée c'est là où fr introduit son d'idéal du Moi autour du rôle du leader tout Ceci est connu mais il faut faire un pas de plus pour comprendre notre époque et à propos des théories du complot rendre compte de la spécificité des termes des thèmes autour desquels se
construisent aujourd'hui ces étranges communautés de croyants l'existence d'un pouvoir caché dont l'individu est la victime présente ou future c'est sans doute ce point qui est le plus décisif car derrière cette théorie il y a une souffrance la dureté de l'existence et plus profondément encore le mal du monde sinon le mal écrit avec un un mal un M majuscule un mal dont l'individu essaie de trouver l'origine pour s'en protéger les combattre ou y remédier or s'il y a toujours eu des malheurs dans la vie des êtres humains il y avait autrefois un dieu comptable de ces
souffrances on pouvait même croire qu'un jour on en serait consolé c'est un point dont j'ai déjà dit un mot queon pense à Job abandonné dans sa souffrance mais malgré le tragique de la plainte l'éutéronomie qui définissait la destinée de l'homme sur sur terre réglait la question l'homme s'adressait à Dieu et attendit une réponse Le récit complotiste est la version noire de ce désarroi la détresse particulière qui me frappe ou les troubles qui atteignent le monde relèvent d'une cause qui se trouve entre des mains détentrice d'un pouvoir particulier les croyances religieuses venaient fondamentalement répondre à l'angoisse
de mort et donner un sens à la souffrance mais aujourd'hui Dieu est mort et a laissé un vide immense où trouver une cause comment comprendre une hétéronomie sans Dieu car le mal et le malheur ne s'efface pas quand Dieu disparaît il s'agit pour ces foules de lutter contre une hétéronomie devenue énigmatique avec la théorie du complot on dispose d'une sorte de religion laïque il s'agit d'une volonté diabolique qui agit dans le monde d'autant plus présente qu'elle se veut invisible elle est alors souvent désignée comme le système d'une façon aussi grandiose que vague d'ailleurs l'as-t-on même
remarqué il n'y a pas de théorie du complot du bien c'est toujours une volonté destructrice qui est à l'œuvre ce n'est pas par hasard que bon nombre de ces complots sont décrits comme sataniste Satan vient à la place de Dieu disparu Et il faut ajouter que ce n'est pas seulement la mort de Dieu qu'il s'agit d'affronter et la disparition de la transcendance mais aussi la fin des grands récits qui avaient pris le relais du récit religieux les idéologies se sont effondré et l'homme une grande idéologie se sonent effondré et l'homme ne peut plus se réfugier
dans des eschatologies profanes mises en scène dans les grandes récit politique la disponibilité de nos contemporains à recevoir le discours complotiste qui nous surprend et semble dans son ampleur une nouveauté il semble bien qu'on peut la penser pour une part importante comme le grand vide laissé par l'histoire la la réflexion sur le complot permet de comprendre comment le sujet peut ainsi se trouver pris dans les phénomènes collectifs tel que Freud les aner dans psychologie des foules mais il faut ici faire un retour en arrière considérant les écrits de Freud et tenter de comprendre la place
de la croyance dans le fond fnement de l'appareil psychique à l'origine la croyance organise le rapport du sujet au monde et cela dès le premier Instant la première croyance à apparaître est celle liée à la perception en prenant comme première occurrence de la croyance cette expérience de la perception Freud entine la conception la plus vaste possible pour la croyance C là même auqu à laquelle je me réfère c'est dans l'esquiss que trouve l'hypothèse d'un modèle neurophysiologique par lequel la croyance s'établit là aussi je rappelle des choses connues Freud avance que le jugement est un processus
provoqué entre l'investissement d'un désir et un investissement perceptif qui lui ressemble on connait cette donnée là je le cite la coïncidence entre les deux investissements devient un signal biologique pour mettre fin à l'acte de pensée et faire intervenir la décharge la non coïncidence perception et représentation la non coïncidence donne le coup d'envoi au travail de pensée et quelqu passes plus loin si le signe de réalité arrive à la perception après l'achevvement de l'acte de pensée le jugement de réalité la croyance écr Freud est acquis et le but du travail en son entier est atteint tant
que l'identité entre la perception et l'acte de Pensée ne se réalise pas l'appareil psychique est en effet engagé dans un mouvement de recherche qui ne pourra s'arrêter que lorsqu'il aura trouvé l'identité entre les deux éléments en jeu ce temps de recherche est celui du doute il est pour l'individu le temps de l'attente du malaise voire de la souffrance et de l'angoisse et surtout du travail de pensée l'homme est un anim mal qui ne supporte pas de douter tel serait l'aphorisme auquel on pourrait aboutir la place qu'occupe le mécanisme de la croyance dans notre rapport au
monde et aux autres Freud en donne un autre développement qui apparaît très tôt dans son œuvre avec la notion d'attente croyante l'existence chez l'homme d'une attente préalable à sa rencontre avec les objets de croyance avec attente croyante on a l'hypothèse d'une donnée anthropologique je la rapproche de ce que dit Cornélius Castoriadis quand il récuse l'affirmation d'Aristote selon laquelle l'homme est un animal qui désire le savoir c'est faux l'homme n'est pas un animal qui désire le savoir l'homme est un animal qui désire la croyance qui désire la certitude D'une croyance d'où l'emprise des religions d'où l'emprise
des idéologies politiques on comprend donc que le domaine de la croyance soit infiniment étendu et concerne je cite Freud des énoncés sur des faits et des situations de la réalité externe ou interne qui font part de quelque chose qu'on n pas trouver soi-même chaqueur de classe en est pleine dit-il chaqueur de classe là où se transmet les croyances accumulées par les générations précédentes le ch couvert par ses croyances Freud le désigne comme un ensemble de dogmes mais il distingue deux dogmes le premier ce sont le les dogme laïque c'est-à-dire la quasi totalité des savoirs transmis
nous n'avons pas été vérifiés le périmètre de la terre nous-même on nous l'a transmis le second type de dogme correspond à ce qu'on entend habituellement par ce terme le domaine du dogme religieux dont mal gré la valeur culturelle que Freud reconnaît aux religions il appelle à se défaire ce type d'énoncé s'appuie sur un moyen à l'exclusion de tout autre l'autorité qui vaut interdit de penser justifieré de trois façons l'autorité se Pose comme héritière des ancêtres qui croyaient déjà elle assure que les preuves ont été données à l'époque en surabondance et elle interdit de s'interroger sur
le authenticité je résume bien sûr tout ce qu'on peut dire autour de ça enfin Freud s'interroge sur la force avec laquelle s'imposent les croyances c'est cette force c'est la force avec laquelle l'individu va désirer ce que ces doctrines proposent et non leur vérité objective et là on traite du choix des croyances car si les croyances relèvent du même mécanisme elles ne sont pas évidemment équivalentes hein le mécanisme est le même mais les contenus ne sont pas les mêmes la croyance est évidemment portée par le désir et ce sera sur ce rappel que ce termine le
livre pour autant et là je veux dire un mot des résistance des croyances pour autant il y a aussi des événements des rencontres et découvertes qui viennent s'opposer au maintien des croyances instituées or ce qu'il apparaît c'est l'extraordinaire résistance de ces croyances croyan originaire attend croyante croyance dogmatique croyance savante mysticisme Autant d'expériences sur lesquelles dans lesquelles s'illustre l'étendue des croyances pourtant l'événement qui surgit ne manque pas de remettre en cause celle-ci sans pouvoir le plus souvent les ébranler ou les condant ou les conduisant à se métamorphoser pour subsister sur d'autres forme et moi j'ai proposé
d'identifier quatre destins de ces croyances suffisamment caractéristique pour les reprendre comme des types ce sont des mécanismes de défense le désaveux où la croyance s non sur le mode de je sais bien mais quand même le déplacement d'une croyance sur un nouvel objet de croyance le maintien idéalisé et idéalisant de la croyance et le clivage de la croyance alors je développe longuement ces quatre points dans le livre là je ne reviens pas pas dessus je je dirais seulement un exemple ce que la 4è le 4e mécanisme de défense parce qu'il est particulièrement éclairant c'est un
témoignage très impressionnant que l'on trouve dans un ouvrage de Jean tous sain de senti un ouvrage qui s'appelle un destin philosophique ou les pièges de la croyance le livre est un livre De mémoire dans lequel le philosophe expose son parcours politique et il rendcontte il il raconte une rencontre avec merloponti et c'est un échange particulièrement exemplaire de la dimension de clivage qui permet de maintenir la croyance alors qu'elle est pour l'essentiel invalidée le philosophe ver leoponti qui fut son professeur lui dit à l'occasion d'un échange informel sa conviction que son ancien élève ne croit pas
un mot de ce qu'il écrit dans la nouvelle critique qui est une des revues à l'époque du Parti communiste ce à quoi de STI fait cette réponse qu'il qualifie lui-même de proprement inhumaine ce que je pense cela me regarde mais mon problème n'est pas de paraître pensé il est de faire penser ce qu'il convient qu'on pense un 5è point devrait là être examiné pour expliquer la force et la résistance des croyances que j'aiindique d'un mot c'est le rôle de la communauté dans le maintien et dans le renforcement des CRO des croyances mais ce n'est pas
seulement dans les communautés restreintes que se définissent les croyances le collectif intervient de façon beaucoup plus Générale la première croyance est l'ensemble de récits que l'enfant trouve dans le monde dans lequel il arrive ce sont les discours qui construisent le monde et qui lui donne une forme ces croyances se constituent dans la longue succession des générations et on verra avec pe que les collectifs ont développé toutes sortes d'opération pour que ces croyances se fixent quand ces métamorphos les quatformes que j'ai proposé ne peuvent ne peuvent opérer et que la croyance est défaite sans possibilité de
réaménagement le risque pour le sujet est un effondrement parce que perdre une croyance du moins de l'ORD de celle que j'ai répertorié ce n'est pas continuer à vivre avec un objet de son monde interne en moins c'est perdre ce qui assure la cohérence de ce monde interne voilà j'en arrive à ce qui constitue le dernier chapitre de du livre je j'ai sacrifié dans cet exposé ce tout un passage concernant la question de vérité et croyance dans lequel j'ai fait tout un détour par fou chez qui la question de la vérité du sujet tient une place
importante mais je pouvais pas tout reprendre ici et donc j'en arrive au chapitre dernier Sigmund Freud et PE cela commence je le reprends ce ce rapprochement entre des PES je le reprends à partir d'abord par un recours au rêve qui est cheux d'un modèle exemplaire de croyance il y a Nicolas Grimaldi un philosophe mort récemment qui le dit ainsi le rêve est comme la croyance je crois totalement au rêve qui me hant le rêve pourrait servir de modèle de paradigme pour comprendre la croyance on retrouve la même chose chez fre on sait qu'il y a
dans l'interprétation des rêves des reprises très explicites des hypothèses de l'esquiss et notamment pour aller à l'essentiel en ce qui concerne ma question notamment on retrouve le principe d'inertie et la description de la boucle de la pensée l'hallucination est la première tentative de l'esprit pour parvenir à ses fins mais son échec conduit à développer toute une recherche une activité de pensée et ici il faut peser les mots une activité de pensée pour parvenir à l'identité de perception à partir du monde extérieur ce qui conduit Freud à affirmer que le penser n'est au fond que le
Substitut du souhait hallucinatoire ce qu'il complète en ajoutant je le cite de nouveau la totalité du penser la totalité du penser n'est qu'une voix détournée c'est pour moi là la face la phrase cruciale qu'on doit inscrire en lettre d'or dès lors qu'on s'intéresse au processus de penser et pas hésiter à souligner combien elle est contreintuitive la totalité du penser n'est qu'une voix détournée le travail de pensée le travail de pensere est le détour or il n'y a pas de place pour le détour dans le rêve la complexité apparente du rêve qui laisse croire que le
rêve pense n'est que la forme apparente d'un travail de pensée elle n'est que l'apparence d'un travail le travail du rêve n'est pas un travail de pensée le travail du rêve c'est la mise en image d'une pensée et sa transformation qui s'est construite ailleurs avant autrement cette présence de la croyance au cœur du rêve est ce qui étonne depuis toujours d'autant qu'il s'agitune croyance particulière une croyance entière venons-en à peur les textes de peur sur la croyance sont tout à fait en dehors de ces travaux linguistiques et ceux Auxquels je fais référence sont très circonscrits mais
fondamentaux et reconnu comme tel de textes comment se fixe la croyance comment se fixe la croyance comment rendre nos idées clair rappelons qu'avec cet auteur on prend croyance dans son sens le plus large celui qui adopte Freud son sens philosophique qui vaut pour tous les domaines y compris ce qui s'affirme comme connaissance ou savoir croire en quelque chose c'est juger vrai juger vrai ce à quoi je pense c'est toute la question du rapport à la vérité qui est ici engagée je consacre un chapitre à cette question je l'ai dit tout à l'heure avec fouo là
je le reprends pas il s'agit donc de déployer la théorie sur laquelle s'ouvre cette énoncée sur la vérité nous pensons que chacune de nos croyances est vraie et le dire est réellement une totologie là je viens de citer pe mais j'ajoute que cette totologie est par ailleurs une blessure pour le narcissisme de tout individu car il s'agit d'une terrible désillusion quant à la possibilité d'atteindre la vérité car ce que je pense je ne le crois je ne le crois pas parce que j'ai c'est vrai je le dis vrai parce que je le Pense je retiens
comme fondamental de la pensée de persce l'énoncé principal qui revient comme un léite motif dans ces deux de texte la croyance est un état de repos pe avancé là une métaphore que nous pouvons qualifier d'économique le repos et l'absence de tout travail et donc l'absence de toute dépense énergétique au contraire le douple je me répète mais j'ai envie de faire entendre le message au contraire le doute est une position instable don il s'agit de sortir par un effort coûteux en énergie la poursuite de la vérité est un combat pour passer du doute à la croyance
cette formulation est une proposition qu'il faut évidemment rapprocher des formulations frudienes de l'esquiss tant elles sont analogues et que j'ai rappeler le principe de Constance le principe d'inertie et ça déclinaison peuvent se dire quant au mouvement des investissements en terme de tendance vers un état de repos le couple d' croyance est au cœur de la réflexion de il avance alors en s'appuyant sur une véritable phénoménologie de la croyance et du doute le philosophe se place explicitement d'un point de vue existentiel il écrit le doute est un état de Malaise et de mécontentement dont on s'efforce
de sortir pour atteindre l'état de croyance celui-ci est un état de calme et de satisfaction qu'on ne veut pas abandonner ni changer pour adopter une autre croyance mais une fois atteint cet état va s'efforcer de perdurer on s'attache avec ténacité non seulement à croire mais à croire précisément ce qu'on croit la remarque sous son aspect totologique souligne un phénomène décisif il y a un bénéfice d'antériorité qui est lié au mécanisme même du phénomène de croyance une priorité pour défendre l'état de repos atteint l'affaire de la chloroquine illustre magnifiquement la thèse de PE rien nillustre mieux
en effet la problématique d'Out croyance dans les débats dont les médias ont orchestré la mise en scène à de l'efficacité possible de ce médicament l'absence de validation préalable de cette molécule et la complexité des recherches àors entamé ont ouvert un temps long où il où il fallait penser le rapport à ce médicament dans le doute une telle suspension du jugement était affichée par l'immense majorité des scientifiques mais quelquesuns parmi eux Ont ont affirm non parce qu'ils en avaient la preuve mais parce qu'ils en étaient convaincus qu'il n'y avait pas de doute et pas de place
pour un questionnement il y a un traitement et il faut le prescrire on a vu alors un certain nombre de personnes des personnalité politique ou médiatique puis des foules entières qui n'avaient pourtant aucun moyen d'en juger faire le choix d'échapper au doute en se précipitant sur sur ce qui leur était offert comme objet de croyance la dimension insupportable du doute la souffrance psychique que l'incertitude provoque et l'angoisse associé à un contexte réellement menaçant furent la cause de ces engagements passionnés c'est aussi une situation on a pu vérifier le rôle du meneur he décrit dans psychologie
des masses le héros est toujours seul contre tous il est lui-même sous l'emprise de sa croyance et le fait qu'il transgresse les règles de commun ne s'inscrit pas non plus contre lui mais vient confirmer son exceptionnalité revenons aux écrits de peur pour lui la pensée est excitée par l'aiguillon du doute une irritation dit-il mais cette pensée cesse quand quand on atteint la croyance notons que Là nous rencontrons un énoncé strictement freudien pe donne aussitôt à sa proposition une extension remarquable produire la croyance et donc la seule fonction de la pensée il opère un véritable saut
épistémologique en faisant de ce mouvement du doute à la croyance le principe même de la pensée la production croyance n'est pas un épiphénomène du fonctionnement général de la pensée il est le moteur de telle sorte que dès lors que la croyance est là il n'y a plus d'activité de pensere il y a une pensée mais il n a plus d'activité de pensée la pensée en activité ne poursuit d'autrees but que le repos de la pensée je le cite tout ce qui ne touche point à la croyance ne ne fait point partie de la pensée proprement
dite la pensée en activité correspond au temps du doute la proposition de PE en fond qui est une proposition économique permet de donner une réponse une interrogation véritablement lancinante reprise par tant d'auteurs sur l'emprise de la croyance souvent évoqué par certains comme besoin de croyance ça fait le titre de plusieurs livres un besoin comme la FA ou la Soif ayant posé le rapport qu'il y a entre pensée et croyance reste pour Fr expliquer comment chez l'individu et dans la collectivité humaine ces croyances perdurent il le fait dans cet article qui s'appelle comment se fixe la
croyance et il identifie quatre catégories entre lesquelles toutes ces croyances se répartissent quatre catégories différents moyens de fixer la croyance des catégories dont les front non les frontières sont très poreuses et ont un certain continuum la première relève point du point de vue de l'individu elle met en jeu l'habitude la persévérance l'obstination la passivité fant tout ce qui se transmet par la tradition hein et ce mode de de transmission est le domaine privilégié de l'enfant on le sait depuis toujours la seconde catégorie c'est au niveau des institutions mise en œuvre de l'autorité de la force
voire de la violence on parle on part on passe là d'un regard sur l'individu un regard sur la foule les institutions l'état la volonté de l'État c'est substitué à celle de l'individu elle est le domaine privilégié de l'interdit de penser dans ses formes majeures c'est l'outil Privilégié des dictatures la 3è catégorie pe la désigne comme croyance a priori c'estàdire ce domaine des réflexions spéculatives abstraite qui établissent les vérités par un pur jeu de pensée et sans passer par la vérification expérimental il vise là particulièrement le domaine de la philosophie métaphysique et enfin à l'issue de
cette catégorisation la place est dégagée pour une 4è catégorie la scientifique qui surmonte les trois précédentes elle concern des réalités dont les caractères sont absolument indépendants des idées que nous pouvons en avoir j'en dis pas plus mais vous avez compris les raisons pour laquelle la théorie de pers me paraît prodigugement intéressante un parce que le mécanisme qui permet d'unifier le phénomène de croyance trouve là un fondement économique convaincant de parce qu'il éteille parce qu'il converge avec la théorie frudienne à laquelle il permettre de donner toutes ses implications et toute son emplo pleur donc il s'agit
pour moi non de dénoncer la croyance qui est coextensive au fonctionnement psychique il s'agit à partir de cette réflexion d'en comprendre l'importance Et de donner toute son toute sa place au travail de pensée et la phrase avec laquelle je termine le livre est la suivante je vous la livre il ne faut certes pas s'abandonner les yeux fermés à la croyance et pourtant impossible de ne pas la reconnaître dans sa dimension inéductable et sa paradoxale nécessité voilà ce que vous pouvez dire pour résumer l'essentiel du [Applaudissements] livre je voulais juste débuter par un une question tout
d'abord rappeler que pour tout psychanalyste contemporain euh contenu du du corpus des textes freudiens et de la du du texte et de la doctrine fixée dans l'ensemble de l'œuvre de Freud la dimension de la croyance est une question qui nous est propre à tout à chaque psychanalyste et qui est celle de croire à l'inconscient c'est-à-dire que toute pratique analytique euh repose sur cette première adhésion au texte freudien et à la croyance de l'inconscient qui va ensuite se se décliner dans la pratique quotidienne de de l'analyse donc croyance et pensée analytique croyance en l'inconscient pensée analytique
me semble ça Peut être de avoir ton point de vue mais ça me semble une question de départ sur la l'activité de toute analyste et euh aujourd'hui comme il y a un siècle après je la première question que j'aimerais ouvrir avec toi c'est à partir de cette proposition centrale du du texte de pers de croire en quelque croire en quelque chose c'est juger vrai ce à quoi je pense qui fait tenir ensemble une sorte de de comme tu le rappelais de dialectique de de la vérité entre le croire et penser de façon très extensive aussi
bien de depuis la croyance religieuse jusqu'à la croyance dans la perception et qui balaye tout le champ du rêve du souvenir de euh de des idéologies ou euh de des données scientifiques et alors tu ne l'as pas repris dans ce texte mais dans ton livre c'est une phrase un énoncé qui revient à plusieurs reprises et qui est cette petite enfin puissante mais condensée proposition de guirzolato qui était un des fondateurs de la PF et qui est croire c'est croire en l' incroyable c'est-à-dire que d'un côté donc la grande théorie économique de pers et qui dans
le choix que tu as fait de du texte de l'esquiss comme point de d'arimage entre PE et Freud et dans une dimension économique du repos du de la décharge de l'inertie voire de la constance mais une théorie économique et si on passe comment dire même ce texte de de l'esquiss est un alors c'est pour c'est un texte très précoce de Freud 1894 très qui utilise une mé psychologie qui n'est qui ne dit pas encore son nom qui qui est très emprise avec toute la théorie des neurones et de l'arc rFlex et qui en effet dont
le la pensée économique est très prise avec stimulation du monde extérieur que ce soit l'environnement humain le Debon mench l'homme de proximité qui prend soin et à côté euh quelques temps plus tard donc le texte de Freud sur le la science des rêves mais entre-temps on passe de l'excitation de du texte de de l'esquise vers l'invention de la pulsion et du désir dans le rêve et quand et c'est là que porterit ma question dans croire c'est croire à l'incroyable de rosolato on voit combien euh les croyances sont enpris dans le dans le processus du du
de enfin dans l'infantile par l'ensemble du destin des pulsions et l'ensemble de de de la dynamique de de ce qu'il y a dans les trois essais sur La sexualité de de des différentes pulsions oral anal et cetera et où à cet endroit-là la croyance est toujours un mouvement pulsant j'ai envie de dire qui qui accroche une présentation en fonction des différents types de puulsion et de leur destin et qui ne serait pas si on va même jusqu'à la croyance au moment du du temps faliic et bien il me semble que à cet endroit-là il y
a un surinvestissement une pulsionalité qui défend des croyances successives chez l'enfant dans la traversée de le DIP au travers de quelque chose qui qui sont des croyances inquiètes j'ai envie de dire qui pour le dire très vite sont emprises avec l'angoisse de castration et la traversée de le DIP et donc c'était un peu cette articulation là c'estàdire avec l'esquiss le principe de du de la croyance et du repos et la dimension de la croyance dans le développement de l'humain dans sa dans l'arimage à la pulsionalité et donc à quelque chose de la charge tout autant
que de la décharge voilà c'est un peu ma première question je tente de répondre ou y a pas une question moi V au moin 4 dans l'ordre dans l'ordre croire à l'inconscient oui bien Sûr je crois pas qu'on puisse d'une manière générale se dispenser de croyance la question là elle est de ne pas s'arrêterin parce que le le jeu que j'ai décrit du doute à la croyance si on l'imagine effectivement comme étant une fois que la croyance est là une fois que la pensée c'est constitué tué qu'on s'arrête de penser alors là là c'est la
mort il y a un livre qui est sorti il y a quelques années qui s'appelle la passion de de l'incertitude d'orian Astor que vous connaissez peut-être qui dit très très clairement que lui se base sur sur Nietzsche mais il dit clairement que si on se on s'arrête de si on s'arrête à ce à ce moment-là on s'arrête de penser alors c'est le moment de la mort donc effectivement une fois qu'on est AR à une pensée ce qu'il importe de faire c'est de réintroduire du doute pour de nouveau permettre du travail de pensée alors croire à
l'inconscient euh oui euh donc il y aurait sans doute plusieurs manières d'y croire hein il croire en gardant un espace de pensée de travail de pensée autour de ça euh ou y croire comme une un fétiche hein comme une une réponse qui a réponse à tout et À ce moment-là on serait effectivement dans la version euh destructrice de de de la croyance hein je reprends la pensée de dastor qui qui parle effectivement de destructrice j'irais même un peu plus loin pour ce qui est de croire à l'inconscient c'est pas tout à fait ce que tu
disais dans ta question mais quand même euh les psychanalystes sont pas du tout à l'abri de la croyance et pas du tout à l'abri des lire des héros dans lesquels ils vont croire de façon absolument indubitable hein qu'on ne met pas en doute hein donc cette nécessité de ne pas verser du côté de ce type de croyance il est très présent rolato croire c'est croire à l'incroyable oui là c'est le le fondement de la la pensée de rosolato de gu rosolato sur les les questions religieuse euh rosolato a beaucoup euh travaillé cette question là du
côté de l'interdite pensée parce que évidemment pour croire à l'incroyable il faut s'interdire de s'interroger sont l' incroyable euh alors est-ce que c'est en contradiction avec la Position que je développe non simplement le mot croire a une polycémie extraordinaire et donc ce dont il parle là c'est essentiellement la croyance religieuse ou tout ce qui peut y ressembler hein la croyance dans les idéologie politique relève du même du même mécanisme donc je reste tout à fait intéressé par cette pensé là c'est ça avait d'ailleurs été pour moi un point de départ quand j'ai fait ce ce
ce travail sur la croyance et le doute l'esquisse hein quatre questions c'est la troisème l'esquiss euh oui texte économique de Freud al incidemment on peut là signaler que c'est dans les débat qu'il y a entre les les psychanalystes et les neuroscientifiques il y a beaucoup de tentatives qui sont pas forcément très aboutis mais il y a quand même beaucoup de tentatives de dialogue entre les deux les neuroscientifiques sont particulièrement intéressé par l'esquiss justement parce que Freud la tente de de de parler de la vie psychique en terme d'appareil et avec une dimension économique euh alors
de l'esquisse donc c'est c'est la référence à l'esquisse bien Que ça soit un un texte effectivement tout à fait précoce de de Freud et qui a une histoire particulière B que vous connaissez euh reste tout à fait pertinente euh don qui est passé deesquiss à la question de la force d' pulsion euh oui oui ce mécanisme de la croyance là ne dit ne dit rien de ce qu'il en est des des forces des pulsions elle est j'ai essayé de montrer comment ça s'installait comment ça résistait pourquoi c'était pourquoi effectivement il y avait cette cette tendance
mais la force des pulsion c'est la force du désir je crois quand même dit un mot et là ça ouvre tout un champ de discussion qui est celui voilà des idéaux pas seulement des idéologies des idéaux effectivement et la la force que les idé portent bon il y a d'autres questions derrière ça mais je reviendrai peut-être par la suite pour pas trop trop être long dans ma réponse alors je vais retourner moi aussi du côté de la pulsion don le terme n'apparaît pas for ah oui juste il me semble que dans l'homme Moïse à un
moment donné dans une note ne battent pas Plus fort dans une note de B page il est question de une phrase je sais plus de qui j'ai la foi je crois parce que je doute et en effet s'il y avait pas de doute il aurait pas besoin d'avoir une foi ou une croyance alors le on voit combien il compris par l'esquiss cette histoire de croyance touche la plupart du temps à l'originaire alors dans ce qui est de l'originaire par exemple je me suis demandé enfin j'ai j'ai entendu la chose du côté de la première topique
à un moment donné l'écrit la croyance est une force qui peut mettre en échec l'autoconservation par une force qui l'annule en première topique l'autoconservation qui a l'pulsion du Moi euh s'oppose au pulsion sexuelles qui elles sont susceptibles de mettre le moins en péril mais pour autant euh dans un premier dans une première approche la croyance euh n'apparaît pas si facilement sexuelle puisqu'elle est quasiment à l'origine euh euh de la constitution du mois d'ailleurs he ça pose des questions auss comment Le mois se construit-il est-ce que on croit en son moi parce que le discours cours
des parents nous l' fait croire enfin quelque chose comme ça c'est pas c'est pas inné alors on sait qu'après le narcissisme viendra alors je tourne autour du pulsionnel et du livre de Patrick merraud en disant mais où est le pulsionnel alors par MO je me suis dit au fait la croyance sans limite se met au service par exemple du sadisme ou de l'emprise il faut pas l'oublier je veux dire les les ditistes ou d'autres donant d'une croyance très forte et sans parler du nazisme qui est une forme de croyance je dire la sexualité destructrice s'en
par pour torturer pour tuer et ce alors une petite INSIS comme question ça serait quelle différence y a-t-il entre l'absolu et l'idéal autre association alors le jeu c'est bien mais quand même est-ce que l'on pourrait dire que le je sais bien s'attache à la réalité externe et le met quand même à la réalité psychique et je me disais aussi ce je sais bien mais quand même est au cœur du transfert puisque je sais bien que c'est mon analyste et qui s'appelle Tartempion mais quand même ça peut être mon père ma mère Mon frère et le
transfert enfin alors je sais pas s'il faut qualifier ça de croyance mais mais il y a une il y a une croyance en tant que la personne qui m'écoute euh est autre chose que cette personne seule quelque chose comme ça alors toujours en tournant autour des des des des pulsions et de la première topique euh alors il y a une phrase que j'ai qui m'a été compliquée dans le livre c'est quand on cite Freud euh croire douter est un phénomène qui appartient entièrement au système du moi conscient et n'a pas de contrepartie dans l'inconscient or
à plusieurs endroits on parle quand même de croyance inconsciente je sais pas trop comment articuler ça alors toujours sur le questionnementour du sexuel et despulsion je me disais aussi dans dans ce livre quand on est autour de l'originaire enfin de il y a aussi quand même la question de l'amour qui n'est pas forcément la pulsance sexuelle proprement dit on est plus du côté neben mench enfin qui qui porte l'enfant et pas forcément avec l'excitation parce que et toujours du côté de l'esquiss c'est pour compléter mais dans ma tête en tout cas le le principe d'inertie
le principe De Constance s'attache plus à quelque chose que de l'ordre du besoin quasiment biologique c'est-à-dire que le le le modè de Constance on peut le prendre du côté par exemple de la glycémie la glycémie elle reste sur un espèce de plateau euh contrairement au déser sexuel enfin le principe de de Constance d'inergie bouge comme ça besoin satisfaction mais satisfaction physique alors que le le modèle du principe de plaisir est assez différent le principe de plaisir repose sur une tension qui monte pour un désir lu sexuel et qui va chuter brutalement au zéro c'estàd que
le principe d'inertie c'est pas zéro c'est pas possible on est obligé d'avoir une base et alors du coup je me demandais est-ce que tellement la croyance est aussi enfin un champ très large est-ce qu'on aurait un une forme de croyance permanente qui doit flotter sinon et d'ailleurs ça a été un peu évoqué la vie s'arrêterait enfin quelque chose s'arrêterait du spécifiquement humain d'utre chose mon ch il y a déjà beaucoup de questions que oui oui il y a pas c'est plus au fond ce que tu propose là des des justement une Pour suite de la
réflexion autour de ça que des des vraies questions quand il y a des questions précises je peux tenter d' d'y répondre euh oui il y a une remarque là qui est venue au début à propos de l'esquiss euh j'ai la foi parce que je doutei c'est c'est un de débat passionnant entre foi et croyance hein au fond je crois que la la différence c'est c'est le rapport à l'objet hein la croyance donne un objet de croyance dans la foi il y a quelque chose qui anime mais qui n'a pas forcément d'objet ou un objet qui
est beaucoup beaucoup moins précis beaucoup plus lointain hein euh effectivement la foi peut euh se donner peut donner beaucoup de laisser beaucoup de place au doutes précisément parce que c'est C objet n'est pas n'est pas précisément défini he bon mais là des tas de choses qu'on pourrait ouvrir là par exemple la question de des mysticismes évidemment sent de la Croix la nuit mystique le moment où le doute envahit le le sujet donc là effectivement je crois pas que les les mystiques soient du côté de la croyance au sens où ils auraient un objet mais Au
contraire ils sont probement du côté de la foi mais qui ne les protègent pas contre le le drame du fait que effectivement cet objet il est plein d'incertitude euh alors la différence entre entre l'absolu et l'idéal euh oui oui là là aussi c'est un thème tout à fait tout à fait passionnant euh [Musique] les idéaux ils sont tout à fait décisif pour ce qui est de la force des croyances ils sont moteur euh je pense que c'est quelque chose qui euh qu'il faut comprendre parce que il faut pas comprendre le repos dans lequel la croyance
insta installe le sujet comme étant une passivité au contraire la croyance elle libère de l'énergie et elle permet l'action elle permet éventuellement une action extrêmement violente hein les les une fois que on met son énergie au service de ses idéaux on n'est pas dans la passivité hein mais le repos dont je parle ce n'est pas le repos euh ce n'est pas le repos du guerrier hein c'est pas le repos du c'est le repos de la pensée le repos du travail de la pensée alors plus le plus la pensée est arrêté Et là on on pourrait
être alors du côté de de de l'absolu plus la le REP la pensée est arrêté et plus l'action peut peut s'engager passer du doute à la croyance hein c'est pouvoir agir et on sait bien sur le plan psychopathologique que un des représentants éminents de du doute qui qui est le nevrosé obsessionnel hein et bien passe sa vie dans le doute et ne peut pas agir j'épouse un tel non c'est l'autre que je dois épouser et puis le jour d'après les position s'inverse voilà alors je suis bien mais quand même je bien quand même oui oui
oui je c'est donc c'est donc Manoni hein qui a introduit ça euh alors lui Manoni il l'a introduit très précisément euh à propos euh à propos des de de de la croyance hein et en faisant un un lien entre la croyance et le le fétichisme hein je sais bien que euh la mère n'a pas de pénis mais quand même il y a un fétiche qui en tient lieu euh alors tu propose de de généraliser d'ouvrir cette façon de de voir les choses à la relation transférentielle où le l'analyste et en quelque sorte le tenant lieu
de d'un autre voilà il faudrait creuser pour voir où ça où ça nous mènerait euh voilà et dernière Dernière remarque que tu as fait sur sur l'esquiss avec alors tu ramener du côté de la biologie euh oui enfin en tout cas c'est certain que du pour freux de l'esquiss c'était une tentative euh de hein qui avait pour élément de départ le neurone et le le principe d'inertie donc il a la question du neurone biologique était là bon est-ce qu' il faut le prendre comme métaphore ou pas euh moi je le prendrai plutôt comme métaphore hein
donc il y a peut-être des équivalent biologique à à la question du du repos mais on a déjà pas mal d'éléments intéressants avec sa conception métaphorique merci un bref est-ce que vous m'entendez oui un un bref commentaire à votre présentation euh la notion de croyance en fait se décline dans de multiples occurrences vers lesquelles on a peut-être tendance à dériver trop rapidement croyance foi conviction évidence idéologie certitude fanatisme intégrisme dogme sectarisme et cetera il me semble que précisément vous êtes resté sur la notion de croyance dans la dialectique croyance doute en nous indiquant me semble-t-il
à quel point la croyance est Consubstantielle à l'organisation du psychisme et premier au fond dans le un premier temps dans la mesure où la croyance c'est la croyance en la perception dans dans dans dans un premier temps et au fond c'est la croyance qui organise le rapport du sujet au monde il me semble que c'est c'est c'est ça que vous cherchez à nous rappeler dans un premier temps et puis deè deè commentaire la notion de croyance a priori n'est pas spécifique du vocabulaire psychanalytique donc est-ce que la proposition de cette élargissement conceptuel que vous nous
faites n'est pas un outil qui me paraît tout à fait intéressant et pertinent pour pouvoir rendre compte de la psychopathologie individuelle bien sûr dont sont chargés les psychanalystes mais aussi de rendre compte de la psychologie collective c'est-à-dire que au fond la notion de croyance permet de rendre compte aussi bien de la psychologie permet de faire le lien entre individuel et collectif me semble-t-il ce qui ce qui est quand même difficile au fond quandand quand on est psychanalyste et qu'on s'occupe de de la vie intérieure des individus et bien c'est pas si simple d'établir une conception
Concernant la psychologie collective même si Freud bien sûr à essayer de le faire comme d'autres au fond une croyance individuelle peut-être partagée par d'autres peut-être remise en question par l'autre ou induite par l'autre puis par une foule et il me semble que la notion de croyance vient éclairer une autre notion qui est celle d'identité qui est à la fois euh très actuel et très flou il me semble qu'elle est vrai à la fois dans le registre individuel dans le registre collectif c'est-à-dire que au fond on on est ce qu'on croit qu'on est finalement c'est-à-dire il
me semble que c'est vrai pour l'individu qui se construit comme tu disais Frédéric tout à l'heure qui qui qui qui est chargé de la construction de soi euh du sentiment d'être soi de la continuité d'existence com comme comme on parle winicot avec les processus de transitionnalité mais il me semble que c'est vrai également pour la foule pour une foule dont les croyances communes constituent la culture mais qui une foule qui peut croire aussi bien à une organisation enfin c'està-dire Que la croyance peut aller dans des dans des directions différentes une foule peut croire aussi bien
à une organisation sociale fondée sur le droit que à une organisation sociale fondé sur la force justifiant la guerre et la destruction de ceux qui ne partagent pas la même croyance voilà pour voilà c'est c'est ce pourquoi il me semble que c'est intéressant de vous être attaché à la notion de croyance même si elle est pas proprement psychanalytique oui oui oui effectivement c'est alors en faisant le ressenscement de toutes les les termes qui peuvent s'associer à croyance vous avez 10 convictions et là c'est un débat important est-ce que on sort de la croyance avec la
conviction est-ce que la conviction au fond serait à valoriser alors je l'aborde là parce que c'est une question qui m'a qui m'a souvent été posée évidemment conviction ça relève d'un d'un certain travail de pensée hein il y a une secondarisation il y a tout un une une réflexion qui euh permet au sujet de passer de la croyance première à une Croyance élaborée qui fond de sa conviction euh le partiprix qui est le mien et justement de voir que dans la conviction elle-même il y a le phénomène de croyance qui est présent dans et qui est
présent qui peut être présent y compris dans sa forme la plus négative et la plus destructrice je suis pas le seul effectivement à penser à penser ça et je dirais non seulement je suis pas le seul mais que je je m'inspire d'autres qui ont qui ont pu dire la même chose hein on sait que que Nietzsche a eu des phrases absolument assassines hein sur la question de la conviction disant que la conviction est bien plus euh mauvaise même plus négative que le mensonge par exemple hein euh pourquoi est-ce que la la conviction peut être extrêmement
euh euh pourquoi est-ce que la la conviction on ne peut pas la distinguer de façon aussi nette que ça de la croyance parce que euh elle aboutir à instaurer des éléments de défense par rapport aux croyances encore plus irréductibles hein on le voit bien dans les les polémiquesin même dans les croyances religieuses ou idéologiques hein on a affaire à des gens convaincus qui argumentent et Ce n'est pas parce que il y a une conviction pas parce qu'il y a eu ce travail que on échappe à ce qu'il y a de euh de négatif dans dans
dans les phénomènes de croyance euh et euh moi j'avais été été frappé dans il y a un film qui s'appelle iranien je sais pas si vous avez un film a quelques années où il y avait un dialogue entre un un iranien et un groupe de Molas et c'était formidable parce qu'il avait en face de lui des mollas qui justifiait le port du voile euh en s'appuyant sur Freude euh l'argument était arable hein donc voilà il avait réussi à secondariser sa sa question bon euh voilà sinon pour pour le la seconde partie tes tes réflexions euh
oui non va quand même pour terminer sur croyance et conviction le le risque effectivement avec les convictions c'est que beaucoup de croyances soient surclassé en terme de conviction hein c'est c'est c'est vraiment c'est vraiment ça et donc pour ma part je je trouve justement ce qui est intéressant dans la position de de peur c'est que cette distinction explose disparaît et que le travail de pensée nécessaire il est aussi bien nécessaire que avec les croyances à l'état brut Disons-nous et et la et les convictions malgré le travail de secondairisation qui ont t on pu faire l'objet
oui alors après tu as évoqué la question de des croyances comme rapport au monde oui oui bien sûr bien sûr ça fondamentalement hein alors les croyances les plus fortes ou les plus installées sont celles dont on n' pas conscience hein celles qui nous ont transmises hein depuis l'enfance hein depuis ça rejoint la question des des identités hein mais ça ça nen'est pas moins des des croyances quand on passe d'une culture à l'autre hein on prend conscience immédiatement que voilà on est construit à partir d'un certaine cultur qui sont no croyant c'est il y en a
d'autres qui sont pas du tout pas du tout les mêmes et le le travail psychologie collective et psychologie individuelle oui c'est c'est autour de ça que le TR que le livre de Freud sur psychologie du Fou est un ouvrage qui est tout à fait actuel hein qui est tout à fait pertinent pour essayer de comprendre le monde c'est justement qu'il donne un certain nombre d'éléments peut-être pas tous he mais un certain nombre d'éléments sur cette articulation entre l'individu et Collectif voilà [Applaudissements] [Musique]