Le cinéma vit-il grâce à nos impôts ? Comment est financé le cinéma français ? Ces questions font régulièrement l’actualité et encore plus cette année !
D’abord avec les propos tenus par Justine Triet lors de la réception de sa Palme d’Or et tout récemment suite à un rapport de la Cour des Comptes au sujet des aides du CNC. Et parmi toutes les réactions, que ce soit dans les médias de la part de spécialistes qui n’en sont absolument pas ou bien sur les réseaux sociaux, j’ai vu beaucoup d’incompréhension, de préjugés, voire même parfois d’absurdités. Et au final peu de gens semblent avoir réellement connaissance de comment fonctionne le système de financement de notre cinéma.
Ce qui n’est pas étonnant car ce n'est pas un système si facile à comprendre. Mais si tout se passe bien, à la fin de cette vidéo, il n’aura plus aucun secret pour vous ! Bienvenue sur FLIM, la chaîne qui retourne le cinéma !
Tout d’abord il faut savoir que chaque pays a un système de financement de son cinéma qui lui est propre et que partout le cinéma s’appuie des mécanismes d’aides publiques. C’est donc pas une “anomalie” française, en revanche notre système est bien particulier et vous allez comprendre que c’est cette particularité qui fait qu’il est envié par le Monde entier. Mais le financement en France est bien français et comme tout ce qui est français il est complexe, varié et on pourrait même dire qu’il y a autant de manière de financer un film en France qu’il n’y a de films.
Je vais donc vous présenter les principales sources de financement mais ça ne veut pas dire que tous les producteurs y ont accès ou qu’elles sont toutes utilisées à chaque fois. On peut grossièrement séparer les financements en deux catégories : public et privé. Et au maximum, la répartition entre ces deux sources, privée et publique est de 50/50 puisqu’aucun film ne peut être financé à plus de 50% par des fonds publics.
Après dans la réalité et on le verra plus tard en étudiant les chiffres, les apports privés sont largement majoritaires et puisque ce sont les plus importants, je vais commencer par eux. Ces capitaux proviennent en majorité des principaux acteurs qu’on retrouve tout au long de la durée de vie d’un film. Le premier, celui à qui appartient à l’origine les droits du film, qui est en gros le propriétaire de l'œuvre : le producteur.
Alors lui il a un rôle particulier puisque son objectif justement c’est d’aller chercher les différents financements, qu’ils soient privés ou publics, nécessaires pour mener à bien le film. Cela ne veut pas dire qu’il n’injecte pas son propre argent mais c’est lui qui réunit les investisseurs. Donc lui il va établir le devis du projet et va chercher à convaincre tous les autres acteurs d’y participer pour compléter son budget.
Mais quel est l’intérêt de ses partenaires de financer une partie du budget du film ? Et ben je vous ai dit que le producteur détient les droits du film. Mais pour obtenir le financement, il va diviser ses droits en plein de petits packs qu’il va ensuite rétrocéder à ceux qui investissent dans le film.
Et tout d’abord à celui qu’on appelle le distributeur. Le rôle du distributeur - comme son nom l’indique - est de distribuer le film donc en gros il va gérer toute la partie marketing, communication, sortie en salles du film. Et il se rémunère sur les entrées en salles, dont une partie des droits lui a été cédé par le producteur.
Car le prix de votre billet va en gros être réparti entre l’exploitant, c'est-à-dire la salle de cinéma, le distributeur, le producteur qui s’il a bénéficié d’aide publique devra lui-même reverser une part à ses partenaires publics. Et enfin une dernière partie du billet qui concerne les taxes mais ça j’y reviendrai plus tard. Bien souvent, en plus du mandat de ventes en salles, le distributeur va également acquérir les droits du film pour l’édition physique (donc DVD / Blu-Ray) et la VOD : vidéo à la demande.
Passons maintenant à un des acteurs les plus importants de notre système de financement : les chaînes de télévision qui représentent environ ⅓ de l’argent injecté dans notre cinéma. Évidemment on a Canal + mais aussi TF1, M6, Arte etc et France Télévisions avec la particularité que le financement de France Télé est classé dans la partie fonds publics évidemment. Quel est l’intérêt des chaînes télés à financer des films et bien tout simplement pour avoir une priorité de diffusion dans les mois ou années qui suivent la sortie salle.
Je ne vais pas revenir sur les délais qui diffèrent selon les cas de figure et font partie de ce qu’on appelle la chronologie des médias et qui elle-même mériterait une vidéo complète. Retenez simplement l’exemple de Canal + qui est le premier investisseur du cinéma français et qui en contrepartie est le premier à pouvoir diffuser ces films, 6 mois après leur sortie salles. En fait, les chaînes ont des obligations d’investissement dans le cinéma - calculées en fonction de leur chiffre d'affaires, et qui est de 3% pour TF1 et M6 par exemple.
Ce qui est logique aussi puisque ces chaînes bénéficient de la diffusion des films pour attirer leur audience et donc augmenter les revenus publicitaires. Il y aussi un acteur qui est plus ou moins important selon les films : le vendeur international. En gros, parmi les droits qu’on se répartit, il y a tout ce que le film va engranger à l’étranger.
Et là on a un intermédiaire, qui peut être le distributeur notamment, qui va payer au producteur le droit de vendre son film à l’étranger. Enfin il y a un dernier acteur qui a son importance dans le financement privé du cinéma français : c’est ce qu’on appelle les SOFICA et qui sont en gros des fonds d’investissements. Vous les voyez - comme tous les autres partenaires dont je viens de parler - en général au début des films sous le nom de Cofinova, Indéfilms, etc.
Pour schématiser leur fonctionnement : en gros chacun - vous comme moi - a la possibilité d’acheter des parts de SOFICA. C’est notamment un levier de réduction fiscale, vous avez une partie de votre investissement dans la SOFICA qui sera déduite de vos impôts. Ces SOFICA réunissent ces fonds et les utilisent pour financer les films encore une fois contre une rétrocession d’une partie des recettes.
Elles fonctionnent littéralement comme des fonds d’investissement en actions, sauf qu’ici au lieu d’investir dans des entreprises elles investissent dans des films mais toujours avec ce même souci de gagner de l’argent et donc d’investir sur des films rentables. Voilà pour le panorama du secteur privé et passons maintenant à la deuxième catégorie de financement : les financements publics. Tout d’abord, commençons par le moins important en termes de budget : les régions et autres collectivités territoriales.
Vous voyez quasiment à chaque début de film “avec le soutien de la région Auvergne Rhône Alpes” ou autre. Car en effet chaque région a un budget alloué au financement de la culture et donc en particulier du cinéma. Alors si certains d’entre vous sont inquiets que leur région puise dans son budget pour financer quelque chose d’aussi futile que la culture, rassurez-vous en général ça ne représente même pas 0,1% de son budget global.
Donc en gros le producteur va aller chercher l’aide financière d’une région avec en contrepartie l’obligation de tourner dans cette région et d’embaucher des ressources humaines locales. En fait l’intérêt du deal c’est moi région je finance ton film, mais toi tu viens tourner chez moi, embaucher les gens de chez moi, faire tourner mes commerces et avec la plus ou moins grosse cerise sur le gâteau qui est que le film se déroulant dans la région pourrait en faire indirectement la promotion. Donc comme toute question d’image et de notoriété, ce dernier impact est très difficile à évaluer.
En revanche, il y a l’impact financier lié au tournage qui est bien réel parce qu’un tournage c’est quand même assez lourd en moyens et en ressources humaines. Et donc évidemment ça varie en fonction des projets mais c’est un investissement qui comme tout investissement peut être rentable ou non en fonction des cas de figure. Puisqu’on parlait de Justine Triet, son dernier film Anatomie d’une Chute a bénéficié d’une aide de 270 000€ de la part de l’Agence Auvergne Rhône-Alpes Cinéma.
Cette même agence a estimé les dépenses directes liées à ce tournage dans sa région à hauteur de 700 000€. Il y a donc 270 000€ qui sortent des caisses de la région et 700 000 qui entrent dans les caisses des commerçants et des travailleurs locaux. Ce à quoi on peut ajouter que l’agence Auvergne-Rhône-Alpes agit en tant que coproducteur et va donc aussi recevoir une part des recettes du film.
En sachant qu’Anatomie d’une chute à l’heure où j’enregistre cette vidéo approche les 1,5M d’entrées uniquement en France et que c’est un film qui est voué à avoir un succès international, c’est un investissement ultra-rentable. Si tous les secteurs dilapidaient soi-disant l’argent public comme ça, on aurait plus jamais de problème de dette ni de déficit public les amis. Après bien sûr j’ai pris cet exemple et ça ne se passe pas toujours comme ça malheureusement mais chaque région fait ce qu’elle veut et personne ne l’oblige à investir dans tel ou tel film.
D’ailleurs les budgets alloués au cinéma varient énormément selon les régions mais c’est quoi qu'il arrive dans des proportions extrêmement faibles de leur budget total. Ensuite deuxième aide publique si on peut l’appeler comme ça : le crédit d’impôt. L’idée est qu’en fait les producteurs qui tournent en France et respectent un certain nombre de critères vont bénéficier d’une réduction d’impôts.
Là encore, c’est une incitation à tourner en France, à embaucher des français pour faire vivre notre économie. C’est un peu le même système que quand vous embauchez une femme de ménage dont vous pourrez déduire une partie des dépenses de vos impôts. En gros pour chaque billet de 100€ dépensé par un producteur pour héberger ses techniciens par exemple, 30€ est déduit de son impôt sur les sociétés.
Et en fait ça c’est ultra rentable pour notre pays. En 2017 par exemple, les 120M€ de crédits d’impôts alloués ont généré au total 880M€ de dépenses sur le territoire. Donc autant de dépenses qui font vivre notre économie.
Et en plus si on prend juste une TVA à 20% sur ces 880M€, on est à 176M€ donc plus que le crédit d’impôt alloué. L’Etat est doublement gagnant. D’ailleurs on voit que sans ce crédit d’impôt la différence est assez nette : les films qui ont pu en bénéficier ont dépensé 91% du total de leur devis sur le territoire français, donc dans l’économie française.
Contre moins de 38% des devis des films qui n’ont pas eu accès à ce crédit d’impôt. Et en fait c’est indispensable car la quasi totalité des pays le proposent dont certains avec des crédits d’impôts beaucoup plus intéressants qu’en France. C’est notamment un système qui bénéficie aux blockbusters américains qui vont aller tourner dans certains États des États-Unis.
C’est aussi le cas depuis quelques années maintenant de la Belgique qui cherche à attirer les producteurs avec ce qu’on appelle le tax-shelter. Ce crédit d’impôt qui représente 30% des dépenses éligibles en France est de 50% chez nos voisins belges. C’est pourquoi vous verrez souvent Tax Shelter au début des films et avec le soutien de la région de Bruxelles ou ce genre de choses puisqu’aujourd’hui énormément de films français en fait s’associent à des coproducteurs belges pour effectuer une partie du tournage en Belgique et bénéficier de cet avantage qui est quand même conséquent.
Ce qui me permet d’ailleurs de mentionner rapidement une autre source de financement : la coproduction. Il y a beaucoup de films franco-belges, franco-espagnols etc auxquels s’associent, sur le même principe que chez nous, des producteurs, des distributeurs, des chaînes télés, des aides publiques d’autres pays. De la même manière, il existe le fonds Eurimages qui finance des projets européens mais ça reste ultra marginal.
Et enfin dernier acteur public et probablement celui qui fait le plus parler de lui : le CNC. Centre national de la cinématographie. Le CNC reverse différentes aides au cinéma français (et à l’audiovisuel en général) pour accompagner les salles de cinéma, pour restaurer le patrimoine cinématographique (c'est-à-dire les vieux films) et même pour aider certaines chaînes YouTube.
Mais il aide aussi les producteurs et distributeurs de films à travers divers moyens dont les plus connus sont le soutien automatique et la fameuse avance sur recettes, qui existe depuis 1959. Cette avance sur recettes bénéficie en moyenne à une cinquantaine de films par an, ce qui représente un peu moins de 20% des films. Une commission au sein du CNC est chargée de décider quels films bénéficieront de cette aide qui, comme son nom l'indique, n'est pas une subvention mais bien une avance.
Le CNC récupérera ensuite tout ou partie de cette avance en fonction du succès du film. Alors évidemment bien souvent il ne récupère pas tout puisque l’objectif de ce procédé est justement d’aider les films qui n’ont pas vocation à être rentable. Il s’agit en général de premiers films, donc de la part de réalisateurs méconnus ou encore de films qui abordent des sujets particuliers, d’utilité publique ou même parfois de films plus expérimentaux.
Mais ce n’est pas grave puisque au global le CNC n’est pas déficitaire, à l’inverse il est même souvent excédentaire. Car son budget ne provient pas de nos impôts ni d’une enveloppe du gouvernement mais d’un circuit fermé. Il provient de deux taxes : une sur les revenus publicitaires télévisuels et une autre : la TSA, qui s’applique sur l’achat de billets de cinéma.
C’est là où on dit que c’est un système à la fois fermé et vertueux, et qui est envié par le Monde entier : c’est que sur chaque entrée au cinéma en France, peu importe le film que vous allez voir que ce soit un Avengers ou le film de Justine Triet, 10% du prix de la place est reversé au CNC. Si c’est un film français, 80% de cette taxe est automatiquement reversé aux producteurs soit pour régler leurs dettes soit pour préparer un nouveau film. C’est ce qu’on appelle le soutien automatique.
Les 20% restants ainsi que les 100% de la TSA sur les films étrangers permettent eux de financer les autres aides du CNC dont l’avance sur recettes. En gros, pour la faire courte, les succès grands publics - notamment étrangers - permettent à notre cinéma de financer sa diversité, des projets plus ambitieux et de faire découvrir de nouveaux talents qui sans ça aurait plus de mal à faire entendre leurs voix. Pour en finir sur cette partie technique et pour vous aider à visualiser le poids de chacune des sources de financement du cinéma français, je vais vous donner la répartition exacte fournit par le CNC dans son rapport sur la production cinématographique pour l’année 2022 : D’ailleurs le CNC est ultra-transparent et vous pouvez retrouver sur son site toutes les données possibles et imaginables.
Je vous met le lien dans la description. Donc sur les 914M€ qui ont permis de financer les films français l’année dernière : Le premier poste de dépenses provient des producteurs eux-mêmes avec 361M€, soit 39,5% du total. Il faut quand même noter que s’ils peuvent se permettre d’investir autant c’est en partie grâce au crédit d’impôts cinéma qui va leur permettre d’économiser sur leurs impôts et qui correspond en France autour des 30% des dépenses éligibles mais qui peut être encore plus élevé si une partie du tournage a été effectuée en Belgique ou en Italie par exemple.
Deuxième poste d’investisseurs : les diffuseurs, dont les chaînes de télévision (mais aussi maintenant les plateformes comme Netflix) avec un peu moins de 30% du total, soit 271M€. Troisièmement, ceux qu’on appelle les mandats, qui regroupent en gros les distributeurs et les vendeurs à l’étranger avec un investissement de 116M€ qui correspond à 12,7% des devis de 2022. Les SOFICA, elles, ont investi un peu moins de 30M€, ce qui correspond à 3% du total.
Les apports étrangers - donc les coproductions, etc - représentent 7,3% du financement de nos films avec 66M€. Et enfin, ce qu’on appelle le soutien public et qui réunit les financements des régions et les aides du CNC avec une part de 7,8% ; en majorité de la part du CNC puisque les régions seules sont à 2,3% seulement. En sachant que plus le budget du film est faible et plus la part de soutien public est élevée, ce qui est logique puisque l’objectif de ce système et en particulier du CNC est de soutenir les projets qui auraient du mal à voir le jour sans eux.
Donc si je résume sur le point qui fait souvent débat : oui le cinéma français est en partie financé par des fonds publics mais si on retire le crédit d’impôts qui est présent dans énormément d’autres pays et qui on l’a vu a des retombées doublement bénéfiques pour l'État ; le total des aides publiques représente moins de 8% du financement du cinéma français, pour un montant de 72M€. On est quand même assez loin d’un cinéma sous perfusion. Ce qui est aussi important à retenir et d’après ce que je vois ce dont les gens n’ont absolument pas conscience : cet argent public ne provient pas de l’Etat - donc de nos impôts - mais d’un système interne au cinéma.
Si vous n’allez pas au cinéma, vous ne financez pas le cinéma français. Ce ne sont pas vos impôts qui financent les films, mais des taxes sur le cinéma, la VOD et les pubs des chaînes télés. Libre à vous donc de ne pas financer le cinéma français, personnellement je suis très content de le faire.
Car c’est ce système qui permet à notre cinéma d’être aussi dynamique, si prestigieux, si intéressant et de faire émerger autant de talents. C’est grâce à ça que rien que cette année on a eu d’excellents films comme Anatomie d’une chute, L’amour et les forêts, je verrai toujours vos visages, les rascals, chien de la casse et j’en passe. On le voit par exemple avec le nombre de récompenses qu’on gagne dans les plus grands festivals du Monde et aussi avec la part extrêmement importante de tickets vendus pour des films français.
Peu de pays dans le Monde peuvent se targuer d’avoir autant de gens qui vont en salles et d’avoir un cinéma qui se porte aussi bien, ou si moins mal en tous cas en comparaison des autres. Et surtout qui compte autant - ou plus selon les années - d’entrées en salles pour des films domestiques que pour des films américains. Pour rester dans les chiffres de 2022, 40,9% des entrées en salles concernent des films français contre 40,1% pour des films américains.
Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la dinguerie de ce chiffre alors que Hollywood domine largement dans la majorité des autres pays du Monde. Tout ça fait partie de ce qu’on appelle l’exception culturelle française, c’est à dire qu’en France, on ne considère pas notre culture comme une marchandise classique. Alors qu’on est globalement dans une économie très libérale, la France reste protectionniste avec sa culture et donc son cinéma.
Car on considère que l’art n’a pas vocation à être rentable à tout prix. Et si notre système venait à disparaître, je peux vous garantir que vous n’aurez quasiment plus que des comédies familiales avec toujours les mêmes acteurs. Et ça c’est une chose que j’ai vu beaucoup passer dans les reproches qu’on fait au cinéma français mais ce n’est pas dû au CNC, ou au financement public, au contraire il limite ce phénomène en permettant la diversité et l’apparition de nouvelles voix dans notre cinéma.
Déjà qu’on se plaint souvent de voir les mêmes choses et les mêmes têtes partout, imaginez ce que ça serait dans un système qui ne laisserait plus sa chance à l’expérimentation, aux premiers films et à la création artistique tout simplement. Ce qui se passe en gros en Italie ou en Allemagne où les cinémas domestiques ont complètement perdu de leur importance alors qu’ils font partie des plus grands pays de l’Histoire du cinéma. Et je peux vous dire qu’ils jalousent le système français.
Et c’est précisément ce message qu’a fait passé Justine Triet lors de son discours à Cannes, un message d’alerte sur le fait que ce système si bénéfique est remis en cause dans l’élan d’ultra-libéralisation de notre gouvernement. La marchandisation de la culture que le gouvernement néo-libéral défend est en train de casser l’exception culturelle française. Cette même exception culturelle sans laquelle je ne serais pas là aujourd’hui devant vous.
Elle craint donc que ses successeurs ne puissent pas avoir la chance qu’elle a eu, et dont elle n’a plus besoin aujourd’hui - encore moins depuis le succès fou d’Anatomie d’une chute. En espérant qu’elle sera entendue, que ses craintes ne resteront que des craintes et que le cinéma français continuera de faire la fierté de notre pays. D’ailleurs c’est marrant de noter que le cinéma qu’on pourrait aujourd’hui considérer comme le plus dynamique, le plus innovant et dont le Monde entier loue la qualité à savoir le cinéma coréen a un système de soutien public directement inspiré du nôtre.
Donc comme vous l’aurez compris le système de financement des films en France est extrêmement complexe et varié mais grosso modo c’est un système qui fonctionne que ce soit économiquement ou culturellement. Je ne dis pas qu’il est parfait, bien sûr qu’il a des défauts et plus globalement il y a des tas de choses qui m'agacent dans le cinéma français. Mais quand on prend du recul et qu’on analyse froidement la chose on est quand même très bien lotis et surtout très loin des préjugés qu’on peut entendre un peu partout.
Non, le cinéma français ne vit pas sous perfusion d’argent de l’Etat en revanche c’est vrai qu’il bénéficie d’un système collectif et protectionniste à la fois efficace et vertueux et lui permet d’être un des cinémas les plus puissants du Monde et un des rares domaines où la France est jalousée de tous. En espérant que les précisions que j’ai données puissent vous être utiles et vous permettre de ne pas vous arrêter aux gros titres des médias ni aux commentaires des gens qui préfèrent rester dans le confort de râler sans prendre la peine de s’informer. Dites-moi en commentaires si ce type de vidéo un petit peu plus technique vous plaît.
J’ai pas mal hésité à la faire mais je me suis dit qu’au final ça pouvait être intéressant et utile. Et profitez en pour me posez toutes les questions que vous avez au sujet du cinéma, je serais très heureux d’échanger avec vous et peut-être que ça me donnera des idées pour de prochaines vidéos. Si vous voulez me soutenir, il n’y a qu’un seul moyen : abonnez-vous, likez et partagez cette vidéo !
A très vite, n’oubliez pas d’aller au cinéma, ciao ciao !