Halloween, ce n'est pas ce qu'on croit : c'est beaucoup plus subtil que ça, une fête bien plus riche qu'il n'y paraît. Et si l'on peut déplorer qu'elle nous soit imposée pour des raisons de marketing, de matérialisme, et d'une culture qui n'est pas la nôtre, il n'en reste pas moins qu'elle porte un symbolisme et une signification très étonnante, même pour un chrétien. Tout le monde se souvient de L'Étrange Noël de Monsieur Jack, un film de Tim Burton qui semble bien avoir capturé l'esprit d'Halloween.
Eh bien, oubliez Tim Burton, oubliez Noël et les enfants : voici la véritable histoire d'Halloween. Mais avant d'y aller et de savoir ce qu'il faut en penser comme chrétien — ça viendra —, n'oublie pas de t'abonner à la chaîne. Pour moi, que ce soit aussi l'occasion de remercier tous les contributeurs sans qui cette chaîne n'existerait pas.
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. Vous savez que nous prions pour vous ; priez pour nous. Et maintenant, direction Halloween pour explorer la frontière entre les vivants et les morts.
Il y a le monde des vivants et il y a le monde des morts. Oui, mais quelle relation ces mondes entretiennent-ils ensemble ? Les âmes des défunts vivent-elles au milieu des vivants ?
Pouvons-nous communiquer avec elles ? Toutes les civilisations ont cherché à explorer cette frontière qui sépare le monde des vivants du monde des morts. Et si, la nuit du 31 octobre, cette frontière redevient poreuse, c'est qu'il y a là, derrière, l'héritage de toute une civilisation qui se pose cette question.
Retour en arrière, il y a 2 000 ans : le monde celte n'échappait pas à cette règle. Le nouvel an est célébré aux alentours de la fin octobre. On fait le tour des greniers, on tue le bétail, on fait une fête — winter is coming, mais avant qu'il n'arrive, on se dépêche de faire une dernière fois la fête.
Oui, mais le soir du 31 octobre, la nuit reprenait son pouvoir, la frontière entre le monde des vivants et celui des morts redevenait poreuse, et les fantômes des hommes nouvellement décédés revenaient, pensait-on, errer cette nuit dans la terre des vivants. Alors, on se mettait de la cendre sur le visage, on se déguisait en mort afin de pouvoir se faufiler sans danger entre ces âmes errantes. C'est le Nouvel An celte, la fête de Samhain.
C'est une vraie question : quels sont les rapports que nous, les vivants, entretenons avec les morts et les âmes des défunts, nos proches qui nous ont précédés ? Pour continuer l'histoire d'Halloween, nous allons voir maintenant la réponse qu'a donnée le christianisme à cette question. Halloween, une fête chrétienne ?
Au Moyen Âge, la religion celte disparaît ; l'Europe est maintenant devenue chrétienne et brandit le flambeau de la résurrection du Christ. C'est maintenant l'Église qui est en charge de surveiller la frontière entre le monde des morts et le monde des vivants. Le pape Grégoire II décide alors de déplacer au 1er novembre la fête de la Toussaint, pour repousser dans les ténèbres les esprits qui erraient cette nuit-là.
Nous sommes au IXe siècle. Le nouvel an celtique fait maintenant partie d'un ensemble de fêtes plus large qui va du 31 octobre, veille de la Toussaint, au 1er novembre, la grande fête proprement dite, jusqu'au 2 novembre, le jour où l'on prie pour les morts de sa propre famille. Au fur et à mesure des siècles, on l'appelle désormais All Hallows' Eve, bientôt contracté en Halloween.
On garde les feux de joie et l'atmosphère fantomatique de cette antique fête, mais le royaume des morts devient peuplé non pas seulement d'âmes errantes, mais aussi et surtout de modèles dont il faut s'inspirer, de héros protecteurs : les saints, que l'on fête justement à la Toussaint. Avec la religion chrétienne, Halloween n'est plus une nuit sans étoile : c'est une nuit dans laquelle l'espérance vient chasser le diable et les fantômes. Ce n'est plus le diable et ses démons qui règnent en maîtres absolus sur cette nuit de la mort.
Et ça, c'est ce que nous raconte l'histoire de la citrouille. . .
ou plutôt, l'histoire de cette citrouille : l'histoire de Jack-o'-lantern, qui montre comment même le diable peut être mis en fuite grâce à l'espérance chrétienne. Halloween, à l'origine, c'est une fête celte, et qui dit celte dit Irlande, le pays celtique par excellence. À l'origine, la citrouille orange américaine était en fait un navet blanc irlandais, peut-être moins appétissant, mais ce n'était pas n'importe quel navet : c'était celui de Jack-o'-lantern.
Nous sommes dans le folklore chrétien et irlandais du Moyen Âge. Jack-o'-lantern est un ivrogne, et entre deux pintes de Guinness, il arrive à vendre son âme au diable. Mais, rusé et soûl comme il est, il parvient à duper le diable.
À sa mort, Lucifer l'attend devant les portes de l'enfer, mais Jack parvient à casser le contrat et échappe au diable. Cependant, le paradis ne veut pas non plus de lui. On peut se moquer du diable, mais pas du bon Dieu.
Jack revient sur terre, où il parcourt, lanterne à la main, les terres désertiques à la recherche du paradis perdu. Et cette lanterne, c'est un navet qu'il a creusé pour y mettre le feu de l'enfer qu'il vola à Lucifer. C'est ce déguisement que les Irlandais vont reprendre à la Toussaint afin d'échapper, comme Jack la Lanterne, aux mauvais esprits et aux démons.
Au XIXe siècle, après une grande famine, les Irlandais immigrent en masse aux États-Unis et emportent leur folklore avec eux. Le navet, peu présent aux États-Unis, sera bientôt remplacé par la citrouille, plus abondante et plus facile à sculpter. Vous vous en souviendrez la prochaine fois que vous verrez une citrouille.
Elle cessera de briller le jour où Jack ira au ciel ; c'est à vous de lui montrer le chemin. Jack la Lanterne appartient plutôt au folklore populaire qu'à la bonne vieille théologie biblique. Pour les chrétiens, c'est Jésus et lui seul qui peut déjouer le diable et le mettre en fuite.
Mais vous aurez compris l'idée : le diable n'est plus un absolu dont il faut avoir peur, mais un adversaire que nous pouvons combattre. Et derrière Jack la Lanterne, il y a peut-être encore d'autres âmes à arracher au diable, celles qui séjournent dans le Shéol, le purgatoire. 3 - Les bonbons et les âmes du purgatoire.
Tout le monde connaît cette phrase : trick or treat, un bonbon ou un sort. Eh bien, à l'origine, les bonbons étaient en fait des gâteaux que l'on offrait pour les âmes du purgatoire, les soul cakes. Dans un Moyen Âge devenu chrétien, les âmes et les esprits des défunts qui se voyaient refuser l'accès en enfer ou au paradis n'allaient plus errer sur Terre, mais dans ce qu'on appelle le purgatoire, un lieu de purification après la mort.
Si tu veux en savoir plus, je te renvoie à ma vidéo sur le sujet. Au Moyen Âge, cette nuit du 31 octobre, un crieur public passait dans les rues pour rappeler aux gens de prier pour ces morts. Il ne s'agissait plus cette fois de se protéger des morts, mais de les aider.
Pour inciter vos voisins à prier pour vos défunts, vous pouviez alors passer de maison en maison pour offrir des gâteaux, des gâteaux d'âme (soul cakes). C'est la tradition du souling, attestée depuis au moins le XVIe siècle. En échange d'un gâteau, on promettait de prier pour les âmes des défunts de ses voisins.
Et l'on voit comment, à travers les siècles, Halloween, en devenant chrétien, finit par interroger avec précision et subtilité cette frontière de l'au-delà que l'on appelle la frontière entre les vivants et les morts. Il y a d'un côté Dieu, le ciel et la vie éternelle ; de l'autre côté, le diable que combattait Jack la Lanterne, l'enfer et la damnation éternelle. Et entre les deux, il y a le purgatoire, pour un temps et un temps seulement, puisque, à la résurrection, le purgatoire sera fini, et les âmes des défunts pour qui vous avez prié auront pu quitter plus vite ce lieu de purification par la souffrance qui est le purgatoire pour les âmes appelées au ciel.
Il y a donc, dans les défunts, ceux qui ont eu des vies exceptionnelles et qui, par le Christ, sont des modèles à imiter : les saints. Il y a ceux qui n'ont pas eu des vies exceptionnelles mais qui, pourtant, essaient d'imiter à leur manière le Christ et pour qui, cette fois-ci, nous devons prier : les âmes du purgatoire. Il y a enfin les âmes des damnés, dont nous ne connaissons pas le nom et que nous ne prions pas, et pour lesquelles nous ne pouvons pas prier.
Mais l'histoire de cette fête ne s'arrête pas là. Ce qui n'était au début qu'une simple prière pour les morts et les défunts va bientôt devenir l'occasion de fêtes et de réjouissances sociales, collectives, voire nationales, catholiques contre protestants. Mais si tout ceci nous permet de comprendre l'origine des friandises associées à Halloween, cela ne nous permet pas de comprendre pourquoi Halloween est devenue une fête à ce point populaire.
Une fête populaire, peut-être pas pour tout le monde. Cela vient probablement de la religion catholique. .
. enfin, elle s'en serait bien passée ! Nous sommes au XVIIe siècle, à Londres.
Guy Fawkes était anglais et catholique, mais la couronne de l'Angleterre ne l'était plus. Courroucé par ce schisme, Guy Fawkes décide de résoudre la controverse théologique à coups de bombes et d'attentats. C'est la fameuse conspiration des poudres.
Le 5 novembre, Guy Fawkes est assis sur un baril de poudre, attendant sagement le passage du roi. Mais ce n'est pas le roi qui passe, mais l'armée. Guy Fawkes est arrêté, la monarchie sauvée, et le 5 novembre devient un jour de fête nationale.
Année après année, on défile, on rit, on se moque, on fait des effigies géantes de personnages que l'on brûle en plein air, le plus souvent à l'effigie du pape. Les quartiers pauvres en profitent pour rançonner les autres quartiers en menaçant de tout casser : une rançon ou du vandalisme. En se déplaçant aux États-Unis, le lien avec la Guy Fawkes Day se fait plus lâche.
Il ne reste plus qu'une nuit de vandalisme au voisinage de la Toussaint, l'ancêtre de la nuit de la purge. Et c'est une mère de famille éplorée qui aura l'idée de demander à la municipalité de faire une grande fête, avec une parade et un orchestre, pour calmer les ardeurs des voyous et remplacer une atmosphère de menace par une atmosphère de fête. Le Halloween américain était né.
Et voici comment, après avoir interrogé la frontière des morts, vous voici revenus dans la frontière des vivants, pour voir comment les guerres de religion, qui ont pu opposer catholiques et protestants, se sont réconciliées dans une fête aux couleurs orangées que l'on appelle Halloween. Et il y a là une morale : tant que nous pouvons nous réconcilier avec les vivants, nous devons le faire, de peur que notre colère et notre amertume ne nous poursuivent, parfois même par-delà la mort. "Hâte-toi de te réconcilier avec ton adversaire tant que tu es en chemin avec lui," disait Jésus, "de peur qu'il ne te livre au juge, le juge au garde, et que le garde ne te jette en prison.
Tu ne sortiras pas de là, je te le dis, avant que tu n’aies remboursé jusqu’au dernier centime. " Alors, maintenant que tu sais tout sur Halloween, sa signification et son histoire, peux-tu, comme chrétien, célébrer Halloween ? Eh bien, la réponse est : pour l'homme au cœur pur, tout est pur.
Commence par aller à la messe à la Toussaint et à prier pour tes défunts en te recueillant sur leur tombe, si tu peux, le 2 novembre. Et si, dans la ferveur du 1er et du 2, tu penses au ciel et aux âmes de tes proches à qui tu as confié ta prière, ton cœur et ton espérance, tout sera pur pour toi, qu'il s'agisse de citrouille, de bonbons ou de fête. Il vaut mieux un chrétien qui fait la fête d'Halloween et qui, le lendemain, va à la messe pour prier pour ses défunts, qu'une personne qui ne fait ni Halloween ni prière.
Pas la peine pour autant de te déguiser en sorcière, en démon, en diable, en squelette ou en fantôme ; tout cela, même si c'est du jeu, n'est pas toujours anodin, et il est bon de cultiver en nous la part de la lumière. Ne vois pas non plus le diable partout : ce n'est pas parce qu'un enfant joue à se faire peur qu'il est en train de lui vouer un culte. En attendant, à travers les bonbons, ne dis pas "un bonbon ou un sort", mais plutôt "un bonbon et je prierai pour vos défunts".
En toute occasion, il est possible de montrer la charité et de témoigner de l'espérance. Halloween est une magnifique occasion pour cela. Pour l'homme au cœur pur, tout est pur.
Aime Dieu, aime ton prochain ; le reste te suivra jusqu'au ciel. L'amour vaincra.