Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans cette 2è séance euh ou 2è partie de la séance sur les transformations de l'autorité religieuse. Dans la première partie, je vous ai parlé de la des des défis auquels l'autorité des a fait face à l'époque moderne.
Donc des défis qui émanaient d'une transformation du système éducatif. euh de la diffusion de l'imprimerie, des nouveaux médias d'une manière générale, de l'émergence de nouvelles figures de l'autorité euh religieuse qui pouvait éventuellement leur faire concurrence. Ce que je vais vous expliquer dans cette deuxième séance, c'est comment et pourquoi euh l'autorité des a finalement mieux résisté que certains l'avaient imaginé il y a il y a quelques décennies.
Lesim résistent donc et j'ai commencé la la séance précédente en vous en donnant un exemple quand je vous ai parlé de cette lecture du Sahih Albukhari Adamas en 2008 parce que ce qui me paraissait intéressant c'était de voir qu'en fait on avait des milliers de Syriens en majorité jeunes et pour certains des étudiants des facultés modernes. Vous avez parlé d'étudiants en médecine ou en ingénierie ou pharmacie qui euh finalement euh donner du crédit à cette prétention des à incarner l'autorité religieuse. puisque je vous rappelle que on avait ces jeunes qui s'asseyaient dans une mosquée pendant des semaines et des semaines en pendant des des weekend sur plusieurs semaines pour écouter la lecture d'un livre qu'il pouvaient trouver dans n'importe quelle librairie islamique ou même sur internet en PDF.
Et donc il reconnaissait cette prétention du savant à euh incarner le l'authenticité du texte ou en tout cas à à être je dirais à être une forme de garant de l'authenticité du du texte sacré. Et voilà, je trouve je trouvais que c'était une démonstration assez intéressante de la manière dont les euh avaient réussi à à faire reconnaître le leur leur leur autorité auprès des des jeunes générations alors que nous sommes au début du 21e siècle. Vous avez peut-être entendu parler il y a de cela quelques semaines de du décès d'un personnage nommé Youssouf Al Kardaoui qui était un un savant égyptien qui a vécu une grande partie de sa vie au Qatar où il est mort d'ailleurs, qui est mort à l'âge de 96 ans.
qui était considéré comme des savants musulmans les les plus envues hein des des dernières décennies et qui était notamment très envu parce qu'il était le si vous voulez la la vedette du programme religieux de la chaîne de télévision Qatari Al Jazira et cela jusque jusqu'à une décennie environ donc entre 1996 au moment de la fondation d'Aljazira donc cette chaîne satellitaire Qatari et 2013 donc ce chef Youssouf Karda qui est un cheer de formation classique, hein. Il avait étudié à l'université islamique d'Alazar en en Égypte. Il avait obtenu un doctorat dans cette dernière.
il portait le turban, hein, symbole de cette de cette conception, on va dire traditionnelle de de l'autorité religieuse. Et donc comme je comme je vous le dis, lorsque la chaîne de télévision Al Jazzira est créée au Qatar en 1996 et elle va connaître dans les les 15 années qui suivent un succès extraordinaire à travers le monde arabe, cette chaîne va se choisir donc non pas un nouvel intellectuel ou un activiste, mais euh le cheik Youssf Al Kardawi pour être la la la vedette de son émission religieuse hebdomadaire qui s'appelle à l'époque la charia et la vie. Euh ce qui nous montre encore une fois cette capacité des Ouémains à faire valoir leur autorité religieuse euh dans des contextes nouveaux, y compris celui de l'apparition de la télévision satellitaire euh à la fin du 20e siècle.
Je vais vous donner maintenant des exemples. On est un peu plus tôt, on est aux alentours de l'année 1990 avec deux fatois euh donc de deux avis juridiques si vous voulez émis euh en Europe euh ou en tout cas concernant les musulmans européens et ce et la la il porte sur un la naturalisation et donc c'est une réponse à la question d'un nombre croissant de de musulmans qui est avons-nous le droit de prendre la nationalité d'État non musulman tel que la France, le Royaume la Belgique, l'Allemagne et cetera. Sachant que l'idée dominante à l'époque chez lesulemas est plutôt que non.
On n pas le droit de on doit garder si possible la nationalité de son pays d'origine musulmane. Et une autre question porte sur la question du crédit hypothécaire. Vous savez que l'islam interdit le prêt euh à intérêt euh et un certain nombre de musulmans en Europe souhaiteraiit acheter euh des un logement euh et bah non pas d'autre choix que de contracter un crédit hypothécaire auprès de banque.
Donc donc de payer des intérêts. Et donc se pose la question de savoir si on peut pas faire une exception quand même pour leur permettre d'acquérir un logement. le l'or une organisation européenne qui qui est ce qu'on appelle aujourd'hui l'Union des organisations islamiques européennes qui à l'époque a pour branche en France le l'Union des organisations islamiques de France qui s'appelle aujourd'hui musulmans de France.
Euh donc se saisit de ces questions qui sont des questions, on va dire brûlantes et importantes pour un nombre important de musulmans européens à l'époque. Et pour y répondre, ce qui est intéressant, c'est que les les dirigeants de ces associations islamiques européennes qui sont pour la plupart des étudiants qui sont venus en Europe pour étudier mais évidemment pas pour étudier les sciences religieuses. Sil sont venus en Europe, c'est pour étudier la médecine, la physique, la chimie, euh l'ingénierie.
Donc ce sont grosso modo c'est le profil qu'on trouve à la tête de ces associations islamiques en Europe. Ils ne vont pas répondre eux-même à ces questions. Ils ne se sentent pas les épaules assez solides en terme de crédibilité d'autorité religieuse pour répondre à la question de savoir si on peut se naturaliser français ou contracter un un crédit hypothéca pour acheter un logement.
Ils vont faire venir en France euh des savants des venus de différents pays du monde arabe qui vont se réunir euh travailler ensemble euh pendant un certain nombre de jours et donc euh promulguer des fatois pour répondre à ces questions. En l'occurrence, ils donneront des réponses positives. Ils diront "Oui, on a le droit de devenir citoyen français ou britannique ou belge ou ou néerlandais.
" Et oui, on a le droit de contracter un crédit hypothécaire pour acheter un premier logement. Ils limiteront ça à un premier logement évidemment, pas une résidence secondaire. Euh mais ce qui m'intéresse ici plus que la réponse, c'est donc le fait qu'on a dû s'appuyer, enfin en tout cas c'est ces responsables associatifs musulmans européens ont senti le besoin de s'appuyer sur des savants donc des personnages qu'ils estimaient plus qualifiés queeux et dotés d'une véritable autorité religieuse, d'une crédibilité pour pouvoir répondre à ces questions.
Il y a un autre aspect important qui est ce que j'appellerai l'atténuation du défi épistémologique depuis les années 60-70. Qu'est-ce que j'entends par là ? Le défi épistémologique, c'est le la remise en cause de la conception du savoir sur laquelle repose l'autorité des je vais vous en donner des exemples très concrets.
Dans les années 1960, Said Kotob qui est le principal idéologue des frères musulmans jusqu'à son exécution en Égypte en 1966 a des positions épistémologiques très radicales, c'est-à-dire qu'il remet assez radicalement en cause la conception du savoir sur laquelle s'appuie les notamment sur cette idée d'être les dépositaires d'un corpus savant euh hérité des générations précédentes de savants et qu'il faudrait transmettre aux générations future. Lui, dans certains de ses écrits, il balaisse là dans revers de la main, il dit "Mais les meilleurs musulmans dans l'histoire, ce sont les premiers musulmans, les les compagnons du prophète. Il ne s'appuyait pas sur tout ce corpus euh sur ces milliers de pages qui ont été écrites à travers les siècles.
Il lisait le Coran, il le mettait en action immédiatement et c'est la meilleure génération que que l'islam est connu. Donc au nom de cet impératif de l'action immédiate, il ilite également à une forme d'interprétation immédiate du Coran et balait revers de la main tout ce corpus savant hérité de et accumulé à travers les siècles du fait donc de l'accumulation des écrits des desmainas. Mais euh à partir des années 60 70, les choses commencent déjà à changer.
Je vais vous parler d'une autre figure qui est un dénommé Mustapha Mahmoud qui est mort il y a il y a plusieurs années en 2008 si je ne m'abuse. Mustafa Mahmoud était un médecin égyptien. C'était un médecin égyptien mais c'était aussi un prédicateur musulman euh à la télévision.
Il avait une émission, il parlait d'islam à la télévision. Il écrivait également des livres et dans les années 1960, il avait écrit un livre qu'il avait tout simplement appelé exégèse du Coran, tafsir, qui est un genre qu'on appelle l'exégèse, l'interprétation du Coran qui est vraiment une des une des disciplines des sciences islamiques établies. Quand il a republié ce livre quelques années plus tard, il a changé le titre.
Il ne l'a plus appelé exégèse mais tentative de comprendre le Coran. Pourquoi ? Parce que il avait euh fait face à de nombreuses critiques des lui mais tu es médecin, qui es-tu pour prétendre produire une exégase du Coran ?
Et donc quand dans les je pense à la fin des années 1960, Mustapha Mahmoud republie cet ouvrage, il revoit ses ambitions à la baisse et il dit effectivement je suis un je ne suis pas un savant. Je n'ai pas étudié le tafsir à l'université ou auprès d'un maître. Je ne suis entre guillemets qu'un médecin.
Donc ça c'est ma modeste tentative de comprendre le Coran. Donc vous voyez comment euh quelqu'un qui à l'origine se place peut-être quasiment à égalité avec les ou en disant "Oui, moi je suis médecin mais j'ai le droit de faire de produire mon exégèse du Coran. Une décennie plus tard et bien va simplement beaucoup plus modestement produire ce qu'il appelle une tentative de comprendre le Coran.
et en disant bon ben voilà, il y a si vous voulez c'est une manière de reconnaître aux eux qu'il appartient de produire une exégèse en bonet du forme et lui il doit faire quelque chose qui serait plutôt une forme de d'explication du texte coranique pour le plus grand nombre. Et la dernière figure dont je voulais vous parler ici, c'est la personne que vous voyez sur la photo à droite, Amanza Zawahiri, qui est le chef d'Alkaida, l'organisation djihadiste. Alors, vous en avez entendu parler cet été puisqu'il est mort dans une frappe euh américaine euh à Kabou, hein, où il était caché plus ou moins.
Et Aan Zawari, c'est lui aussi comme Mustapha Mahmoud, c'est un médecin de formation. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'il a dans ses écrits, quand il essaie d'asseoir son autorité de d'expliquer que son interprétation radicale et violente de l'islam, c'est l'interprétation correcte, en fait, il s'appuie sur une épéologie, une conception du savoir qui est très semblable à celle des Oulemas. Il n'est plus du tout comme Koutbe dans une remise en cause.
Il ne dit plus : "Il suffit de lire le Coran et de de l'interpréter littéralement, de le mettre en œuvre et cela suffit. " Non, il va euh s'appuyer sur des écrits de savants du Moyen-Âge, même assez tardif du 17e 18e siècle. euh donc des écrits juridiques.
Donc il va finalement à l'épuiser dans ce corpus savant hérité accumulé au fil des générations. Et ça n'est d'ailleurs pas un hasard si sur la photo que je vous montre à l'écran euh il se fait euh filmer hein, c'est une une capture d'écran tirée d'une vidéo devant une bibliothèque. Et qu'est-ce que Alors bon, vous me direz qu'il y a une mitraillette à sa gauche, mais il y a aussi et surtout des livres et pas n'importe quel livre hein.
Ce sont des livres qu'on reconnaît à leur à leur pardon à leur à leur jaquette dorée. C'est typiquement ce qu'on appelle des livres en arabe de Touras, donc d'héritage religieux. Ce sont des livres du de ce fameux corpus savant dont la la connaissance fonde le l'autorité religieuse des donc militant radical médecin de formation bien va se réclamer finalement des mêmes sources que les établis et bien sûr je me dois de vous expliquer les causes de cette résilience desemas.
Il faut insister que les n'ont pas été des victimes passives des transformations sociologiques et politiques de leur temps. Euh, ils ont été souvent proactifs, notamment dans le domaine de l'éducation religieuse puisque ils ont souvent participé à la modernisation de l'éducation religieuse et dans certains pays, ils l'ont même piloté. pour des raisons assez simples, la modernisation de de de l'éducation religieuse, elle n'a pas pu se faire complètement en dehors des ou contre eux, ne serait-ce que parce que bah les États quand ils ont besoin de de mener des politiques, ils ont souvent besoin d'expertise pour mener ces politiques.
Et quand vous devez réformer, moderniser moderniser l'éducation religieuse, écrire des manuels, créer des programme, vous allez souvent vous adresser aux gens qui connaissent quand même quelque chose. Et donc, on s'est souvent tourné vers les mains, donc qui ont souvent été intégrés dans ce processus de réforme et de modernisation de l'éducation religieuse. Et cela leur a permis dans certains cas, alors la situation varie fortement d'un pays à l'autre.
Il y a des pays où ils ont été, on va dire, assez largement exclus de ce processus. Ça a été longtemps le cas en Turquie. Il y a des des pays où ils ont été au cœur du processus.
En Arabie Saoudite, lesuléma ont piloté très largement le processus de de création de l'éducation religieuse moderne. Et donc quand ils ont pu le piloter de l'intérieur, ils y ont mis ce qu'ils voulaient y mettre bien sûr pour défendre leur conception de l'islam, leur interprétation de l'islam et leur conception aussi de l'autorité religieuse. Les mass médias, je vous en ai parlé quand ils ont permis de faire entendre la voix des nouvelles figures de l'autorité religieuse, des activistes, des intellectuel, mais ils ont aussi permis de faire entendre la voix des utilisé tous les nouveaux médias disponibles.
À commencer bien sûr par l'imprimer dans ces nouvelles déclinaisons de de tel que la presse, les magazines, les les livres bon marché et cetera. Donc on est on parle plus de ces livres, de ces traités euh volumineux et difficiles à lire, mais d'une littérature qui est très accessible au plus grand nombre. Et puis toutes sortes de médias qui à l'époque où ils apparaissent sont très nouveaux, même si pour vous aujourd'hui ils sont complètement dépassés.
Je pense par exemple au cassette euh le personnage que vous voyez à droite qui est Abdelah Hamid Kishk mort en 1996 qui était un un religieux un savant égyptien euh formé lui aussi à l'université d'Alazhar he comme le montre le turban distinctif qu'il porte sur la tête. Et bien Abdel Hamid Kish est une personne qui a acquis une notoriété pas juste en Égypte mais internationale à travers le monde arabe, à travers les cassettes de ces prêches et de ces leçons qui étaient copiées et vendues et distribué dans tout le monde arabe et qui en ont fait, si vous voulez, une sorte de de de célébrité religieuse euh internationale. Bon, après les cassettes sont venues les céder bien sûr la télévision satellitaire sur la qui qui a fait également le succès d'un certain nombre de d'hommes de religion.
Euh et bien sûr internet. Euh je vous ai donné l'exemple plutôt du Cheikh Youssouf Al Kardaoui qui alors c'était d'abord rendu célèbre par ses écrits dans les années 60 70 par ses livres, ses écrits dans dans des magazines mais euh qui a et bien évidemment bien sûr en en 1996, je vous l'ai dit, est devenu le le la figure vedette de l'émission religieuse de la télévision Aljazira. Et l'année suivante, en 1997, a fondé euh un site web qui s'appelait Islam Online et qui à l'époque était réellement un site pionnier, si vous voulez, dans dans l'utilisation d'Internet pour diffuser euh des interprétations spécifiques de l'islam avec des fatins en ligne et des choses comme ça.
Bien sûr, les Oulémas ne sont pas non plus restés enfermés dans leur d'ivoire, dans leurs universités ou leurs écoles ou leur ou à écrire des livres. Euh il y a eu aussi beaucoup de éléments qui se sont impliqués dans ce qu'on pourrait appeler de l'activisme de base, de l'activisme communautaire si vous voulez au niveau de leur quartier, de leur euh de leur mosquée euh qui ont fait de la prédication euh au plus près des des croyants de des croyants ordinaires euh qui ont bâti des mouvements de prédication, des mouvements éducatifs, euh bâti des organisations de bienfaisance pour venir venir en aide en aide au plus démunis. Euh tout ça leur a donné une assise sociale considérable et qui fait que bah la la la voix des autorité a continué à porter notamment parce qu'elle était véhiculée par tous ces réseaux pas nécessairement très visible mais néanmoins souvent extrêmement efficace.
Et dernièrement, là je vais renvoyer à ce que je vous ai dit sur les fatois euh promulgué en Europe vers 1990 he sur la naturalisation et sur le le crédit hypothécaire. Je pense que le le le souci de se tourner vers les répond à un souci d'identité et d'unité du monde musulman. parce que il y a eu cette inquiétude que si on on s'en on s'en référait uniquement à des interprétation local contextuelles, on risquait, en tout cas c'était la crainte d'un certain nombre de de musulmans d'avoir une forme de fragmentation euh du monde musulman où on aurait finalement des interprétations euh une une interprétation de l'islam française, une autre égyptienne, une autre marocaine.
Et donc, il y a toujours ce souci de de si vous voulez de de de s'inscrire dans un consensus qui reste un consensus transnational à l'échelle de la communauté musulmane au niveau international et de s'assurer que finalement tout le monde est d'accord euh et que on ne va pas prendre des des positions par exemple dans un contexte de minorité musulmane en Europe, des positions qui seraient en rupture avec le consensus en tout cas d'une partie des olémas reconnu en Égypte, en Syrie, au Soudan ou en Mauritanie. Donc une volonté de préserver une forme d'unité euh à un niveau transnational. Alors, je vais terminer avec une réflexion qui porte sur le alors ce que certains ont peut appeler la fragmentation de de l'autorité religieuse hein et certains auteurs qui voyant apparaître ces nouvelles figures de l'autorité religieuse que j'ai j'ai mentionné plus tôt ces activistes islamistes, ces idéologues islamistes, ces ces intellectuels, ces nouveaux prédicateurs qui qui étaient des prédicateurs mais qui n'avaient pas de nécessairement de formation religieuse en boné du forme.
Donc certains ont affirmer qu'il y avait une relation de concurrence entre toutes ces figures, que réellement les les ulemas faisaient face à une à la concurrence de nouveaux acteurs euh d'où une idée de fragmentation de l'autorité religieuse. Il y aurait plusieurs acteurs concurrents qui incarneraient séparément et l'un contre l'autre l'autorité religieuse. Et la thèse que je vais tenter de défendre dans cette conclusion, c'est que on a Alors, la concurrence, elle peut exister.
Quand je vous ai parlé de de Mustapha Sibaï qui critiquait vertement lesas qui ne comprenaient rien aux réalités contemporaines, évidemment là, on est dans une relation de concurrence mais il y a une autre ty un autre type de relation qui est peut-être plus fréquent en tout cas aujourd'hui qui est une forme de division du travail en ce sens que toutes ces figures euh jouent des rôles, adoptent des discours qui sont des discours complémentaires plutôt que des discours concurrents. Euh il y a bien sûr des doctrines qui des pardon des discours qui relèvent de la doctrine hein. C'est c'est l'autorité religieuse telle que je l'ai défini au sens strict en introduction.
Euh c'est le fait de définir les doctrines théologiques juridiques correctes de l'islam. par exemple à travers la promulgation de Fato dire le licite l'illicite c'est le ce qu'on appellerait le magistère au sens classique du terme. C'est encore une fois la la la le le peut-être le ce que les ou aimeraient garder en propre c'està-dire avoir le dernier mot pour dire ce que ce qu'est la croyance correcte, ce qu'est la pratique correcte.
Et le discours sur l'islam ou même l'autorité religieuse, ça n'est pas que ça. C'est aussi produire une pensée philosophique ou politique sur l'islam. Et aujourd'hui, ceux qui tentent de réconcilier par exemple les écrits d'idéologues islamistes comme cette Kotob avec euh le discours des Oulemas vont dire "Mais finalement, c'est pas quelqu'un qui faisait des fatois, c'est pas quelqu'un qui disait euh ce qui est permis ou ce qui est pas permis en islam.
C'est plutôt quelqu'un qui avait une réflexion sur le sens euh une réflexion plutôt philosophique sur le sens de l'islam et qui s'intéressait surtout à la question de l'engagement politique dans le contexte contemporain, la nécessité de lutter contre les régimes euh autoritaires, sécularistes et cetera. Voilà, beaucoup plus que quelqu'un qui se posait finalement au même niveau que les dans la la production d'un d'un d'une de de de de de une tentative de définir la doctrine théologique et juridique. Euh bien sûr, l'autorité religieuse, ça peut être aussi le leadership politique au sein des mouvements islamistes.
H donc euh ça peut être aussi des récits édifiants à vocation émotionnelle. Le personnage que vous voyez à droite, c'est un téléprédicateur égyptien qui était extrêmement populaire il y a une quinzaine d'années, une vingtaine d'années maintenant, Ahmad Khalid euh qui avait une émission à grand succès à la télévision. Euh et encore une fois, le le registre dans lequel il s'expliquait n'était pas du tout celui de dire euh ce qui est licite, ce qui n'est pas licite ou de définir la doctrine ou la ou la pratique.
C'était beaucoup plus d'émouvoir son son auditoire. Et quand je dis émouvoir, c'était réellement faire pleurer son auditoire, enfin son audience télévisée, souvent à travers des récits édifiants où il parlait de par exemple de compagnons du prophète, de califes euh par dont il expliquait les vertus euh dans le but vraiment d'émouvoir son auditoire et donc de d'encourager ses son auditoire à être de meilleurs musulmans, non pas en leur disant précisément quelles sont les règles de l'islam parce que pour cela, il allait plutôt se référer à des savants en bonnet du forme euh comme je sais pas le moufti d'Égypte à l'époque euh mais lui était plutôt voilà sur le registre de l'émotionnel, de l'affectif d'amener les gens à observer leur devoirs de musulman donc par une démarche de de de voilà d'émotion et et d'affectivité. Donc vraiment quelqu'un qui se posait dans une démarche de complémentarité avec les uléemas et pas du tout de concurrence avec eux.
Et donc je je je conclurai en disant qu'il y a bien sûr des contradictions possibles mais qu'elles ne sont pas systématiques. Donc des contradictions bien sûr possibles entre eux ces nouvelles figures de l'autorité religieuse et les au sens traditionnel du terme et que donc cette contradiction cette concurrence elle n'est pas nécessairement la règle et elle n'a rien de systématique. Je vous remercie de votre attention et je vais donc interrompre ici cette séance sur les transformations de l'autorité religieuse dans les sociétés musulmanes à l'époque moderne.
M.