Alors maintenant, comme je l'ai dit, nous allons donc nous intéresser à euh ce siècle de changement social qui a été le 20e siècle et à la montée de l'alphabétison, de l'alphabétisation pardon et de l'éducation religieuse de Masse. Nous allons d'abord nous intéresser à la situation précontemporaine, c'est-à-dire la situation telle qu'elle prévalait avant 1900. À cette période-là, la majorité des musulmans ont un accès plutôt limité au textes religieux et ça va être le cas jusqu'au 20e siècle.
Et même jusqu'à très récemment, la plupart d'entre eux n'étaient pas suffisamment alphabétisé pour lire ou comprendre directement le le Coran ou d'autres textes religieux. pour avoir des idées sur les les taux d'alphabétisation et comment ils vont accélérer, ils vont vraiment évoluer fortement à partir de la seconde moitié du 20e siècle, je vous invite à consulter les statistiques qui sont proposées par les institutions de la statistique des différents pays pour le Moyen-Orient ou pour le pour le Maghreb ou de consulter les statistiques proposées par la par la Banque mondiale en ligne. Alors avant 1900, on avait des taux d'alphabétisation qui se situaient en dessous de 10 % hein et ce au moins jusqu'au milieu du 20e siècle.
Alors c'est variable évidemment d'un pays à l'autre et d'une région à l'autre. C'est variable entre le monde rural et le monde urbain. On a plutôt un taux d'alphabétisation élevé en ville, mais un taux d'alphabétisation qui reste très très fort puisque la population est fortement rurale.
Avant 1900 dans les villes, hein, donc avant les années 1900, euh dans les villes, la transmission de de l'islam se faisait essentiellement à l'oral. Euh en tout cas, la transmission des textes se faisait essentiellement à l'oral, donc au moyen de la mémorisation, de la lecture et au moyen aussi de euh de la poésie. Autre caractéristique, c'est euh le fait que on est dans une dans un contexte où le nombre de spécialistes religieux est très limité en dehors des villes.
qu'on a un fossé entre milieu urbain et milieu rural puisque fatalement les villes étant euh les centres depuis depuis lesquels euh le le savoir émanait, les spécialistes étaient concentrés essentiellement dans euh dans les villes. L'alphabétisation dans les villes est relativement répandue dans les classes moyennes et supérieures. Donc les classes auxquelles appartiennent les ouquelles appartiennent euh les marchands.
On a un enseignement élémentaire qui est proposé euh un enseignement bien évidemment religieux qui se fait dans les dans les coutè où est appris le Coran. Et on a un enseignement religieux supérieur qui est très élitiste et qui se fait sous la forme de cercle d'étude, donc à la mosquée, à la maison ou à la madrassa. Il faut savoir c'est que là la Madrasa, la mosquée ne sont que des des des bâtiments, c'est-à-dire ils ne sont pas l'équivalent de lieu d'enseignement.
Ce sont des bâtiments euh qui sont occupés par ces cercles d'études. Donc ce qu'il faut redire, c'est que dans les dans les villes euh il n'y a pas euh d'université au sens moderne. C'est-à-dire que même si on a très vieilles universités comme Alazhar, la Zauna ou la Karawiie, bien elle ne fonctionne pas sur euh le modèle euh moderne ou plutôt sur le modèle qui pouvait exister dans les universités médiévales en Europe où euh il y avait euh des diplômes étaient rendus.
Donc en fait, on est plutôt dans des lieux d'enseignement où l'affiliation se fait de manière informelle. Elle se fait souvent à des maîtres individuels, hein, les maîtres qui vont nous transmettre des livres et qui vont nous donner nous donner des licence qu'on appelle les igès. Donc vous voyez que ce type d'affiliation informelle et bien n'est pas le même en tout cas très différent de l'affiliation formelle dans une institution universitaire moderne tel que on les connaît aujourd'hui où on a des modalités d'admission précises où on a un programme d'étude qui est fixé un niveau d'étude qui est fixé qui est sanctionné par par des diplômes qui sont rendus au nom de l'institut et non pas à titre individuel comme dans cette relation très particulière entre maître et et disciples.
Euh l'autre caractéristique avant 1900 hein euh c'est que les sciences non religieuses he par exemple la médecine sont transmises par l'apprentissage et ne sont pas séparés des de la religion. Les Zulemas sont des personnes qui transmettent aussi qui transmettent différents savoirs. Alors, quelle est la situation dans les euh campagnes ?
avant les années 1900 dans les campagnes, on assiste à une islamisation qui se fait à partir des centres urbains, hein. On a des prédicateurs populaires, des chirsfis, on a des visites de sanctuaires et cetera, hein. C'est à partir de ces lieux-là que on va euh favoriser l'islamisation des milieux euh ruraux.
Alors, on a affaire à une islamisation qui est plutôt euh superficielle ou qui est partielle, hein, en raison bah de de l'analphabétisme euh et majoritaire, mais aussi surtout en raison du manque de spécialistes et du manque des d'infrastructures religieuses. Le monde rural se caractérise aussi par le fait que on va vont être islamisé des pratiques animiste. On assiste à des syncrétismes, à des carnavals religieux, à des coutumes hétérro pratiques.
Donc voilà, venons-en à présent aux facteurs de l'alphabétisation religieuse de masse moderne. Alors tout d'abord, un premier facteur est celui de la scolarisation de la de l'alphabétisation de masse, c'est-à-dire laisation générale. Donc on a d'abord au 19e siècle les premières écoles primaires et secondaires modernes qui sont créées.
qui sont créés et qui sont d'inspiration occidentale. On a euh on a une modernisation hein qui va aussi se être se faire en raison de la guerre, en raison de l'influence coloniale et cetera. Au 20e siècle, on assiste à l'expansion du système scolaire par les nouveaux États indépendants, hein.
Il va être question de construire la nation, de construire l'État, de le de développer euh des pays. On est en pleine idéologie modernisatrice et l'école va être évidemment un pilier de ces politiques de euh de modernisation. à la fin du euh du 20e siècle, la majorité, on peut dire est alphabétisée.
Alors évidemment là, je parle toujours de ce qui se passe dans les pays à majorité musulmane arabe ou non avec une focale assez spécifique sur le Maghreb et le Moyen-Orient qui connaissent un processus d'alphabétisation assez différent de ce qui peut se passer au même moment ou un peu avant euh dans le dans le continent indien. ou euh ou en Asie en Asie du Sud ou en Asie du Sud. Euh à la fin du 20e siècle, la majorité donc est alphabétisée dans la plupart des euh des pays euh musulman avec la diffusion de l'enseignement supérieur de masse dans le monde musulman, l'accès au Coran ainsi qu'à d'autres livres et au mode connaissance qu'il inculque et bien cet enseignement pardon supérieur a changé de forme.
c'est que la manière dont on accède au savoir religieux en raison de cet enseignement euh supérieur massifié bien va évidemment être profondément euh transformé, bouleversé. L'éducation de masse favorise un accès direct, bien que sélectif, hein, au départ, à l'imprimer euh et va euh favoriser également cette éducation de masse va favoriser également une rupture avec les anciennes traditions d'autorité. Autre chose que l'on peut dire à propos de première conséquence de cette éducation, de cette massification de l'éducation, c'est que le langage standardisé de l'enseignement supérieur de masse encourage finalement des de nouveaux sens de la communauté et des affinités en fait des nouvelles manières de faire sens de son appartenance communautaire.
je vais revenir à une nation, à un groupe euh religieux euh et cetera. Donc on retravaille euh ces affinités. Je vais je vais revenir sur cette questionlà, mais avant je voudrais euh développer sur un autre facteur de la littératie religieuse de masse.
Après la scolarisation dont je viens de parler, l'autre facteur qui va jouer un rôle très important et qui est directement lié à la scolarisation à l'alphabétisation de masse et bien c'est l'accroissement de spécialistes des questions religieuses. Vous souvenez que je vous disais que par exemple dans le monde rural qui est qui concentre la majorité de la population avant les années 1900, on manque cruellement de spécialistes euh de spécialistes religieux. Et bien l'éducation de masse va y remédier.
À la fin du euh 19e siècle, avec l'influence de modèles occidentaux, hein, on va assister à l'émergence de séminaires et d'université moderne islamique. Ces séminaires et ces universités modernes islamiques vont définir un cursus euh d'un certain nombre d'années, vont dire quel est le programme pour chaque année et cetera. Là, ça revient à ce que je vous disais quand je vous montrais ce qui faisait la différence entre les universités euh on va dire ancienne hein et les universités euh modernes.
En gros, la Alazar avant euh avant la fin du 20e siècle et euh Alazar après euh après le au début du du 20e siècle. Donc il y a une grande transformation qui est faite. Je voudrais revenir peut-être pour vous donner une idée de ça, ce qu'on pu provoquer ces ces ces changements.
Je voudrais revenir sur euh un exemple important qui a sans doute et peut-être le premier exemple euh de de l'importance et des conséquences de la littératie religieuse. C'est le un exemple hors monde arabe qui nous vient d'Inde, c'est le la création du du séminaire de de Déoband en Inde en en 1866 pardon. Donc euh en euh à à cette à ce moment-là, on va euh créer un système un séminaire universitaire, disons, un système de formation qui va euh être entré en rupture avec le système prémoderne de formation des qui existait en en Inde.
On le fait parce qu'on estime que le système prémoderne est un système très élitiste, que la formation est beaucoup trop longue, hein. la formation se fait et bien euh sous forme de cercle ou de halkat donc qui concentre un un tout petit petit nombre d'individus. Donc on est vraiment sur des choses très très élitistes et il s'agit de formations qui sont conçues sur le modèle de la relation maître et euh et disciple.
Euh donc c'est un système euh qui est euh peu utile euh pour faire face aux grandes transformation euh euh auquel euh que vivent que traversent euh les musulmans euh d'Inde qui vont euh vouloir euh qui vont opter pour le système occidental parce qu'ils vont voir dans ce système occidental, dans ce système de formation occidentale, ils vont Euh en tout cas, y trouver euh euh une manière utile pour préserver euh l'identité musulmane qui est euh qui est mise à mal euh après l'abolition du sultana de délit. Donc l'abolition du sultana de délit par les pouvoirs coloniaux va conduire à la perte du pouvoir politique. Alors bien évidemment un pouvoir politique assez symbolique durant la colonisation mais un pouvoir politique néanmoins bien réel à l'époque précoloniale.
Qu'est-ce que ça veut dire ça cette l'abolition du sultan de demi ? que finalement dans l'Inde moderne en constitution, les musulmans vont sont en train de devenir une minorité. Et donc euh devenir une minorité pour euh un groupe qui a détenu pendant longtemps le pouvoir, ça pose euh évidemment euh des problèmes.
Ils vont avoir conscience en fait de la nécessité de d'encadrer les la population musulmane pour éviter la dilution pour éviter finalement la diminution du euh du nombre de musulmans. Donc on va faire quoi ? va créer une communauté rituelle, hein.
Euh ce qui fait qu'en gros qu'on est musulman, c'est qu'on observe de manière stricte les rituels musulmans. Il y a pour ça pouvoir rappeler aux gens qui sont musulmans et donc empêcher qu'il soient dilués dans des sacrétismes voire même opte pour des conversions vers d'autres religions et bien on va finalement euh former on va on va on va voir qu'il va être nécessaire de former un très grand nombre de spécialistes pour pouvoir dire ce qu'est le rituel et comment le rituel doit être doit être fait et doit être pratiqué. Euh voilà.
Donc le système prémoderne est un système qui n'était pas utile pour la formation d'un très grand nombre de spécialistes. On ne permettait pas de former à grande échelle puisqu'il fonctionnait voilà sur ce système de cercle très fermé. contrairement finalement aux modèles de formation occidentaux qui sont en mesure bah la délivrance du diplôme de former un très grand nombre de personnes sur des questions précises.
Donc c'est l'idée et vous l'avez compris de prévenir la dilution de l'identité musulmane en ce modèle là évidemment est un modèle qui en tout cas le modèle de formation est pris sur les premières universités occidentales qui sont créées en Inde à Calculta Bombé et cetera. Mais voilà, c'est une première manière pour euh montrer enfin pour illustrer euh la production de euh spécialiste de religion à grande euh à grande échelle et donc la rupture qui s'opère entre période prémoderne et période contemporaine. Voilà, époque précoloniale, je vais dire et euh et euh et fin du 19e siècle.
On a un on a aussi un mouvement assez similaire dans la rupture qui va être faite dans les systèmes de formation. Alors, pas pour les mêmes raisons, hein. Euh, mais on retrouve cela également avec la réforme de l'université Alazhar qui est entreprise en 1873, hein.
L'université euh adopte un modèle occidental, donc où on va, comme je l'ai dit tout à l'heure, délivrer un diplôme au nom de de l'université. Et donc on est on met fin à la délivrance des IGZ hein qui était des licences qui attestait de l'apprentissage effectué hein euh et qui était donné par un individu mais pas par une institution qui disait voilà qui attestait que tel élève avait suivi avec lui un site de lecture et avait compris tel ou tel traité de de savant. Et là non, on va davantage euh formaliser.
Donc je vous ai mis ici une photo qui date de la fin du 19e siècle. Euh on est à l'intérieur de euh de l'université euh d'Alzha et donc ce sont des étudiants qui sont au travail et on voit déjà le grand nombre d'étudiants euh qui sont accueillis dans l'enceinte de euh de l'université. Donc là, il s'agit évidemment cette photolà de l'université euh après euh la réforme.
Autre euh facteur qui va permettre la croissance de spécialistes des questions euh religieuses, c'est euh euh la création pardon de facultés de charia dans les universités d'État. On a un peu partout des facultés euh de charia ou de droit islamique qui vont être créé de chari parce que c'est vrai que droit islamique c'est un peu plus restrictif comme traduction. On a euh une faculté de charia qui sera créée en 1900 en Turquie, en 1925 en Égypte, en 1954 en Syrie, en 59 au Maroc, en 61 Arabie Saoudite, en 76 aux Émirats Arabes Unis.
Donc vous voyez comment on a des pays qui se dotent très tardivement en fait de ces euh institutions de de formation. Alors ces facultés euh de charia comme voilà ici je vous ai mis lescuchon de euh la faculté de charia de d'université d'Alazhar. Ici voilà une photo d'un bâtiment de faculté de de charia dans aux Émirats arabes unis.
Euh alors ces euh ces facultés là vont pouvoir être en mesure de délivrer des diplômes comme je l'ai déjà dit, mais surtout de former euh des instituteurs et notamment des instituteurs pour les cours de religion dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Donc ce que l'on ce à quoi on assiste là pendant tout ce long 20e siècle, c'est à l'émergence d'une division entre science islamique et science non islamique. Les deviennent des savants religieux.
Donc c'est quoi ? On assiste à la sécularisation avec la séparation entre ces euh deux sphères. Évidemment séparation qui euh va être vivement débattue et euh discuté.
L'autre facteur de cette littératie religieuse, hein, donc j'ai parlé de la d'abord de de la scolarisation, de la massification euh de l'éducation, j'ai parlé de la croissance du nombre de spécialistes religieux qui vont être en mesure d'encadrer, mais il faut aussi parler des médias de masse, la presse écrite, la radio et la télévision et et l'internet. On va peut-être faire un petit euh retour sur l'introduction de l'imprimerie, hein. L'introduction de l'imprimerie se fait à la fin du 15e siècle.
Elle est notamment euh introduite par les juifs euh andalou, mais elle n'est pas utilisée par les musulmans en raison euh des euh caractères euh arabes. Donc en gros euh l'imprimerie euh avec des caractères arabes est considérée comme une menace pour le caractère sacré de la langue. Donc euh si elle est utilisée par des juifs, sans doute par des chrétiens, elle ne le sera pas pendant longtemps par les musulmans qui vont continuer à dépendre des des manuscrits, donc des manuscrits qui sont plutôt rares et plutôt chers et donc qui restent entre les mains des élites.
Le premier livre imprimé en arabe et publié dans l'Empire après l'autorisation de Cheikh Islam et et a lieu en 1729. En tout cas, cette impression cette première impression a lieu en 1729. Je vais passer rapidement au 19e siècle et parler puisque c'est à ce moment-là qu'on va assister vraiment au développement de l'industrie de de l'impression.
cette industrie de l'impression va mener à évidemment au développement de la presse de la presse écrite. L'alphabétisation de masse au 20e siècle dont j'ai parlé va créer créer une audience croissante. Les élèves vont devenir des clients euh pour des médias imprimés.
C'est là qu'on voit toutes ces librairies de rues que l'on a encore aujourd'hui euh apparaître un peu partout dans le monde arabe et le monde musulman. La lecture hein, à partir du moment où on est alphabétisé, la lecture devient un moyen de s'approprier, d'organiser et de rendre euh objectif les idées euh de la société, de la religion et euh et du soi. à la deuxème dans la deuxème moitié du 20e siècle, on euh on assiste euh à l'émergence.
Là, on quitte le domaine de la presse écrite, mais on assiste à l'essort de la radio, de la TV, de la télé. Euh des cassettes, les cassettes audio ont joué un un un un très grand euh un très grand rôle et notamment dans euh ce qu'on appelle le réveil euh islamique, hein, les CD hein, par leur suite et euh l'internet. Alors, ceci euh m'amène à euh évoquer les euh les travaux qui ont été faits sur ce qu'on appelle la sphère publique.
Alors, dans les années 2000, alors que euh le concept de société civile est de plus en plus critiqué parce qu'il attribue euh au contexte post-coloniaux des idées occidentales sur les relations entre l'État et la société, un concept est de plus en plus utilisé. C'est celui de sphère publique. Alors, c'est un concept qui est créé par le sociologue Jurgen Abass et ce concept permet de comprendre l'émergence de nouvelles arêtes de débat qui ne sont pas entièrement contrôlées par l'État nation et qui génèrent des idées, des sentiments et des humeurs partagées par des personnes qui n'ont pas nécessairement le même bagage culturel ou ethnique.
Et ça c'est important. Donc autour des médias évoluent des notions et des possibilités alternatives du public et de ce que signifie être une personne ou faire partie d'un public. En Égypte, par exemple, les sermons sur cassette ont popularisé un mélange particulier de vertus personnelles et politiques et ont été utilisé par le mouvement du renouveau islamique pour revendiquer sa propre sphère publique.
et notamment ce qu'a montré l'anthropologue Charles Irchkin qui a travaillé et bien sur la production massive de serment enregistré sur cassette vidéo. Alors par la suite ce sera sur CD et que l'on entend partout dans les euh dans les bus, dans les cafés pilement dans tous les espaces privés et publics. Et donc là finalement ce n'est pas juste dis pas uniquement l'islamisation mais son travail en tout cas a été d'essayer de montrer comment à travers ces ces cassettes là et bien on accède à des savoirs que l'on va réinterpréter et qui vont nous permettre de euh et bien de façonner cette éthique de soi dont je vous parlais au départ en évoquant dans la première vidéo en évoquant euh cette vignette ethnographique euh sur mon terrain.
Si vous voulez aller plus loin, je vous ai mis ici euh quelques ouvrages, il y en a beaucoup parce que beaucoup pas a été écrit depuis lors euh sur cette question des euh des médias et de la religion. Sans doute Religion Media and the public experent parce qu'il a la particularité finalement de rassembler des textes qui ne portent pas uniquement sur l'islam mais qui porte sur d'autres religions et où on voit finalement que cette question de la technologie des religions est partagée par un très grand nombre de religions, que ce soit le renouveau charismatique, le télévangélisme, euh les euh le judaïsme et cetera. On a évidemment des phénomènes assez euh assez similaires avec chacun une portée euh spécifique.
Donc si vous avez envie d'avoir euh une comparaison, enfin en tout cas une lecture comparative, je vous invite à lire ce livre dans lequel vous retrouverez aussi un article de de l'anthropologue Charles Iskin dont j'ai mis et aussi euh le livre. Et euh pour euh une voilà une euh une référence en français, je vous ai mis euh ce numéro des cahiers euh de livre Po qui a été publié en 2010 euh euh et qui porte sur médiia et euh et islamisme. Pour finir, je voulais je voudrais revenir à la dernière au dernier facteur de cette littéracie religieuse euh et peut-être même parler d'un acteur principal, l'État.
Euh l'État euh joue un rôle évidemment euh primordial dans cette à la fois dans l'alphabétisation de masse hein en général et aussi dans cette alphabétisation religieuse. Comment est-ce qu'il euh quel comment joue-t-il ce rôle-là ? Et bien euh tout d'abord en investissant he l'état investi dans les institutions religieuses pour les développer aussi pour les suivre et les contrôler.
Euh l'État investit dans la construction de mosquées. Euh il encadre et investit dans la bureaucratie religieuse. Euh il crée bah comme je l'ai dit tout à l'heure, il est quand même à la base de la création des séminaires d'état ou des facultés euh de charien qui sont gérés par les universités étatiques et il encadre l'éducation islamique dans les écoles publiques.
Et je voudrais ici m'arrêter sur un exemple en m'appuyant sur le travail de de l'anthropologue Grégory Staret et notamment sur le travail qu'il a fait sur les manuels scolaires pour enfants en Égypte. dans son travail, euh Grégory Starette montre comment les manuels islamique pour enfants sont utilisés par les les les écoles euh et comment à travers ces manuels scolaires, l'État contribue à encadrer les compréhensions de la famille contemporaine égyptienne. En gros, il essaie de de voir quelle est la place de la famille dans ces manuels d'éducation islamique où évidemment la famille est un acteur important.
Donc dans les manuels, les membres de la famille bien que centraux pour véhiculer les messages essentiels sur la religion, notamment la vie du prophète, les relations sociales et cetera, ne sont pas présentées comme des sources de formation morale et ça c'est intéressant. Cette place en fait être la source de la formation morale est occupée par les fonctionnaires de l'école, les maîtres qui sont chargés de l'enseignement religieux. Alors cette confiscation symbolique de l'autorité euh morale renvoie à l'idée répandue de la famille musulmane.
La famille est la cible et la fin du développement moral plutôt que la source. L'école est la source des connaissances morales que l'enfant rapporte chez lui. Donc la piété familiale est renforcée avec l'aide des institutions publiques.
On voit là comment l'encadrement ou en tout cas ce que l'encadrement religieux fait euh à la famille. Alors, je m'arrête ici et pour conclure, je dire que euh je voudrais revenir sur les conséquences donc de cette littératie religieuse. Et donc pour conclure, on assiste à une islamisation plus profonde de la population diffusion de l'orthodoxie, l'orthopraxie, hein.
On donne finalement l'interprétation correcte telle que définie par les assiste à une standardisation des pratiques religieuses dans le monde dans le monde entier. à peut-être revenir sur ce que je disais, l'interprétation correcte telle que définie par les uléemas finalement cette diffusion de l'orthodoxie orthopraxie Thomas Pierré reviendra dessus dans le prochain cours qu'il vous donnera dans le cours qui vous donnera dans 2 semaines en le prochain. Euh donc on a cette standardisation des pratiques religieuses dans le monde entier, on a la constitution d'une base sociale par les mouvements islamistes hein, par exemple les frères musulmans.
On assiste à une contestation de l'autorité des Zulemas, interprétation rationaliste, littéraliste et cetera. Euh en gros euh finalement euh euh c'est le fait de dire qu'il n'y a pas de clerger en islam et Toma Pierry reviendra la semaine prochaine sur la question des de l'autorité de la de l'autorité religieuse. On assiste enfin à un renforcement, comme je le disais tout à l'heure de l'imagination des personnes quant à la appartenance à des communautés imaginé qui deviennent de plus en plus transnational au fur et à mesure petit à petit.
Alors, d'abord appartenance à une nation, nationalisme, puis appartenance à une communauté islamique imaginée ou à une, le panislamisme et sentiment plus fort d'appartenir à une branche de l'islam, le sectarisme. Donc voilà pour euh les conséquences, hein, on pourrait encore en parler longuement, mais c'était les principales conclusions que je voulais apporter sur cette question de la littératie religieuse. Et donc moi je m'arrête là, je vous verrai dans dans 3 semaines puisque les pour les deux premières prochaines semaines, vous aurez euh en cours Thomas Pierré.
Merci et bonne semaine à toutes et à tous.