En ce 2ème dimanche de Pâques, appelé aussi Dimanche de la Divine Miséricorde, l’Église nous invite à contempler la présence du Christ ressuscité au milieu de ses disciples. Jésus vient apporter la paix, offrir le pardon et fortifier la foi de ceux qui doutent, comme l’apôtre Thomas. À travers les lectures de ce jour, nous découvrons la joie des premiers chrétiens, la force d’une foi vivante et la miséricorde infinie de Dieu qui nous ouvre un chemin d’espérance.
Écoutons la Parole de Dieu, laissons-la éclairer nos cœurs et entrons dans la joie de la Résurrection. Lecture du livre des Actes des Apôtres Les frères étaient assidus à l'enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres.
Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun. Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés.
– Parole du Seigneur. Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour ! Que le dise la maison d’Aaron : Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur : Éternel est son amour ! On m’a poussé, bousculé pour m’abattre ; mais le Seigneur m’a défendu. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut.
Clameurs de joie et de victoire sous les tentes des justes. La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle ; c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux. Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps. Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu –, afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ.
Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. – Parole du Seigneur. Évangile de Jésus Christ selon saint Jean C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.
» Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux.
Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant.
» Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu.
» Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. – Acclamons la Parole de Dieu.
Frères et sœurs, En ce deuxième dimanche de Pâques, l’Église nous invite à contempler la miséricorde de Dieu. Ce dimanche est appelé aussi le dimanche de la Divine Miséricorde. Toute la Parole de Dieu que nous venons d’entendre nous conduit vers cette vérité simple et profonde : Dieu est riche en miséricorde, et Jésus ressuscité vient à notre rencontre pour nous donner la paix, pour relever notre foi et pour nous apprendre à vivre comme une vraie communauté de frères.
Dans l’Évangile, nous voyons les disciples enfermés dans une maison. Les portes sont verrouillées. Ils ont peur.
Leur cœur est rempli d’inquiétude. Ils ont vu leur maître mourir sur la croix. Tout ce en quoi ils avaient espéré semble s’être effondré.
Ils ne savent plus quoi penser ni quoi faire. Cette scène ressemble parfois à notre propre vie. Il arrive que nous aussi nous fermions les portes de notre cœur.
Nous pouvons être enfermés dans la peur, dans la tristesse, dans les blessures du passé, dans les inquiétudes pour l’avenir. Il y a des moments où la foi semble fragile. Nous croyons, mais en même temps nous avons des doutes.
Nous espérons, mais en même temps nous avons peur. C’est dans cette situation que Jésus ressuscité apparaît au milieu des disciples. L’Évangile dit simplement : « Jésus vint, et il était là au milieu d’eux ».
Les portes sont fermées, mais cela n’empêche pas le Seigneur d’entrer. Rien ne peut empêcher le Christ ressuscité de rejoindre ceux qu’il aime. Et les premières paroles de Jésus sont très importantes : « La paix soit avec vous ».
Il ne commence pas par des reproches. Il ne dit pas : « Pourquoi avez-vous eu peur ? Pourquoi m’avez-vous abandonné ?
». Non. Il apporte la paix.
Cette paix n’est pas seulement l’absence de conflit. C’est une paix profonde, la paix du cœur. C’est la paix qui vient de Dieu.
C’est la paix qui guérit les blessures, qui chasse la peur, qui redonne la confiance. Jésus montre ensuite ses mains et son côté. Ce geste est très important.
Le Christ ressuscité garde les marques de sa passion. Les plaies sont toujours là. Cela veut dire que l’amour de Dieu est allé jusqu’au bout.
La résurrection n’efface pas la croix. Elle montre que la croix n’est pas la fin. L’amour est plus fort que la mort.
Quand les disciples voient le Seigneur, leur tristesse se transforme en joie. L’Évangile dit qu’ils furent remplis de joie. C’est cela la vraie rencontre avec le Christ : elle transforme le cœur.
Là où il y avait la peur, il y a la paix. Là où il y avait la tristesse, il y a la joie. Là où il y avait le doute, il y a la foi.
Ensuite Jésus leur donne une mission. Il leur dit : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Les disciples ne sont pas seulement appelés à garder la joie pour eux-mêmes.
Ils sont envoyés dans le monde. Ils deviennent témoins de la résurrection. Puis Jésus souffle sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ».
Ce geste rappelle le souffle de Dieu au commencement de la création. Cela signifie que la résurrection inaugure une création nouvelle. Dieu recrée l’humanité par son Esprit.
Et Jésus leur confie aussi une mission très importante : annoncer le pardon des péchés. C’est le cœur de la miséricorde divine. Dieu ne veut pas condamner l’homme.
Il veut lui pardonner, le relever, lui donner une vie nouvelle. Mais l’Évangile nous parle aussi de Thomas. Lorsque Jésus apparaît la première fois, Thomas n’est pas là.
Et quand les autres disciples lui disent : « Nous avons vu le Seigneur », il ne peut pas y croire. Thomas est souvent appelé « Thomas l’incrédule ». Pourtant il est très proche de nous.
Son attitude ressemble à ce que beaucoup de personnes vivent aujourd’hui. Il ne veut pas croire simplement parce que les autres le disent. Il veut une rencontre personnelle.
Il veut voir et toucher. Nous pouvons comprendre Thomas. La foi n’est pas toujours facile.
Il y a des moments où nous avons besoin de signes, de réponses, de lumière. Dans les moments d’épreuve, la question peut surgir : « Seigneur, où es-tu ? ».
Mais ce qui est beau dans cet Évangile, c’est que Jésus ne rejette pas Thomas. Il ne le condamne pas. Huit jours plus tard, Jésus revient.
Et cette fois Thomas est présent. Encore une fois, Jésus dit : « La paix soit avec vous ». Puis il s’adresse directement à Thomas.
Il lui dit : « Avance ton doigt ici… avance ta main… cesse d’être incrédule, sois croyant ». On peut imaginer le moment. Thomas se retrouve face à Jésus.
Celui qu’il croyait perdu est vivant devant lui. Il voit les plaies. Il voit l’amour qui s’est donné jusqu’au bout.
Et alors Thomas prononce une parole extraordinaire : « Mon Seigneur et mon Dieu ». C’est l’une des plus belles professions de foi de tout l’Évangile. En quelques mots, Thomas reconnaît qui est vraiment Jésus.
Il n’est pas seulement un maître ou un prophète. Il est le Seigneur. Il est Dieu.
Jésus lui répond : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Ces paroles s’adressent directement à nous.
Nous ne faisons pas partie des disciples qui ont vu Jésus de leurs yeux. Nous vivons deux mille ans plus tard. Pourtant nous croyons.
Notre foi repose sur le témoignage des apôtres, sur la Parole de Dieu, sur la vie de l’Église. Et Jésus nous dit que cette foi est une source de bonheur. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».
La première lecture nous montre comment cette foi a transformé la vie des premiers chrétiens. Ils étaient fidèles à l'enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. Ces quatre éléments sont comme les piliers de la vie chrétienne.
D’abord l'enseignement des apôtres, c’est-à-dire la Parole de Dieu. Les premiers chrétiens écoutaient la parole du Christ et cherchaient à la mettre en pratique. Ensuite la communion fraternelle.
Ils ne vivaient pas chacun pour soi. Ils formaient une véritable famille. Ils partageaient leurs biens et prenaient soin les uns des autres.
Puis la fraction du pain. C’est l’Eucharistie. C’est la présence vivante du Christ au milieu de son peuple.
Enfin les prières. Les premiers chrétiens savaient que leur force venait de Dieu. Ils priaient ensemble et confiaient leur vie au Seigneur.
Ce qui frappe aussi dans ce texte, c’est la simplicité de leur vie. Ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur. Ils louaient Dieu.
Leur vie était marquée par la joie. Pourquoi ? Parce que la résurrection avait changé leur regard.
Ils savaient que la mort n’avait pas le dernier mot. Ils savaient que Dieu était vivant. Saint Pierre, dans la deuxième lecture, nous rappelle cette même vérité.
Il dit que Dieu, dans sa grande miséricorde, nous a fait renaître pour une espérance vivante grâce à la résurrection de Jésus Christ. Cette espérance est très importante pour notre vie. Le monde dans lequel nous vivons connaît beaucoup d’inquiétudes, de violences, de découragements.
Beaucoup de personnes vivent sans espérance. Mais le chrétien porte une espérance qui ne disparaît pas. Parce que le Christ est ressuscité.
Parce que la vie est plus forte que la mort. Parce que l’amour de Dieu est plus fort que le péché. Saint Pierre dit aussi que notre foi peut être éprouvée par les difficultés.
Les épreuves font partie de la vie. Mais elles peuvent aussi purifier notre foi et la rendre plus forte. C’est comme l’or qui est éprouvé par le feu.
La foi grandit quand nous continuons à faire confiance à Dieu même dans les moments difficiles. Aujourd’hui, en ce dimanche de la Divine Miséricorde, nous sommes invités à ouvrir notre cœur à cet amour de Dieu. Jésus ressuscité vient au milieu de nous comme il est venu au milieu des disciples.
Peut-être que certains d’entre nous se sentent comme Thomas. Peut-être que notre foi est parfois fragile. Peut-être que nous avons des questions, des doutes, des blessures.
Mais le Seigneur ne se lasse pas de venir à notre rencontre. Il ne ferme jamais la porte de sa miséricorde. Il nous dit encore aujourd’hui : « La paix soit avec vous ».
Il nous invite à lui faire confiance. Il nous invite à croire que son amour est plus grand que nos faiblesses. Demandons au Seigneur de fortifier notre foi.
Demandons-lui de nous donner un cœur simple et confiant. Demandons-lui aussi de faire de nous des témoins de sa miséricorde. Que notre vie, comme celle des premiers chrétiens, devienne un signe de l’amour de Dieu dans le monde.
Que nos familles, nos communautés, nos paroisses deviennent des lieux où l’on peut rencontrer la paix du Christ. Et que chacun de nous puisse redire avec foi, avec confiance et avec amour les paroles de l’apôtre Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Prions ensemble Seigneur Jésus, Toi qui es venu au milieu de tes disciples alors que leurs portes étaient fermées par la peur, viens aussi au milieu de nous.
Entre dans nos vies, dans nos maisons, dans nos cœurs, et fais-nous entendre encore ta parole qui rassure : « La paix soit avec vous ». Seigneur, toi qui portes encore les marques de ta Passion, apprends-nous à reconnaître ton amour dans les blessures de notre vie. Quand la souffrance nous visite, quand l’épreuve nous fatigue, aide-nous à croire que ta lumière est plus forte que toutes nos nuits.
Seigneur, toi qui as soufflé ton Esprit sur tes disciples, renouvelle en nous le don de l’Esprit Saint. Que ton souffle chasse nos peurs, qu’il éclaire nos doutes, qu’il ravive en nous la joie de croire et la force d’aimer. Seigneur, toi qui es riche en miséricorde, apprends-nous à accueillir ton pardon.
Guéris nos cœurs blessés, libère-nous de ce qui nous enferme, et fais de nous des témoins de ta miséricorde auprès de ceux qui souffrent et qui cherchent la paix. Seigneur, toi qui as accueilli le doute de Thomas avec patience et tendresse, viens aussi rencontrer notre foi fragile. Quand nous hésitons, quand nous cherchons des signes, approche-toi de nous et conduis-nous vers une confiance plus profonde.
Seigneur, fais grandir en nous la foi de tous ceux qui croient sans avoir vu. Que ta Parole éclaire notre chemin, que ton Eucharistie nourrisse notre espérance, et que ta présence transforme notre vie. Seigneur, apprends-nous à vivre comme les premiers disciples : unis dans la prière, fidèles à ta Parole, joyeux dans le partage, et simples dans l’amour fraternel.
Seigneur, fais de ton Église une maison ouverte, où chacun peut trouver la paix, où chacun peut recevoir le pardon, où chacun peut découvrir la joie de croire en toi. Ô Esprit Saint, souffle sur ton peuple aujourd’hui. Ranime notre espérance, affermis notre foi, et fais de nous des témoins vivants de la Résurrection du Christ.
Nous te le demandons, Père très bon, par Jésus Christ, ton Fils bien-aimé, notre Seigneur et notre Dieu, lui qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.