pour que les femmes et les hommes, parce que les hommes aussi ont leur mot à dire dans le fait de faire des bébés. . .
Pour qu'ils aient envie de faire des bébés, par exemple lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants! - A. -E.
Lemoine: Compte à rebours. Plus que 2 jours avant le lancement du Mondial. - L.
Sénéchal: Les équipes sont en train d'arriver aux Etats-Unis. L'Allemagne s'installe en Caroline du Nord. Le Japon s'installe à Nashville.
Il y en a qui ont voulu faire des blagues avant de partir. Les Norvégiens se sont fait un petit plaisir. Ils se sont déguisés en vikings.
L'avion des Brésiliens a été aspergé à la lance incendie d'eau bénite avant le décollage. Ca peut toujours servir. .
. - A. -E.
Lemoine: C'est pas l'avion qui va jouer! - L. Sénéchal: Non, mais les joueurs sont dedans.
Les moyens sont pas les mêmes pour tout le monde. Un tout petit bus pour le Curaçao, qui appartient techniquement au royaume des Pays-Bas. C'est une minuscule île, la plus petite nation de l'histoire qualifiée pour la Coupe du monde.
Les joueurs sont parfois très bien accueillis par le public américain, par exemple les Autrichiens, au son d'une fan. . .
. - L. Sénéchal: C'est un peu l'exception qui confirme la règle.
L'accueil aux Etats-Unis est moins chaleureux qu'au Mexique. C'est une terre de foot. C'est en plus l'équipe espagnole qui est célébrée avec les mariachis.
Aux Etats-Unis, l'administration Trump poursuit sa politique migratoire extrêmement dure, jusqu'à contrôler, sur le tarmac, l'équipe du Sénégal à son arrivée. C'est du jamais-vu. Ca indigne partout, particulièrement les Sénégalais.
- Voilà comment les joueurs sénégalais se font contrôler aux Etats-Unis. - Cette Coupe du monde est faite pour humilier les Africains. - J'aimerais savoir si l'Angleterre et la France se sont fait contrôler de la même manière.
- Quelle est cette idée de donner la Coupe du monde aux Américains? - L. Sénéchal: Il y a eu des contrôles aussi drastiques pour plusieurs équipes.
A la sortie du bus, c'est pour les joueurs ouzbeks. Il y a des cas comme ça par dizaines. Le contrôle à la frontière de l'attaquant irakien a duré des heures.
Omar Artan, un arbitre africain, a été recalé à la frontière. Réaction de la Fifa: "Nous n'intervenons pas dans les procédures d'immigration du pays hôte, y compris dans l'octroi des visas. " Cet arbitre est lâché en rase campagne.
C'est pourtant l'un des meilleurs d'Afrique. Il a été récompensé pour ça. Les opposants à Trump disent déjà leurs craintes que ce Mondial soit celui de la honte, comme le maire de New York.
. . .
- A. -E. Lemoine: Bonsoir, P.
Rondeau. Vous êtes codirecteur de l'Observatoire du sport à la Fondation Jean-Jaurès. Le cas de cet arbitre somalien, c'est aussi choquant qu'inédit?
- P. Rondeau: Oui. C'est même historique.
Quand un pays est candidat pour une organisation comme la Coupe du monde, mais c'est pareil pour les JO. . .
Quand un pays est candidat, l'organisation va lui imposer un cahier des charges et imposer que tous les membres officiels de l'organisation aient le droit de venir directement dans le pays pour travailler. Un arbitre, notamment le meilleur arbitre d'Afrique, sélectionné par la Fifa, aurait eu le droit de venir. C'était imposé dans le cahier des charges lors de la candidature nord-américaine.
Lorsque la Fifa dit qu'ils n'ont pas à intervenir dans l'octroi des visas, c'est de la complicité. La Fifa ferme les yeux et dit, alors même qu'ils savaient, lors de la désignation américaine, que le cahier des charges avait été imposé, et que tout le monde qui participe directement ou indirectement à un Mondial devait venir. .
. - A. -E.
Lemoine: C'est de l'amitié entre le président de la Fifa et D. Trump? - L.
Sénéchal: Il a été désigné patron de la Fifa en 2016, quand Trump est arrivé pour la 1re fois à la Maison-Blanche. Il vient régulièrement au bureau Ovale. Il a même été reçu à Mar-a-Lago.
Il était invité à la cérémonie d'investiture l'an dernier. Il fait tout pour plaire au président américain, qu'il appelle son ami spécial, "un homme excellent". Trump dit de lui que c'est un leader dont on a besoin.
Le patron de la Fifa est même allé jusqu'à créer, spécialement pour Trump, une sorte d'ersatz du prix Nobel. G. Infantino se présente comme le chef d'une organisation apolitique, mais il ne l'est pas du tout.
- P. Rondeau: Le règlement officiel de la Fifa n'est pas respecté. Il y a eu des plaintes de fédérations, notamment en Allemagne et en Scandinavie, qui se sont émues de ce manque de respect et de cet interventionnisme.
Les images sont flagrantes. Il fait de la politique. Il travaille pour D.
Trump. D. Trump travaille pour lui-même.
On est sur un Mondial assez particulier. Les supporters sont interdits de séjour sur le territoire. .
. - A. -E.
Lemoine: Ou alors, ils s'acquittent d'une caution, pour 5 pays africains. 15 000 dollars remboursés une fois qu'ils auront quitté le territoire. - P.
Rondeau: Mais pour venir, il faut apporter une caution, pour des supporters qui ne sont pas les plus fortunés. En temps normal, et c'était pareil pour le Mondial russe ou au Qatar, quand on a des pays critiquables, ils ont envie que le monde entier vienne. Là, on a le sentiment que D.
Trump ferme les rangs et ne veut pas que le monde entier vienne. Il veut son Mondial à lui. Il pose sur la photo.
L'année dernière, pour la Coupe du monde des clubs qu'il avait organisée, il était resté sur le podium avec les joueurs de Chelsea pour soulever la coupe. Il veut se glorifier. Il veut profiter du Mondial, qui sera vu par des millions de spectateurs, pour imposer une tarification des places colossale, à plus de 7000 dollars.
Il veut profiter de l'audimat. - E. Tran Nguyen: J'ai vu près de 3000 dollars pour assister à la finale.
C'est du délire. - Catégorie 1, 46 000 euros. Je sais pas si je vais aller au paradis.
Est-ce que je vais célébrer les buts avec les joueurs? - Pour 19 dollars, au Qatar, on avait un 8e. Là, c'est 10 fois plus cher.
- La place la moins chère est à 160 dollars. - C'est quel genre de Coupe du monde? C'est pas la Coupe du monde du peuple.
- E. Tran Nguyen: Même D. Trump avait réagi.
Il avait dit qu'il ne dépenserait pas autant pour un match de foot. Pour autant, voici ce qu'il a fanfaronné. .
. . - E.
Tran Nguyen: La Fifa est en train de transformer cette Coupe du monde en produit de luxe? - P. Rondeau: Le budget de la Fifa, en 2019-2022, était à 6 milliards de dollars.
En 2023-2026, il est à 11 milliards. Il y a une augmentation des droits TV, parce qu'il y a plus de pays et donc plus de matchs. .
. La billetterie, pourquoi c'est aussi cher? Les Américains ont le droit d'appliquer un phénomène interdit en France, la tarification dynamique.
Le prix n'est pas fixé en amont. C'est comme les billets d'avion. Ca va se jouer en fonction de l'offre et de la demande.
Les billets, malgré les prix, ont été vendus. Pourquoi? Il y a une très grosse majorité d'Américains qui les ont achetés à seule fin de spéculation et qui, ensuite, les remettent en vente.
Pour l'application du marché secondaire de la Coupe du monde, il y a des places qui n'ont pas encore été vendues, mais pour la finale de Coupe du monde, elles sont vendues à 2 millions de dollars. Elles sont pas encore vendues, je précise. - A.
-E. Lemoine: Mises en vente. - P.
Rondeau: Ils se disent que par pure spéculation, ils vont les revendre, par exemple si c'est un France-Brésil. - L. Sénéchal: Même au Qatar, la pause fraîcheur n'était pas obligatoire.
En Amérique du Nord, ça sera obligatoire, quelle que soit la température. Pendant ces 3 minutes, une minute de publicité possible. On en a eu un avant-goût pendant le match des Bleus.
Il faisait 15 degrés à Lille. Il y a quand même eu une pause fraîcheur. D.
Deschamps n'est pas content. Il trouve que ça coupe tout, le rythme, les temps forts, la manière de coacher. .
. Mais les diffuseurs sont contents. - P.
Rondeau: La Fifa, 11 milliards de dollars de chiffre d'affaires sur la période, a vendu les droits TV aux premiers diffuseurs. C'est les diffuseurs qui ont demandé à avoir plus de fenêtres publicitaires parce qu'ils payaient plus cher. Ca va casser le rythme.
Des équipes jouaient jusqu'ici sur l'endurance. Là, on va avoir 4 quart-temps, comme au basket. - A.
-E. Lemoine: On va parler de NBA, qui se déroule en ce moment aux Etats-Unis. Trump n'y est pas le bienvenu.
- L. Sénéchal: Trump était dans les tribunes du stade hier soir. Il a été hué pendant de longues secondes.
B. Obama, c'était le même stade, a été largement applaudi. Il faut dire qu'il aime le basket.
Trump, c'est moins sa tasse de thé. On va le voir pendant le match. Il mange des frites.
Ensuite, il s'est carrément endormi. Petite sieste digestive pendant que se déroulait un super match. V.
Wembanyama a mis 32 points. - P. Cohen: Il y avait du bruit, dans le stade.
- L. Sénéchal: C'est la Mecque du basket. - A.
-E. Lemoine: Merci, Lorrain. P.
Rondeau, vous êtes professeur à la Sports Management School. Vous codirigez l'Observatoire du sport à la Fondation Jean-Jaurès. Merci, A.
Gallais et A. -C. Mailfert.
Dans un instant, L'OEil de Pierre, le Bonus de Lorrain, Emilie. . .