je bonjour à tous il ya des philosophes dans l'histoire dont on retient le nom que ce soit parce que leur pensée à influencé leur époque et les générations futures soit parce que leurs oeuvres étaient suffisamment original atypique innovantes pour être remarqués et traverser l'épreuve du temps de ce point de vue là on peut dire que vous saurez unit les deux conditions l' influence de rousseau a été grandissante du temps de son vivant et le moins qu'on puisse dire c'est que on souhaitait un auteur particulièrement atypique tellement atypique que on hésite parfois à le classer dans
le mouvement des lumières auquel il appartient pourtant historiquement en effet rousseau est un auteur du xviiie siècle un auteur connu pour avoir défendu un régime politique basée sur la volonté du peuple et l'intérêt général autrement dit un projet on ne peut plus progressistes pour l'époque et pourtant sur de nombreux aspects rousseau est plutôt considéré comme un conservateur et ça s'explique assez bien rousseau est quelqu'un de très critique envers la modernité il est très critique envers cette idéologie du progrès qu'on trouve dans la pensée des lumières c'est quelqu'un par exemple qu'il ne partageait pas l'optimisme d'un
voltaire on sait que voltaire faisait l'éloge de la modernité de la modernité libérale l'éloge de la connaissance l'éloge de la civilisation l'éloge de la prospérité économique et entre rousseau et voltaire il ya eu un conflit extrêmement profond à conflits idéologiques mais aussi personnelle au point que la légende raconte que voltaire aurait tenté de faire assassiner rosso elle retrouve des éléments contradictoires sur cette affaire est ce qui est certain c'est que voltaire et rousseau n'avait pas de mots assez durs l'un contre l'autre et ce conflit illustre parfaitement l'opposition entre le progressisme des lumières progressisme voltairien et
le conservatisme de rousseau qui n'est pas un conservatisme politique mais qui est simplement l'attachement à des valeurs ancestrales l'attachement à une certaine tradition l'attachement à un idéal qui selon rousseau a été anéantie par la modernité c'est l'idéal antique l'idéal guerrier et l'idéal du courage de la vertu de toutes ces valeurs morales qui structurent l éducation dans l'antiquité et dont rousseau a la nostalgie parce qu'ils pensent que la modernité ne valorise pas à la vertu ne valorise pas l'héroïsme guerrier il a l'impression que la modernité favorise au contraire l'égoïsme favorise l'hypocrisie favori ce qu'on pourrait appeler
le règne de la représentation le règne de l'image le règne du faux et c'est ça qui fait de rousseau un auteur assez atypique car c'est un auteur des lumières contre les lumières pour ne pas être confondus avec des auteurs tels que montesquieu tels que diderot ou tel que voltaire c'est vraiment un auteur qui va développer une pensée personnelle et d'ailleurs pour illustrer ce caractère qu'on appellerait aujourd'hui antisystème de rousseau je vais vous lire une simple phrase qui est extraite de sa préface au discours sur les sciences et les arts et qui dit je ne me
soucie guère de plaire ni aux beaux esprits ni aux gens à la mode il y aura dans tous les temps des hommes fait pour être subjugué par les opinions de leur siècle cette phrase illustre parfaitement l'anticonformisme de rousseau dont il semblait bien que la plus grande hantise la plus grande angoisse c'était d'être considéré comme un homme de son temps c'était d'être considéré comme un homme qui épousait le discours de son temps et ça c'est quelque chose dont rousseau s'est toujours tenu éloigné le conformisme intellectuel la consensualité intellectuelle pour sow c'était vraiment la pire des déchéances
et ce désir de marginalité ce désir de démarcation vis-à-vis de la pensée de son temps va faire de rousseau un personnage pour le moins polémique mais aussi qui va nous apporter un regard très précieux sur une autre manière d'être progressiste un progressisme qui ne va pas renier l'héritage du passé qui ne va pas considérer que tout ce qui est passé est dépassé un progressisme qui va s'appuyer se nourrir des valeurs des traditions et des vertus de l'antiquité ça c'est vraiment quelque chose qui mérite d'être souligné parce que ça fait partie intégrante de la personnalité de
rousseau et de la substance de son oeuvre cet idéal de vertus antique cet idéal de beauté cet idéal de pureté qui permet de comprendre la version de rousseau à l'égard de la corruption à l'égard du mensonge à l'égard du faux alors pour entrer maintenant sur l'aspect un peu plus technique rousseau fait partie de ce qu'on appelle les théoriciens du contrat social alors qu'est ce que c'est que le contrat social la théorie du contractualisme c'est l'idée que les êtres humains ont créé la société car la société leur permettait d'échanger une part de leur liberté contre la
sécurité autrement dit en confiant leur liberté à l'état les citoyens certes donne le pouvoir à l'état mais en contrepartie ça sur la protection de l'état c'est ça le principe du contrat social donc le contrat social part toujours de l'hypothèse d'un état de nature c'est-à-dire d'un état initial de la condition humaine et à qui se caractérise par l'absence d'organisation politique l'absence d'autorité politique donc l'absence d'état et qui selon les auteurs va prendre différentes formes alors par exemple chéops dont on a parlé dans la vidéo sur machiavel chéops les hommes sont intrinsèquement mauvais intrinsèquement égoïste et rappelez-vous
dans la vidéo sur machiavel on avait parlé d'un pessimisme anthropologique le pessimisme anthropologique c'est l'idée que la nature humaine est fondamentalement mauvaise qu'on ne peut rien attendre de l'homme qu'on ne peut pas compter sur sa vertu ou sur sa bienveillance et que c'est d'ailleurs parce que l'homme est mauvais par nature et parce qu'il est violent à l'égard de ses semblables que l'instauration de l'état est apparu comme une nécessité pour éviter tout simplement que les hommes ne sont reçus l'homme est un loup pour l'homme en l'absence d'état les hommes s'entretuent pour se déposséder les uns les
autres de ce qu'il possède et si les hommes avait continué comme ça il aurait fini par s'entretuer donc c'est parce que les hommes on développait une crainte de la mort violente a peur d'être tués qu'ils ont décidé de passer un pacte qu'ils ont décidé de nouer un contrat et ce contrat consiste à dire nous renonçons à la violence les uns envers les autres nous renonçons à nous entretuer pour prendre ce que le voisin avec nous n'avons pas nous confions notre liberté un souverain un entité qui détient le pouvoir et en contrepartie l'état sur notre sécurité
ils nous protègent par les lois par la force publique par la justice et c'est ce qui fait que les êtres humains vont pouvoir coexister de manière pacifique et qu'ils vont ainsi pouvoir s'appuyer les uns sur les autres comme c'est le cas dans toute société qui fonctionne donc l'idée qui est au fondement du contrat social c'est que les hommes ont plus de pouvoir lorsqu'ils sont associés que lorsqu'ils sont seuls le fait de s'associer le fait de se rassembler ça va augmenter notre pouvoir d'agir sur le monde ça va augmenter notre emprise matériel sur le monde c'est
ça l'idée qui est à la base du contrat social c'est l'idée que l'association est bénéfique pour les hommes bénéfique au niveau individuel et au niveau collectif et chez rousseau on trouve aussi une théorie du contrat social d'ailleurs du contrat social c'est le titre d'un des ouvrages de rousseau mais la différence entre rousseau et hop tu sais que rousseau va partir d'une définition de la nature humaine en totale opposition avec la définition de rops pour hop on l'a vu l'homme est fondamentalement mauvais fondamentalement égoïste et c'est ce qui justifie selon l'ops d'ailleurs que l'état soit autoritaire
que l'état soit impitoyable qu'il est ce qu'il appelle le monopole de la violence légitime parce que l'état doit détenir la force pour pouvoir sévir pour pouvoir punir pour pouvoir sanctionner pour pouvoir condamner donc l'autoritarisme de l'état chéops répond à cette nature violente et égoïste de l'être humain alors que cheyrou sow pas du tout chez rousseau c'est l'exact opposé pour rousseau l'état de nature c'est au contraire l'état de la bonté originel l'état de nature c'est l'état de l'innocence c'est l'état de ce que rousseau appelle la compassion naturelle autrement dit pour rousseau l'homme n'est pas du tout
mauvais par nature au contraire l'homme est bon par nature mais n'est pas bon au sens où il aurait été éduqués dans des valeurs morales il n'est pas bon au sens où il aurait appris la vertu il est bon au sens où la vertu serait l'état originel de l'être humain il est bon au sens où l'homme à l'état de nature n'a pas encore été corrompue par la civilisation n'a pas encore été perverti par l'individualisme sociale mais juste avant d'aller plus loin je dois préciser que dans cette vidéo on va concentrer notre analyse sur un ouvrage qui
n'est pas le plus connu de rousseau qui s'appelle le discours sur les sciences et les arts qui est un petit livre d'une cinquantaine de pages à peine d'ailleurs que vous trouverez en version audio sur youtube qui dure moins d'une heure donc très facile à lire ou à écouter et c'est un petit livre que rousseau a écrit lorsqu'il av 38 ans en 1750 dans le cadre d'un concours pour l'académie de dijon et dont la thèse consistait à dire que le progrès des sciences et des arts dans l'histoire c'est à dire le progrès des connaissances avait eu
pour effet ou en tout cas s'était accompagnée d'une dégradation des moeurs une dégradation des valeurs morales une dégradation de ses vertus que rousseau chérit tant et qui selon lui constitue une sorte d'effet mécanique du progrès des connaissances pour rousseau la perte de vertu la perte des valeurs morales la perte de cette innocence naturel est directement liée à l'augmentation de nos connaissances et à l'augmentation du confort de vie qui découlent de ses connaissances alors évidemment on va rentrer dans le détail on va voir précisément ce que rousseau reproche aux sciences et aux arts c'est à dire
ce qu'il reproche à la connaissance d'une manière générale mais déjà il faut constater à quel point la thèse de rousseau va faire réagir la plupart des penseurs des lumières qui au contraire considèrent que la connaissance que le progrès des sciences que le progrès des arts a contribué à émanciper l'homme a contribué à sortir l'homme de l'état de tutelle comme disait quand c'est très spécial pour l'époque c'est très spécial de considérer que le progrès des connaissances a eu un effet objectivement négatif c'est très spécial de considérer que l'augmentation des connaissances n'a pas apporté plus de liberté
aux hommes est d'ailleurs rousseau le dit très explicitement il dit je cite tandis que le gouvernement et les lois pourvoit à la sûreté au bien-être des hommes assembler les sciences les lettres et les arts - despotique et plus puissants peut-être étendent des d'irlande de fleurs sur les chaînes de fer dont ils sont chargés étouffant ne le sentiment de cette liberté originel pour laquelle il semblait être né leur font aimer leur esclavage est en forme ce qu'on appelle des peuples police est alors là y aurait énormément de choses à dire et la première d'entre elles c'est
que contrairement à la plupart de ses contemporains où je ne considère pas la connaissance comme quelque chose qui guident nécessairement vers le progrès alors certes la connaissance permet d'augmenter notre bien-être c'est le terme que rousseau utilise le bien-être c'est à dire le confort de vie mais le problème de ce confort de vie nous dit rousseau c'est qu'il nous ramolli c'est qu'il nous fait perdre cette vigueur cette résistance de l'être humain originel de l'être humain à l'état de nature qui ne peut compter que sur sa force sur son courage et sur sa vertu pour survivre pour
rousseau si l'homme à l'état de nature et plus vertueux que l'homme moderne c'est tout simplement parce que à l'état de nature l'homme est obligé d'être courageux l'homme est obligé d'être vertueux l'homme ne peut pas se cacher derrière l'hypocrisie sociale il ne peut pas se cacher derrière l'intriguent la manipulation il est obligé d'assumer le poids du réel il est obligé d'en assumer les contraintes et s'il n'assume pas ses contraintes là et disparaît c'est aussi simple que ça la nature ne se pose pas la question de savoir quel est le statut social ou quelle est la réputation
de tel ou tel individu le problème de la réputation il apparaît quand on a résolu le problème de la survie pas avant donc tous rosso nous sommes tous des dépravés nous sommes tous des dépravés parce que nous vivons dans une société de confort dans laquelle nous n'avons pas besoin d'être courageux vertueux et vigoureux on n'a pas besoin est en réalité c'est même ça le drame de l'histoire c'est que souvent le plus courageux ou le plus vertueux sera complètement écrasé dans la société moderne il sera ridiculiser sera marginalisé il sera neutralisée par ceux qui possèdent le
meilleur statut dans la société par exemple la classe bourgeoise et la bourgeoisie c'est vraiment ce que rousseau vomi c'est vraiment ce que rousseau mais prise au plus haut point parce qu'ils méprisent l'hypocrisie parce qu'ils méprisent l'attachement à l'image l'attachement à la représentation l'attachement au statut au singh à la position car pour lui tous ces avantages sont des avantages artificielle créée par des hommes qui ont perdu toute vertu créé par des hommes qui n'ayant plus la force d'imposer le respect ne pouvant plus se faire respecter par leur exemplarité haut parleurs héroïsme vont utiliser les armes du
faible c'est-à-dire la manigance et la manipulation tout ce qui se trouve aux antipodes de l'idéal vertueux de l'idéal héroïque de l'idéal antique pour rousseau c'est à l'état de nature que l'homme est bon ce n'est pas à l'état civil n'est pas à l'état social parce que l'état social c'est l'état de l'apprentissage des bonnes manières c'est l'état de l'apprentissage des codes des conventions des usages qui font qu'on va être accepter qu'on va être intégré dans la société mais qu'ils sont que des russes formelle qui ne sont que des faux semblants les conventions sociales pour rousseau ce sont
les ombres dans la caverne de platon ce sont des images qui n'ont aucune autre valeur que d'être des images tandis que l'homme à l'état de nature et doit affronter les prédateurs il doit affronter les intempéries et si l'homme ne sait pas se défendre contre cette hostilité de la nature si l'homme ne s'est pas survivre si l'homme n'est pas capable de courage et d'abnégation à ce moment là il ne survit pas et c'est parce qu'il est confronté à cette nécessité de la survie que l'homme allait telle nature et vertueux selon rousseau il n'est pas vertueux du
fait d'une élection divine il est vertueux du fait de sa condition il est vertueux du fait de ses conditions matérielles d'existence et cette nudité de l'homme à l'état de nature le fait que l'homme soit littéralement sans connaissance sans culture sans intelligence technique là pour os n'est pas un handicap c'est au contraire une force parce que c'est la force de l'homme pur et l'impur chez rousseau c'est l'homme qui est dépouillée de tous les artifices culturel de tous les artifices sociaux idéologiques ou politiques qui vont donner un certain zone un sentiment de supériorité un sentiment d'être les
maîtres du monde un sentiment d'être plus fort que la nature et ça c'est quelque chose que vous saurez que ce totalement ça fait partie selon lui de ce vice de l'homme moderne qui pour se donner une valeur supérieure à sa valeur réelle va s'imaginer que ses connaissances le place au dessus du monde et ça c'est un petit peu l'idée qu'on retrouvait chez descartes lorsqu'il disait que l'homme devait se faire comme maître et possesseur de la nature comme maître et possesseur de la nature ça signifie que en vertu de son intelligence en vertu de sa capacité
de compréhension du monde l'homme peut s'émanciper des contraintes de la nature et peut l'exploiter à son profit rousseau c'est une totale illusion mais une illusion mortifère une illusion funeste parce que cette illusion de toute puissance de l'homme sur la nature selon au saut va le conduire à sa perte cette illusion va le conduire à la déchéance alors oui c'est un discours extrêmement radical mais cette radicalité a pour avantage de reposer la question du progrès qu'est ce qu'on appelle le progrès et c'est vrai que c'est une question à laquelle il est difficile de répondre parce que
spontanément quand on parle de progrès on a tendance à penser soit au progrès matériel par exemple aux progrès technologiques on a aussi tendance à penser aux progrès des libertés mais on pense très rarement aux progrès de la vertu on pense très rarement aux progrès moral et c'est justement ça que veut dire rousseau c'est que le progrès en soi ça ne veut rien dire la question c'est de quel progrès par le ton est ce que le fait d'avoir remplacé le combat physique par des poursuites judiciaires par des calomnies par des stratégies est-ce que ça c'est vraiment
le progrès est ce qu'on peut parler de progrès lorsqu'on a affaire à de la fourberie lorsqu'on a affaire au règne de la représentation c'est la question que pose au saut est-ce qu'on peut encore parler de progrès alors évidemment pour rousseau c'est une question rhétorique sa réponse est toute faite on peut pas parler de progrès ou en tout cas on ne peut pas confondre on peut pas associer le progrès des connaissances avec le progrès moral ou sous nous dit qu'à mesure que l'humanité progressé sur le plan des connaissances elle régresser sur le plan moral et d'ailleurs
c'est intéressant d'illustrer sa part une distinction conceptuel que fait rousseau dans son oeuvre qui est la distinction entre l'amour de soi et l'amour propre aujourd'hui si on emploie l'expression d' amour de soi on va penser qu'on fait référence justement à une forme d'égoïsme à une forme d'égocentrisme alors qu'en fait pour rousseau c'est le contraire l'amour de soi c'est tout simplement l'attachement à sa propre vie c'est le désir de persévérer dans sa vie c'est ce qu'on appellerait l'instinct de conservation et selon rousseau cet instinct de conservation il produit naturellement de l'empathie il produit naturellement de la
compassion pour autrui et d'ailleurs c'est quelque chose qui peut aujourd'hui se justifier sur le plan scientifique par la mise en évidence des neurones miroirs les neurones miroirs qui font que lorsque l'on va avoir quelques uns souffrir on va reconnaître sur son visage par exemple les signes de la souffrance qu'ils vont nous ramener à notre propre expérience de la souffrance donc une certaine manière les neurones miroirs valide la thèse de rousseau sur la compassion naturelle de l'être humain nous ne sommes pas naturellement égoïstes nous ne voulons pas le mal d'autrui nous ne voulons pas que l'autre
souffre nous voulons simplement nous conserver dans la vie et éviter la souffrance donc ça c'est l'amour de soi et rousseau oppose donc l'amour de soi à l'amour propre et l'amour propre c'est quoi bien c'est l'orgueil c'est l'ego c'est ce qui fait qu'on veut être au dessus de l'autre qu'on va être meilleure que l'autre qu'on veut écraser l'autre c'est ça l'amour propre l'amour propre c'est ne pas accepter que quelqu'un fasse quelque chose mieux que nous parce que ça lui donne le sentiment d'une perte de valeur de soi ça nous donne l'impression d'une diminution de la valeur
de soi et ce sentiment nous dit rousseau ce n'est pas un sentiment naturel d'un sentiment culturelle c'est un sentiment lié à notre condition d'individus qui vivent en société qui vivent dans la civilisation qui vivent dans la comparaison permanente qui fait que la stratégie la ruse on remplaçait la force et la vigueur c'est ça l'amour propre donc vous voyez on a bien affaire à deux anthropologie totalement opposé l'anthropologie pessimiste d'europe ce qui repose sur l'idée que l'homme est naturellement égoïste est mauvais et l'anthropologie optimiste de rousseau qui part du principe que l'homme est naturellement bon et
bienveillant alors je ferai quand même une petite parenthèse là dessus parce que de nombreux spécialistes de rousseau vous diront ils ont raison que rousseau ne dit pas à proprement parler que l'homme est naturellement bon mais l'homme est naturellement innocent et le moins innocent est intéressant parce que timo logiquement ça veut dire qui ne nuit par qui ne cherche pas à faire du mal c'est ça innocent c'est l'absence de nos sens donc il ne s'agit pas de dire que l'homme est bon au sens moderne de généreux ou de serviable ou peu importe c'est de dire que
l'homme est d'abord attaché à la conservation de soi et qu'il considère l'autre comme sont légales comme sont semblables qui est également attaché à la conservation de soi l'homme à l'état de nature par exemple ne va pas provoquer des conflits sans raison l'homme à l'état de nature ne va pas créer un conflit pour en tirer un intérêt ne va pas chercher à créer des intrigues politiques pour augmenter son pouvoir pour augmenter son emprise et sa capacité de domination sur les autres l'homme à la nature va se contenter de survivre et parce que c'est son seul horizon
parce que c'est son seul objectif bien n'a aucun intérêt à faire du mal aux autres il n'a aucun intérêt à vouloir se construire une image de soi il n'a aucun intérêt à vouloir entretenir une réputation qui ne lui apportera strictement rien dans la nature c'est ça qui fait dire à rousseau que l'homme est naturellement bon il est bon au sens où il est animé que par l'amour de soi et par l'amour de la vie alors ici j'aimerais développer un peu sur la question des conventions sociales que rousseau critique fortement et d'ailleurs c'est quelque chose qui
lui est très souvent reproché le fait que rousseau n'accorde aucun crédit aucune valeur aux règles et aux conventions sociales pourra prendre un exemple concret n'est tous c'est celui de la politesse lorsqu'on est enfant nos parents nous apprennent la politesse nous apprennent à dire merci à dire s'il vous plaît et pourquoi est ce qu'on apprend la politesse bien tout simplement pour s'intégrer à la communauté parce que lorsqu'on vit en communauté on est obligé de tenir compte de l'autre on ne peut pas vivre comme si on était seul au monde donc à première vue on pourrait dire
que les règles de politesse vont justement à l'encontre de l'égoïsme que dénonce rousseau on dira que la politesse c'est ce qui fait qu'on va accorder à l'autre le droit d'exister accordées à l'autre la reconnaissance de son existence c'est ça la politesse bien pour rousseau non pour au saut la politesse ce n'est qu'un habillage culturel de l'hypocrisie politesse c'est du vent politesse c'est de la comédie d'ailleurs c'est intéressant parce que l'étymologie du mot politesse c'est police qui en grec signifie la cité c'est à dire la communauté la société donc la politesse c'est ce dont nous avons
besoin pour pouvoir vivre en communauté il est évident que comme le disait freud si nous laissions libre cours à nos pulsions violentes nos pulsions agressives nos pulsions sexuelles et à la vie en communauté serait tout simplement impossible on ne pourrait pas coexister les uns avec les autres imaginer le genre de scènes auxquelles ça pourrait donner lieu dans la rue si chacun n'avaient en vue que la satisfaction de son désir pulsionnel ça deviendrait assez rapidement ingérable donc la politesse va faire effet de coussin amortisseur dans notre rapport à l'autre nous permettre d'entrer en rapport avec l'autre
de manière non conflictuelle mais si pour rousseau cette politesse n'a pas de valeur c'est parce que le sentiment qu'ils devraient se trouver à l'origine de la politesse à savoir la bienveillance n'existe pas dans l'état social en tout cas n'existe pas comme dans l'état de nature n'existe pas de manière spontanée de manière authentique la bienveillance qui transparaît dans la politesse n'est qu'une bienveillance de façade n'est qu'une bienveillance opportuniste qui ne traduit pas la réalité de notre sentiment envers l'autre et là j'ai voulu en un petit extrait du discours sur les sciences et des arts ce site
qui serait doux de vivre parmi nous si la contenance extérieur était toujours l'image des dispositions du coeur si la décence et est la vertu sino maxi nous servait de règles si la véritable philosophie était inséparable du titre de philosophes mais tant de qualités vont trop rarement ensemble et la vertu ne march again en si grande pompe la vertu de marchegay rend ces grandes pompes ça veut dire que la vertu n'a pas besoin de s'afficher la vertu n'a pas besoin de se démontrer n'a pas besoin d'être en représentation c'est ça que ça veut dire la vertu
n'a pas besoin d'être en représentation car à partir du moment où on met la vertu en représentation elle cesse d'être la vertu elle devient de la comédie sociale elle devient de l'apparat elle devient du faux c'est vraiment ça que combat rousseau c'est cette hypocrisie sociale qui fait qu'on va garder la forme de la bienveillance mais pas l'intention de la bienveillance on va garder l'habillage de la bonté mais pas les langes labonté et ça c'est très important c'est très important parce que ça permet de comprendre que l'augmentation des connaissances n'est pas forcément un gage d'amélioration humaine
l'augmentation de la connaissance n'a pas pour conséquence l'augmentation de la vertu humaine et c'est pour ça qu'on soit à cette manière très amer de répondre aux reproches qui lui sont faits d'avoir abandonné ses enfants à l'assistance publique il explique en gros que ceux qui lui font ce reproche sont des personnes qui ne se soucie absolument pas de savoir ce qui était bon pour ces enfants sont des personnes qui sont justement dans ce règles de la représentation et dix considèrent qu' abandonner ses enfants c'est être quelqu'un d' indigne et sur la question du rail de la
représentation on peut dire que vous souhaitez plutôt visionnaire alors évidemment je vais vous sortir l'éternel couplet sur les réseaux sociaux dont la fonction est de moins en moins social est de plus en plus personnel c'est à dire de créer de renvoyer aux autres une certaine image de soi une image de soi qui correspond au jugement que l'on veut recevoir ou en tout cas à l'impression qu'on veut renvoyer aux autres mais il n'a même pas besoin d'aller jusqu'aux réseaux sociaux il suffit parfois d'observer les comportements entre collègues de travail entre voisins ou même au sein des
cercles d'amis pour se rendre compte à quel point le besoin d'être meilleur que l'autre ou en tout cas d'apparaître comme meilleur que l'autre à quel point ce sont là des ressorts de la vie moderne et pour arriver sur la dernière ligne droite de cette vidéo on peut dire que rousseau nous amène à réinterroger le concept même de civilisation qui ne met en opposition avec ce qu'on pourrait appeler la vie sauvage alors je précise immédiatement que le mot sauvage fait partie des mots dont on a le plus galvaudé le sens lorsqu'on entend le mot sauvage on
pense immédiatement à des êtres humains qui se comporterait comme des animaux comme des bêtes donc on considère que le mot sauvage à quelque chose de très péjoratif pour ne pas dire déshumanisant alors il faut savoir qui étymologiquement le mot sauvage signifie simplement qui a grandi dans la nature qui s'est développée à l'écart de toute intervention humaine à l'écart de toute influence de la société c'est là pour ça qu'on parle de plantes sauvages ou de fruits sauvages c'est-à-dire des végétaux qui n'ont pas été plantés par les hommes c'est ça la signification originelle du mot sauvage et
d'ailleurs c'est ce que dit montaigne dans ses essais dans le chapitre sur les cannibales dans le chapitre des coches où montaigne explique que les amérindiens sont sauvages au sens où certains fruits sont sauvages c'est à dire ils n'ont pas été altérées ils n'ont pas été dégradées par la main de l'homme une plante sauvage c'est une plante qui a poussé son tuteur autrement dit qui n'a pas été dévié de sa trajectoire naturelle par un artifice par une intervention artificiel un twitter c'est une intervention artificiel pour que la plante pousse de manière parfaitement verticale c'est ça le
rôle du tout de la même façon l'éducation c'est faire grandir c'est faire pousser à un être humain en le conformant un certain nombre de codes à certain nombre de conventions à un certain nombre d' usage comme la politesse qui sont les instruments sociaux de la coexistence et ses cotes sont à la fois la condition de possibilité de la vie sociale mais sont aussi ceux qui va détourner l'homme de sa condition originelle ce qui va lui faire perdre son authenticité sa vertus naturelles sa compassion naturelle et qui va faire naître jalousie qui va faire naître comparaison
qui va faire naître concurrence qui va faire naître le conflit et la rivalité et qui loin de mettre un terme à la guerre de tous entre tous va tout simplement lui donner une autre forme une forme poli une forme socialement acceptable une forme déguisée je terminerai cette vidéo en vous citant un extrait un petit peu plus long du discours sur les sciences et les arts je cite plus d'amitié sincère plus destine réel plus de confiance fondée les soupçons les ombrages les craintes la froideur la réserve la haine la trahison se cacheront sens c'est sous ce
voile uniforme et perfide de politesse sous cette urbanité si vanté que nous devons lumière de notre siècle on ne procédera plupart des jurons le nom du maître de l'univers mais on n'insulte rappard des blasphèmes sans que nos oreilles scrupuleuse en soient offensés on ne vendra pas son propre mérite mais au rabais sera celui d'autrui on outrage rap grossièrement son ennemi mais on le calomnie rats avec adresse les aides nationales s'éteindront mais ce sera avec l'amour de la patrie à l'ignorance méprisé on substituera un dangereux pyrrhonisme il y aura des excès proscrit davis déshonoré mais d'autres
seront décorés du nom de vertu il faudra ou les avoirs ou les affecter ventraq qui voudra la sobriété des sages du temps je n'y vois pour moi un raffinement d'intempérance autant indigne de mon éloge que leur artificieuse simplicité [Musique] et oh à