Vous passez l'oral d'un concours de la fonction publique. Dans cette vidéo, vous allez découvrir comment avoir une note supérieure à 15 sur 20 et décrocher votre concours haut la main. En particulier, vous découvrirez ce que j'appelle les cinq briques du succès.
Pour chacune de ces briques, vous découvrirez les erreurs à éviter et les bonnes réponses à faire. Nous parlerons bien sûr de votre présentation personnelle. Nous aborderons des questions comme : "Quelle est votre motivation ?
" ou bien encore "Pourquoi voulez-vous travailler dans la fonction publique ? ". Nous travaillerons également la question des mises en situation.
J'utiliserai de nombreux exemples de questions posées à l'oral, par exemple pour des postes comme adjoint administratif, secrétaire administratif, attaché territorial, greffier, surveillants pénitentiaires. Lors d'interludes, vous découvrirez les éléments suivants : première interview, que répondre quand vous n'avez aucune idée de ce qu'attend le jury ? Deuxième interlude : quelle est la bête noire du jury, le type de candidats que les examinateurs ne peuvent pas saquer ?
En bonus, je vous présenterai la stratégie du juke-box. Cette stratégie du juke-box, c'est le moyen d'avoir toujours quelque chose à dire quelles que soient les questions du jury. Brique numéro 1 : votre présentation personnelle.
En général, il s'agit d'une présentation de cinq minutes. Pourquoi le format de 5 minutes ? Et bien parce que ce format impose de faire des choix.
La question que doit se poser le candidat est : "Qu'est-ce que j'enlève de ma présentation pour respecter le timing tout en gardant des éléments suffisamment précis pour accrocher l'attention des recruteurs ? " On rencontre également des présentations de dix minutes. Alors dix minutes, ça peut être très très long, une véritable traversée du désert, et là on a plus de chance de taper à côté.
Donc la question à se poser pour une présentation de dix minutes, c'est : "Comment est-ce que je structure ma présentation pour maintenir l'intérêt du jury ? " Alors quelle que soit la durée de votre présentation, quel est mon point de vue ? Mon point de vue est le suivant : votre présentation détermine l'échelle de notes.
C'est-à-dire qu'en fonction de la façon dont démarre l'échange avec le jury, le jury va se programmer pour des fourchettes de notes. Première catégorie de présentation : les présentations rasoir. Le candidat raconte son parcours poste par poste.
"Alors en 2015 j'ai fait ceci, en 2016 cela, en 2018 machin. " Bon, il rajoute une petite sauce du style "mes compétences relationnelles" bla bla bla. Bon, une espèce de bouillie.
Le jury n'est pas convaincu et là, le jury se programme pour une note entre 6 et 8. Deuxième catégorie de présentation : c'est la présentation banale. Ce n'est pas mauvais, il y a quelques exemples intéressants, mais ça reste assez bateau.
Il n'y a pas de surprise, y'a rien qui ressort d'extraordinaire. Le jury se programme pour ce que j'appelle la note de la pitié : 10 et demi, 11. Ça veut dire : "Bon oui, c'est pas mauvais, mais on n'a pas accroché.
Revenez l'année prochaine, peut-être qu'il y aura moyen de. . .
" Donc note de la pitié : 10,5. Troisième catégorie : les présentations intéressantes. Alors le jury était en train de ronronner à écouter des gens blablater sur leur parcours et leurs compétences relationnelles extraordinaires.
Bon, et puis tout à coup, il y a ce candidat qui arrive, quelques affirmations carrées avec des exemples qui sont intéressants, qui sont originaux, avec des transitions qui sont bien pensées, avec une force de conviction. Et là, le jury se dit : "Ça, c'est un bon élément ! " Et inconsciemment, le jury se programme pour une note au minimum de 12.
Le jury se dit : "Ça, ça mérite au moins 12. " C'est sur ce socle que vous allez empiler les briques du succès. Alors cette présentation intéressante, c'est quoi ?
Et bien, c'est souvent une présentation thématique ciblée sur des compétences spécifiques, illustrée par des exemples. Découvrons un exemple pour le concours d'adjoint administratif principal de 2e classe. Alors imaginons une personne avec un BTS qui aurait travaillé quatre ans dans une société de plomberie en tant qu'assistante.
Cette personne pourrait cibler sa présentation autour de trois compétences clés. Compétence 1 : le suivi administratif. Rédaction en moyenne de 25 devis par mois, courriers administratifs, déclarations TVA, URSSAF, facturation, suivi relance, rapprochement bancaire.
Deuxième compétence : l'organisation. Alors là, la candidate pourrait parler de son implication sur un chantier portant par exemple sur la rénovation de 25 logements HLM d'une surface unitaire de 60 mètres carrés. Dans le détail, ça donnerait par exemple : vérification stocks de matériels et outils, commande si nécessaire, intégration de deux jeunes en contrat d'insertion, coordination avec les autres entreprises intervenant sur le chantier.
Troisième compétence : l'accueil du public. Alors tout d'abord au téléphone, en particulier pour renseigner des particuliers qui veulent bénéficier de dispositifs avec économie d'impôt ou crédit d'impôt. Accueil en entreprise pour présenter des modèles dans le salon d'exposition.
Accueil sur des foires ou salons professionnels avec la nécessité d'avoir un rythme soutenu pour renseigner entre 20 à 30 personnes par heure. Alors cette présentation n'est pas forcément révolutionnaire, mais c'est concret, c'est circonstancié, et surtout ça fait des passerelles avec les futures fonctions de cette personne. Quelqu'un qui a su gérer un flux important de demandes sur un salon professionnel pourra demain être dans un service d'accueil dans une administration.
Donc pensez bien à extraire de votre parcours des éléments qui font que le jury se dit : "Oui, je la vois bien dans mon service, je la vois bien renseigner des gens, c'est une personne intéressante pour notre structure. " Elle, c'est du bon, ça ! Alors qu'est-ce qu'on fait ?
On commente, on s'abonne, on like, la clochette ding ding dong ! Allez, on enchaîne. En résumé sur cette première brique, la présentation personnelle, pourquoi est-il important de créer un déclic dès votre présentation ?
Et bien pour une raison très simple : aujourd'hui, les concours de la fonction publique sont extrêmement sélectifs. Un candidat sur 10, un candidat sur 15 est reçu par rapport au nombre de personnes présentes aux écrits. Donc il faut secouer le cocotier très rapidement, parce que sinon le jury reste dans sa léthargie : "Oui, oui.
. . " Donc il faut avoir un impact d'entrée de jeu avec une présentation carrée, thématique, illustrée par des exemples.
Deuxième brique : les questions techniques. Alors là, que cherche le jury ? Le jury cherche deux choses.
Premièrement, il cherche à vérifier vos connaissances. Connaissez-vous le périmètre d'action du ministère ? La loi truc ?
Quel est le nombre de fonctionnaires ? Bon, c'est une vérification des connaissances, c'est du bachotage. Mais le jury attend également autre chose, c'est d'avoir des réponses structurées autour de plans.
Le jury ne veut pas de candidat qui part dans tous les sens. Vous devez pouvoir présenter l'information de façon synthétique. Prenons un exemple pour le concours de gardien de la paix.
Question : qu'est-ce que la légitime défense ? La légitime défense permet de se défendre en cas d'agression sur un bien ou sur une personne en utilisant des moyens qui, en temps normal, sont interdits par la loi. Alors deux points clés : la riposte doit être simultanée et proportionnelle.
Simultanée, ça veut dire par exemple qu'une personne victime de violence ne peut pas le lendemain retourner se venger pour régler son compte à son agresseur. Et proportionnelle : un exemple, un portier de boîte de nuit se prend une baffe d'un client, il ne peut pas riposter avec une arme blanche parce que ce ne serait pas proportionnel. Donc vous voyez comment cette réponse est structurée.
Il y a deux points clés, donc réponse simultanée et proportionnelle. Donc ça reste compact comme réponse. Le jury se dit : "OK, c'est bon, tu connais le sujet.
" Pour l'anecdote, en fait il y a six conditions à la légitime défense. Pas la peine de les détailler, le jury voit que vous connaissez le sujet, il vous fait confiance sur le reste. Donc restez concentré, il s'agit pas de faire une réponse parfaite, mais de couvrir vraiment les fondamentaux.
À demandé, c'est le moment de découvrir notre première interview. Qu'est-ce qu'on dit quand on ne sait absolument pas quelle est la réponse attendue par le jury ? Vous passez l'oral du concours des douanes et le président du jury vous dit : "Très bien, parlez-nous de la convention de Washington.
" Là, vous n'avez absolument aucune idée de ce qu'est la convention de Washington. La réponse à faire, c'est de dire : "Je ne sais pas, je ne connais pas cette convention. " Il faut faire vraiment très simple.
Surtout, ne cherchez jamais à bluffer un jury parce qu'il y aura toujours une personne qui en saura plus que vous. Si vous cherchez à bluffer, c'est direct poubelle. Le jury ne cherchera pas à discuter, il y aura l'entretien pour la forme, mais il y a une grosse croix rouge sur votre dossier.
Alors pour l'anecdote, la convention de Washington, entrée en application en 1975, est une convention destinée à lutter contre le trafic d'espèces protégées. Pour l'anecdote, le pangolin est l'animal le plus braconné au monde, en particulier pour ses écailles. Deuxième exemple : vous passez un oral pour devenir surveillant pénitentiaire.
À un moment, il se passe quelque chose d'un petit peu curieux. Le président du jury est là, se tourne vers ses collègues, un petit peu rieur, il y a un petit peu de sourire. Là, vous vous dites : "Qu'est-ce qu'il va me balancer ?
" Et le président du jury vous dit : "Très bien, très bien, parlez-nous du panoptique de Bentham. " "Le portique de Batman ? " "Non monsieur, le panoptique de Bentham !
" Vous ne savez pas du tout ce que c'est. Donc toujours pareil, même réponse : "Non, je ne connais pas, je ne peux pas vous en parler. " Simple, net.
Si vous avez une vague idée, vous dites : "Alors, je suis pas spécialiste, mais je crois que ça concerne une question d'architecture des prisons. " Si vous avez une idée, "Je suis pas spécialiste, mais je crois que ça concerne. .
. " Pour l'anecdote, le panoptique de Bentham, et non pas le portique de Batman, donc le panoptique de Bentham, c'est une architecture de prison avec une tour centrale qui permet de surveiller l'ensemble des détenus, souvent sur une présentation en cercle. Troisième brique : les questions sur votre profil.
Alors là, la question star, c'est : "Quelle est votre motivation ? " Alors l'erreur fréquente, c'est le candidat qui part dans des généralités : "Servir l'État, le service public, l'usager, et la qualité de service. .
. " Bon, on est sur des généralités. Le jury se dit : "Oui, oui, mais est-ce que c'est vraiment ressenti, vécu de l'intérieur, ou est-ce que c'est juste pour faire beau ?
" Et il y a un autre type de motivations générales qui est plus personnel, c'est le truc du style : "Je veux progresser, je veux m'améliorer, je veux plus de responsabilités. " Dans tout ça, c'est logique. Si vous passez un concours, c'est bien pour faire quelque chose de nouveau, de différent.
Donc attention aux motivations floues, aux motivations générales. Il faut savoir que parler de sa motivation, c'est bien souvent parler de soi, et parler de soi, vous pouvez le faire notamment en parlant de déclic. Exemple pour un concours d'attaché territorial avec une spécialité urbanisme et aménagement des territoires.
Imaginons qu'à un moment le jury vienne chercher le candidat sur sa motivation. Qu'est-ce que le candidat pourrait répondre de plus personnel ? "Pour l'anecdote, quand j'étais adolescent, j'habitais près d'une nationale et il y avait une zone commerciale qui s'était développée de façon complètement anarchique.
Il y avait des bretelles qui arrivaient, qui sortaient, des ronds-points, c'était vraiment. . .
Alors c'était compliqué, c'était dangereux. Sur certains croisements, je me disais : 'Mais il doit y avoir moyen de faire quelque chose de plus efficace, de plus simple, de plus sûr et de plus beau. ' C'est quelque chose qui m'est resté, et aujourd'hui, ma motivation, c'est pas pour moi, c'est pour les usagers.
C'est de permettre, notamment sur le plan des transports, des déplacements, de permettre des déplacements qui soient fluides, qui soient agréables, dans un contexte où, effectivement, on pense à l'environnement. Voilà, aujourd'hui, ma motivation. " Donc ce candidat, il part d'une expérience personnelle (vivre à côté d'une zone commerciale), et puis il conclut sur la qualité de service qu'il veut livrer aux usagers.
Voyez, c'est habile, c'est élégant, c'est amusant, ça peut vraiment marquer le jury. Deuxième exemple : pourquoi voulez-vous travailler dans la fonction publique ? Exemple pour l'oral d'un concours de secrétaire administratif de classe normale : "Alors, je n'ai pas la vocation, c'est quelque chose qui est venu avec le temps.
J'ai travaillé neuf ans dans des services de ressources humaines, et là, j'ai vu des gens broyés par la logique économique de l'entreprise. Je me suis dit : 'Je veux plus, je veux plus travailler dans ce contexte-là, je veux quelque chose qui soit plus près de mes valeurs. Et c'est là que j'ai pensé à la fonction publique, avec des missions d'intérêt général où la recherche du profit n'est pas au cœur de la démarche.
Donc voilà, c'est être aligné par rapport à mes valeurs. " Donc là, il y a un point à retenir : c'est qu'on termine sur les valeurs, service public, intérêt général, et cetera, mais cette thématique est introduite par l'expérience personnelle du candidat. Ce n'est pas juste des mots en l'air, ça vient dans un parcours, dans une logique.
Troisième exemple : alors certaines questions sont plus des demandes d'opinion. "Quelle est votre opinion sur tel ou tel sujet ? " Imaginons un exemple pour l'oral de surveillants pénitentiaires.
Question : "Croyez-vous à la réinsertion ? " "Alors, il y a un exemple qui me vient en tête. C'est un monsieur qui s'appelle Christian Laplanche.
Alors c'est une personne qui a été condamnée pour des faits de braquage et qui, par la suite, est devenue avocat au barreau de Paris. Donc ça veut bien dire que la réinsertion est possible. Maintenant, pour moi, il y a plusieurs conditions à retenir.
Premièrement, il faut que la personne coupe ses liens avec le crime, le milieu du banditisme. Deuxièmement, il faut se former, il faut développer des compétences. Et puis troisièmement, il faut un suivi, faut un accompagnement.
Il ne faut pas que la personne soit lâchée toute seule dans la nature. Oui, c'est possible, mais ça demande un certain nombre de critères pour qu'effectivement la personne puisse se réinsérer. " Alors que fait le candidat ?
Il part d'un exemple précis. Alors pour l'anecdote, effectivement c'est vrai, Christian Laplanche a bien été braqueur et est devenu avocat. C'est le moment de retrouver notre deuxième interlude : quelle est la bête noire des jurys, le type de candidats que les jurys ne peuvent pas saquer ?
La bête noire du jury, c'est le candidat qui parle, qui fait des phrases, mais il n'y a jamais d'exemple et jamais de concret. Ce n'est jamais circonstancié. Donc ça dérange le jury pour deux raisons.
Premièrement, le jury a l'impression de se faire enfumer. Derrière ces grands mots, ces belles phrases, qu'est-ce qu'il y a ? On n'en sait rien.
Donc impression désagréable de se faire enfumer. Et deuxièmement, le jury n'a pas envie de relancer le candidat. Alors peut-être que le jury va relancer un candidat un petit peu timide une fois, deux fois, pour le faire préciser sa pensée.
Mais à un moment, le jury se dit : "Être assez bon, six candidats, ne sait pas se mettre en valeur, on va pas non plus lui donner la becquée. " Alors découvrons un mauvais exemple et un bon exemple de réponse pour la question : "Êtes-vous ouvert à la critique ? " Alors, mauvaise réponse : "Êtes-vous ouvert à la critique ?
" "Oui, je suis ouvert à la critique. C'est important de prendre le point de vue des personnes autour de soi. Ça permet de s'améliorer, de progresser.
On peut avoir des compétences, mais ce n'est pas toujours tout. Il faut rester ouvert à la critique. C'est important de montrer qu'on a envie de progresser.
" Tout ça, c'est des phrases. Comme dit la chanson : "Des mots, toujours des mots, encore des mots. " Ça, ça veut rien dire.
Il n'y a pas de concret là-dedans. Deuxième exemple, de bonne réponse cette fois-ci. "Êtes-vous ouvert à la critique ?
" "J'ai vécu un épisode assez marquant quand j'ai pris mon tout premier poste. Au bout de quelques jours, il y a un ancien du service qui est venu me voir, et qui m'a dit : 'Yves, tu vas dans le mur. ' Je l'ai écouté.
Il m'a dit : 'Oui, bon, tu es juriste, tu donnes des conseils juridiques. OK, sur le plan technique, j'ai rien à dire. Mais tu veux aller trop vite.
Les gens en face de toi n'ont pas forcément le niveau. Et puis tu as un ton qui est sec et arrogant. Ça va pas passer, tu vas dans le mur.
' Il avait raison. Bon, je supposais que les gens savaient certains éléments de base et je voulais aller trop vite. Puis, avec un ton un petit peu fier, un petit peu arrogant.
. . Voilà, j'ai modifié vraiment mon approche.
J'ai pris beaucoup plus de temps pour expliquer dans le détail, avec une approche beaucoup plus pédagogique. Et donc voilà, j'ai pu, je pense, bien m'intégrer dans l'équipe. Donc oui, je suis à l'écoute de la critique.
" Donc, commandement à retenir, à graver dans le marbre : tout ce que tu diras sera illustré par des exemples. Dans le bonus jukebox, je reviendrai sur la manière d'avoir toujours des exemples sous le coude pour pouvoir répondre aux questions, quelles que soient les demandes du jury. Quatrième brique : les mises en situation.
Alors découvrons un exemple pour l'oral du concours de greffiers. "Le lendemain d'une audience, un magistrat vous demande de modifier un jugement. Que faites-vous ?
" Ce que je fais ? Je fais l'idiot. Pourquoi ?
Parce que le magistrat sait que c'est illégal. Je veux pas lui faire la leçon. Je peux pas lui dire : "Vous me demandez quelque chose d'illégal", et cetera.
Non, je veux faire l'idiot. Je vais dire : "Écoutez, moi je ne comprends pas. Moi, je suis sûr de mes notes, donc je ne me vois pas modifier ce jugement.
" Puis s'il insiste, eh bien ce sera le même discours : "Non, je ne comprends pas. " Alors, les mises en situation sont un moment capital de votre échange avec le jury pour trois raisons. Premièrement, ces mises en situation viennent souvent à la fin de l'échange, donc ça donne vraiment une note finale.
Un candidat qui termine sur quelque chose de brillant, de réaliste, de personnel, le jury se dit : "Ouais, bon. " Par contre, si on termine sur un truc beaucoup plus plan-plan, là le soufflé retombe. Premier élément : ça conclut l'entretien.
Deuxième point : les mises en situation sont très révélatrices de votre comportement. Autant sur des questions, on va dire habituelles, du style "Quelle est votre motivation ? ", et cetera, voilà, on peut préparer sa réponse et rester dans sa zone de confort.
Autant sur des mises en situation, là on va devoir montrer plus de soi. Troisième point : lors des mises en situation, le jury se projette facilement. Si vous avez des réponses qui sont originales, authentiques, le jury se dit : "Ben tiens, j'aimerais bien voir un mec comme ça dans mon service.
" Bon, par contre, si vous avez des réponses convenues, rasoir, plan-plan, le jury se dit : "Oh ben non, ça, ça doit être un vrai boulet. " Je trouve pas. Donc espace de projection important pour les membres du jury.
Alors, faut bien l'avouer, les mises en situation, ça reste quelque chose de très casse-gueule. C'est d'ailleurs pour ça que les jurys aiment bien lancer des mises en situation aux candidats. Quand je coache des gens sur les préparations orales de concours, en général on passe sur une quinzaine de simulations de situations très typées pour vraiment acquérir les réflexes.
Pour moi, j'ai une méthode pour traiter ce type de situation, mais il faut vraiment s'entraîner de façon assez intensive pour pouvoir être à l'aise quelle que soit la mise en situation. 5e brique : c'est votre personnalité. Alors pour moi, la personnalité, ça recouvre en gros trois choses.
C'est tout d'abord votre voix, votre style d'expression. Vous avez beaucoup de candidats qui sont sur des petites voix comme ça, des voix qui ne portent pas. La musique qu'on entend derrière, c'est : "J'ai pas confiance en moi, mais si vous vouliez bien me donner le poste, ce serait bien.
" Voyez, bon, c'est pas très assuré. A contrario, vous avez des gens qui parlent de façon plus nette. Ils ont une voix qui est plus dans le torse, qui projette plus.
Alors ça veut pas dire qu'ils parlent fort, mais c'est une voix qui est articulée. Et aussi, les gens qui ont confiance en eux ne parlent pas trop vite. Souvent, les gens qui sont stressés ont tendance à vouloir parler un petit peu rapidement pour finir rapidement la présentation.
Non, faut prendre le temps, il faut se poser, faut faire des silences. La voix, c'est important. Il faut s'entraîner à avoir une voix, ces modulations, bien dans le torse, qui projette, qui envoie une image de confiance.
Deuxième élément de votre personnalité : c'est tout ce qui peut se rattacher à vos valeurs. C'est important, ça permet de découvrir qui est un candidat. Donc les valeurs, ça peut être par exemple : "Voilà, je suis attaché à la préservation du littoral" si vous travaillez dans l'urbanisme ou l'aménagement des territoires.
Ça peut être : "Je suis attaché à l'accès aux services publics dans les zones rurales. " Donc l'idée, c'est de trouver quelque chose. Alors, il faut qu'ils soient liés effectivement à vos fonctions, mais quelque chose d'assez personnel.
Donc, sur les valeurs. Troisième élément pour mettre en valeur votre personnalité : c'est votre culture générale, en particulier vos lectures, vos connaissances en géographie, en histoire. L'idée, un moment, c'est d'apporter une perspective, un angle.
Alors ça, c'est quelque chose qui est assez peu présent dans les échanges avec les jurys et qui peut vraiment démarquer un candidat. Par exemple, vous habitez en Alsace, vous savez comment sont gérées telle ou telle collectivité d'Allemagne. Vous amenez un comparatif.
Voyez le truc ? Ça va surprendre le jury, ça va l'intéresser. Donc ça, c'est une question à se poser : "Est-ce que je peux lire quelques ouvrages sur les évolutions historiques à long terme, sur la prospective ?
" Et c'est pour donner un moment cette couleur, cette prise de recul, de hauteur par rapport au poste que vous occuperez à l'avenir. Pour résumer sur la stratégie des cinq briques : à la base, votre présentation personnelle. Si vous faites quelque chose qui est vraiment très solide, le jury se dit : "Bon, oui, ça vaut une note de base.
" Si vous arrivez à gratter, bah, il paraît qu'elle vient. Vous grattez un, deux, trois, quatre points, et un moment vous arrivez à une note de 15-16. Donc stratégie des cinq briques.
Une peur importante chez beaucoup de candidats, c'est de ne pas savoir quoi répondre, d'être là : "Bon bah, je sais pas. " Être peu réactif : "Ben je sais pas, je vois pas. " Et puis on part sur des banalités.
Donc la stratégie du juke-box, c'est quoi ? C'est le fait de préparer des exemples, entre 5 et 10 exemples bien typés, qui seront des exemples différents de ceux que vous avez mis dans votre présentation personnelle. Alors je vais vous dire comment faire, à la fois si vous êtes confirmés et débutants.
Alors, sur quoi doivent porter vos exemples ? Dix pistes : une nouvelle organisation, une nouvelle compétence, un échec, une situation délicate, un conflit, une crise, un succès, un projet transverse, une initiative marquante, un gain en productivité. Alors prenons un exemple pour une question du style : "Avez-vous confiance en vous ?
" Donc on part du principe que le candidat a mis de côté des exemples, et dans son parcours, il y avait un temps fort : c'est qu'à un moment, il s'est retrouvé parachuté sur un service des permis de construire alors qu'il ne connaissait rien. Donc ça, c'est l'idée. Donc, "Avez-vous confiance en vous ?
" Voici l'exemple : "Quand je suis arrivé au service des permis de construire, c'était pour un remplacement. Je ne connaissais strictement rien aux permis de construire, vraiment zéro, et on était dans une période avec beaucoup d'activité. Donc j'ai, c'est vrai, eu un moment de doute.
Je me suis dit : 'Mais moi, tu vas. . .
tu vas faire quoi ? ' Et puis bah, je me suis documenté, j'ai demandé aux collègues, j'ai potassé de mon côté des ouvrages techniques sur les permis de construire. Et puis j'ai pu trouver ma place au sein de l'équipe et renseigner les usagers.
Pourquoi j'ai confiance en moi ? Dans le sens où là, face à une situation où je n'avais pas de repères, je me suis dit : 'Bah écoute, bosse et tu vas y arriver. '" Alors, pour les candidats sans expérience, comment utiliser cette technique du juke-box ?
Là, c'est plus compliqué, c'est vrai, mais c'est possible. Alors, de quoi est-ce qu'on va parler ? Des petits boulots, une pratique sportive, une activité associative, du bénévolat, une expérience de vie, par exemple le fait d'avoir vécu à l'étranger.
Donc découvrons maintenant comment répondre à cette question "Avez-vous confiance en vous ? " pour un débutant. Donc on pourrait imaginer un jeune qui a la vingtaine, qui par exemple aurait fait un stage dans une administration et qui aurait vraiment très très peu d'expérience professionnelle.
Donc, "Avez-vous confiance en vous ? " Écoutons un exemple : "L'été dernier, j'ai été pizzaïolo dans un camping. Donc c'était nouveau, je débutais dans la pizza, et je me suis vraiment très vite aperçu que c'était très difficile.
Le bruit, la chaleur, on était à deux, on devait sortir 150 pizzas en deux heures. C'était vraiment un rythme très soutenu. C'est vrai, j'ai eu un moment de doute.
Je me suis dit : "Mais tu vas pas y arriver, c'est trop rapide. " Mais c'est ma fierté, donc je me suis dit : "Non, pas laisser tomber. " Et donc j'ai vraiment axé sur la préparation.
Préparer cela d'avance, être prêt avant, faire les bons gestes, économiser les gestes. Et donc je vois, là j'ai pu sortir de belles pizzas. C'est un peu anecdotique, mais tout ça pour dire que j'aurais pu laisser tomber, mais non, je me suis dit : "Accroche-toi, tu vas y arriver.
" Donc oui, j'ai confiance en moi. Parlons clairement : quand on est débutant, on n'a pas forcément des tonnes de choses à raconter. Donc on va se servir de ce qu'on a fait, on va le tirer au maximum.
Alors, votre oral approche et vous n'êtes pas totalement certain de votre truc sur votre présentation. Ou des éléments, les exemples n'ont peut-être pas assez de punch, pas assez d'impact. Est-ce que j'ai choisi les bons exemples ?
Sur les questions-réponses, vous avez pu vous préparer aux questions classiques : "Quelle est votre motivation ? " par exemple, mais vous n'êtes pas certain d'avoir une réponse vraiment percutante. Et puis sur les mises en situations, là c'est un petit peu le clou.
Alors qu'est-ce que je propose pour vous aider dans votre préparation ? Deux choses. Premièrement, le kit de préparation trio oral de concours.
Alors là-dedans, vous avez quoi ? Vous avez toute une préparation sur la présentation avec des modèles de présentation, des textes à trous. C'est très complet, ça vous permet de mettre en forme rapidement votre présentation.
Ensuite, vous avez le pack questions-réponses qui est inclus. Pas de questions-réponses avec des questions classiques par exemple "Comment vous voyez-vous dans cinq ans ? ", mais des choses également un peu plus tordues du style "Que ferez-vous si vous n'êtes pas reçu à ce concours ?
" Ça, c'est vraiment souvent pour les candidats une claque parce qu'ils découvrent ce qui est une bonne réponse. Dans un des audios d'ailleurs de ce programme, je fais à la fois les mauvaises et les bonnes réponses. C'est toujours très, très surprenant.
Et puis également, je travaille les mises en situation avec des exemples toujours un petit peu méchants, un petit peu agressifs. Et puis également donc des vidéos qui sont des vidéos complètement différentes des vidéos que je propose gratuitement sur YouTube. Donc ça, c'est le kit trio oral de concours.
Maintenant, si vous voulez aller sur les solutions de coaching, je propose des programmes avec deux sessions de coaching, trois sessions de coaching, et également parfois avec le dossier RAEP. Tous les liens sont dans la description. Je vous le disais tout à l'heure, aujourd'hui dans les concours de la fonction publique, par rapport aux présents aux écrits, il y a un candidat sur dix, voire un candidat sur 15 qui est reçu.
Avoir un coup de pouce, se faire aider, ce n'est pas forcément une mauvaise stratégie. Ben voilà, il me reste à vous souhaiter bonne chance pour l'oral de votre concours et à très bientôt !