Bon voilà la situation. Je fais du développement personnel depuis que j'ai 15 ans. Ça m'a énormément aidé à naviguer la vie et il y a 1 an, j'ai créé cette chaîne YouTube pour vous partager les trucs cools que j'apprends et essayer de contourner un peu toute la bullshit qu'on peut entendre.
Alors quand Pierre Ninet a annoncé le film Gour qui était censé dénoncer les dérives du dev perso, je me suis dit génial, on va pouvoir réfléchir un peu sur le sujet. D'autant plus que le personnage principal s'appelle Coach Mat. Mais au final, grosse déception, j'ai eu l'impression de voir un thriller sympa mais pas un film qui vraiment le dev perso.
Du coup, il y a une question qui m'est restée en tête. C'est quoi les vrais dangers et problèmes du dev ? Alors, j'ai mené l'enquête, j'ai lu, j'ai écouté, j'ai regardé des heures de contenu pour vous faire cette vidéo.
Je suis passé de David Laroche, expert en dev perso jusqu'à Julia Funesse ou Thierry Jobard, philosophe anti dev perso qui sont allés jusqu'à en écrire un livre. Et au final, j'ai identifié 10 dangers et problèmes qu'on va analyser ensemble dans cette vidéo. Mais juste avant ça, il y a un point qu'il faut qu'on clarifie.
Le développement personnel, c'est un fourtout. Le dev perso, comme son nom l'indique, c'est se développer personnellement. En gros, c'est améliorer la qualité de sa vie, de sa santé, de sa pensée.
C'est devenir plus libre, plus en paix et plus épanoui. Déjà, ça donne beaucoup de liberté pour fourer absolument tout et n'importe quoi dans le dev perso. On y retrouve de la philosophie, de la psychologie, de la neuroscience, mais aussi de la spiritualité, de la religion, des conseils business, des gomuscu, du masculinisme, du féminisme et j'en passe.
Donc déjà, c'est assez compliqué de mettre le doigt précisément sur ce qu'on critique parce que quand on dit "J'aime pas le devo," en général on parle d'un aspect plutôt niche du devo, de son côté extrême ou sectaire ou capitaliste. Moi aussi, j'aime pas le devo. Et presque tous ceux qui font du dev te diront qu'ils aiment pas le devo.
J'adore le dev et je l'aime pas. Donc souvent ce qu'on critique c'est pas l'intention du dev perso qui est noble qui a pour but d'améliorer la qualité de sa vie mais plutôt le dev perso dans la forme qu'il a prise. Une forme qu'on pourrait qualifier clairement d'industriel.
Donc c'est ça qu'on n'aime pas en fait c'est pas le dev perso, c'est le dev perso industriel. Et c'est à partir de là que les dangers apparaissent et c'est précisément ce qu'on va voir dans cette vidéo. Premier danger, l'excès de positivité et la culpabilisation.
Le premier piège du dev perso industriel, c'est qu'il devient dangereux quand il nous fait croire qu'il faut toujours aller bien, toujours être positif, toujours vibrer haut. Cette injonction à toujours penser positivement peut vite se retourner en fuite de la réalité. À force de chercher le positif partout, on développe inconsciemment le déni positif.
On fuit sans le savoir tout ce qui pourrait être négatif dans notre vie. Oh non, quelqu'un m'est rentré dedans, ça sert à rien de s'énerver, il faut rester positif. Oh non, il m'a fait un truc inacceptable, c'est pas grave, il devait être de mauvaise humeur.
Oh non, il s'est moqué de moi, il a peut-être pas fait exprès. Et je suis moi-même plutôt partisan du fait de voir la vie du bon côté. Sauf qu'il y a une nuance.
Il y a une différence entre voir la vie du bon côté et enfouir tout ce qui ne va pas dans notre sens. Dans l'exemple de la moquerie juste avant, cette pensée positive, elle devient l'obstacle même de la résolution du problème parce qu'on essaie de tout atténuer plutôt que de plonger dans le négatif pour le résoudre. En gros, on met du déodorant sur de la merde plutôt que de vraiment s'en occuper.
Sauf que le négatif a une fonction. Les émotions négatives sont là pour une raison. La douleur et la souffrance ont une utilité.
Et à force de poursuivre le plaisir, le bien-être et la positivité, on perd les avantages des choses et des émotions négatives qui auraient pu nous servir. Rajouter à ça le fait que cette positivité et ce bien-être permanent ont tendance à nous mener à une énorme culpabilité parce que on est littéralement en train d'ignorer notre condition d'être humain. On pense qu'on fait du dev et donc on est obligé d'être heureux tout le temps.
Sauf que les êtres humains ont des émotions. Parfois on est content, parfois on est misérable et on sait même pas pourquoi. Donc dans les moments où on se sent mal, on va culpabiliser parce que on aura appris que c'est pas normal de ne pas être au top.
On va rentrer dans un cercle vicieux dans lequel on se sent mal, on culpabilise de se sentir mal, on culpabilise de culpabiliser de se sentir mal et ainsi de suite. Et cette boucle, elle se produit un peu à toutes les sauces à chaque fois que quelque chose se passe pas exactement comme prévu. Culpabilité de pas avoir fait assez aujourd'hui.
Culpabilité de pas avoir été assez heureux, de pas avoir assez bien réagi, de pas avoir été assez positif et cetera. Au final, toute cette positivité et ce bien-être permanent reviennent à essayer de garder sous l'eau un ballon de plage. On va pousser toujours vers le bas, on va tout faire pour garder en fuil négatif, mais il finira forcément par remonter à la surface au bout d'un moment.
Et je pense que ce passage de l'art subtil de s'en [ __ ] décrit très bien ce phénomène. Quand tu appuies sur pause 2 secondes pour réfléchir, tu t'aperçois que les conseil dont on te rebat les oreilles du matin au soir pour positiver et trouver le bonheur n'aboutissent en réalité qu'à te focaliser sur ce qui te manque. Paradoxalement, cette fixette sur le positif, sur ce qui est mieux, sur ce qui est supérieur ne sert qu'à te rappeler en boucle ce que tu n'es pas, ce que tu n'as pas, ce que tu aurais dû être, mais à échouer à devenir.
Quelqu'un de vraiment heureux n'éprouve pas le besoin de se planter devant une glace pour se répéter 50 fois je suis heureux. Il est point barre. Deuxième danger du def perso, la fameuse phrase je serai heureux quand ça c'est une des spécialités du dev perso industriel mais plus généralement aussi des réseaux sociaux et de la société actuelle.
On nous pousse à mettre notre épanouissement dans le futur et à le faire reposer sur l'accomplissement d'éléments extérieurs. Je serai heureux quand j'aurais perdu du poids, quand j'aurais gagné plus d'argent. C'est même une des promesses principales de tout développement personnel confondu.
Après avoir travaillé sur toi, tu seras plus libre et heureux. Après avoir réussi, tu trouveras enfin le bonheur. Une fois que tu seras la meilleure version de toi-même, tu pourras être satisfait.
Mais ça veut dire quoi tout ça ? La meilleure version de soi-même, c'est pas censé être un jeu infini qui évolue à chaque fois qu'on évolue aussi ? Est-ce que il y a un moment vraiment où on aura fini le jeu ?
Pareil pour la réussite. Est-ce que il y a un moment où on aura enfin réussi ? Est-ce que tu penses vraiment que Elon Musk a l'impression d'avoir réussi financièrement ?
Je sais pas pourquoi notre époque n'a jamais été autant évoluée et pourtant on a toujours la croyance que un événement va nous rendre heureux définitivement. On croit que ça y est, on va réussir, on va débloquer le bonheur, on va pouvoir tranquillement finir nos jours. On va être comme la phrase ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants mais ça c'est des phrases de dessins animés.
Alors je suis complètement d'accord avec le fait de chercher à s'améliorer, à se sentir mieux, à trouver plus de paix. Mais il faut contraster ça avec le fait que c'est un jeu infini et subjectif. C'est un horizon qui s'éloigne d'un pas à chaque fois qu'on en fait un.
Donc il faut aussi commencer à s'accepter comme on est aujourd'hui, à vivre un peu plus dans le présent et à apprécier le chemin. Autre danger du dev perso, ceux qui ne s'améliorent pas sont tous nuls. Ça, c'est un risque qui est revenu plusieurs fois dans les sondages que j'ai fait sur Instagram et sur la communauté.
J'ai même reçu un message très pertinent sur le sujet de la part d'une abonnée. Pour ma part, depuis que je suis intéressé à fond au dev perso, j'ai constaté que cela m'isole beaucoup. C'est une sorte d'élévation des consciences pour moi et de travail constant sur soi, mais ce n'est pas l'intérêt de mon entourage.
Et je dirais même que ça entraîne un manque de tolérance de ma part et une sorte de snobisme. Je ne prends pas les gens de haut mais c'est comme si je m'agaçais parce qu'ils restent dans leur plainte, dans leur négativité et quand on veut évoluer et changer nos vieux schémas, c'est pas porteur du tout. Ça c'est clairement un piège dans lequel je suis tombé pendant un moment.
C'est le piège de penser que parce qu'on fait du devo, tous ceux qui n'en font pas sont moins bien. Comme si on avait compris quelque chose que les autres n'avaient pas. On en vient à attacher notre valeur et celle des autres à notre niveau de développement personnel.
Et ça, ça crée une sorte de décalage avec les gens qui nous entourent parce qu'on se met à les juger, avoir leurs défauts de manière un peu plus lucide. ça sonne fort à nos oreilles quand il se plaignent ou alors qu'il montre des croyances limitantes qui vont nous paraître évidentes. Et il y a aussi un conseil qui revient très souvent dans le devar ton entourage s'il te tire pas vers le haut.
Et en vrai, si on réfléchit à cette phrase, on connaît tous des gens qui devraient se séparer de personnes toxiques qui les rabaissent constamment et les tirent vers le bas. Mais ce genre de conseil s'applique à une minorité de cas qui sont très toxiques. Et les gens qui tombent dans le de perso quand ils entendent ça, ils vont être tentés de renier tout leur entourage juste parce que eux se sont mis à lire et que leur entourage pas du tout.
Mais petit spoilers, non, tu n'es pas meilleur que les autres parce que tu lis ou tu regardes du dev perso. On prend tous des chemins différents, on est tous à des étapes différentes. Et ça se trouve l'étape dans laquelle tu fais du dev est une étape par laquelle la personne dont tu te moques n'a même pas besoin de passer.
Bref, danger suivant, l'individualisme à outrance. C'est une remarque qui a été beaucoup faite dans les contenus anti dev perso que j'ai regardé. Alors, je pense qu'elle est importante.
Une des conséquences du dev perso, c'est souvent qu'il porte l'attention sur l'individu plutôt que sur le collectif. c'est de faire passer pour un espèce de cheminement spirituel [musique] le fait de faire en sorte qu'un individu s'adapte à un monde qui est profondément malade. Il vous enseigne comment respirer dans un milieu toxique, comment [musique] rester positif alors que le monde est absurde.
Comment en fait devenir la meilleure version de soi-même là où tous les gens autour de nous ne font que souffrir ? [musique] En fait, ça rend l'individu fonctionnel. Et ce qui me gêne, c'est pas ce qui pas c'est pas parce qu'il parle de confiance, d'émotion, d'éveil, tout ça.
C'est pas du tout ça le [musique] problème. C'est qu'il le fait en retirant constamment toute lecture politique du monde. [musique] Et pourquoi est-ce qu'il faudrait absolument tout de suite accepter ce qui est en pensant que parce que je [musique] vais changer moi, le monde qui a autour de moi va aussi se mettre à changer.
C'est complètement absurde. C'est pas parce qu'une chose est bonne pour l'abeille qu'elle sera bonne pour la ruche. Et c'est même plutôt souvent l'inverse.
plutôt [musique] lorsqu'une chose est bonne pour la ruche que de suite ça devient bon pour l'abeille. En gros, le dev perso nous met la responsabilité sur absolument tout. On internalise n'importe quelle source de problème même quand parfois on en est pas du tout la cause.
On te dit que c'est ta responsabilité si tu es déprimé en burnout, que tu as des problèmes d'argent ou peu importe sans jamais prendre en compte le fait que c'est peut-être le système entier qui crée ses conséquences. En gros, on t'apprend à respirer dans un air toxique plutôt que de changer l'air. Et ça peut, si on dézoome, déresponsabiliser le système, le collectif et nous garder en bon citoyen qui ne dit rien parce qu'au final, s'il est malheureux, c'est de sa responsabilité.
On se rend compte que la pensée positive permet au capitalisme d'avoir des ouvriers qui ne se plaignent plus de leurs conditions en étant dans le déniur situation. Et je trouve l'argument trop intéressant. J'avais jamais pensé avant de faire des recherches et j'aimerais bien challenger ça en demandant est-ce que l'abeille n'a vraiment aucun impact sur la ruche ?
Je sais pas si vous êtes un peu informé sur le sujet, perso, j'ai vu quelques docul mais il y a un moment dans la vie de la ruche où elle doit changer d'emplacement et donc il y a plein d'abeilles qui vont aller scruter les environs à la recherche d'un nouvel emplacement et une abeille qui a trouvé un emplacement de fou va revenir à la ruche faire une danse et l'intensité de sa danse va représenter la qualité de l'emplacement. Plus elle danse bien et plus ça va influencer les autres abeilles autour qui vont croire en elle, se raller à sa cause et en gros l'abeille qui a le plus de succès va convaincre toutes les autres et ils vont la suivre pour ensuite faire migrer la ruche. Et donc je pense que l'abeille a un impact sur la ruche tout autant que ce qu'on peut avoir un impact sur le monde.
Je pense qu'il faut commencer par soi par se rendre adaptable, compétent, par développer son esprit critique pour ensuite pouvoir remettre en cause le système et avoir la force de l'impacter ou de le combattre. Donc ma take c'est que pour éviter ce danger, si tu fais du dev perso, le but c'est pas de devenir un mouton qui suit un mode d'emploi sans rien questionner autour, mais plutôt de travailler sur toi tout en remettant en question le monde, ta place dans le monde et l'impact que tu peux avoir. Danger suivant du dev perso industriel, quand on veut, on peut.
Juste avant qu'on parle de ce point, j'aimerais te demander une faveur 30 secondes. Le but de la chaîne, c'est de redéfinir le dev plus concret, plus applicable et d'éviter le plus possible tous ces dangers. Pas en donnant un mode d'emploi tout fait avec des solutions rapides, mais plutôt en se basant sur les principes, sur la nuance et sur l'esprit critique.
L'esprit critique, [rires] si ça raisonne avec toi, ça me soutiendrait de fou que tu prennes 3 secondes pour cliquer sur le bouton s'abonner juste en dessous. C'est gratuit et ça m'aide énormément à continuer sur tous les points. Alors merci beaucoup.
Donc danger numéro 5, quand on veut, on peut. Encore un danger qui peut mener à une grande culpabilité et une grande déprime selon les retours que j'ai lu. En gros, la croyance que tout est possible n'est pas tout à fait exact.
Pareil pour la phrase quand on veut, on peut. Parfois, peu importe les efforts que tu vas mettre, peu importe le temps et l'énergie que tu vas passer, peut-être que tu vas pas réussir. La réussite de ce que tu veux atteindre n'est jamais garanti parce qu'il s'agit d'une question de travail et de volonté certes, mais pas que.
Il y a encore une fois une infinité de facteurs externes qui peuvent influencer tes résultats et te garantir l'échec. Et ces facteurs externes, ça peut être le système dans lequel on est, mais aussi ton éducation, ton passé, ta génétique et cetera. Donc les phrases tout est possible ou quand on veut, on peut.
Comme le dit David L, c'est un peu une exagération à l'américaine qui est censée nous motiver et nous aider à croire au changement. Mais en gros, la formulation la plus fortifiante, c'est que oui, tout n'est pas possible. Je peux pas devenir basketteur pro, même si je donne tout ce que j'ai, mais il faut commencer par y croire pour changer quoi que ce soit.
Donc la phrase "Quand on veut on peut". Elle est pas là pour culpabiliser et pour t'humilier quand tu n'y arrives pas. Elle est là pour t'aider à commencer à y croire.
Donc elle a son utilité, mais je comprends aussi qu'elle puisse avoir un impact négatif, surtout quand c'est quelqu'un comme moi par exemple qui complètement libre de mon emploi du temps, qui a pas d'enfant, qui a pas d'obligation et qui va dire "Ah ouais, tu as pas le temps d'aller faire ton sport tous les jours, mais frérot, quand on veut, on peut. " Bah non, ça marche pas comme ça. Ensuite, danger numéro 6, la dépersonnalisation.
Ça c'est un sujet qu'aborde beaucoup Juliette Funess, philosophe et auteur du livre Développement impersonnel. Regardez, vous ouvrez un ouvrage de développement personnel, quel qu'il soit vous, ce cet ouvrage s'adresse à votre petit mois comme à des millions d'autres, comme à des milliers d'autres. Donc, comment voulez-vous être vous-même, être authentique en suivant les recettes comportementales ou les outils qu'on apporte à des milliers d'autres personnes ?
Ça veut bien dire que c'est une recette comportementale, qu'on essaie d'homogénéiser votre façon d'être, votre bien-être et cetera. Deuxièmement, ça veut dire que il y a rien de plus dépersonnalisant que le développement personnel puisque encore une fois, on s'adresse à vous comme à des milliers d'autres personnes. En gros, cette dépersonnalisation, elle se base sur l'idée que ce qui marche pour certains ne marchera pas forcément avec toi.
Les gens qui te disent ou moi-même quand je te dis pour être plus productif, il faut se lever tôt et avancer sur ses projets. Pour tenir ses habitudes, il faut tracker sa progression. Généralement, j'essaie d'éviter les IFO, mais tu entendras forcément des astuces qui ont fonctionné avec certains et qui ne s'appliqueront pas du tout à ta situation.
Les astuces que tu entends ou que tu lis sont données par des gens qui ne connaissent rien de toi, de ton histoire et de ta façon de fonctionner. Donc ça peut être tentant d'appliquer le conseil de David Gogins qui te dit "Arrête d'être faible et commence à te lever à 4h du matin. " Mais il y a aussi la réalité de la situation à prendre en compte et il faut trouver l'esprit critique et la remise en question nécessaire avant de tout appliquer.
En gros, développement personnel, ça veut dire qu'il faut adapter tout ça à ta situation. Tout sera pas toujours fait pour toi. Il faut piocher ce qui t'intéresse et en faire ton propre cocktail unique pour rester justement cohérent avec qui tu es.
Et pour rester sur les critiques de Juliette Funess, on a le danger numéro 7, s'enfermer dans une prison dorée. Et parfois, c'est même liberticide parce que euh le développement personnel se part de l'authenticité, de l'émancipation, du devenir soi euh et qu'elle empêche par les kits comportementaux qu'elle impose qui l'impose. Ce qu'elle veut dire par là, c'est que le dev perso met parfois en danger la liberté de celui ou celle qui le pratique parce qu'en te disant comment penser et quoi faire pour aller mieux, au lieu de te libérer de tes troubles, il te dépla juste dans une nouvelle forme d'emprisonnement.
Au lieu d'être prisonnier de ta déprime et des problématiques auxquelles tu fais face, bah le dev et il va te proposer différentes pratiques qui vont juste t'enfermer dans une autre sorte de prison qui est un peu plus jolie et un peu plus attrayante. Et c'est un piège dans lequel je suis tombé. Et c'est vrai qu'il y a un truc à garder en tête, c'est que le but final du dev perso, c'est de te libérer, de t'apporter plus de paix et d'épanouissement, pas de te prendre la tête et de t'emprisonner dans des routines et des restrictions.
Ça m'était arrivé d'ailleurs avec mon rapport à l'alcool, je me suis toujours considéré comme quelqu'un qui boit pas, pas par devo, mais juste parce que j'aimais pas ça et je comprenais pas le concept. Du coup, toutes les soirées que j'ai faites, j'ai été un peu exclu parce que j'étais le seul mec pas drôle qui avait de l'Ity dans son verre pendant les jeux d'alcool. Et il y a une soirée où ça m'a pris et j'ai eu envie de boire et la première pensée qui m'est venue, c'est bah non, tu bois pas toi.
Et je me suis dit mais mais nique sa mère en fait si je fais ça à la base c'est pour me rendre plus libre. Si je bois pas c'est parce que ça m'intéresse pas et que j'en ai pas envie. C'est pas pour m'emprisonner.
Alors ce jour-là, je me suis autorisé à boire et ça a fait un peu un déclic dans mon état d'esprit et depuis je suis devenu alcoolier. Non, je déconne. Mais en gros, ça m'a autorisé à sortir du cadre que je me suis toujours imposé.
Et c'est ça au final la liberté, c'est d'avoir un cadre qui te maintient dans la trajectoire alignée avec tes valeurs et tes ambitions, mais aussi de pouvoir t'autoriser à sortir de ce cadre quand tu ressens l'envie. Parce que c'est ça la vraie liberté. Donc quand tu cherches à avoir une routine matinale parfaite, à cocher ton trackur tous les jours, à refuser des sorties parce que tu dois absolument te coucher tôt, est-ce que tu fais ça parce que ça te rend plus épanoui ou est-ce que tu fais ça parce que tu es prisonnier de ton optimisation ?
Si tu n'apprécies pas la vie de plus en plus, qu'est-ce que tu es en train d'améliorer au juste ? Danger suivant, le dev perso est rempli de paradoxes et de nuances. Ça rejoint pas mal le point précédent, mais la vie n'est pas noire ou blanche.
Elle est ultra complexe quelque part dans le gris. Et je sais même pas si on pourrait dire qu'elle est dans le gris tellement elle est complexe. Et ça mène à plein de paradoxes comme celui qu'on vient de voir il y a juste 30 secondes.
Il faut avoir un cadre mais il faut être capable d'en sortir de temps en temps. Ou alors un autre paradoxe qui fait partie des plus connus. Travail dur et des objectifs mais apprécie qui tu es aujourd'hui et que tu n'as besoin de rien de plus pour être heureux.
On pourrait dire que dans ce paradoxe, travail dur, c'est la face blanche et ville le moment présent, c'est la face noire. Et chacune de ces deux faces a raison. Et il y a des gens qui vont te marteler qu'une seule face en te disant que c'est ça la solution.
Si tu es pas heureux, c'est parce que tu travailles pas assez dur. Non, si tu es pas heureux, c'est parce que tu vis pas dans le présent. Et la difficulté, c'est qu'il y a beaucoup de contenu sans nuance et sans le contexte dans lequel il faut l'appliquer.
Parfois, c'est fait intentionnellement pour choquer, pour polariser et pour manipuler. Mais parfois, c'est juste parce que c'est un short de 15 secondes ou parce que ça prendrait 1 heure d'expliquer le contexte précis. Donc le même conseil peut être ultra bénéfique à quelqu'un et ultra nocif pour une autre personne.
Par exemple, si tu es un entrepreneur qui se tue au travail et qui oublie tout le reste et que tu vois une vidéo de David Gogins qui te dit "Arrête d'être faible, travaille plus dur", tu vas juste amplifier ton burnout. Alors qu'à l'inverse, si tu entends le même conseil pendant que tu es sur ton canapé depuis 3 jours à scroller, bah peut-être que c'est cette même phrase qui va te faire un déclic et va changer ta vie. Donc c'est un sujet trop complexe pour l'aborder entièrement dans cette vidéo, mais on en revient encore une fois au fait de faire preuve d'esprit critique, de pas toujours tout écouter comme un mouton et de se demander est-ce que ça s'applique vraiment à ma situation ?
Est-ce que c'est de ça dont ma vie a besoin en ce moment ? Numéro 9, le dev perso esthétique et la consommation passive. Encore un des pièges du dev perso, c'est de tomber dans la consommation passive du contenu, dans la masturbation intellectuelle comme on dit dans le jargon.
En fait, il y a quelque chose de satisfaisant et d'excitant dans le fait d'apprendre des nouvelles choses. Quand on entend une information qui change notre paradigme, donc notre façon de voir la vie, on a l'impression d'avoir débloqué un truc et on veut reproduire cette sensation encore et encore. Rajouter à ça le désir un peu égotique d'en savoir plus que les autres, de devenir plus intelligent, on a envie d'écouter toujours plus de contenu.
Et en anglais, ils ont une expression pas mal pour ça. Ils appellent ça un junky du dev perso. C'est quelqu'un qui va consommer énormément de contenu, de vidéos, de podcast, de livres, qui va connaître chaque mouvement, chaque nuance, mais qui va jamais agir sur ce qui sait.
Il va rester dans son confort et dans son illusion de changement. Et au final, ça mène à une giga déprime parce que le contraste se creuse de plus en plus entre le niveau de connaissance de la personne et son niveau de résultat. Et pour ceux qui sont un peu familiers avec mes vidéos, c'est ce qui m'est arrivé pendant une bonne partie de mon aventure dans le death perso.
Alors oui, je suis déjà tombé dans tous les pièges de cette vidéo. Je bingewa watchchais du contenu encore et encore. Je me renseignais sur le fait de développer sa chaîne YouTube et j'en arrivais à regarder des vidéos du style "Comment passer de 100000 abonnés à 1 million d'abonnés.
" Sauf que j'avais même pas encore créé de chaîne. J'utilisais tout ça comme une justification pour ne pas commencer à agir. Au final, j'étais juste en train de procrastiner et d'avoir peur.
Sauf qu'au lieu d'être une procrastination évidente comme quand tu scrolles ou que tu regardes Netflix, là c'était une procrastination cachée qui donnait l'impression que j'étais en train d'avancer. Donc il y a des fois où il faut réussir à arrêter de consommer et passer dans la production de choses dans la vraie vie. Faut matérialiser toutes ces connaissances.
Et on pourrait rajouter à ça d'ailleurs le fait qu'une bonne partie du dev perso industriel n'est pas forcément là pour te faire agir et t'aider à changer ta situation, mais plutôt pour te faire rester sur leur contenu, consommer encore et encore et ensuite acheter leurs produits. Mais bon, ça c'est encore un notre problème et c'est d'ailleurs notre dernier danger. Numéro 10, le business du dev perso.
Bon, il y a beaucoup de choses à dire. Ça mériterait d'y dédier à un podcast de plusieurs heures. Alors, je vais essayer de rester au plus simple.
Il y a énormément de dérives qui proviennent du fait que le dev perso est devenu une industrie très lucrative et ça a mené à plusieurs problèmes qui sont pas forcément liés qu' dev perso mais qui font plutôt partie des symptômes du capitalisme en général. Et ça pour le coup, on l'a pas mal retrouvé dans le film Gour. Premièrement, on transforme des problèmes humains en produits à vendre.
En gros, tous les produits ou services partent d'un mal-être. Perte de sens, déprime, anxiété, manque de confiance. Mais parfois au lieu d'aider à les résoudre, on pousse à juste consommer plus un peu à l'image de l'industrie pharmaceutique.
C'est là que ton mal-être devient un marché et la solution se trouvera toujours à l'extérieur. Un livre de plus, une formation de plus, un coaching de plus, un séminaire de plus. Donc les plus mal intentionnés n'ont pas intérêt à ce que tu ailles mieux puisque si tu vas mieux, tuachèteras plus rien.
C'est comme ça qu'on devient dépendant d'un système qui était là à la base pour nous aider. Deuxièmement, on vend des solutions rapides à des problèmes profonds. L'industrialisation de tout ça pousse à utiliser du marketing et le degré de marketing est défini par les gens les plus agressifs.
En gros, si des gens malhonnêtes font des promesses de fou, les gens normaux vont devoir s'aligner à ces promesses pour vendre eux aussi. Et ça donne un système qui part complètement en couille, rempli de promesses intenables et complètement illusoires. Et c'est souvent un des plus gros piliers qui nourrit la sensation d'arnaque du dev perso.
C'est un décalage entre les promesses qui sont faites et les résultats réels. Parce qu'on nous promet de changer nos vies en 30 jours, de devenir discipliné sans effort, d'aller mieux en cette étape. Sauf que n'importe quel changement est lent, inconfortable et douloureux.
Troisièmement, tout devient une performance. Il y a qu'à ouvrir les réseaux sociaux pour voir ça, mais n'importe quelle mesure devient une source de comparaison. C'est la compétition à celui qui a le plus de discipline, qui gagne le plus par mois, qui a la plus longue routine matinale, qui a le meilleur indicateur de sommeil ou qui a couru le plus de kilomètres cette semaine.
C'est encore une fois la course au toujours plus et souvent sur des métriques qui n'ont aucune raison d'être des performances comparables et ça pousse à ne plus se développer pour soi, mais à se développer pour avoir la validation des autres. Et c'est vrai que j'en ai pas parlé, mais c'est vraiment de plus en plus commun de voir des gens qui font tout ce cheminement uniquement pour prouver quelque chose aux autres, pour être vu, pour avoir de l'ura ou pour avoir un certain statut. Et quatrièmement, comme ça a été montré dans Gourou, tout le monde peut devenir coach.
Il y a qu'à regarder les bio Instagram des gens. La moitié d'Instagram a une bio qui dit "J'aide les gens à". Et si c'est ton cas, ça fait pas de toi un mauvais ou une mauvaise coach.
C'est juste qu'il y a plus aucun moyen en fait de différencier les gens légitimes des gens pas légitimes. Et je sais pas non plus honnêtement si le diplôme est la solution parce que il y a des gens sans diplôme qui vont être 100 fois plus cométes. Bref, cette vidéo commence déjà à être bien dense.
Je te mets le recap des 10 dangers qu'on a abordé à l'écran si tu veux mettre sur pause. Je suis trop refait d'avoir fait cette vidéo. J'ai énormément appris sur le dev et sur ses limites.
Et je pense qu'en ayant tout ça en tête, on peut vraiment se concentrer sur des solutions qui évitent le plus possible tous ces dangers et on peut réussir à proposer un dev plus sain. Je pense que tout ça peut aider ceux qui font du dev tourner vers un modèle moins industriel et ça donne aussi une solution à ceux qui aiment pas le dev perso en essayant de trouver du contenu qui se concentre plus sur l'intention que sur la forme capitalisée industrielle. C'est ce que j'essaie de faire au mieux avec cette chaîne.
J'espère avoir rempli ma mission jusque-l. En tout cas, merci de m'avoir accordé ton temps. J'espère vraiment que tout ça a pu éclairer un peu ta lanterne.
Pense à cliquer sur le bouton s'abonner juste en dessous. Ça soutient énormément mon travail. Merci beaucoup à tous ceux qui l'ont déjà fait et tous ceux qui vont le faire et on se dit à la semaine prochaine pour une nouvelle vidéo.