[Musique] alors je commencerai par une citation que l'on attribue au philosophes Héraclite au 6e siècle déjà avant notre ère la santé de l'homme et le reflet de la santé de la terre puis une seconde de Jean d'Alembert dans une lettre qu'il a écrit à Jean-Jacques Rousseau la morale est comme la médecine beaucoup plus sûr dans ce qu'elle a fait pour prévenir les mots que dans cesquels tentent pour les guérir alors l'idée ça va pas être de faire l'exégèse de ces citations mais d'introduire notre discussion d'aujourd'hui autour de la santé de demain que l'on va décliner
autour de trois axes donc la santé préventive la santé intégrative et la santé planétaire et pour ce faire nous avons le privilège aujourd'hui d'accueillir trois intervenants donc David Bowell docteur en pharmacie et toxicologue clinicien au CHU de Nantes et référant de l'axe santé environnement à la faculté de Nantes bonjour Véronique mondain infectiologue au CHU de Nice et actrice majeure du développement de la médecine intégrative au CHU à la faculté de Nice et enfin Raphaël Weill médecin en santé publique tes doctorant en économie de la santé cofondateur des ateliers mercure et dans un groupe qui est
un groupe de réflexion pluridisciplinaire qui s'intéresse particulièrement aux évolutions du système de santé français commençons de suite par un constat le secteur de la santé est un secteur prédominant 11% du PIB en France 9% de l'emploi en France et pourtant il souffre de quelques pathologies que nous avons identifié et que nous voudrions lister rapidement premièrement une part augmentante des pathologies chroniques dans les dépenses de la santé ça se reflète dans les postes de santé aujourd'hui en 2022 62% des dépenses de la santé proviennent des pathologies chroniques et ce chiffre ne va faire qu'augmenter du fait
des perspectives démographiques avec le vieillissement de la population qui va de fait faire augmenter la part des pathologies chroniques deuxièmement une crise vous l'avez vu tout au long du module environnemental auquel le système de la santé participe selon une étude récente faite par le signe tente the shift project si ça 8% des émissions carbonées du pays proviennent du secteur de la santé et de plus les pathologies résultant du changement climatique vont être donc en augmentation et donc le secteur le secteur de la santé va devoir répondre à cela mais il n'est peut-être pas encore prêt
après donc ce constat quelques définitions qui nous paraissent nécessaires ouais donc avant de commencer à discuter je pense que c'est important de définir les termes et je vais peut-être laisser la parole à Raphaël moi j'ai trouvé une définition de la médecine dans le Larousse donc ça ça permettra de rebondir dessus l'ensemble des connaissances scientifiques et des moyens de tous ordres mis en oeuvre pour la prévention la guérison ou le soulagement des maladies blessures ou infirmité donc est-ce que tu as quelque chose à dire là-dessus et sur le une définition peut-être plus globale de la santé
en général merci merci pour cette invitation pour les définitions que je connaissais pas cette définition de la médecine mais elle me convient parfaitement en général dans les cours que j'ai l'occasion de donner les premières définitions et distinctions que j'essaie de mettre en avant c'est celle entre la santé et le soin souvent on parle d'un système de santé et en fait on se rend compte qu'on est très proche d'un système de soins essentiellement c'est le cas en France mais c'est le cas dans beaucoup d'autres pays avec la distinction qui est la suivante le soin c'est ce
qu'on sait les actions qu'on met en oeuvre pour restaurer la santé des individus lorsqu'elle peut être altérée par la maladie sauf que quand on prend la définition OMS de la santé c'est un état complet de bien-être social physique et mental je devrais le savoir donc un état complet de bien-être physique centrale et mental et social et cette définition et donc un peu proposer enfin s'oppose à la notion de soins qui s'occupe de traiter des maladies et donc pour la définition de de la santé un système de santé il s'intéresserait également à la préservation de la
santé par notamment ce qu'on appelle la prévention et la promotion de la santé qui sont de deux aspects un peu distincts de tout ce qu'on peut faire en amont de la maladie pour éviter son apparition par rapport aux différents déterminants qu'on a identifié j'ai l'impression que dans dans le titre de la Table Ronde on a à peu près les différents axes de santé qui permettraient de d'y répondre donc on a la santé préventive la santé planétaire intégrative on va essayer de définir aussi ces termes si vous voulez rebondir sur les différentes définitions alors effectivement il
y a deux façons de voir les choses et à la santé intégrative c'est-à-dire comment préserver la santé par rapport aux déterminant de santé dont on vient de parler Raphaël et puis il y a la médecine intégrative c'est comment la médecine se permet aussi de proposer des niveaux d'intégration au moment où le patient a une maladie et alors la définition de la médecine intégrative elle peut reposer sur plusieurs niveaux d'intégration donc le niveau qu'on connaît le plus facilement le plus classique c'est comment associer notre médecine qu'on appelle aujourd'hui conventionnelle celle qu'on apprend tous dans nos facultés
qui est quand même de pointes et extrêmement efficace notamment dans l'aigus et dans les choses un petit peu voilà dans l'aiguille essentiellement à des approches qu'on appelle aujourd'hui plutôt intervention non médicamenteuse qui effectivement sont différentes qui reposent essentiellement sur les grands principes d'hygiène de vie ou de déterminant de santé dont à parler à Raphaël et par exemple c'est l'alimentation c'est l'activité physique c'est le lien avec la nature c'est le lien avec l'autre et ce sont vraiment des choses très très importantes et c'est donc un premier niveau d'intégration le médecin doit se rendre compte que c'est
quelque chose qui en lien avec la santé de son patient le deuxième niveau de l'intégration c'est qu'on est plus sur une intégration uniquement par exemple si quelqu'un est malade la considération d'un organe malade mais on va s'intéresser à un patient on va s'intéresser à une personne on parle d'un système qui n'est plus centré sur une maladie mais sur un patient dans tous ces caractéristiques biopsychosociales c'est-à-dire qu'on essaye aussi de faire le lien entre le corps et l'esprit et tous ces éléments là ça c'est vraiment les définitions classiques puis moi j'aime bien apporter trois autres va
deux autres niveaux 3e et 4e alors c'est peut-être mon passé enfin travail d'infectiologue qui fait que je suis particulièrement sensible au niveau ce ne soit pas individuel mais collectif de l'intégration dans le cadre du wannels c'est-à-dire comment notre santé humaine elle est en lien aussi avec la santé des animaux et avec la santé environnementale et là on retrouve un certain nombre d'éléments que tu as cité et on a des exemples très récents qui sont pas particulièrement parlants à la covid la résistance aux antibiotiques si vous voulez on pourra en dire un mot il y a
plein d'éléments comme ça qui illustrent parfaitement ce que c'est que ce One S et le quatrième niveau c'est celui de l'intégration des limites planétaires parce qu'aujourd'hui on est dans un système de soins tu l'as dit marine qui consomme beaucoup de ressources est-ce qu'on va arriver encore à soigner avec les mêmes ressources alors qu'il y a de plus en plus de patients de moins en moins de médecins et des difficultés à obtenir des ressources les médicaments sont issus du carbone sont issus du pétrole donc il faut vraiment s'interroger sur ces limites planétaires et comment on peut
soigner en diminuant les ressources donc voilà un peu les quatre niveaux d'intégration je crois que la médecine intégrative répond parfaitement à ces quatre niveaux je rebondis mais je pense qu'on va le redire un peu au fur de la fur et à mesure de la Table Ronde parce ce qui est intéressant de remarquer c'est que dans la médecine intégrative on est moins consommateur carbone et donc on est un actif un espèce de cercle vertueux ou on peut à terme diminuer les maladies chroniques en même temps moins consommer et je pense que pour la médecine préventive c'est
aussi la même chose c'est à dire essayer de d'anticiper en amont pour avoir des doubles effet bénéfiques par rapport à cette médecine préventive son intérêt aussi c'est qu'elle cette médecine intégrative c'est qu'elle redonne au patients tout son pouvoir d'auto guérison que quelquefois on oublie un peu dans d'autres médecines classiques c'est-à-dire qu'on applique des protocoles standardisés à tout le monde et comme dit la phrase un One Fitz all c'est pas tout à fait la vérité donc il faut vraiment replacer la singularité du patient dans nos approches et je pense qu'ils sont très contents de retrouver ce
cette autonomie ce pouvoir de choix de décision donc ça c'est vraiment quelque chose de très important en revanche il faut pas se cacher que ça peut être aussi tout un domaine où il y a énormément de flou et notamment de flou dans notre pays parce qu'il y a des tas de pays qui ont déjà mis en lien à cette médecine dites non conventionnelle ou des interventions non médicamenteuses avec la médecine conventionnelle et donc il y a sûrement un gros travail à faire pour être pour insister sur le fait qu'il ne faut utiliser que des pratiques
validées scientifiquement reconnues voilà ça c'est très important garder la sécurité pour nos patients la transparence et voilà le fait qu'on fasse des choses qui leur fasse toujours du bien j'abonde dans ton sens et surtout je trouve ça très salutaire la distinction que tu fais entre bien-être et santé parce qu'on voit que via cette porte très intéressante de la médecine intégrative que je connais peu il y a un certain entrisme de la part de on va dire du business du bien-être qui est beaucoup moins sur valider scientifiquement avec une d'un pas de validation scientifique et donc
c'est vraiment important de faire cette distinction on est bien sûr de la santé avec de l'efficacité et de la sécurité qui sont reconnus sur le plan scientifique qui relève de pratique on va dire peu conventionnelle mais qui ne sont pas pour autant des choses totalement ésotériques et sans validation scientifique donc il faut bien faire la distinction entre les deux parce que il y a par ailleurs un autre risque très fort de la part de ces industries parce que c'en est de l'économie du bien-être en fait je reviens à quelque chose qu'on a abordé tout à
l'heure mais j'ai un système un petit peu là dessus parce que vous avez vu qu'on a parlé tout le temps d'intégration c'est à dire d'intégratif je voulais assister sur le fait des mots parce que c'est important dans le vocabulaire un peu de tous les jours les médecines dont on parle sont quelquefois qualifiées d'alternative et ça je voudrais que ce soit un mot qu'on oublie il n'est pas approprié on ne peut pas alterner on peut éventuellement dans le cadre de la préservation de sa santé utilisé juste ces approches là on va bien tout va bien donc
il n'y a pas besoin d'utiliser des médicaments mais dès qu'on est malade bien évidemment qu'on est dans le l'intégration et l'alternative ne se fait que quand effectivement comme tu le disais quelquefois on n'a pas accès et là c'est compliqué il faut vraiment voilà donc c'est vraiment un mot qu'il faut essayer de ne pas utiliser de s'en méfier totalement il faut rester sur intégratif Véronique a dit quelque chose de très intéressant c'est à dire recentrer la médecine sur le patient et ça passe probablement par l'interrogatoire du patient qui aujourd'hui en consultation de 30 minutes doit être
fait on va pas se mentir rapidement et David je crois qu'à Nantes vous allez développer une façon de faire l'interrogatoire qui est plus poussée parce que tu peux nous en dire un peu plus oui alors maintenant on est en cours de développement de cette interrogatoire donc c'est effectivement une réflexion forte qu'on a au sein du CHU c'est à dire que par les expériences passées on se rend compte souvent que l'interrogatoire se limite dans les comptes-rendus à l'hôpital à quelques informations telles que la consommation de tabac la consommation d'alcool c'est relativement limité et en fait on
sait qu'il y a énormément d'éléments qui apporteraient à la fois en termes de d'étiologie par rapport aux pathologies auxquelles le médecin va être confronté face à son patient et donc il faut connaître tous ces tous ces éléments de vie qu'ils soient à la fois du côté professionnel et ça les médecins du travail ont déjà cette culture depuis longtemps mais également du côté personnel et donc il faut vraiment avoir un interrogatoire qui va aller dans une direction qu'on appelle un mot un peu barbare qui est l'exposé mais effectivement mais qui est cette notion vraiment de prendre
la personne dans sa globalité comme l'indiqué Véronique et donc sa globalité c'est c'est sa vie au quotidien et c'est à la fois son environnement qui est subi et donc à l'intérieur on peut retrouver la pollution lorsqu'on habite en ville notamment aux particules fines on peut retrouver une exposition à des pesticides quand on est plutôt en milieu rural et puis on subit également le climat on en parle beaucoup aujourd'hui donc ça c'est des éléments plutôt subis sur lesquels on peut avoir des interventions mais qui sont quand même des interventions plutôt je dirais des actions publiques et
puis il y a il y a également tous les éléments qui sont plutôt sur le comportement individuel c'est plutôt cela qu'on connaît au départ sur le tabac l'alcool notamment mais aujourd'hui on insiste aussi énormément sur les aspects alimentation et donc et puis aussi toute l'utilisation que l'on peut avoir au domicile des produits ménagers des cosmétiques donc on essaye de balayer de manière un peu plus large comment la personne vit et quels sont les potentiels expositions sur lesquels on pourrait avoir des actions pour essayer d'aller vers un exposome plus favorable donc il y a vraiment ces
deux aspects qui sont laides je dirais au diagnostic complet et puis derrière il y a un intérêt en termes de Médecine préventive et de pouvoir anticiper certains risques qui pourraient conduire à d'éventuelles pathologies donc j'allais dire que finalement les deux types de médecine intégrative et préventives là dans ce dans cet interrogatoire elles sont toutes les deux liées c'est à dire que à la fois on va interroger de manière intégrative systémique tout ce qui se passe autour du patient donc on voir aussi le traité selon les différents besoins et en même temps on peut agir de
manière préventive en amont de ses besoins tout à fait peut-être même lié aussi avec le planétaire quoi avec une échelle encore plus grande et environnementale quand elle ajoute j'aime beaucoup cet ajout de définition dans la médecine intégrative parce qu'on voit bien que la définition de départ elle part encore vraiment dans l'acte de dans l'acte thérapeutique et finalement en rajoutant ces strates on va vraiment dans une véritable intégration beaucoup plus large et effectivement la prévention elle a toute sa part justement sur la prévention Raphaël est-ce que tu peux nous parler un peu de comment comment et
gouverner la partie santé préventive aujourd'hui qui dirige un peu les choses quelles sont les acteurs et comment on peut faire pour bouger un peu les choses c'est intéressant qu'on parle de médecine préventive parce que ça montre bien la vision qu'on a de la prévention en France en fait quand on parle de prévention dans le langage courant on s'intéresse à toute chose qui permet de prévenir quelque chose d'empêcher quelque chose de survenir en fait en médecine quand on parle de prévention on parle de médecine préventive comme vous le faites c'est à dire classiquement de tout ce
qui est un acte fait par un soignant et qui permet d'éviter une maladie mais centrée sur un individu ce qui n'est pas inclut là-dedans ça va être des dimensions plutôt collectives ou de politique publique qui relève plus de la promotion de la santé donc ça c'est une première chose la promotion de la santé aujourd'hui c'est un truc qu'on fait un petit peu dans le cadre par exemple de campagne d'information d'éducation à la santé mais en fait ça regroupe aussi beaucoup d'autres aspects notamment toutes les questions de l'itération santé de santé communautaire un concept un peu
plus récent et peut-être assez difficile à rendre opérationnel mais qui me paraît quand même digne d'intérêt c'est ce qu'on appelle la santé dans toutes les politiques c'est à dire le fait d'intégrer des dimensions sanitaires et des out com ou des mesures comment dire des des objectifs sanitaires dans des politiques publiques qui ne sont pas sanitaires au départ on peut penser par exemple je sais pas une politique de mobilité typiquement les politiques de mobilité qui vise à transitionner aujourd'hui de véhicules polluants vers des mobilités douces c'est un truc qui est fait pour des raisons environnementales ça
pourrait être aussi être fait pour des raisons sanitaires c'est pas vraiment le cas aujourd'hui les concepts les aspect sanitaires sont pas pris en compte dans ces politiques publiques et en fait c'est vrai de la classique scolaire de la politique du logement de voilà de beaucoup de politiques publiques qui dépendent de différentes strates soit de collectivités territoriales soit parfois de l'État donc voilà c'est les aspects sanitaires de politique publique extra sanitaires sont peu pris en compte et donc c'est ce concept-là qu'on appelle la santé dans toutes les politiques qui est difficile à mettre en oeuvre mais
qui mériterait au moins qu'on y regarde un peu plus près oui donc quand tu évoqué Raphaël la pertinence des soins c'est très juste et du coup je voulais revenir sur sur ces consultations cette notion de médecine intégrative c'est c'est finalement cette entretien autour de l'exposome on a dit que c'était assez chronophage en tout cas chronophage pas au sens péjoratif puisqu'on voit tous les intérêts derrière mais ça prend un certain temps et je pense que là aussi il y a quand même des pistes de réflexion c'est à dire que il y a aujourd'hui des formes qui
existent d'entretien motivationnel c'est vraiment on va aussi faire participer le patient dans sa démarche santé et donc il y a il y a probablement aussi des des pistes dans la pertinence des soins c'est à dire aussi aller chercher vraiment les actions essentielles pour le patient on va essayer d'aller définir un certain nombre d'éléments qui sont clés et l'objectif n'est pas d'être totalement exhaustif et de se dire bon on fait le tour de toutes les problématiques du patient et on va essayer de tout résoudre ça c'est pas quelque chose de de réalisable ni de souhaitable donc
je pense qu'il y a vraiment un travail à faire autour de ça et comme on est dans un module pédagogique à destination des étudiants de santé je crois que ça c'est vraiment quelque chose qui doivent intégrer demain c'est à dire que dans cette approche de la consultation avec le patient c'est vraiment faire émerger les sujets clés et notamment là on parle de santé environnementale et à partir de ça d'aller d'aller pointer vraiment les éléments sur lesquels on va avoir des leviers d'action puissants ça aussi c'est pour moi de la pertinence des soins et ce qu'il
y a des études qui arrivent à objectiver un petit peu c'est bénéfices en fait un peu l'analyse de cycle de vie d'un parcours un petit peu plus intégratif et préventif versus un parcours on va dire un peu standard où on est on est contraint par le temps et c'est peut-être Raphaël qui connaît le mieux la méthodologie et la littérature il va répondre moi je te donne juste un tout petit exemple parce que de ce que j'ai pratiqué en fait c'est vrai que dans ma façon de pratiquer par rapport à des infections chroniques oui j'ai fait
une petite étude comme ça médico-économique et clairement ça diminue beaucoup les dépenses de santé de la moitié de du groupe témoin dans mon étude donc je pense que on a quand même tout intérêt à essayer de d'utiliser ce genre de choses si vous voulez donc moi j'ai une consultation spécifiquement dédiée aux patientes qui ont des cystites récidivantes alors ici c'est très sinivant c'est un truc qui intéresse personne parce que bon c'est pas très grave d'abord mais sans Kikine beaucoup les femmes et donc c'est pauvres femmes elles vont voir leur médecin généraliste il y en a
assez de les voir toutes les 5 minutes qui finit en barrer bon etc et il y a des tas de facteurs qui s'ajoutent quand elles font des cystiques quasiment tous les mois donc des facteurs émotionnels des facteurs de leur vie sociale de leur vie on va dire professionnelle de leur vie affective voilà et donc tout ça amène à une espèce de statue de ces femmes qui est qu'elles sont un peu maltraitées par l'ensemble de la société et notamment par les médecins et quand on leur propose une prise en charge globale qui peut associer des tas
de pratiques personnellement donc j'essaie de limiter l'usage des antibiotiques de remplacer ça par des séances de relaxation d'hypnose la phytos etc et bien on se rend compte que non seulement effectivement ces femmes vont beaucoup mieux qu'elles sont autonomisées qu'elles consomment moins d'antibiotiques elles ont perdu leur crainte par rapport à certains nombre de choses et que elles ont dépensé beaucoup moins de consultations à la fin de l'année beaucoup moins d'examens de CBU voilà tout est aligné pour dire que cette façon de faire amène un bénéfice global pour tout le monde donc je pense que ça c'est
vraiment quelque chose qui peut être rapporté dans toutes les maladies chroniques moi je les fais dans ce que je connais mais c'est clair qu'on peut le mettre en lien dans les pathologies bien sûr cancéreuses dans les pathologies d'un type diabète je pense que toutes les pathologies chroniques se prête à cet exercice et il faudrait ensuite développer les études de médico-économiques j'ai peu de chiffres à vous donner je sais que c'est des choses qui sont très difficiles à mesurer enfin ça peut se mesurer à l'échelle individuelle c'est à dire la pratique intégrative pour certains enfin sur
le plan individuel la pratique intégrative auprès de patients on peut mesurer l'effet chez une corde de patients ou en comparant ce qui est beaucoup plus dur à faire c'est sur le plan politique publique en fait depuis le début on a deux conversations en parallèle une conversation sur médecine intégrative et médecine préventive qui s'intéressent aux patients et qui essayent de tenir compte de l'exposome et de différents aspects du patient pour essayer de prévenir l'AR de la maladie aller chez l'individuel et des questions plus de politique publique de sous de financement de gouvernance qui eux traitent plutôt
de des aspects publics et en tant que société comment on s'intéresse à ces questions de santé c'est plus de la médecine du coup c'est là où on sort de l'aspect médical c'est plutôt des questions sociétales et là effectivement mesurer l'impact de politique de prévention c'est assez difficile ça peut être fait sur des politiques très ciblées typiquement sur du dépistage de certains cancers ou des choses comme ça là où c'est beaucoup plus difficile c'est sur ça va être sur des politiques un peu plus globales typiquement l'adoption du de vers le développement de piste cyclable plutôt que
pour reprendre l'exemple de tout à l'heure ça c'est très difficile à évaluer l'impact médico-économique de ça en revanche c'est pas pour ça que ça doit pas être fait parce qu'on sait que il y aura forcément un impact positif et l'avantage c'est que il y a plusieurs qu'aux bénéfices à ces choses-là qu'aux bénéfice ça c'est un terme qui à mon avis assez clé par rapport aux problématiques concrètes dire un tout petit mot aussi sur la façon que nous avons de consommer du soin et là c'est l'éducation aussi des citoyens qu'il faudrait essayer de faire c'est à
dire qu'aujourd'hui peut-être à cause du fait qu'il y a de moins en moins de médecins et aussi à cause du fait qu'on veut obtenir une réponse toujours extrêmement rapide au moindre problème on va vers des systèmes de soins qui sont des urgences voilà on perd un peu cette notion du médecin qui vous connaît et qui est en capacité de savoir finalement détecter ce qui est important ce qui dépasse qui vraiment vous voilà parce que on veut encore une fois une réponse immédiate et donc c'est alors c'est dû à la fois au système c'est dû à
la fois la société c'est dû à la fois fait qui a passé le médecin etc mais je crois qu'il faut vraiment redonner son rôle au médecin au médecin traitant au médecin référent de façon à ce qu'il y a toute cette confiance qui reste et que on s'éloigne de cette consommation de soins voilà mais déjà j'avais un chiffre c'est que en France on est un des premiers prescripteurs de médicaments donc plus de 85% des consultations sociales avec une ordonnance avec des médicaments et malheureusement c'est médicaments vont être jetés pour la plupart donc je pense qu'il y
a vraiment quelque chose qui a repensé et qu'on peut activer des leviers d'action là je me permets de rebondir parce que c'est vraiment un sujet de thèse donc ça ça me parle évidemment donc évidemment donc c'est vrai en France on est très très consommateur de médicaments il y a plusieurs déterminants à ça les patients s'attendent beaucoup à recevoir des médicaments quand ils vont voir leur médecin et en plus les médecins surestiment cette attente de la part des patients donc il y a une espèce de boucle de d'attente de la part du patient et de compensation
de la part du médecin on va parler tout à l'heure sur ces aspects de consultation et le rôle du du praticien et du soignant dans dans ces problématiques est-ce que ça pourrait faire partie du rôle du praticien d'être un sensibilisateur direct de cette population de patients parce que un des avantages de faire partie du système de la santé c'est que à peu près tout le monde tous les citoyens ils passent et du coup le monde de la santé sera un vecteur particulièrement intéressant pour sensibiliser le patient éventuellement même c'est pas que j'ai envie de mettre
ce module à toutes les sauces mais pouvoir utiliser par exemple des modules comme ça des ressources pédagogiques pour envoyer le patient venir se former on parlait de la promotion de la santé pourra approfondir un petit peu et comprendre que sa santé dépend de plein d'autres déterminants et comprendre les aspects systémiques les aspects évolutifs et pour pouvoir les intégrer lui-même dans sa prévention quand il vient théoriquement il faudrait que tous les soignants quel qu'il soit parce que c'est pas que le médecin qui doit se charger de ça ça peut être toute une chaîne et notamment l'infirmière
l'aide-soignante enfin tout le monde puisse donner une information claire et pertinente sur le risque environnemental de façon très large et je pense que c'est voilà c'est vraiment un petit peu comme ça qu'il faut essayer de voir les choses et en fait j'ai même envie de dire qu'à mon avis ça passe par le fait de refaire totalement un enseignement de la médecine différente là je vais peut-être un petit peu loin et je vous explique un petit peu ma façon de voir les choses aujourd'hui depuis on va dire 40 ans parce que moi j'ai pas appris ça
à la fac de médecine qu'est-ce qu'on a eu comme découverte révolutionnaire sur l'installation des maladies chroniques et des jeunes à vous me direz si vous êtes d'accord avec ça on a eu la découverte du microbiote truc que connaissait pas on a eu le rôle de l'épigénétique et on sait que notre génétique c'est quoi 10% de l'évolution de Verneau maladie puis le reste c'est quand même on a eu le rôle de ces deux là qui fabriquent une inflammation un petit peu chronique et ça c'est la physiopathologie suffit de toutes les maladies chroniques donc on pourrait peut-être
déjà se concentrer sur une éducation à respect du microbiote préservation de l'inflammation et on essaye de faire attention à notre épigénétique et l'environnement et ensuite le facteur un peu clé quand même là-dessus c'est une découverte comme ça date de 1977 un prix Nobel d'immy l'axe psychonoréormono-immunologique donc on sait bien que toutes nos sensations toutes nos émotions ont un retentissement sur notre organisme et donc ce mot de psychosomatique que j'entends quelquefois me fait convulser parce que tout est psychosomatique par définition donc il faudrait aussi que on arrive à intégrer un petit peu ces notions là et
je pense que si on arrive à faire comprendre à nos confrères à nos concerts que quel que soit leur spécialité ces éléments là c'est les mêmes pour tous et qu'on peut donner des grands principes sans aller faire des choses très compliquées mais en fait l'idée c'est que on peut aussi tous autour de nous donner des éléments simples pour essayer de faire comprendre qu'aujourd'hui on a des connaissances sur des choses qui sont mauvaises pour notre santé et que on peut tous donner une information au patient voilà quel que soit notre niveau de discipline de de spécialité
de de voilà il faut juste que ce soit à peu près clair comment imaginer le soignant de demain le soignant de 2050 voilà vous projetez un petit peu sur comment vous aimeriez le voir pas comment vous projeter de le voir mais comment est-ce que vous le souhaitez je vais me je vais me lancer je vais passer le côté vestimentaire 2050 avec des vêtements futuristes je pense que 2050 c'est vraiment c'est dans pas longtemps et la direction la plus importante c'est vrai à mon avis la transitionnéarité et elle commence à se mettre en place dans les
maisons de santé et je crois que c'est vraiment dans cette direction là qu'il faut aller c'est à dire que pendant longtemps les les soignants ont enfin les voilà les différentes filières médicales ont fonctionné un petit peu en silo et que la clé elle est elle est là c'est à dire qu'il faut vraiment qu'il y ait un projet commun un réseau commun pour travailler on revient au parcours de soins on revient à la pertinence des soins et c'est vraiment un fonctionnement essentiel alors encore une fois l'hôpital n'a pas que des bonnes choses mais quand on va
arriver aussi la pharmacie clinique quand on voit les nouvelles approches quand on voit dans certains services justement des approches non conventionnelles qui qui arrive ça je crois que c'est c'est vraiment extrêmement positif donc finalement il a rien d'exceptionnel le soignant de 2050 c'est simplement qu'il est il prend conscience qu'il est pas en capacité de tout savoir d'avoir il a son domaine d'expertise et qui doit s'entourer d'autres domaines d'expertise et avoir voilà avoir une connaissance globale et que lui parmi cette connaissance globale il apporte sa pierre à la réussite [Musique]