Et bien écoutez, bonjour à tous. Aujourd'hui, on se retrouve pour une petite conférence analyse exceptionnelle puisque nous avions déjà pu aborder le sujet lors d'une conférence dans le cadre de l'initiative CK qui était plus sous une forme de discussion analytique. Là, c'est une c'est une analyse pensée après des années de recul et réfléchie longuement et posé oralement aujourd'hui. Donc c'est un peu plus Préparé que ce que c'était. Surtout que la diffusion n'est plus accessible. Donc je me suis dit il faut mettre ça à jour, il faut faire le travail puisque c'est une œuvre fondamentale pour
notre civilisation. Et avant d'aborder cette œuvre en question qui est la la Divine Comédie, il est indispensable, mais je dis bien indispensable de s'arrêter quelques instants. On va prendre le temps. La vidéo durera 1h 4h. Je n'en ai rien à faire honnêtement. C'est pas Grave. On va s'intéresser à l'auteur de la Divine Comédie, c'est-à-dire monsieur Dante Aligieri. Voilà, Dante pour nos amis les francophones. Chez Dante, moi je dis Dante, excusez-moi, c'est Devil Mc l'œuvre et la vie sont intimement liés chez ce poète, mystique, auteur, philosophe, penseur, linguiste, je sais pas comment le qualifier. On va
juste dire génie, ça sera pas mal. Il faut comprendre le poète Florentin Pour commencer à comprendre le voyage qu'il va mettre en scène dans son chef-dœuvre civilisationnel. Il y a très peu de gens qui ont fait des cheedœuvres civilisationnels. Il y a Virgile, il y a Homer. Euh, je crois que c'est déjà pas mal si on peut en nommer trois, hein. La Divine Comédie n'est pas seulement une construction littéraire ou théologique. C'est le fruit d'une existence marquée par un engagement politique, un exil, l'amour au sens sentimental et une Réflexion constante sur le destin de l'homme
et des sociétés. Donc Danter Liguier, il n Florence en 1265, probablement entre le 18 mai et le mois de juin, on sait pas trop. Il voit le jour dans une cité qui est alors l'un des centres les plus dynamiques de l'Europe médiévale, Florence. Fiden, pour les Italiens qui nous écoutent, très belle ville, je vous invite à y aller. Florence est riche, commerçante, brillante intellectuellement mais aussi Profondément politiquement divisée. Il y a des rivalités politiques, des affrontements entre factions. C'est le règne de l'avant d'état à l'époque, les italiens rigolent pas, ça se règle à coup de
couteau. Et les conflits entre l'autorité impériale et la papauté rythment la vie de la péninsule italienne. Danté grandit donc dans un monde où les questions spirituelles, politiques et culturelles sont pas vraiment Séparables. Il est issu d'une famille Gelf. Il reçoit une formation remarquable pour son époque. C'est un génie hein, il est formé tel quel. Il étudie les grands poètes Toscan qui participe à l'émergence d'une littérature italienne autonome, donc pas vraiment latin. Il découvre les troubadours provençaux qui célèbrent l'amour courtois. C'est ça notre tradition. On est un peuple qui a toujours hiérarchisé les relations Homme-femme avec
l'homme au-dessus évidemment dans le couple, mais avec courtoisie, avec panache, avec beauté et poésie, on est très loin des des immondices actuels avec le rap là ou ces choses horribles ou en c'est immonde en fait ce qu'on voit le et et tout ça dans une société féministe. C'est c'est assez drôle mais bref, on n'est pas là pour parler de ça. Et il se nourrit également des auteurs antiques. Évidemment, Aristote occupe déjà une place centrale Dans l'enseignement médiéval. Merci à la scolastique notamment grâce aux commentaires arabes entre autres et aussi à Thomas Aquin et toute la
clique. Virgile, Ovid, Lucin et les autres poètes latins constituent également des références constantes et surtout pour Dante, on voit les influences. Cette pluralité, elle est essentielle parce que Dante appartient à une génération qui hérite simultanément de l'antiquité classique, Du poids énorme de la philosophie chrétienne et des traditions poétiques, médiévales et locales. Donc toute son œuvre va chercher à harmoniser ses héritages. Un autre événement plus personnel en apparence mais décisif sur le plan intellectuel et spirituel va marquer sa jeunesse. C'est la fameuse rencontre avec Béatric Portinari. Donc Béatrice, selon la tradition, Dante l'aperçoit pour la première
fois alors qu'il n'est encore qu'un enfant. Cette Rencontre va devenir le point de départ d'une méditation métaphysico-cosmique qui dépasse très largement le cadre sentimental. Dans la vie àanova rédigé en 1294, Béatrice apparaît comme bien davantage qu'une femme aimée. On voit en fait au fur à mesure de l'œuvre qu'elle devient progressivement un symbole de beauté spirituelle, une médiatrice entre l'homme et le divin. Chez Dante, la mon seulement une passion humaine, c'est une Force de transformation intérieure capable de conduire l'âme vers Dieu. Rien que ça, cette intuition fondamentale annonce déjà le rôle que Béatrice jouera plus tard
dans la Divine Comédie où elle va en fait représenter la foi. Mais on va y venir. Dante n'est pas uniquement un homme de lettrre. Contrairement à l'image romantique du poète retiré du monde, il participe activement à la vie publique de sa cité comme beaucoup de Florentins de son Rang, c'est-à-dire très haut. Il s'engage dans les affaires politiques et militaires. Il combat lors de la bataille de Campaldino en 1289. C'est un affrontement majeur entre les Gelfs et les Gibelins. Cette expérience directe de la guerre n'est pas anodine. Elle lui donne une connaissance concrète des passions humaines,
des ambitions politiques, de la lâcheté, de l'héroïsme et des violences qui déchirent les communautés. Son engagement se poursuit Dans les institutions florentines puisqu'en 1300, il est élu parmi les six prieurs de Florence, la magistrature suprême de la République. Donc c'est un notable notre ami Danté. Cette fonction le place au cœur des tensions qui secouent alors la ville. Les anciens conflits entre guelf et giblin ont laissé place à une nouvelle fracture, celle qui oppose les guelfes blancs dans un t fait partie au guelf noir plus favorable à l'intervention pontificale Dans les affaires politiques. Vous voyez que
la situation en Italie est très compliquée et pour ceux qui connaissent un petit peu l'Italie, vous savez que c'est un royaume qui a été unifié très tardivement. Il y a plusieurs Italies. Il y a pas grand-chose de commun entre l'Italie du Sud et le Nord avant une unification claire. C'est différents dialectes, c'est une culture différente, c'est une gastronomie différente, c'est une vision du monde différente. Bon, il Y a une religion commune, cela dit le catholicisme. La situation dégénère du coup rapidement à cette époque puisque le pape Bonifas 8 va chercher à accroître son influence sur
Florence et va soutenir les ennemis de Dante, donc les guelfes noirs. Lorsque ceux-ci prennent le pouvoir, les adversaires politiques sont poursuivis et Danté est condamné en 1302 par divers moyens, on va dire, dont le caractère est essentiellement politique et refusant de Reconnaître sa condamnation, il est frappé d'exil perpétuel. S'il revient à Florence, il sera exécuté. Je crois qu'il aura la tête coupée ou je ne sais pas quel était le le mode d'exécution à Florence en vigueur à l'époque. Cet événement va bien sûr bouleverser son existence. Imaginez vous faire exiler de votre terre natale pour des
raisons politiques. À partir de 1302, il devient un homme sans patrie. Il parcourt différentes contré italienne. Il dépend De la protection de prince ou de messè d'hiver et il ne reverra jamais sa ville natale. Cette blessure de l'exil est omniprésente dans son œuvre. Elle nourrit sa réflexion sur la justice, sur la corruption des institutions, sur le rôle de l'Église et de l'empire, mais aussi sur la condition humaine elle-même. Et c'est dans cet exil que vont murir ces plus grandes œuvres. loin de Florence Danté, il est pas bien. Donc il faut qu'il écrive des trucs et
c'est Peu à peu que son regard va s'élargir. Finalement, les conflits florentins avec un œil plus macroscopique du coup vont lui apparaître désormais comme des symptômes d'une crise plus profonde touchant l'ensemble du monde chrétien. Cette évolution, elle est fondamentale pour comprendre la divine comédie parce que derrière le récit du voyage d'une âme se cache aussi une vaste méditation sur le désordre du monde et sur les conditions de son redressement. C'est pas rien cette œuvre et on va expliquer à quel point elle est importante. Donc dès les premières années de sa vie, tous les thèmes majeurs
de son œuvre sont déjà présents. L'amour comme voie d'élévation spirituelle, la quête de la sagesse, l'engagement dans la cité, la réflexion sur la justice, l'attention entre le pouvoir temporel et l'autorité spirituelle. Je vous renvoie la conférence qui a lieu sur l'initiative CK que j'avais donné sur René Guénon sur le sujet. Enfin, l'expérience douloureuse de l'exil. La Divine Comédie ne naîtra pas de spéculations abstraites, mais de la rencontre entre ces expériences vécues et une vision profondément chrétienne de l'histoire et du destin humain. Pour comprendre la portée de la Divine Comédie, on va également considérer l'ensemble des
œuvres qui la précèd et c'est un prérequis méthodologique très important. La Divine Comédie s'inscrit dans une œuvre globale puisque Dante est un grand esprit avec une vision totale, une doctrine totale. On en parlait lors de la conférence sur Giordano Bruno. C'est pareil mais avec un niveau stratosphérique d'autant plus. Le grand poème de l'exil n'est pas une création isolée surgit de manière soudaine, constitue l'aboutissement d'une réflexion poursuivie pendant plusieurs décennies dont les principaux Thèmes apparaissent progressivement dans les écrits antérieurs de danté. Chacune de ces œuvres semble préparer un aspect particulier de la synthèse finale, question de
l'amour, de la connaissance, du langage, de l'ordre politique ou encore du salut. Et la première de ces grandes œuvres, on la cité, c'est la Vitanoa prédigée aux alentours du cou de 1294. Comme je vous l'ai dit, il s'agit d'un ouvrage singulier qui mèle prose et poésie dans lequel Danté raconte son Amour pour Béatrice. De prime à bord, de prime à bord parce que c'est d'une profondeur qui on voit qu'il y a quelque chose en plus que des poèmes d'amour dans cette œuvre. C'est c'est pour ça qu'on va faire, je spoile un peu l'analyse mais c'est
pas grave. On va faire grandement une analyse génonienne. On va reprendre l'ésotérisme de Dante de René Génon. On va aussi le critiquer ce traité de René Guénon parce que Dante est un penseur chrétien. Je pense pas Que ce soit un syncrétiste avec une croyance en la tradition primordiale et l'équivalence des religions. J'y crois pas du tout. Par contre, il y a beaucoup à prendre chez René Guénon et on va expliquer ce qui selon moi tout ça n'est que mon opinion est à prendre parce que je me passionne de denté pour depuis très longtemps et je
pense que c'est un texte quand on lit denté on c'est comme lire Platon. On se nourrit du du sang de notre Civilisation. C'est très bizarre à lire. Je vous invite tous à lire cette œuvre la Divine Comédie au moins en entier et à faire l'expérience de ce que c'est que se reconnecter à nos racines. Et dans la Vita Noova justement Béatrice n'y apparaît déjà plus seulement comme une femme réelle. C'est une figure de médiation entre le monde terrestre et l'au-delà, donc avec Dieu. Et c'est une œuvre fondatrice. Dante expérimente un langage nouveau permettant de décrire
L'élévation de l'âme à travers l'amour. Plus encore, il annonce lui-même que ce livre n'est que le commencement de quelque chose et qui consacrera un jour à Béatrice une œuvre plus grande. Elle est quand même gâtée parce que elle a l'une des plus grandes œuvres de notre civilisation, c'est pour elle. Donc elle devait être sacrément belle la meuf. Beaucoup de commentateurs du coup ont vu dans cette promesse l'annonce lointaine de la Divine Comédie où Béatrice Occupera une place centrale en tant que guide spirituel. Donc je vous la fait courte pour la Divine Comédie. Virgile représente la
raison grecque. Béatrice représente la foi catholique chrétienne. Donc elle lui permet d'accéder du purgatoire jusqu'au paradis. Et au sommet du paradis et c'est vrai que je suis d'accord avec René Genon, il y a un mystère, c'est il y a Bernard de Clerveau qui l'amène encore plus haut jusqu'à Dieu et la Vierge Marie. Donc Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? C'est une œuvre étrange la Divine Comédie. Bref, après l'exil, du coup commence une nouvelle phase de son activité intellectuelle puisque c'est durant cette période qu'il va rédiger son fameux il convivio ou le banquet.
On voit aussi la référence à Platon entre 1304 et 1307. L'ambition de l'ouvrage, elle est considérable puisque Dante souhaite rendre accessible au plus grand nombre des connaissances qui étaient Habituellement réservées aux clairs et aux universitaires. À travers le commentaire de plusieurs de ses propres poèmes, il expose les grandes notions de la philosophie scolastique largement hérité d'Aristote et des maîtres médiévaux. Le titre lui-même est révélateur. Le banquet c'est une invitation, c'est venez manger. Venez manger des des pâtes. Là où les universités nourrissent l'intelligence d'une minorité. Danté, il veut Généraliser la connaissance. Derrière cette entreprise pédagogique, il
y a déjà une conviction fondamentale qu'il faut noter, c'est que la raison humaine possède une dignité propre et la recherche philosophique constitue une voie légitime vers la vérité, ce qui est déjà révolutionnaire à l'époque. Même si la pâte scolastique est là, donc la raison a été défendue, consacrée et cetera comme un moyen légitime, Dante, il élargit encore plus la vision. Donc, Il convivio, c'est aussi une œuvre importante puisqu'elle contient en germe beaucoup d'éléments qui seront développés après dans son œuvre. Il y a des réflex sur ce qu'est la noblesse véritable. Dans une Europe où la
noblesse se transmet par le sang, il y a la fonction de l'autorité politique sur la mission civilisatrice de l'empire avant la grande période coloniale. Plus largement, Dante affirme que la philosophie n'est pas seulement un Exercice spéculatif, mais un moyen d'ordonner l'existence humaine et de conduire l'homme vers sa perfection naturelle. Cette réflexion, elle trouve son expression la plus systématique dans son traité des monarchies rédigé probablement alors on n pas les dates entre 311 et 313. Donc 1311 1313. Ici on quitte la poésie et on entre dans la théorie politique. Le contexte est celui d'une Italie divisée
morcelée par les rivalités entre cité prince, faction et Autorités religieuses. Ça aboutira sur Maiavel. On en a fait une conférence sur l'initiative CK il y a un an et demi ou 2 ans, je ne sais plus. Dante cherche alors à identifier les conditions d'un ordre politique capable de restaurer la paix. Sa réponse, elle est célèbre. Il défend l'idée, tenez-vous bien, d'une monarchie universelle incarnée par l'empereur, indépendante de la papauté dans son ordre propre. Cette thèse va lui valoir de nombreuses critiques. Vous Vous en doutez bien, on est au Moyen-Âge là. Il ne s'agit pas seulement
d'un rejet de l'église, c'est grossier. Dante est un catholique pur et dur doctrinalement. Son objectif, c'est au contraire de distinguer clairement deux domaines d'autorité voulus par Dieu. Selon lui, l'être humain poursuit deux fins distinctes. La première, elle est temporelle, c'est la vie terrestre, la paix civile, la justice et le Développement des vertus naturelles. La seconde, elle est surnaturelle. C'est le salut éternel, c'est la relève de la révélation chrétienne. Et dès lors, l'empereur doit guider l'humanité vers son bonheur terrestre tandis que l'église doit conduire les âmes vers leur destinée éternelle. Donc, il veut une dichotomie propre.
Cette doctrine du double gouvernement constitue l'un des piliers de la pensée politique de Dante et jouera un rôle important dans L'arrière-plan doctrinal de la Divine Comédie. Donc à tous ceux qui l'accusent d'être un séculariste ou un laïciste, non. Le rôle de l'église pour lui, il est fondamental et notamment comme autorité spirituelle. Mais il veut une séparation du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel en ce que ce sont deux fins distinctes. Et ça, je le rejoins. À peu près à la même époque, Dante entreprend également la rédaction de des Vulgarquancia. Et c'est là que Genon dit
que ça commence à devenir bizarre. Et je suis d'accord, le traiter sur l'éloquence en vulgaire, c'est-à-dire le vulgaire, c'est pas des gros mots, c'est la langue vernaculaire. Donc c'est le c'est le Toscan. En gros, c'est comme nous on parle français au lieu de parler latin. C'est une langue vulgaire pour les scientifiques de l'époque. Et lui, il fait un traité de grammaire sur l'éloquence en vulgaire en gros. Mais le traité, il est super bizarre. Je vous invite à le lire. Voilà, je je réfléchis en parlant mais c'est je vous invite à le lire. L'ouvrage est inachevé
mais il occupe une place essentielle dans son parcours intellectuel. Donc à première vue, le sujet est technique. C'est un traité de grammaire. On est avant les grandes études linguistiques. He c'est un révolutionnaire denté. Il étudie les différents dialectes locaux de la péninsule italienne. Il cherche à Définir ce qu'il appelle une vernaculaire illustre, c'est-à-dire une langue capable d'un culturellement l'Italie tout en rivalisant avec le prestige du latin. Donc ça finalement ça donnera l'italien moderne, même si il reste quand même de gros dialectes en Italie hein, ceux qui qui connaissent un peu l'Italie du Sud. Euh l'Italien
du Sud n'a pas grand-chose à voir avec l'Italien du Nord. Enfin, il y a pas autant de différence qu'entre l'italien Et le français, mais un vrai une vraie vieille personne qui ne connaît qu'un dialecte du sud a beaucoup de mal à comprendre l'italien administratif, par exemple. Mais derrière cette recherche linguistique se cache une réflexion beaucoup plus profonde. Pour Dante, le langage n'est jamais un simple instrument de communication. Il est lié à la capacité humaine de transmettre la vérité. Les langues ordinaires évoluent, se transformment et se fragmentent au Gré de l'histoire. À l'inverse, ce qu'il appelle
la grammatica désigne un ordre stable fondé sur des règles fixes et universelles. Et c'est vrai que moi qui suis fasciné par le langage, je son traité de grammaire, il me fait un truc bizarre quand je le lis parce que il montre la colonne vertébrale du langage qui est la colonne vertébrale de la pensée. Et cette opposition entre le langage changeant des hommes et une Structure plus permanente de la parole a retenu l'attention de plusieurs interprètes. Et c'est je vous ai dit, je vous ai parlé de Génon. Il verra dans ce traité, lui une langue sacrée
ou primordiale quasiment dépositaire d'une vérité immuable. On reviendra plus loin, vous verrez. Toutes ces œuvres convergent finalement vers la Divine Comédie. Entreprise monumentale, c'est peu de le dire. Monumental, c'est Un monument au même titre que Notre Dame de Paris. Rédigé durant les années d'Exil, probablement entre 1307 et 1321. Ça fera bientôt 1000 ans. Ce poème immense constitue la synthèse de toute une vie de réflexion, de méditation et d'expérience. Bon, je dis bientôt 1000 ans mais 1000 ans dans 200 ans quoi. Va les 300 ans. En fait, c'est pas du tout bientôt 1000 ans mais c'est
pas grave. L'œuvre raconte le voyage du poète à travers les Trois royaumes de l'au-delà, l'enfer, le purgatoire et le paradis. Donc déjà, c'est catholique hein, c'est signé. C'est il y a le purgatoire guidé d'abord par Virgile, je vous l'ai dit, c'est la raison et la sagesse antique, donc la le raisonnement, la rhthorique grecque puis par Béatrice, figure de la grâce et de la révélation, danté entreprend une ascension qui est à la fois personnelle, théologique, morale et cosmologique jusqu'à Dieu. Et juste avant d'arriver à Dieu, il y a Bernard Clervau. On a aussi fait une conférence
sur lui. Je vous invite à à l'écouter sur l'initiative CK. La structure même du poème manifeste cette ambition totalisante. Les trois cantiques correspondent aux grandes étapes du destin de l'âme selon la doctrine catholique. La condamnation, la purification et la béatitude. C'est ce qui se passe après la mort pour les chrétiens. Mais cette progression n'est pas seulement celle de l'individu. Elle Reflète également l'ordre de l'univers tout entier depuis les profondeurs infernales jusqu'à la contemplation de Dieu. La Divine Comédie apparaît donc comme bien davantage qu'un chef-dœuvre littéraire. C'est une somme au sens théologique, une summa spirituelle où
se rend compte la philosophie antique, la théologie chrétienne, la mystique médiévale, les préoccupations politiques de son temps et l'expérience personnelle de l'exil. C'est pourquoi certains Historiens ont pu la décrire comme l'une des représentations les plus complètes de la vision du monde catholique à la fin du Moyen-Âge. Dante ne cherche pas seulement à raconter un voyage dans l'au-delà, mais il entend offrir finalement une image ordonnée de la création toute entière et de la place que l'homme y occupe. C'est pas pour rien que j'ai il y a tant de référence à la Divine Comédie avec le fait
de s'enfoncer dans mon journal de minuit Qui est mon roman qui n'arrive pas à la cheville de la Divine Comédie. Évidemment, je ne me permettrai pas une comparaison, mais en tout cas, c'est une source d'influence évidente. Et maintenant qu'on a parlé de la vie de denté et des grandes œuvres, il faut quand même situer denté dans la tradition catholique puisqu'il y a aucun traité catholique qui a autant bouleversé notre civilisation que ce qu'a fait Dante avec sa poésie. C'est Une poésie, c'est un canto comme on dit en italien, un chant. La question, elle est pas
anodine parce que quand on ouvre la Divine Comédie, on découvre un auteur qui ne qui ne mâche aucunement ses mots, si je peux me permettre. Il est capable de dénoncer avec une violence extraordinaire les abus de son époque. Il critique la corruption du clerger, on n'a pas attendu la révolution française pour ça. Il s'en prend à certaines figures ecclésiastiques. On n' pas Attendu la révolution française pour ça. Et il n'hésite pas à condamner plusieurs papes et à les mettre en enfer. Donc c'est excusez-moi, à première vue, ça pourrait donner l'impression d'un homme en rupture avec
l'église. C'est tout le contraire. Je dédicace à mon cousin qui m'a toujours dit il faut être comme danté vis-à-vis de l'église. Il a toujours flingué l'église, il l'a jamais quitté. Et je crois qu'il a raison. L'une des erreurs les plus fréquentes Consiste justement à confondre la critique des hommes avec le rejet de l'institution divine qui est l'église catholique. Dante ne s'en prend jamais à la doctrine, pas une seule fois. Il ne rebit pas en cause les sacrements, l'autorité spirituelle de l'église, la réalité du salut, le culte des saints ou la place de la Vierge Marie,
la très très sainte Vierge Marie. Ce qui l'attaque, ce sont les comportements qu'il juge indignée À l'église. Autrement dit, s'il est sévère envers certains représentant de l'institution, c'est parce qu'il prend cette institution au sérieux. C'est ça qui transparaît de l'œuvre. Les grands spécialistes de Danteel ont souvent souligné. L'udit anglais Edward Moore, par exemple, qui fut l'un des pionniers des études dantesques modernes, observait qu'il est pratiquement impossible de trouver dans l'œuvre de Danté une remise en cause des doctrines fondamentales du catholicisme. La critique, elle est politique, morale, personnelle. Il y a rien de critique théologiquement parlant
dans la divine. Il y a de la théologie de haut niveau. Il n'y a pas de critique théologique du dogme catholique. Prenons le purgatoire. Toute sa structure, ce sont des croyances spécifiquement catholiques. Les âmes, ils sont purifiés avant D'accéder à la vision de Dieu. Les prières des vivants peuvent soulager leur peine. Les saints intercèdent. La Vierge Marie occupe une place centrale dans le parcours spirituel des pénitents. On est au cœur de la spiritualité catholique. Le paradis va encore plus loin. Lorsqu'on lit les derniers champs de l'œuvre, on a parfois l'impression de lire une mise en
poésie de la grande théologie scolastique. Dante, il se nourrit de Saint-Augustin, De Bernard Clerveau et aussi de Thomas Dakin. C'est évident. L'univers qu'il décrit est un cosmos ordonné, hiérarchisé, traversé par l'amour divin. Je rappelle que le nom du Saint-Esprit traditionnellement, c'est l'amour. L'amour c'est pas au sens sentimental, c'est ce qui lit fondamentalement l'existence et Dieu entre ses hypostases. Tout converge vers la vision béatifique, c'est-à-dire la contemplation directe de Dieu face- à Face qui constitue la fin ultime de l'existence humaine selon la théologie catholique. Et ça donnera cette gravure absolument magnifique qui pour moi est l'une
des plus belles œuvres qu'un être humain ait pu créer. C'est la contemplation de Dieu par Dante et Béatrice qui a été faite par Gustave Doré, le génie français. Regardez ça, c'est inspirant. C'est d'ailleurs pour cette raison que la Divine Comédie a été Défendue très tôt contre les accusations d'hérésie qui ont parfois circulé. Dès le 14e siècle, de nombreux commentateurs prennent sa défense et rappellent son attachement à l'orthodoxie. Alors, pour ceux qui ne savent pas ce qui est l'orthodoxie, en théologie, c'est le c'est le dogme fondamental. C'est pas l'église orthodoxe qui viendra du coup de faire
un chisme quelques quelques 200 ans avant euh que Dante rédige sa divine comédie. Plusieurs siècles plus tard, du Coup le pape Benoît XV ira même jusqu'à qualifier l'œuvre de Dante de trésor de la doctrine catholique. La formule, elle est forte mais elle résume bien la place particulière qu'occupe Dante dans l'histoire intellectuelle de notre civilisation. Il faut donc garder cette idée en tête pour toute la suite de notre étude. Dante peut être critique, sévère, tout ce que vous voulez, impitoyable, mais il est profondément catholique. Toute sa vision du monde est Catholique. Son paradigme est catholique. Sa
foi est catholique. Il y a un second aspect de sa pensée cela dit, qu'il faut comprendre pour saisir pleinement la Divine Comédie. C'est sa conception de l'empire avec un grand e. Là encore, on doit éviter les contresens modernes. Lorsque Dante parle d'empire, il ne pense pas à un état conquérrant au sens contemporain du terme. Il pense à une institution universelle chargée de garantir la paix entre les peuples Chrétiens. C'est ça l'empire pour lui. Pour lui, Dieu a confié à l'humanité deux grandes missions. Je vous l'ai dit tout à l'heure, l'une terrestre, l'une spirituelle. Et ça,
faut le garder en tête pour lire la Divine Comédie. Et tout juste avant de produire l'exégèse de l'œuvre, puisquon va vraiment aller en profondeur, j'aimerais faire un une espèce de top 10 des châtiments qui m'ont le plus marqué leur symbolisme profond parce qu'en fait rien dans le Texte n'est laissé au hasard et ça atteste d'autant plus d'une chaîne de transmission qu'elle soit chrétienne ou purement ésotérique, ça importe peu finalement. Vous verrez ma conclusion mais il y a une chaîne de transmission. Il y a quelque chose dans ce livre qui dépasse son support. Premièrement, ce sont
les luxurieux qui sont emportés par la tempête éternelle. Ça donne d'ailleurs ce magnifique tableau de de William Blake, on ne peut plus mystique Avec Dante qui s'évanouit. Donc là, le châtiment, c'est qu'ils sont balayés sans repos par un ouragan infernal parce que durant leur vie, ils ont laissé leur passion, leurs tempêtes intérieures finalement les emporter. Ils ont refusé de gouverner leur désir par la raison et désormais, ils sont emportés par un vent qu'ils ne contrôlent plus. En fait, ils sont esclaves d'une tempête. Le sens profond, c'est pas qu'ils ont commis un péché d'amour, qu'ils ont
perdu leur Liberté. Et c'est une critique aussi du péché en général et une critique avant l'heure de la modernité qui consacre les passions comme des moyens de libération, c'est-à-dire la liberté de se soumettre à ses pulsions et à ses vis. La passion devient une force impersonnelle qui domine l'âme. Ensuite, j'aimerais parler des gourmands sous la pluie glaciale. Là, leur châtiment, c'est qu'ils ont une pluie sale, glacée et éternelle qui tombe sur eux tandis que Serber les Déchire. Ils ont vécu pour le plaisir du corps, la nourriture, source de joie humaine directe qui peut pas li
à des angoisses mais qui représente plus une espèce d' bon point. C'est le fait de se gaver. Et cette nourriture, elle est devenue chez eux une consommation. C'est plus manger pour une fonction, c'est manger pour manger. Le plaisir recherché pour lui-même finit par se transformer en dégoût. Ensuite, on parlera des avars et des prodigues qui poussent des Rochers un peu comme Zizif. Il y a deux groupes qui poussent d'énormes masses l'un contre l'autre enortant sans cesse et l'image est énorme. Les uns ont trop accumulé, les autres ont trop gaspillé. L'argent est devenu le centre de
leur existence dans les deux cas. D'un côté, certains ne vivaient que pour garder un peu à la monsieur Scrooge et d'autres que pour dilapider mais de manière complètement irrationnelle et absurde. Leur vie entière était un mouvement Absurde autour de la richesse. Leur éternité reproduit cette absurdité. Ensuite, on a les coléreux dans le sticks, ils s'entredéchirent dans les eaux boueuses. La colère les consumait intérieurement. Maintenant, c'est leur environnement. L'homme colérique croit détruire les autres. En réalité, il habite déjà son propre frère. Ça rejoint cette citation qui était dans le deuxème trailer de MGS5 de de Mark
Twain, c'est que la colère et la haine sont des Acides qui font plus de mal au vases qui les hébergent que là où il est déversé. Ensuite, on a les suicidés qui se transforment en arbre. Ça fait partie des des châtiments les plus célèbres de l'œuvre. Les suicidés sont des arbres torturés par des harpies. ne peuvent plus parler que lorsqu'une branche est brisée. Ils ont rejeté leur corps, le don suprême de Dieu qu'on a ici-bas, l'un des dons suprêmes en tout cas. Et ils ont volontairement séparé leur âme De leur corps. Ils ont pas voulu
se soumettre à la volonté divine là-dessus. Ils perdent désormais la forme humaine elle-même. C'est probablement le châtiment le plus tragique de denté. Vous avez pas voulu de votre corps. Voilà le résultat. Ensuite, on a les violents qui sont plongés dans le fleuve de sang. Donc là, on a les meurtriers et les tyrans qui sont émergés dans un fleuve de sang bouillant gardé par les sors. Ils ont versé le sang d'autrui. Ils vivent désormais dans la réalité qu'ils ont créé. Le sang des victimes devient leur univers. C'est ça me fait penser à Iron Lung que je
viens de faire où il y a une merde d'océan humain. Un grand mystère d'ailleurs. On a ensuite les devins marchant la tête retournée. Leur tête est tournée vers l'arrière. Ils avancent en regardant derrière eux. Ils voulaient voir l'avenir interdit aux hommes. En fait, ils ont voulu bypasser, si je peux me permettre, cet anglicisme, Les lois divines. Ils ont voulu voir au-delà de tout. Je vous rappelle que c'est un péché très grave la divination pour ceux qui se prétendent chrétiens et marabou ou voyant ou je sais pas quoi. Et pour avoir voulu regarder trop loin devant
eux, ils ne peuvent plus regarder devant eux du tout. Ils ont la tête retournée à vitamern. C'est l'un des contratis les plus élégants de Dante justement. Ensuite, on a les hypocrites sous des manteaux de plomb doré. Ils Portent des manteaux magnifiques à l'extérieur et en fait, ils sont beaucoup trop lourds, ça les écrase. Leur apparence était vertueuse alors que leur corps, leur cœur et leur corps finalement étaient corrompus. L'hypocrisie est le poids caché sous la façade brillante et Dante transforme une vérité morale en image physique. C'est ce qu'on appelle un poète de génie avec la
poésie. C'est cette science de l'image. On a ensuite les semeurs de Discordes qui sont mutilés sans fin. Leurs corps sont continuellement déchirés par un démon puis se reforme avant d'être à nouveau mutilé. Ils ont divisé des familles, des peuples ou des communautés. Et puisqu'ils ont brisé l'unité sociale par leur médisance, par leur méchanceté, leur propre corps est condamné à se reconstituer et se déconstituer. Advitam eternam. C'est l'image de la société détruite. Ils payent par là là où ils ont péché. Et Enfin, l'un des derniers châtiments que j'aimerais mentionner, il y en a beaucoup d'autres, ce
sont les traîtres enfermés dans la glace. Ça fait partie des derniers cercles de l'enfer. Ils sont prisonniers du lac gelé de Cossite. Et contrairement à l'image populaire de l'enfer comme lieu de feu, Dante place les pires pêcheurs dans le froid absolu. C'est intéressant au niveau de l'imagerie. La trahison, c'est pour lui le péché le plus anti-humain parce Qu'elle détruit la confiance. C'est le fondement de toute société et de toute amitié. On n'aime pas les traîtres. Et la chaleur, elle évoque encore la vie et la passion tandis que la trahison, elle est tellement grave qu'elle est
froide. C'est pas que les traîtres aux autres, c'est les traîtres à l'innocence, c'est les traîtres à la droiture. Bref, Lucifer lui-même, traître suprême, est enfermé dans la glace. Et en parlant de Lucifer, la transition est toute trouvée Puisque je vous fais un top 10 des créatures les plus marquantes selon moi de la Divine Comédie. Je vous invite vraiment pour la 100è fois et vous verrez que je le ferai tout au long de la vidéo à lire l'œuvre. C'est pas un top par ordre de préférence mais c'est les 10 qui m'ont le plus marqué, on va
dire. Bien sûr, Lucifer. Luciferos, le porteur de lumière, le traître suprême. C'est la créature la plus terrible de l'œuvre. Donc il est au centre de L'enfer, il est prisonni dans la glace. Il a trois visages, six ailes. Il mâche éternellement Judas, Brutus et Cassius qui sont donc des traîtres. Son analyse, elle est essentielle parce que Dante ne le montre pas comme un roi puissant. Ça n'a jamais été une imagerie traditionnelle. C'est extrêmement moderne de faire de Lucifer, une espèce de prince majestueux et cetera. Lucifer, c'est un être vaincu, figé, stérile. Il est humilié par son
choix. Ses ailes ne Lui permettent même pas de voler. Elles reproduisent le vent qui maintient l'enfer glacé. Il symbolise le mal absolu, donc la séparation absolue de Dieu, mais aussi l'impuissance du mal séparé de Dieu. C'est un vide en fait existentiel. On a Serber ensuite bien sûr tenté puisse beaucoup dans la mythologie pour utiliser le symbole comme au vide finalement le fait dans les métamorphoses. Serber garde le troisème cercle de l'enfer, c'est celui Des gourmands. C'est un chien qui est monstrueux à trois têtes, on en a parlé et il mange des gens advitam eternam chez
Dante, il est sale, il est brutal surtout il a faim, il griffe, il aboit et il déchire les danées. Il représente la voraité, l'appétit sans mesure comme les gourmands qu'il tourmentent justement. On a ensuite Minos qui est le juge infernal. Les âmes arrivent devant lui, confessent leurs fautes et il indique leur cercle de punition Enroulant sa queue autour de son corps. Il est très marquant parce qu'il transforme la justice en mécanisme monstrueux. Il va pas débattre du tout, il va donner aucun conseil, il va classer parce que l'enfer n'est pas un lieu de purification, c'est
un lieu de danation. Minos représente une justice froide, automatique et ce qui est le plus terrifiant, irréversible. Il montre que dans l'enfer, l'âme est déjà fixée dans ce qu'elle a choisi. En fait, N'oubliez pas l'enfer chrétien, c'est un choix de la personne puisque le péché ne peut être le fruit que d'un choix. On a Caron en plus qui est le passeur des morts, transporte les dan à travers l'Aquéron au début de l'enfer. Son rôle est symbolique. C'est celui qui garantit le passage entre le monde des vivants et celui des morts. Il est hostile, il est
vieux, il est furieux mais il obéit à une autorité. C'est ce qu'on comprend dans le texte. Chez Dante, même les Créatures infernales ne sont pas libres. Elles servent malgré tout l'ordre divin. Ensuite, les furies qui apparaissent devant la cité de Dité. Elle menace Dante et appelle Médus pour le pétrifier. Elle symbolise la culpabilité, la vengeance, les remords furieux. Leur présence marque une étape plus grave de l'enfer. On entre dans les péchés les plus conscients, les plus volontaires justement. Elles essayent d'arrêter d'anter comme si certaines Vérités du péché étaient trop terrible à regarder sans être divine.
Et Dante ira très mal pendant son voyage de l'enfer. C'est le prix de l'initiation. Méduse ensuite qui n'apparaît pas longuement mais la menace elle est omniprésente lorsque elle est mentionnée. Les furies veulent que Dante la regarde pour qu'il soit changé en pierre. Elle représente le danger de la fascination pour le mal parce que ça on en parle très peu et peut-être si vous Écoutez cette vidéo, vous avez déjà été attiré par le mal, le symbolisme du mal. Il y a quelque chose qui vous fascine là-dedans. Il y a un danger à regarder dans cet abissé.
Regardez Méduse, c'est rester paralysé devant l'horreur. C'est perdre la capacité d'avancer spirituellement et c'est en fait se figer. Virgile couvre les yeux de denté et le sauve parce que la raison humaine doit parfois protéger l'âme contre ce qu'elle ne peut pas Affronter seule. C'est ce que représente Virgile, je vous l'ai dit. On a le minotur ensuite qui garde l'entrée du cercle des violents. Miomorau, il est lié à la brutalité et à la bestialité. Il représente la violence. qui mange la raison qui l'a détruit. Sa rage désordonnée correspond aux âmes punies dans ce cercle. Ce sont
les tyrans, les meurtriers, les suicidés, les blasphémateur. Il incarne l'homme dominé par sa part bestiale. L'homme qui Abandonne son âme pour son corps, voire qui peut détruire son corps dans le cas des suicidés. On a les santor qui surveillent le fleuve de sang bouillant dont on a parlé. Il tirent des flèches sur ceux qui essaient de sortir trop haut du sang. sont intéressants parce qu'ils ne sont pas seulement monstrueux, ils sont aussi disciplinés, ce qui est assez perturbant. Mi homme mi-cheevaux, il représente la violence réglée, la violence rationnelle, la guerre, la Force contrôlée par une
intelligence froide et dont leur donne une fonction de gardien militaire de l'enfer. On a ensuite Gérion qui est l'un des monstres les plus symboliques de l'œuvre. Il a un visage honnête, un corps monstrueux, des pattes velues et une queue de scorpion. Il transporte Danté et Virgile vers le cercle de la fraude. C'est probablement la meilleure image de la tromperie chez Dante parce que son visage est très juste et noble mais son corps cache le Poison. Il symbolise le mensonge élégant, la fraude qui se présente avec un masque hautement respectable. Et enfin, le dernier que j'aimerais
aborder et vous le verrez dans les images lorsqu'on atteindra le purgatoire, c'est le griffon qui tire le char symbolique de l'église. Il a une double nature, aigle et lion. Je vous avais dit que le texte ne laissait rien au hasard. En fait, tout est pétri d'un symbolisme extrêmement Profond parce que contrairement au monstre de l'enfer, le griffon n'est pas une créature mauvaise. Il est une figure sacrée traditionnellement interprétée comme le symbole du Christ au Moyen-Âge. L'aigle renvoie au divin, le lion à la royauté et à l'humanité. Il montre que les créatures hybrides ne sont pas
toujours négatives justement chez Danté. Tout dépend de ce qu'elles unissent. En enfer, l'hybride exprime souvent la déformation. Au purgatoire, le griffon Exprime souvent l'union mystérieuse. Maintenant qu'on a fait ce ces deux top 10 entre guillemets, on va passer au cœur de l'exégèse après cette introduction, j'ai pris le temps, je crois que c'est la plus longue introduction que j'ai faite dans toute l'histoire de toutes les conférences que j'ai pu donner. La partie 1 va traiter des fondements historiques et doctrinaux de la Divine Comédie. On va parler légèrement, je vais pas répéter ce que J'ai dit en
introduction, du contexte historique. On va prendre le temps de comprendre dans quel monde denté écrit. On est au tournant du 13e et du 14e siècle. La chrétienté occidentale traverse une période de profonde tension politique, religieuse et sociale. On sort des croisades. L'idéal médiéval d'une société harmonieuse unie sous Dieu, sous le Christ où l'Évangile se fissure de toutes parts puisqu'il y a les égos qui rentrent en jeu. Il y a les Compétitions protonationales qui rentrent en jeu. L'Italie est morcelée en une multitude de cités rivales puissantes pour ne pas dire surpuissantes. On pense à Venise qui
se livre des luttes incessantes. À cela s'ajoute un conflit plus vaste encore. Celui qui oppose le pouvoir spirituel du pape au pouvoir temporel de l'empereur. Et on en a parlé, c'est ce qui structure aussi la pensée de Dante. Donc l'œuvre en question, la Divine Comédie, elle est marquée par ça puisque l'avenir de l'Italie constitue un fil conducteur dans la Divine Comédie. Tout au long du texte, Dante exprime sa douleur devant les divisions qui déchirent la péninsule, les rivalités entre cité, les gardes faction et l'affaiblissement des autorités légitimes selon lui. Mais cette préoccupation italienne, elle s'inscrit
elle-même dans un horizon beaucoup plus large parce qu'il a une il a une Doctrine universelle dansé catholique. Du coup, ça veut dire universel, celui de la chrétienté tout entière. Pour les désordres politiques ne sont jamais indépendants des désordres moraux. Et vous savez, je vous l'ai dit, il sort à peine du grand chisme entre l'église orthodoxe, du coup l'Église catholique d'Orient et l'Église catholique d'Occident. Une société ne se corromp uniquement parce que ces institutions fonctionnent mal. Elles se corrom D'abord parce que les hommes ont perdu le sens des vertus qui devraient guider leur existence. C'est pourquoi
son appel au renouveau passe avant tout par une restauration de l'ordre moral et spirituel. Et ça c'est aussi mon combat. C'est ce que je crois très certainement. La politique ne peut rien régler. La politique n'est qu'un effet de l'état d'une civilisation ou d'une nation ou d'un pays ou d'un peuple. Si on ne règle pas d'abord ce qu'il y a dans le cœur de Ce peuple, il n'y a rien à rétablir à part du vide. Dans cette donc le combat, il est pas politique, il est d'abord civilisationnel, il est d'abord doctrinal et la politique suit. Dans
cette perspective, le voyage du pèlerin possède une portée qui dépasse largement l'expérience individuelle. Bien sûr, Dante se met lui-même en scène. C'est un plaisir. Et je vous ai dit dans le journal de Min, je m'en suis inspiré. C'est pour ça que je me mets moi-même en Scène avec le personnage de Diamond Lips. Mais le personnage qui l'incarne représente en réalité l'homme confronté à son propre destin. Et je vais quand même vous lire du coup ces verrs légendaires. Excusez-moi, je bouge parce que je suis allé chercher dans ma bibliothèque la traduction que j'ai en bilingue de
la Divine Comédie par Jacqueline Risset. On est aux éditions Flamarion. Je vous invite, c'est pour moi la la meilleure édition. Écoutez ça. La puissance de l'intro du livre. Nel mezzo del camin di nostra vita mi ritrovai per una selva oscura che la diritta via era smarita. Ai quanto a direra e cosa dura selva selvaggia e asprai rinnova la paura. Je traduis pour les non italiens au milieu du chemin de notre vie. Donc il a 40 ans d'é je me retrouvais par une forêt obscure car la voix droite était perdue. Vous comprenez bien que c'est pas
une poésie de cave Qu'on est en train de lire là. Ah dire ce qu'elle était est chose dure. Cette forêt féroce et forte qui ranime la peur dans la pensée. Elle est si amère que mort l' peine plus. Mais pour parler du bien que j'y trouvais, je dirai des autres choses que j'y ai vu. Je ne sais pas bien redire comment j'y entrais tant j'étais plein de sommeil en ce point où j'abandonnais la voix vraie. Vous voyez que c'est un texte qui est pétri de mystère. Mais quand je fus venu au pied D'une colline où
finissait cette vallée qui m'avait pénétré le cœur de peur, je regardais en haut et je vis ses épaules vêtes déjà par les rayons de la planète qui mène chacun droit par tout sentier. Pourquoi il parle de droiture tout le long ? C'est quoi cette affaire ? Alors la peur se tint un peu tranquille qui dans le lac du cœur m'avait duré la nuit que je passais si plein de peine. Et comme celui qui hors d'Aleine sortit de la mer au rivage se retourne vers l'eau Périlleuse et regarde ainsi mon âme qui fuyait encore se retourna
pour regarder le pas qui ne laissa jamais personne en vie. Il y a quelque chose. Il y a quelque chose. Lisez le texte. Lisez le texte. Cette ambition morale, elle repose elle-même sur un cadre théologiquement extrêmement sensible comme parce que vous voyez qu'il parle de voix droite, il parle d'éthique en fait. Comme la plupart des grands penseurs de son Époque, Dante est marqué par la synthèse intellectuelle élaborée par le grandissime Thomas Dakin. On retrouve notamment dans la comédie comédia la distinction fondamentale entre la fin naturelle de l'homme et sa fin surnaturelle. C'est très tomiste. L'homme
possède donc la vocation terrestre dont on parlait et la vocation spirituelle. Toute l'architecture du texte a ce dualisme et cette ascension progressive. Donc on en a parlé aussi Les trois grandes étapes : enfer, purgatoire, paradis. On comprend alors que la Divine Comédie n'est pas simplement un poème sur l'au-delà. C'est une synthèse d'une voix avec un e. C'est une voix avec un e. La Divine Comédie est l'un de ces rares ouvrages où la structure elle-même est un langage. Il faut analyser cette structure, cette structure progressive. D'abord, on s'enfonce puis on monte comme Silentill 2 finalement dans
une moindre mesure. Cette harmonie apparaît d'abord dans la forme poétique choisie par Dante, c'est la terarima. Le poème est composé de strophes de trois trois trois verres en desc syllabique relié entre elles par un système complexe de rimes enchaîné. Le chiffre 3 domine donc l'ensemble de la composition. C'est la trinité pour les chrétiens. Pour un auteur profondément chrétien, vous doutez bien que cela a du sens. Donc je vous relie un passage au Hasard. Donc écoutez, essayez d'entendre la musicalité mystique du texte. Nel tempo queun era cruciata perele contbano come mostro una etra fiata etcera etc.
Et donc c'est toute la structure croiser en trois. Croiser le crucifie en trois la trinité. Père fils saint-esprit. C'est comme les signatures de bac. On a affaire à des génies. Bon, il y en a plus aujourd'hui mais c'est pas grave, on en a déjà eu. C'est déjà pas mal. On A cette structuration en vert et cette logique ternaire s'étend à l'ensemble de l'œuvre. Toute l'œuvre est comme ça. La Divine Comédie se divise en trois grandes parties. Je vous ai dit enfer purgatoire paradis. Chacune comporte 33 champs, trois parties 33 33 auquels s'ajoute un champ introductif
portant le total à 100 champs. Dans la symbolique médiévale, le nombre de sang est traditionnellement associé à l'idée d'accomplissement et de perfection. Dante construit ainsi un édifice littéraire qui cherche à refléter jusque dans ses proportions l'ordre du cosmos. L'organisation interne des trois royaumes répond à la même exigence. L'enfer est structuré autour de neuf cercles concentriques qui conduisent progressivement vers le centre de la Terre. lieu ultime de séparation d'avec Dieu. Donc 3 x 3, il est trois fois trois fois éloigné de Dieu. Chaque cercle correspond à une catégorie de Faute et manifeste une gradation dans la
gravité du péché. Plus le voyageur descend, plus il approche des formes les plus radicales de la corruption morale. Le purgatoire adopte une organisation différente mais tout aussi rigoureuse. La montagne, elle est divisée en sept corniches principales, chacune correspondant à l'un des sep péchés capitaux. Là où l'enfer fiche définitivement les âmes dans leur fautes, le purgatoire mettant leur Guérison progressive. Les péchés, y sont purifiés un à un selon un ordre précis qui conduit l'âme vers sa restauration complète. Quant au paradis, il s'articule autour de neuf cieux successifs inspirés de la cosmologie médiévale. À mesure que Dante
s'élève de sphère en sphère, il va se rapprocher de la lumière divine. Chaque ciel accueille des bienheureux dont les vertus illustrent un aspect particulier de la perfection spirituelle. Le voyage Culmine dans l'empiré au-delà même des cieux visibles où se déploie la vision de Dieu tout-puissant. Pour un lecteur médiéval, ces structures n'avaient rien d'arbitraire. Donc il écrit dans une époque où c'est compris ce qu'il fait. Elle faisait écho aux grandes hiérarchies de la création. Les hiérarchies angéliques, les vertus cardinales et théologales, les degrés de perfection spirituelle que reprendra la maçonnerie du coup en parlant de degrés,
L'ordre cosmique hérité à la fois d'Aristote, de Ptolémé et de la tradition chrétienne. L'univers de Dante est un univers hiérarchisé où en fait chaque réalité possède sa place et sa fonction. Et c'est cette cohérence qui donne à la Divine Comédie sa puissance singulière. Le poème ne décrit pas seulement un ordre, il est lui-même construit comme un ordre. Sa forme, ses nombres, ses divisions et ses symétries cherchent à reproduire littéralement L'harmonie du monde créé. Chez Dante, et c'est important de le noter, la beauté de l'œuvre n'est jamais séparée de la vérité qu'elle veut transmettre. C'est ça
le grand art de notre civilisation. C'est ça. Il y a aucun film qui atteint un niveau pareil. Il y a aucun. Ça n'existe pas parce qu'on a on a plus ce génie là. On l'a perdu. C'est comme ça. On va maintenant développer un petit peu le sujet de de l'éloquence en vulgaire Puisqu'on en a un peu parlé et je vous l'ai dit, l'objectif dans ce traité, il est pas seulement linguistique parce que il y a une réflexion chez Dante dans ce traité sur l'unité. Ça c'est pas une analyse ésotérique du texte, c'est une question sur
l'unité qui va au-delà du langage. De la même manière qu'il rêve d'une Italie réconcilié politiquement, il cherche une langue capable de dépasser les divisions locales et de porter une culture commune. Ce qui Existe aujourd'hui. Il y a un italien administratif admis. Et cette réflexion, elle l'amène à distinguer les langues naturelles de ce qu'il appelle la grammatica. On va parler maintenant de ça en détail. Les langues parlées évoluent. La grammatica non c'est la colonne vertébrale. On y voit un thème qui va traverser toute son œuvre. C'est pour ça que je fais cette partie là-dessus. La recherche
d'un principe d'ordre au milieu de la multiplicité. C'est comme un arbre. C'est avec le tron qui serait fixe et les feuilles qui peuvent vacciller, tomber, sécher, des branches qui peuvent mourir, peu importe, tant qu'il y a un tron fixe. Et je vous ai dit que c'est un homme à la doctrine totale, donc tant dans sa réflexion politique que théologique qu'historique, il y a cette recherche de colonne vertébrale, cette unité capable d'organiser la diversité qui est nécessaire sans la détruire. Et c'est là-dessus que René Guénon va porter son attention pour son traité de l'éloquence en vulgaire,
le traité de denté de l'éloquence en vulgaire qui va attirer particulièrement l'attention de monsieur René Guénon. On est obligé d'en parler parce que sans nécessairement le suivre dans toutes ces conclusions, il faut reconnaître que la question du langage sédenté, elle a une profondeur un peu inhabituelle pour son temps et même en général. Un linguiste qui lit Ça, il se dit "Ouais, super, qu'est-ce qu'on fait de ça, quoi ? Et c'est vrai qu'il y a un truc qui transparaît parce que les mots ne sont pas des simples outils de communication. Ils participent à la transmission de
la vérité. Il permettent d'élever l'intelligence vers des réalités qui la dépassent. C'est le langage qui font de la pensée. Et dès lors, le choix d'écrire la Divine Comédie en italien plutôt qu'en latin, c'est un acte qui peut paraître Politique mais qui a une portée considérable. Je vous rappelle que nous autres en Occident sommes peut-être la seule civilisation qui n'avons pas de langue sacrée. Nous n'avons absolument pas de langue sacrée. Regardez les orthodoxes, ils ont vous allez me dire ils sont pas occidentaux. Si ils sont occidentaux, ils ont le grec. Enfin, ils sont orientaux mais vous
avez compris ce que je veux dire. Ils ont le grec, nous on a Le latin. Les deux langues ne sont pas des langues sacrées, ce sont des langues liturgiques. Ça n'a rien à voir. Les juifs ont une langue sacrée, l'hébreux. Les musulmans ont une langue sacrée, l'arabe. Les hindous ont une langue sacrée. Euh parmi les chrétiens, il y en il y a qu'un peuple qui a une langue sacrée. Est-ce que vous le connaissez ? Ce sont les Arméniens. Puisque pour les Arméniens, l'Arménien a été révélé pour traduire l'Évangile et leur alphabet est Considéré comme inspiré
et sacré. Ce sont les seuls chrétiens qui ont une langue sacrée strict sensus, mais ils sont ils sont très peu les Arméniens. Et nous, on a le latin qui est une langue liturgique. Nous n'avons pas de langue sacrée. Donc pourrait répondre que si on a l'hébreu comme langue sacrée, on ne l'utilise pas. Donc non. Donc danté, il montre qu'une langue vernaculaire peut devenir le véhicule de plus haute vérité théologique et philosophique au Même titre que le latin qui n'est pas une langue sacrée. C'est une langue liturgique, on l'a dit. Cette intuition, elle est d'ailleurs fondamentale
pour comprendre son œuvre puisque la Divine Comédie réalise concrètement ce que des Vulgar et Loquancia annoncé théoriquement faire d'une langue populaire l'instrument d'une vision spirituelle universelle. Le traité est inachevé et Génon, il voit un un indice, un traité d'initié avec un sens caché Parce que pour lui le traité de l'éloquence vulgaire est le fait que Dante maîtrisait un langage particulier d'initié et pour ne pas dire une langue sacrée. Voilà, donc je vous invite à lire le texte de Génon là-dessus. Bref, cet arrêt prématuré a néanmoins alimenté de nombreuses spéculations puisque le traité n'est pas fini.
Certains auteurs d'abord dans les milieux és ont parlé de de Guénon ont imaginé l'existence d'une Suite perdue consacrée à une forme de grammaire sacré ou de langage initiatique. Le simple fait que cette hypothèse a pu naître montre à quel point le traité est quand même un peu bizarre. Voilà, chez lui, la question de la langue en tout cas, et ça on sera tous d'accord, touche finalement à quelque chose de beaucoup plus fondamental. C'est la capacité de l'homme à transmettre la vérité, à préserver une tradition et à exprimer à Travers les mots ce qui appartient au
domaine spirituel. Tout ça nous amène à mon grand de et on a parlé de Guénon surface. On va aller au fond des choses puisque cette humble conférence est inspirée du traité de René Genon. On change de perspective avec Ganon puisque on a parlé de denté de denté historique. On a spéculé un peu sur c ou sur ça, mais la thèse génonienne, elle est beaucoup plus audacieuse. Selon lui, la Divine Comédie ne doit pas Être comprise uniquement comme un chef-dœuvre littéraire ou théologique. Ce qu'elle est et il le reconnaît fondamentalement. Selon lui, la Divine Comédie est
un texte initiatique porteur d'un enseignement ésotérique dissimulé sous le voile d'un récit. Et j'ai déjà envie de dire, c'est factuel. C'est factuel puisque c'est un texte médiéval qui a déjà les quatre niveaux d'interprétation médiévaux Que je peux citer en hébreu. C'est pas ceux qui étaient utilisés au Moyen-Âge, mais c'est la même idée. Le le pardèes en fait, c'est le pardess médiéval. Pchat, drache, remè, sod. Pchat, sens littéral, c'est ce qu'on fait avec la Bible en fait. Euh, drache, c'est le sens symbolique. La poésie derrière le texte, c'est symbolique. Remèes, c'est le sens homilétique. C'est l'exégèse
poussée savante qui cumule premiers niveaux. Et le dernier niveau, le sode. Le sod, c'est le secret. C'est celui qui nécessite une initiation pour être compris. Et cette initiation, c'est ce qui donne le sens au terme ésotérique. Éotérique, c'est pas la magie, c'est ce qui nécessite une initiation pour être compris. C'est ça la thèse génonienne sur ce sur cette divine comédie. C'est ce niveau qui l'intéresse fondamentalement. Selon lui, derrière le récit, derrière la Théologie, la politique, il a un sens beaucoup plus profond, un sens initiatique ou métaphysique. Ce niveau constituerait le véritable point d'achoppement finalement de
de l'œuvre. Il s'agirait plus simplement de comprendre ce que Dante raconte, mais ce qu'il cherche à transmettre à travers les symboles, les nombres, les personnages et la structure même du poème. Moi, je veux bien qu'on garde le denté historique et cetera, mais tous Les exégèes sont d'accord. Le texte a une profondeur à plusieurs niveaux. La question c'est où vous vous arrêtez ? Mais il y a quelque chose de trop évident pour s'arrêter au 3è niveau. Quand on voit que le texte commence par trouver la voie droite. Si ça maintenant là où je diverge avec René
Guénon, c'est que lui il voit un sens ésotérique, initiatique, secret, là où j'y vois un sens catholique extrêmement profond. Mais je ne peux pas rejeter toute la L'exégèse génonienne. Dans cette perspective génonienne, le voyage du pèlerin ne serait plus seulement le salut chrétien. Ce serait l'image universelle du parcours initiatique de l'être humain. La descente dans les profondeurs de l'enfer symboliserait une confrontation avec les limites de la condition humaine. C'est ce qu'on disait dans l'analyse James Bond. L'ascension du purgatoire représenterait un travail de Purification intérieure. Quant au paradis, il figurerait l'accès à une connaissance supérieure, à
une réalité métaphysique qui dépasse les formes particulières des religions. Et c'est là que Génon coupe avec la rupture strictement catholique. Sans ni ester le christianisme de Dante, évidemment, il est pas bête, il considère que celui-ci exprime simultanément des vérités plus grandes et plus universelles, plus commune à de nombreuses traditions Spirituelles ou à la tradition primordiale. Les symboles de la Divine Comédie ne seraient donc pas uniquement chrétien, il renverrait une sagesse primordiale que l'on retrouverait sous des formes différentes dans diverses civilisations. Pour Génon, cette dimension initiatique explique la cohérence extraordinaire de l'œuvre et son caractère universel.
Les nombres, les hiérarchies célestes, les correspondances cosmologiques et Cosmogoniques, les figures symboliques et même certains choix narratifs participeraient tous d'un enseignement caché dont le sens ultime échappe au lecteur ordinaire. Comment voulez-vous lui donner tort quand on voit les influences qu'il y a dans la Divine Comédie ? Les les cercles de l'enfer, ça vient d'où, vous croyez ? Ça vient de la tradition musulmane. Donc il est clair que Dante a eu une initiation au-delà du cercle de L'initiation catholique classique. C'est c'était factuel en fait littérairement parlant et historiquement c'est factuel. il a eu accès à des
choses auxquelles on n' pas normalement accès si on se cantonne à la stricte vie intellectuelle chrétienne du Moyen-Âge. Et on comprend pourquoi la Divine Comédie occupe une place si particulière dans la pensée génonienne. Parce que là où beaucoup voient avant tout un monument de la littérature médiévale, Génon, il y voit un dépôt de la connaissance traditionnelle et la preuve qu'il y a une vérité au-delà de la vérité théologique médiévale qui a permis certaines communications entre les élites pendant les croisades. Et c'est vrai que c'est un peu fascinant et on revient au Templier et cetera. Reste
évidemment une question essentielle. Jusqu'où on peut suivre Génon ? Pour Guénon, la dimension initiatique de la Divine Comédie, elle se limite pas à la Lecture symbolique. Elle pourrait également s'expliquer par l'appartenance de danté à certaines organisation traditionnelle chargé de préserver et de transmettre cet enseignement ésotérique. Au centre de cette hypothèse se trouve la mystérieuse Fedé Santa, donc la sainte foi que Génon présente comme une fraternité discrète agissant à l'intérieur même de la chrétienté médiévale. Selon lui, les célèbres féli d'amor, donc les fidèles d'amour auquel Dante est souvent associé ne serait pas seulement un cercle de
poète célébrant l'amour courtois. Et c'est vrai que je vous ai dit que dans la Vita Nova, le texte est très mystérieux et on voit que c'est pas un mec amoureux d'une meuf qui fait une poésie. Ouais, elle a des beaux cheveux, c'est super. Ça va 100 fois plus loin. Lisez le texte. Il constituerait en réalité une organisation initiatique utilisant le langage amoureux comme un Voile destiné à dissimuler des vérités spirituelles plus profonde. C'est valable chez Bocas. C'est valable chez Bocas. L'argument principal de Génon repose sur une médaille portant les initiales énigmatiques FS KFT. Il propose
de les interpréter, tenez-vous bien, comme Fidei SCtae, Kadosch Impéalis Principatus Frater Templarius. Une telle lecture ferait denter un membre d'une fraternité liée à L'héritage Templier et lui attribuerait même le titre de cadoche signifiant saint ou consacré dans la tradition hébraïque et qu'on retrouvera plus tard dans les systèmes initiatiques maçonniques Kadosch initiative CK chevalier Kadosch non pardon charité et kenos excusez-moi dans cette perspective plusieurs éléments de la Divine Comédie prennent un sens nouveau. Génon accorde notamment une grande importance au rôle de Saint-Bernard dans les derniers champs du paradis. Mais c'est factuel. Qu'est-ce que fait Saint-Bernard ici
? Je me suis toujours dit pourquoi Saint-Bernard arrive après Béatrice ? Comment ? Qu'est-ce qu'il fait là ? Pourquoi lui ? Pourquoi Saint-Bernard de Clerveau ? Est-ce qu'un homme purement porté sur la lecture historique de la Divine Comédie peut nous expliquer ce que fait Saint-Bernard là ? Après Virgile, la raison Béatrice théologie Grâce foi Saint-Bernard qui l'amène vers la contemplation suprême. Or Saint-Bernard, vous le savez, on a fait la conférence sur le sujet, c'est l'un de grands des grands soutiens de l'ordre du temple. Les Templiers, c'est lui qui a fait la doctrine de l'ordre du
temple. Pour Génon, ce choix n'est pas un Odin. Je peux pas lui donner tort. Il constitue un indice supplémentaire d'une filiation spirituelle reliant d'enté à une tradition templière plus ou moins Ancienne et plus ou moins secrète. Que ce soit un délire Florentin de l'époque, c'est possible, mais que ce soit beaucoup plus profond, c'est aussi possible. Vu la profondeur du monsieur, ça m'étonnerait que ce soit un petit délire de confréerie secrète où on s'amuse à à jouer à la pétanque. Cette hypothèse s'inscrit dans une construction beaucoup plus vaste. Génon considère en effet que la fée des
Santa aurait survécu sous diverses formes Après la disparition de l'ordre du temple. Vous rappelez du bûchet qu'elle a eu en France avec la malédiction sur notre lignée royale ? Elle serait devenue l'un des chénons reliant le monde médiéval au mouvement rosic russien de la Renaissance puis plus tard à certaines traditions maçonniques. Alors n'allez pas voir les roses croix aujourd'hui. Je suis désolé s'il y a des roses croix qui nous écoutent mais vous êtes pas les roses croix les gars. Arrêtez vos délires. Vous n'êtes pas les roses croix. C'est fini. Vous êtes des gens qui prétendaient
être quelque chose que vous n'êtes pas. Il n'y a plus de rose croix. ou alors ils sont bien cachés en Asie. Voilà, il relève notamment que le titre de Kadosch subsiste dans les plus hauts grades maçonniques. C'est vrai. À ses yeux, ces continuités suggèrent l'existence de quelque chose qui aurait survécu. Et c'est là que commencent les difficultés Historiques parce que là, on va être un peu critique. Aucun document contemporain de Dante ne permet d'affirmer son appartenance à une organisation templière strictensue ou paratemplière. Aucun texte médiéval connu ne mentionne son initiation à une fraternité secrète. Ça
veut dire c'est normal, c'est secret. Oui, les fedélidamor apparaissent bien dans les sources, mais la plupart des historiens les considèrent avant tout comme un Courant littéraire et spirituel centré sur une conception élevée de l'amour influencé à la fois par la poésie provençale et la tradition courtoise et aussi certaines formes mystiques. Moi, je suis pas d'accord. Ça se voit que les mecs, ils ont quelque chose de plus que ça. C'est extrêmement profond et il y a une espèce de cohérence étrange entre beaucoup d'auteurs de l'époque. La fameuse inscription FSK PFT, elle pose problème parce que elle
Existe cette inscription. Plusieurs chercheurs ont proposé une interprétation beaucoup plus simple. Les lettres pourraient envoyer aux vertus chrétiennes. Fidesse, spèce, Caritas, justicia, prudencia, fortitudo et tempérantia. C'est pas faux non plus. Cette lecture s'accorde parfaitement avec l'univers moral de Dante et ne nécessite pas l'hypothèse d'une organisation secrète. Plus encore, la médaille sur laquelle repose une grande Partie de l'argumentation de Guénon demeure extrêmement controversée. L'objet n'est pas conservé dans des conditions permettant une vérification directe et certaines études le datent non du Moyen-âge mais de la Renaissance. Si cette datation est correcte, il devient très difficile d'utiliser ce
témoignage comme preuve concernant Dante lui-même. Je suis obligé de critiquer Génon. Voyez, j'en trouve les limites là-dessus. On est donc face à une Distinction importante. Les intuitions de Guénon peuvent enrichir la lecture symbolique de la Divine Comédie. Et ça c'est indéniable. Il y a quelque chose dans ce texte qui ne nous est pas accessible. Pour moi, cette chose c'est une profondeur théologique chrétienne que Dante a caché tout au long de l'œuvre et on n pas accès à tous les éléments de cette dernière. Pour Génon, c'est la preuve que Dante était un initié à Quelque chose
de secret de l'époque qui garantissait une cohérence et une continu continuité avec ce qu'était les les Templiers. Voilà. Excusez-moi, je commence à bailler. Ça fait très longtemps que je parle. Sur le plan historique, l'épreuve demeure insuffisante. Mais vous savez que pour Génon, c'est pas un argument puisqueévidemment tout ça fait partie des sociétés secrètes et donc on aurait pas d'événement d'éléments historiques Pour l'appui. C'est pourquoi la plupart des spécialistes aujourd'hui sont prudents. Il ni pas le côté il y a un truc dans ce texte, personne le ni qu'il y a un truc dans ce texte. Mais
on peut pas dire selon la méthode historique ce qu'il y a. Génon maintenant, il prétend avoir reçu certaines choses. Donc c'est son histoire. Guénon aussi parle du symbolisme des nombres. Là où la plupart des lecteurs voient avant tout une presse poétique Architectural. Super. Génon, il discerne un langage chiffré. Mais ça aussi, comment tu veux, comment voulez-vous, pardon lui donner tort ? Le premier nombre qui retient l'attention de Génon, c'est le 11. Selon lui, il apparaît avec une fréquence beaucoup trop importante pour relever du hasard. De nombreux champs présentent des structures fondées sur le 11 où
c'est multiples. Les mesures attribuées à certaines régions de l'enfer sont elles-mêmes construites Autour de cette valeur. Plus largement encore, toute la mécanique interne de la Divine Comédie semble gravité autour de ce principe numérique. Les vers utilisés par Dante sont des handcas syllabes, c'est-à-dire des vers 11 syllabes tandis que chaque cantique compte 33 champs. Nombre qui renvoie traditionnellement à l'âge du Christ au moment de la passion. Pour Genon, cette omniprésence ne peut être purement esthétique. Comment ? Encore une fois, je suis désolé, mais J'insiste. On peut pas lui donner tort à Guénon là-dessus. Le nombre 11
entretient selon lui des rapports symboliques avec plusieurs traditions. Son double 22 correspond au nombre des lettres de l'alphabet hébraïque. Quant au 33, il possède une portée spirituelle évidente dans le christianisme, on l'a dit, mais il apparaît aussi dans certaines hiérarchies initiatiques occidentales. Les 33 grades, messieurs dames, Dante Aurait construit son œuvre comme un véritable code et comme une véritable cathédrale numérique dont les proportions elles-mêmes participeraient du message. Creuser le texte. Messieurs dames. Cette lecture se poursuit avec l'un des passages les plus mystérieux de la Divine Comédie. La célèbre prophétie du 510 et5, le fameux DXV
annoncé par Beéatrice. Depuis des siècles, les commentateurs tentent d'identifier ce personnage providentiel censé restaurer L'ordre du monde. Certains y ont vu une allusion à l'empereur Henry VI. Génon propose une interprétation bien différente qui pour moi en tout cas est bien plus pertinente. En inversant les lettres DXV, on obtient DVX, c'est-à-dire le chef, le guide en latin. Le symbole ne désignerait donc pas un individu particulier, mais une fonction spirituelle permanente, celle du guide capable de restaurer l'harmonie entre l'ordre terrestre et l'ordre céleste. Cette figure s'oppose directement au nombre 666, celui de la bête dans l'apocalypse. Guon
remarque d'ailleurs que certains intervalles du poème semblent construits autour de ces deux nombres antagonistes. D'un côté, le désordre, la dissolution et la confusion symbolisé par le 666. De l'autre, le principe restaurateur représenté par le 515. Toute la dynamique de la comédie pourrait ainsi être comprise comme le passage d'un Monde dégradé vers une restauration de l'ordre traditionnel. Je suis désolé, moi je prends partie. C'est vrai ce qu'il dit Réan. Pour moi, c'est vrai. Le nombre 65 occupe également une place particulière dans cette interprétation. Dante situe sa vision en l'an 1300 que Genon considère comme le point
médiant d'un vaste cycle de 65 siècles. Or, ce nombre possède lui aussi une richesse symbolique remarquable. La somme de ces Chiffres donne 11. Encore, son écriture en chiffre romain, c'est LXV. peut-être inversé pour former LVX, ce qui signifie lumière, luxe. Génon, il voit l'union du macrocosme et du microcosme, de l'ordre universel et de l'ordre humain, ainsi qu'une référence à ce qu'il appelle la vraie lumière des traditions initiatiques. Cette réflexion débouche naturellement sur la question des cycles cosmiques. Genon remarque deux périodes de 65 Siècles qui correspondent approximativement à 13000 ans, soit presque exactement la moitié du
grand cycle de précession des équinoxes évalués à 12960 ans. Là, c'est tout ce qui est kaliugar et cetera pour ceux qui s'intéressent à Génon. Cette grande année était déjà connue des Grecs, des Perses et de nombreuses civilisations traditionnelles. Selon lui, Dante ne se contente pas d'écrire un poème religieux. Il manifeste une connaissance Des rythmes cycliques qui gouvernent l'histoire humaine. La Divine Comédie s'inscrire alors dans une vision du temps beaucoup plus vaste que celle de l'histoire ordinaire. C'est fascinant. Même la géographie de l'œuvre reçoit chez Guénon symbolique. Le monde décrit par Dante s'organise autour d'un axe
central. Évidemment Yérouim. Jérusalem, c'est la cité de la paix Salem, occupe le centre spirituel du monde connu. À ces antipodes s'élève le monde du Purgatoire. Entre les deux se déploie un véritable axe cosmique reliant les profondeurs infernales aux hauteurs paradisiaques. Genénon rapproche cette structure de certains symboles alchimiques représentant le monde sous la forme d'un cercle traversé par un diamètre puis par une croix. On retrouve alors l'image d'un globe impérial symbole du pouvoir universel et de l'ordre du monde. Dans cette perspective, le voyage de Dante cesse D'être seulement un déplacement imaginaire à travers l'au-delà. Il devient
une ascension le long d'un axe spirituel reliant les différents niveaux de l'existence. L'enfer, le purgatoire et le paradis ne sont plus seulement des lieux, ils deviennent des étapes d'une transformation intérieure. Je suis désolé mais c'est vrai aussi. Comment voulez-vous contredire ça ? Derrière le récit chrétien apparaît alors selon Génon une véritable cartographie Initiatique où les nombres, les formes, les lieux et les cycles participent tous d'un même langage symbolique. Mais là où je diverge, c'est que pour moi ce langage, il est chrétien. Alors pour Guénon, il est purement tradition primordial tradition primordialiste si j'ose dire. L'un
des aspects les plus intéressants de la lecture génonienne, c'est sa volonté de replacer Danté dans un horizon traditionnel beaucoup plus vaste. Pour Génon, la Divine Comédie, C'est un patrimoine symbolique commun à plusieurs grandes civilisations, ce qui expliquerait certaines ressemblances frappantes avec des tradition apparemment éloignées du christianisme latin. Ça c'est factuel aussi et c'est notamment le cas des rapprochements qu'il établit avec l'islam. Génon compare volontiers le voyage de Danté au célèbre voyage nocturne du prophète Mahomé, l'isra et le Mirage au cours duquel celui-ci traverse les Différencieux avant d'accéder à la proximité divine. Il révélève également plusieurs
parallèles avec l'œuvre du grand mystique andalou ibnarabi. La structure graduelle des mondes célestes, la présence de plusieurs niveaux de réalité spirituelle, la symbolique de la lumière ou encore l'image finale de la rose mystique semble selon lui témoigner de correspondance profonde entre les deux univers. Mais on va être prudent et là je dois contredire Genon parce que Genon ne parle pas d'empreinte direct et encore moins de copie. Son idée c'est plus que les tradition authentiques peuvent exprimer sous des formes différentes des vérités communes. Ça je on peut pas le nier. C'est commun aussi avec la foi
chrétienne. Il serait donc erroné d'en conclure que danté n'aurait une quelconque sympathie doctrinale particulière envers l'islam puisque la divine comédie rappelle au contraire très clairement son enracinement Chrétien en plaçant Mahom en enfer. N'oubliez pas que Dante met enfer. ce qui causera, je crois, en Suède ou en Norvège une censure de l'œuvre. Il faut pas l'oublier ça. Genon s'intéresse également à un autre ensemble de correspondance, celle qui relie Dante aux traditions pythagoriciennes et à certains courants spirituels médiévaux. Bref, je crois que vous commencez à comprendre que oui, Dante est un initié. Le rôle central des Nombres
dans la Divine Comédie, l'importance accordée aux proportions, aux harmonies et aux structures, lisez les descriptions de l'enfer, du paradis et cetera. Ça rappelle l'héritage de Pythagore et de ses disciples avec les verrs dorés. Pour ce dernier, les nombres ne servaient pas uniquement à compter, ils exprimaient la structure même du réel. Et c'est ce que Génon critiquera dans dans ce cette compilation d'articles qui S'appelle Mélange. Il y en a un qui parle des nombres, de la création du zéro et cetera. Comment c'est une aberration le zéro en mathématique sacrée et les nombres ont une portée sacrée
traditionnellement. Cette perspective se retrouve dans les correspondances établies entre les sept arts libéraux et les sphères planétaires. Certaines traditions médiévales associé ainsi la Grammère à la Lune, la dialectique à Mercure, la Rhthorique à Vénus, la musique à Mars, la géométrie à Jupiter, l'astronomie à Saturne et l'arithmétique à qui ? Au soleil. Genon rapproche ce schéma de certains enseignements initiatiques et il voit une représentation des degrés successifs que doit franchir l'âme dans son ascension vers la connaissance. Il faut maîtriser toutes ces choses. Selon lui, ces différents niveaux correspondent également à ce que certaines traditions chevalesqu ou
Initiatiques désignées symboliquement comme l'échelle des cadoches. Alors, les juifs savent très bien ce que c'est que que le la kedoucha Kadosch et cetera. Que l'on adhère ou non à cette interprétation, elle illustre bien la manière dont Guénon lit la divine comédie. non seulement comme un chef-dœuvre de la littérature chrétienne, il ne le nit pas, mais comme un immense réservoir de symboles universel où converge philosophie Antique, cosmologie médiévale, tradition initiatique, ésotérisme et théologie catholique. Et ça, on ne peut pas lui donner tort. Donc maintenant qu'on est allé à ce niveau initiatique là, vous allez dire que
je vais peut-être redescendre mais en fait je vais monter puisque pour moi le vrai sens profond de l'œuvre c'est sa portée théologique. Et si vous faites un peu de théologie catholique, vous savez la place de la Divine Comédie. La Catholic Encyclopédia N'hésite pas à la présenter comme un tableau de l'univers intellectuel et spirituel du 13e siècle. D'abord parce qu'on y retrouve toutes les influences que je vous ai cité, mais ensuite parce que Dante est fidèle à tout ça. C'est un croyant authentique et exemplaire. Elle apparaît dans sa conception de l'ordre politique. Je vous ai dit
que Dante critique durement certains papes, parfois avec une violence qui surprend encore aujourd'hui. Mais cette critique Ne vise jamais l'institution, ça on l'a dit. Le purgatoire fournit un autre exemple particulièrement révélateur. L'idée même d'un lieu de purification après la mort, c'est du catholicisme. Et on voit qu'il en fait quelque chose de littéral dans son œuvre. Ce n'est pas que initiatique. Dante ne se contente pas d'adopter cette doctrine. Il lui donne sa représentation la plus célèbre de tous les temps. Toute la montagne du purgatoire repose sur la conviction que L'âme peut être purifiée progressivement après la
mort avant d'accéder à la vision béatifique. On fait pas plus catholique que ça. Le choix de Saint-Bernard comme ultime guide n'est pas non plus anodin et il y a pas besoin d'aller jusqu'à l'idée que Bernard est un Templier et cetera. Non non. Bernard, c'est avant tout un saint catholique. Un saint catholique. C'est le grand chantre de la Vierge Marie, le maître de la contemplation qui Qui dira "J'ai plus appris auprès des chaînes que dans les livres" et l'une des figures les plus prestigieuses de la mystique chrétienne. Sa présence au sommet du paradis exprime d'abord l'aboutissement
d'un itinéraire spirituel authentiquement catholique. Il a mis un saint Saint-Bernard, c'est pas n'importe qui. On voit dans la cohérence de toute l'œuvre qu'en fait oui, c'est un récit initiatique mais catholique. Et ça encore une fois, je veux bien qu'on y Voit un récit initiatique mais catholique. J'insiste. J'insiste. Ensuite, la présence du nombre 11, elle peut parfaitement s'expliquer par des considérations poétiques, esthétiques et linguistiques sans qu'il soit nécessaire d'y voir un signe de reconnaissance réservé à une confréie initiatique. Le symbole existe peut-être, mais les lectures qui font sortir l'œuvre de son dogme catholique me paraît me
paraissent un peu fragiles eu égard à L'omniprésence de ce dogme. Justement, qu'est-ce qu'il faut retenir de ce voyage en enfer, au purgatoire et au paradis à travers d'ant aliguer ? Et cette œuvre, la Divine Comédie et les interprétations vertigineuses qu'elle a suscité. Il y a des éléments fascinants. Il y a des éléments fascinant. Lorsque Adam s'exprime et il parle à Danté, il dit "À l'époque, on appelait Dieu I." Et la René Guénon nous dit, "Regardez, c'est aussi le symbole d'un monastère Français au milieu du Sacré Cœur du Christ." Évidemment que tout ça est fascinant. C'est
difficile de trouver dans l'histoire humaine une œuvre d'une telle ampleur. J'en connais pas deux. À part les écrits sacrés, bien évidemment, la Divine Comédie à la fois un chef-dœuvre poétique, un traité de théologie, une méditation philosophique, un manifeste politique et un itinéraire spirituel. Peu d'auteurs ont réussi à faire tenir autant de choses dans une Seule œuvre. Dante met en scène le destin de l'âme humaine tout entière, sa chute, sa purification et son retour vers Dieu. Et ça, on sera tous d'accord. de l'obscurité de la forêt initiale où il avait perdu la voie droite jusqu'à la
vision béatifique où il retrouve la voie droite et il contemple Dieu face- à face qui cl le paradis. Tout le poème raconte cette ascension de l'homme vers sa fin ultime. L'apport de René Génon, c'est d'avoir attiré l'attention sur une Dimension que beaucoup de lecteurs modernes avait oublié et qui était déjà débattu à l'époque. La profondeur symbolique de l'œuvre pour ne pas dire initiatique. Ces analyses mettent en lumière la présence de structures numériques complexes, de correspondan cosmologiques, de symboles traditionnels et de parallèle avec d'autres grandes civilisations. On ne peut pas le nier. Mais il faut être
prudent selon moi. Les hypothèses relatives aux sociétés Secrètes ou autres ne doivent pas occulter le corps du texte qui est profondément ancré dans le dogme catholique. Ça ne fait pas débat. Dante est un auteur profondément catholique et c'est ça que je voulais démontrer à travers cette cette analyse. L'univers mental, la cosmologie, la conception du salut, la représentation de l'au-delà, l'espérance, tout suinte le christianisme médiéval qui est toujours là hein, rassurez-vous. Et c'est peut-être là que rése le génie du poème parce que comme Génon lui-même le reconnaît, aucune grande œuvre symbolique ne se laisse enfermer définitivement
dans une seule interprétation. Une œuvre de cette ampleur demeure toujours ouverte. Chaque époque, il découvre quelque chose que la précédente n'avait pas vu. Chaque génération, il lit des profondeurs nouvelles. Peut-être il faudra encore des siècles et des machines pour mesurer Toute la richesse de la Divine Comédie. Comme aujourd'hui, on découvre des trucs de fou chez Jean-Sébastien Bac. Mais il existe malgré tout un point sur lequel les lectures les plus diverses semblent converger. qu'on l'aborde comme un historien, comme un théologien, un philosophe, un poète, un symboliste. La Divine Comédie apparaît comme une œuvre profondément mystique, profondément
symbolique et profondément chrétienne. C'est une rare création Humaine à avoir saisi quelque chose de l'âme occidentale dans ce qu'elle possède de plus élevé, cette tension permanente. Et c'est ça notre identité. entre la raison et la foi, entre l'ordre et le chaos, entre la force et l'humilité, entre la chute et la rédemption, entre la terre et le ciel. Et c'est pour ça que 7 siècle après sa rédaction, Dante continue de nous parler. Non pas parce qu'il apporte toutes les réponses, mais parce qu'il Nous rappelle que le véritable voyage n'est jamais seulement physique ou intellectuel, il est
avant tout spirituel. Et c'est ça moi que je retiens de la Divine Comédie. C'est c'est ça que l'œuvre nous invite à entreprendre. C'est ce voyage. C'est ce voyage. Et je relis. Je prends le je prends le livre encore. Je suis obligé, j'ai pas le choix. Au milieu du chemin de notre vie, il dit pas de ma vie, il dit nostravita. Je me retrouvais par une forêt obscure car la voix droite était perdue. Et je vais conclure cette conférence en lisant les derniers vers de la Divine Comédie. Après le voyage, qu'est-ce que Dante nous a laissé
? Je vais vous le dire tout de suite si vous permettez que je prenne le livre ici. Écoutez bien parce que c'est énorme. Attendez, je vais un peu plus loin. Tel est le géomètre Attaché tout entier à mesurer le cercle et qui ne peut trouver en pensant le principe qui manque ? Tel j'étais moi-même à cette vue nouvelle. Je voulais voir comment se joint l'image au cercle, comment elle s'y mais pour ce vol, mon aile était trop faible, sinon qu'alors mon esprit fut frappé par un éclair qui vint à son désir. Ici, la haute fantaisie
perdit sa puissance. Mais déjà, il tournait mon désir et Vouloir tout comme roue également pousser, l'amour qui me le soleil et les autres étoiles. L'amor et l'altre stelle. Je vous remercie.